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  • : *Étonnement systémique et libertaire *Évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale *Ouvertures vers la pensée non conformiste
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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
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  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
  • &, conjonction de coordination
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Systémique

Mardi 4 août 2009 2 04 /08 /Août /2009 22:00
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 17:55

La houle qui s'est installée sur l'océan bancaire peut donner la nausée.
Bonne idée que d'inciter chacun(e) à se renseigner sur les pratiques économiques, écologiques et sociales de "sa" banque.
Décider de changer de prestataire et passer à l'action est acte méritoire.
D'une part il est bien pratique, à un certain âge, ou dans certaines circonstances de vie, que l'agence bancaire à laquelle le compte est rattaché soit un commerce de proximité. Ne serait-ce que pour les remises de chèque et retraits de chèquier. D'où l'importance de l'implantation du réseau. Sur ce plan, la banque postale, c'est assez commode.
D'autre part, à partir du moment où l'on a choisi le moyen des virements et prélèvements automatiques pour gérer les flux monétaires, le changement de RIB est une épreuve longue, difficile et risquée.

Ii y a trois ans j'ai choisi de quitter une entité un peu déplaisante quant à ses méthodes de management, sa relation avec les clients et le choix de ses relations d'affaires, pour utiliser les services d'une banque populaire ( celles où l'on peut même être associé en achetant des parts ).
Comme toutes mes ressources ( trois retraites versées par des organismes différents ) et toutes mes dépenses et contributions ( impôts, charges, etc. ) sont traitées par virement, et que la banque laisse le client effectuer toutes les démarches requises ( une vingtaine dans mon cas ), la synchronisation est impossible. Résultat : des découverts sur les deux comptes, le sortant et l'entrant, et de longues heures d'explications pour minimiser la casse. Le sortant, ayant perdu le client, argumente : c'est bien fait débrouillez-vous. L'entrant, considérant que cela commence mal, vous demande de restituer le chéquier en attendant que ça s'arrange.

Le fond du problème est une fois de plus qu'un énorme mensonge vient polluer la liberté théorique du choix du fournisseur dans cet univers libéral-capitaliste. Dans la pratique, rien n'est fait pour que ce choix puisse s'exercer, bien au contraire. Les obstacles de détail, par leurs conséquences, peuvent venir à bout des volontés les plus tenaces. Et ces obstacles naissent du fait que les principes et les procédures se contredisent. Pour ne rien dire des pratiques, elles-mêmes souvent en désaccord et avec les principes, et avec les procédures...

Il serait donc peut-être utile de lutter pour que l'infrastructure administrative soit cohérente avec la superstructure législative. Sans parler du poids excessif que prennent les micro-décisions des agents intermédiaires, des gens comme "vous et moi" qui hors du travail militent souvent pour plus d'équité et de générosité, et dans l'exercice de leur profession manifestent assez facilement une tâtillonnerie à la limite de l'abus de pouvoir.

La liberté du consommateur est un soleil de papier : elle ne brille que sur les notices publicitaires et les affiches de réclame.
Bon, j'ai l'air un peu désabusé, comme ça ; mais je suis de tout coeur avec celles et ceux qui se rebellent de manière concrète et réfléchie.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Le Club des Citoyens
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Mercredi 12 novembre 2008 3 12 /11 /Nov /2008 16:43

Le film  Nos enfants nous accuseront  raconte l'initiative d’une municipalité rurale qui décide de faire passer la cantine scolaire au bio (en anglais : organic food), en  finançant le surcoût  apparent de cette mesure.
Inquiet du danger sanitaire qui menace une génération exposée jeune aux retombées des milliers de tonnes de pesticides et autres éléments perturbants pour l'équilibre écologique et la bonne santé de Gaïa déversées chaque année sur nos terres, des élus décident de prendre les carottes par les fanes.
Le film commence à l’UNESCO, lors d’un colloque réunissant des experts mondialement reconnus de la médecine, signataires de l’Appel de Paris. Une seule consigne : ne pas se contenter de constater les excès, mais prendre tout de suite des moyens d’agir, même modestes,  pour que nos enfants ne nous accusent pas de les avoir mal élevés.

Ce documentaire risque de demeurer confidentiel, étant donné le faible nombre de salles obscures qui le programmeraient. Il est vrai que le titre, plutôt culpabilisant et un peu généralisteur, risque de rebuter.

En fait, il conviendrait bien, vu son scénario, de support pour un débat public sur le thème de l'alimentation  rationnelle.

-Est-ce aux institutions scolaires ou municipales de faire face à l'incompétence ou au laxisme des parents, éducateurs primordiaux, en matière d'habitudes alimentaires ?
-Pourquoi a-t-on progressivement disjoint le marché des fruits et légumes, pour ne rien dire de celui des produits laitiers, des volailles, poissons et fruits de mer, du rythme des saisons et des particularités du pays d'habitat ?
-Par quels canaux d'influence la mode et le marquetinnegue ont-ils pu pousser les chalands à se complaire à acheter des produits aux formes calibrées, aux couleurs normalisées, aux saveurs anodines, qui durent à peine le temps de les sortir de leur emballage ?

Les progrès des moyens de transport ont facilité l'accès – mais à quel coût global ? – aux produits exotiques. Mais, d'une part, c'est juste bon pour les jours de fête ; il y a soixante ans, une orange était un délice rare, pas un supplice atemporel. Et d'autre part, j'ai rencontré des gens qui pensent de bonne foi que le panais vient du mexique, la pêche de vigne du japon et la carotte du bâton ...

Ce n'est pas une raison pour s'abstenir de se faire une idée personnelle sur le documentaire de Jean-Paul Jaud. Au moins en regardant la bande-annonce.
Pour lancer la vidéo, cliquer sur la zone ► en bas à gauche de l'écran. Pour l'arrêter, cliquer sur la zone || en bas à gauche de l'écran...Bien plus facile que d'arrêter le déferlement de l'agro-chimie !


Pour lancer la vidéo, cliquer sur la zone ► en bas à gauche de l'écran. Pour l'arrêter, cliquer sur la zone || en bas à gauche de l'écran...Bien plus facile que d'arrêter le déferlement de l'agro-chimie !
Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Freemen
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Mardi 4 novembre 2008 2 04 /11 /Nov /2008 17:29

Je suis abonné aux courriels de l'association des cyberacteurs, pour laquelle je fais une modeste campagne d'information, ayant placé dans la rubrique partenariats de ce blogue – voir sur le trottoir de droite, dans l'immeuble du n° 2, l'écriteau Nous pouvons tous intervenir directement dans les processus de décision qui pend à la fenêtre du 4° étage...– un lien vers son site.

Je viens de recevoir cette très courtoise sollicitation :



Cyberaction 279 :  déchets nucléaires et démocratie

Ecrivez aux communes candidates à l'enfouissement de déchets radioactifs sur leur territoire !
Demandez-leur de consulter leurs habitants avant le 31 octobre et de tenir compte de leur vote

L'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) cherche un nouveau site pour y enfouir des déchets radioactifs, dits "de faible activité à vie longue (FA-VL)". Une étiquette anodine, pour qualifier des déchets qui sont rien moins qu'inoffensifs ! Pour en savoir plus...

A ce jour, parmi les 3115 communes démarchées par l'Andra,18 communes ont pris par délibération de leur conseil municipal la décision de se porter candidates à l'implantation de ce site d'enfouissement de déchets radioactifs sur leur territoire. Aucune de ces communes n'a au préalable consulté ses habitants ! Il est permis de penser que les fortes sommes d'argent promises pour "accompagner" la commune choisie ont plus pesé dans ces décisions que les risques sanitaires et environnementaux liés aux déchets radioactifs concernés. Corruption légale ?
Exigez des communes candidates qu'elles consultent leur population !
Nous vous invitons à participer à une action urgente. Celle-ci vise à obtenir l'organisation d'un véritable processus démocratique avant le 31 octobre dans les communes candidates, à savoir :
- informer les habitants, en donnant un temps de parole égal aux opposants et aux promoteurs du projet
- consulter les habitants par un vote à bulletin secret
- organiser enfin une nouvelle délibération du conseil municipal, par vote à bulletin secret, une fois connu le résultat de la consultation

Trois communes ont déjà fait ce choix démocratique (Ville-en-Woëvre, Tréveray, Donjeux). Dans deux d'entre elles, la consultation a eu lieu, et le résultat nous est connu :
- à Ville-en-Woëvre (Meuse), la population s'est prononcée contre le projet à 71,7 %
- à Tréveray (Meuse), la population s'est prononcée contre le projet à 87,8 %

Ecrivez dès aujourd'hui aux communes candidates. Merci pour votre implication et votre soutien !
Très cordialement,
Philippe Brousse  Directeur du Réseau Sortir du nucléaire



L'intention est droite et la cause mérite approffondissement. Et pas enfouissement...
Toutefois, je me pose la question de savoir quelle commune, à la majorité de ses habitants électeurs, va demander à bénéficier du droit de stockage de résidus de fission nucléaire ? Très probablement aucune.

La question complémentaire est alors : que faire des dits résidus. Notre système de vie collective souffre du syndrôme des autoroutes. Je m'explique : lorsqu'il s'agit de définir le tracé d'une autoroute – d'une ligne à haute tension, d'une voie ferrée permettant la grande vitesse, etc. – le cahier des charges populaire est simple :
-l'autoroute doit voir une entrée/sortie à proximité de celle de mon village,
-mais son tracé doit passer sur la commune d'à-côté.
En ville, la demande sera : une station de tram devant ma porte, mais la ligne dans la rue parallèle à la mienne.

Autrement dit, il faut bien que des décisions impopulaires soient prises, en tenant compte sur le long terme de la balance avantages/inconvénients.
Et qui sauf des représentants démocratiquement élus peuvent être habilités à le faire ? S'il faut faire un fine reposer sur les électeurs la responsabilité de ces décisions difficiles, alors à quoi servent la multitude des conseillers municipaux, départementaux, régionaux que notre merveilleux système représentatif engendre ? Il y a au moins 500 000 français qui siègent dans diverses assemblées de tous niveaux. N'est-ce pas suffisant  pour réfléchir un peu, et s'engager ?

Les résidus des centrales d'énergie électrique sont le sous-produit d'un process qui fournit à tous les citoyens des éléments de confort dont bien peu accepteraient de se passer. Ils sont donc une propriété collective. Comment en garantir la répartition équitable ? Certainement pas en demandant uniquement l'avis de quelques uns. Car les rejeter d'un site revient à les orienter vers un autre.
En  revanche, avoir une vision globale, au niveau mondial, de l'ensemble des processus énergétiques est devenu un impératif politique. Il ne peut être traité de manière égocentrée au niveau d'une commune.


Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Freemen
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Lundi 20 octobre 2008 1 20 /10 /Oct /2008 12:18


Les rencontres rapprochées avec des Entités Biologiqes Extraterrestres (EBE) ont fait depuis juillet 1947 l'objet de nombreuses réflexions et interrogations. Un cadre conceptuel a même été établi.

Selon les propositions (traduites) de l'astronome Allen Hynek (1972)

Type 1 : Engin observé à moins de cent mètres
Type 2 : Traces matérielles de la présence de l'engin
Type 3 : Observation des occupants de l'engin
Type 4 : Enlèvement temporaire de témoins, consentants ou non, sans communication 
Type 5 : Établissement d'une communication avec les occupants
Type 6 : Action traumatisante voire mortelle des occupants sur les témoins


Selon l'ufologue Jacques Vallée (1990)

Type 1 : L'engin est proche
Type 2 : L'engin laisse une ou plusieurs traces physiques
Type 3 : Observation d'entités biologiques extraterrestres
Type 4 : Transformations de la réalité mocale du fait de l'engin
Type 5 : Action traumatisante voire mortelle des occupants sur les témoins

La valeur ajoutée de cette variante de la classification n'est pas évidente. En fait Jacques  Vallée a aussi élaboré une systématique des observations et une autre pour les phénomènes étiquetés paranormaux associés à ces observations.

Ces deux classifications ont en commun le fait qu'elles pressentent une intention hostile (*) et se limitent à des contacts ponctuels. D'autre part, certains des autres présupposés au sujet des visiteurs-voyageurs-explorateurs sont que :
-Ils viennent par l'extérieur, c'est à dire par la voie céleste ; ils n'amerissent pas mais se posent au sol : une prise de contact planétaire discrète serait plus facile en utilisant les 4/5 de surface marine ou océane ; un processus de matérialisation/dématérialisation emprunterait d'autres chemins, un processus entièrement psychique aussi ;
-ils utilisent des technologies de nature proche des nôtres ; les premiers véhicules automobiles extrapolaient les voitures attelées, les premiers trains les convois de mine...et les apparences des Mystérieux Objets Célestes (MOC) (**)  décrits par témoignange ont une parenté troublante avec les dessins d'engins des premiers fanzines de SF ;
-ils sont d'une taille comparable à celle des primates ; parfois avec des dimensions kingkongo-dinausauriennes ; mais très peu d'auteurs de scifi semblent avoir envisagé le cas, sinon d'un nano-astronef , au moins d'un petit objet  de la taille d'une graine potagère.

Une autre classification des rencontres rapprochées a été invoquée par divers auteurs de SF, dont Jimmy Guieu, et en particulier par des scénaristes de séries télévisuelles, comme étant due à un groupe de travail de la NASA. Ceci me fait penser au hoax de Baltimore. Et aussi à un exercice célèbre il y a une quarantaine d'années dans les séminaires de dynamique de groupe, connu soit sous le nom  perdu sur la lune, soit sous le nom le cas NASA.
Vous vous souvenez, il fallait seuls, puis en groupe, classer quinze objets par ordre d'utilité. C'est ici que l'on apprenait que le commandant de bord détenait une arme, arme qui aurait bel et bien été utilisée lors de la mission Appolo XIII pour faire respecter la hiérarchie...Encore que l'on puisse se poser des questions sur la pertinence de l'emploi d'une arme à feu dans une capsule spatiale en surpression relative. Il faut dire que le regretté Hergé (***), pourtant bien documenté, n'avait pas hésité à en doter le colonel Boris dans On a marché sur la lune (Page 43, strip3 image 3).

Dépourvu de référence plus précise,  je la reconstitue de mémoire. Elle diffère des précédentes par la fin : elle va plus loin dans la durée et la complexité du contact, et n'est pas construite dans une perspective uniquement offensive-défensive.
La référence à la NASA, impossible à prouver comme à démentir, est peut-être une manière de donner un aspect scientifique sérieux à une progression qui relève plus de la sociologie et de l'histoire. Il est d'autre part plus que plausible que la NASA ait réfléchi sur ces éventualités et fourni à ses astronautes et directeurs de vol une ouverture d'esprit sur que faire au cas où, ne serait-ce que par principe de précaution, les opérationnels ayant tous reçu une formation de type militaire...et ayant été programmés mentalement pour user de leurs armes en cas de doute – encore que les entraînements commando infléchissent le paradigme, et incitent à utiliser ses capacités neuronales avant sa capacité de feu – , ce qui dans une telle éventualité serait une erreur stratégique.

Type 1 : Observation d'un engin en vol à partir d'un système aéronautique ou spatial
Type 2 : Observation traçable d'un engin au sol et de ses occupants
Type 3 : Communication avec les occupants et échange d'objets
Type 4 : Cohabitation passive régulée avec partage de territoires
Type 5 : Coopération technologique sur un projet commun
Type 6 : Rapprochement culturel et mélange des habitats
Type 7 : Civilisation commune avec métissage naturel ou artificiel

Pour certains, l'homo sapiens serait le résultat du métissage de l'homme néandertalien avec des EBE…Ils invoquent d'ailleurs à ce sujet une lecture particulière du chapitre VI du livre de la Genèse.
Le double récit de la création-naissance d'Eve dans La Bible (****), joint aux considérations sur relations présumées coupables entre les fils de Dieu et les files des hommes (*****) , ne simplifie pas le travail des exégètes.

(*) En 1661, cependant, un Lama thibétain enparlait en d'autres termes, plus coopératifs, avec un Jésuite curieux...
(**) Cet acronyme était utilisé dans les années 60 dans le magazine Lumières dans la Nuit de Raymond Viellith en lieu et place de l'actuel OVNI, Objets Volants Non Identifiés. Ce mazine est maintenant doublé par un site.
(***) Ce même Hergé qui n'a pas oublié de mettre discrètement en scène, avec la complicité de Bergier-Ezdanitoff, dans le final de Vol 714 pour Sydney, une rencontre du type 4 selon Hynek, mais cette fois dans une intention bienveillante, et non malveillante (Page 58, strip 1 case 3 et strip 2 cases 1 et 2)
(****) Genèse I - 27, puis Genèse II-21 et 22
(*****) Genèse VI-2 ; André Chouraki met en scène les fils des Elohîms et les filles des glébeux ; le verset 4 précise que les géants étaient sur la terre en ce temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes...
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /Sep /2008 11:51

Les anniversaires ont pour effet de créer des ventres dans le biogramme des événements. C'est ainsi que les chronodendrologues décomptent les années à partir des anneaux de croissance des tiges ligneuses. Voilà donc la première décade de septembre dédiée de manière récurrente à des  réflexions sur les divers avatars de la  théorie dite du complot.

L'art des enquêtes (criminelles, mais plus généralement de toutes investigations centrées sur la réponse à la question : "qui ?" ) nous suggère que pour faire partie de la liste des suspects il convient d'être convaincu d'avoir eu :
1-le moyen,
2-le mobile,
3-l'opportunité.
Le vocabulaire varie mais l'idée est constante.

Le débat sur les affaires du 11 septembre à NY (et ailleurs) porte essentiellement sur le moyen. Ce moyen a-t-il été l'emploi d'aéronefs détournés,  d'éléments d'un système d'armes,  d'explosifs  prédisposés, ou toute combinaison des trois.

Je trouve que l'on a débattu assez peu du mobile. Ou du moins que, suite à une anomalie dans la logique du raisonnement, le mobile semble déduit du "qui". Si c'est Al-Qā'ida, il s'agit de montrer la faiblesse des USA. Si c'est une agence gouvernementale, il s'agit de justifier l'invasion de pays du moyen-orient...Cercle vaguement vicieux, diallèle intempestif.

La chaîne de raisonnement des tenants du complot va du moyen au "qui" puis du "qui" au mobile. Les sceptiques, eux,  font remarquer qu'en matière d'opportunité les explosifs prédisposés et les éléments de système d'armes sont moins évidents à établir que les détournement d'aéronefs.

Ces raisonnements linéaires, avec un détour par le "qui" qui n'est que le dernier élément du graphe, ne me satisfont pas au plan de l'esthétique de la pensée déductive.

Il convient de recenser les moyens, les mobiles et les opportunités, avec imagination et esprit de système. S'il y a :
-n moyens prouvables,
-m mobiles plausibles,
-p opportunités cohérentes,
il y a alors [ n x m x p ] cas(es) de figures à examiner. Les "qui" pour lesquels il peut être prouvé qu'ils sont compatibles avec le contenu d'une de ces cases au moins sont des auteurs potentiels qu'il faudra départager. Les amateurs de séries policières reconnaîtront ici le schéma de base des intrigues à rebondissements : l'enquêteur entraîne le spectateur-lecteur de case en case.

Ici, le travail sur les mobiles semble à première lecture un peu bâclé. On pourrait par exemple sortir de la dichotomie Provocation d' Al-Qā'ida / Prétexte pour le gouverment US. D'autres partenaires pourraient être mis dans le circuit avec leur mobile propre :
-qui aurait (eu) intérêt à ce que Al-Qā'ida, groupuscule obscur et diffus, atteigne ce niveau d'existence géopolitique ?
-qui trouverait bénéfice à faire tomber l'armée et l'économie US dans le piège destructeur de l'impasse irakienne ?
-etc.
A noter que ces mobiles peuvent profiter tout autant, vu des USA, à des "puissances étrangères" qu'à des "factions internes".

Crédits : Merci à Pieter Brueghel l'Ancien, pour sa Tour de Babel. Circa 1563, huile sur panneau de bois de chêne (rouvre) ; 114 cm x 155 cm ; Kunsthistoriches Museum de Vienne.

Ce choix iconographique ne veut pas établir de liens subliminaux entre le mythe de Babel et la destruction des tours du WTC.
Il veut évoquer la possibilité que le fait générateur de notre incapacité collective à décrire correctement et de manière unanime les événements dont leur destruction fut la partie visible réside dans la dispersion des langues, au sens sémantique du terme.
En dépit de la richesse de nos procédures de communication, de la multiplicité des enregistrements, de l'amas des images, de la finesse des retraçages de faits de détail, nous sommes collectivement incapables d'élaborer une vision unifiée du fait global.
Non pas parce que certains mentiraient, auraient truqué des témoignages, falsifié des indices, troublé par des artifices de communication la conscience et l'intellect des enquêteurs...Simplement – si j'ose dire – parce que la complexité de la situation dépasse les capacités d'intégration des données des meilleurs experts en systémique.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /Août /2008 19:04

Le jeudi 20 octobre 1994, je fus invité par mes partenaires de la Direction du Transport de la S N C F à participer à la marche d'endurance d'Eurostar : départ de Paris-Nord à 8 h 07, arrivée à Londre-Waterloo à 11 h 13, par le train 9611. Retour de 15 h 33 à 19 h 06, par le train 9636...Aucun incident, aucun retard.
Mon carnet de notes contient en particulier les impressions suivantes:
-Salle embarquement style aéroport
-Départ heure top 8 h 06, dans la tolérance
-Erreur d'impression du numéro de voiture sur les billets
-Café aussi mauvais que celui d'Air-Inter
-...
-Sièges de 2° classe un peu exigus
-repose-pieds bien positionné et tablette bien dimensionnée
-Arrivée  Lille-Europe 9 h 08 ; rab de café
-...
-Entrée tunnel 9 h 40
-Sortie tunnel 9 h 59
-Traversée de la campagne anglaise à une allure de train de banlieue

-...
La fin du voyage fût occupée à identifier dans l'honorable cohorte de voyageurs le maximum de journalistes, parlementaires et autres VIP.


Une précision foggienne ! Et pourtant précaution était prise, qui se traduisait par un codicille : les aléas auxquels sont soumises les marches d'endurance peuvent retarder de quelques minutes ou de quelques dizaines de minutes les horaires indiqués.
Je viens de retrouver mon invitation et mes billets. Peut-être pourrais-je les revendre sur e-bay ?

Or le vendredi 21 octobre, France-Soir titrait à la une : Le train rapide franglais a raté son coup de pub, Eurostar fait tilt. Et ouvrait une double page  illustrée sous le bandeau : eurostar : le big show a tourné au vrai bide.
Que s'était-il passé ? Eh bien la circulation inverse, planifiée au départ de Londres à 9 h 23 (heure locale) ne put quitter Waterloo Station qu'avec une heure de retard du fait d'une alerte technique électrique. Remarquer au passage que la direction d'exploitation du train à grande vitesse a assumé ses responsabilités ; l'incident détecté, vu sa nature, n'aurait manifesté ses effets que côté français, immobilisant la rame à Fréthun, et le retard aurait été évité au départ.

Croyez-vous que  France-Soir, réputé pour son approche faisdiveriste des événements, fût le seul quotidien à associer le nom de la gare, Waterloo, à cette péripétie d'horaire ? Que nenni. Le très sérieux Figaro, dans son cahier saumon, nous offrit une notule de même veine, intitulée Waterloo, le fiasco anglais...Et, comble d'insistance, le Monde daté du 22 octobre publia, sous le titre de circonstance Waterloo, morne gare, un billet de Pierre Georges.

Je ne sais pas pourquoi j'ai gardé un dossier sur cette affaire. Ma contribution au chantier Eurostar n'avait porté que sur la rédaction des procédures de sécurité – la société d'exploitation est multinationale et les équipages sont  multiculturels –. Peut-être n'ai-je vu dans cette affaire qu'une occasion de sortir de l'ombre contractuelle et déontologique qui couvre de son aile sombre les consultants, et de réaliser que si nous peaufinons ces textes qui organisent en pratiques pertinentes les principes de précaution, c'est aussi pour qu'il soient lus, compris et appliqués. Le fait qu'un conducteur de rame ait ajourné le départ au motif d'une alerte de sécurité aurait dû non pas exciter l'ironie des journalistes, mais les inciter à développer le sujet : il n'est guère possible de garantir à la fois la sécurité des circulations et  le respect des horaires s'il passe par le mépris des alertes...

Crédits : merci à Galileo, pour cette horloge de gare (du Nord...).
Merci à la SNCF, pour Eurostar, et en particulier aux ingénieurs qui dès 1964 de manière un peu clandestine, puis à partir de 1966 au sein du très discret Service la Recherche, mon partenaire du moment  chez Wabco-Westinghouse, développèrent, envers et contre presque tous, le concept global et zébulonesque de train à haute vitesse commerciale, associant à des innovations technologiques appliquées au matériel roulant  une révolution dans la conception des tracés de ligne.

 


Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Le Club des Citoyens
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Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /Juil /2008 11:31

Le numéro 9376, daté 30  août 1974, de Combat portait en première page un titre unique, si ma mémoire est bonne : "silence, on coule".
Versac, alias Nicolas Vanbremeersch, saborde son blogue. Lequel, vu le nombre de commentaires déposés, coule à gros bouillons.
Nous perdons une source d'opinions mais nous avons toujours en mémoire ses interventions.

Versac, tel Jacques Bergier, pourrait dire Je suis une légende...

Je puis penser qu'être sans cesse cité en exemple incontournable puisse avoir un effet aliénant : perte potentielle de la liberté d'oser, attouchements douteux de journalistes vampires, atteinte au droit à l'intimité amicale de la pensée partagée.

J'avais il y environ deux ans (septembre 2006) publié un billet d'humeur au sujet des prétentions déplacées de quelques rédacteurs de textes publiés dans les journaux [*] : décider de la notoriété des blogueurs,  hitparader les  blogues, choisir pour nous les dix mailles les plus captivantes de cet immense filet qu'est le Net.

Je trouve la lettre de motivation de Versac à la fois chaleureuse pour les millions de blogueurs anomymes qui font de leur mieux pour coexister dans cet univers foisonnant, et à méditer par les faiseurs de réputation. Comment vont-ils vivre ce lâchage de leur faire-valoir involontaire ?
Bon courage pour la suite.

Crédits : merci au site polmar.com, pour cette image d'un naufrage de prestige (je sais, c'est de l'humour noir).

[*] Certains sont des journalistes, mais pas tous.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 17:32

La question de l'effectif optimal par classe agite de manière régulière le Landerneau pédagogique. D'autres questions récurrentes de même nature, c'est-à-dire sur l'effectif optimal d'une catégorie réputée homogène, portent sur  le nombre : :

- de mots par phrase : lisibilité ;

- de plats par repas : digestibilité ;

- d'électeurs par circonscription : charcutabilité ;

- etc.


J'ai vécu en «pédagogie des adultes» des questionnements du même genre. Le résultat de mes expérimentations et expériences est  que la taille du groupe n'a d'impact sur l'ancrage d'une formation, à supposer qu'on utilise intelligement l'approche par les objectifs pédagogiques, la vraie, pas la "bidon" qui confond objectif et intention, qu'en référence au type de scénario mis en oeuvre.

► Si le scénario est  démonstratif, la limitation est plus dans l'architecture de la salle et les moyens auxiliaires que dans le nombre (du fond, on ne peut lire au tableau...).

► Si le scénario est  distributif , la limitation est dans la capacité du faciliteur à structurer les interactions : le groupe étant devenu intermédiaire pédagogique, un nombre trop restreint de participants est facteur d'appauvrissement. Là aussi, l'organisation technologique du débat est le facteur essentiel de succès. Le tableau-papier va pour six personnes, les procédés graphoraux  genre metaplan-créaplan fonctionnent jusqu'à la vingtaine, la mise en oeuvre de l'informatique avec télécommandes individuelles peut mettre au travail des groupes de cinquante à cent participants.

► Si le scénario est fondé sur la découverte, c'est l'aptitude du responsable du  groupe à le fractionner en sous-groupes semi-autonomes temporaires qui devient le fateur limitant ; l'hétérogénéité dans les sous-groupes est facteur de succès.

Pour ce qui est des structures scolaires, dans le primaire et le secondaire, un peu différentes du fait des spécificités mentales et psycho-motrices des enfants et des adolescents (c'est dans le supérieur que la pédagogie des adultes devient applicable), j'ai observé que si la taille  n'était pas le facteur le plus différenciant en matière de réussite de l'enseignement, elle intervient comme élément d'un «mix», d'une composition.
De même que le mercaticien sait que les facteurs prix, distribution, délai,  publicité, qualité, etc, n'ont de sens que synthétiquement ; quelles sont les bonnes combinaisons, de même l'enseignant doit savoir que les facteurs taille, rythme, scénario, supports, évaluation, etc, n'ont de valeur que synthétiquement : quelles sont les bonnes combinaisons ?

Je crois que les fondements méthodologiques d'expériences aboutissant à l'idée que la taille du groupe serait une variable neutre mériteraient approfondissement.


Crédits :

Merci à Jean-Christian Fauvet pour m'avoir incité à traduire en postures pédagogiques, dans les années 1986, les trois modes de base de la sociodynamique (il y en a à mon avis au moins 5, mais ceci est une autre histoire).

Merci à cette salamandre que j'ai pu photographier en Bretagne il y a près de trente ans, et qui figure dans mon animalerie.

 

Questions au lecteur :

Mais que vient donc faire la salamandre dans cette galère ?

Pourquoi parler pression et densité ?

 

Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Le Club des Citoyens
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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 10:11
Dans Le Monde daté du mercredi 11 juin, Martine Laronche rend compte d'une des communications présentées au d'un colloque organisé par l'association Santé grandes écoles le vendredi 6 juin, à Paris.
L'accent est mis, à juste titre, sur les souffrances psychiques endurées par les étudiants des classes préparatoires aux concours d'entrée dans les Grandes Ecoles.
Des témoignages, qui ne sauraient être mis en doute, étayent cette réalité.

J'ai été formé, il y a une trentaine d'années, à une méthode de résolution des problèmes développée par Charles Kepner et  Benjamin Tregoë, méthode dont une des étapes consiste à mettre en parallèle les caractéristiques des environnements dans les quels le problème est constaté, et celles des environnements dans les quels il ne l'est pas. L'idée est d'identifier une ou plusieurs divergences entre ces ensembles de conditions, et d'en déduire des causes potentielles.
D'ailleurs, le papier de Martine Laronche en  contient une esquisse d'application : Les élèves de prépa sont issus de milieux particulièrement privilégiés, avec des modèles identificatoires forts. Autrement dit, la fille du boulanger a plus de chances de rester cool que le fils du pédégé.

La seule contribution que je pourrais apporter à l'étude de ce problème de santé mentale est une mise en parallèle de ce que j'ai vécu entre 1956 et 1959 et ce que vivent cinquante ans plus tards les préparationnaires d'aujourd'hui.

Les élements sociologiques à prendre en compte pour pondérer la description que je puis faire, de mémoire, de non vécu de taupin sont :
-mon milieu : aîné de famille nombreuse, mère enseignante et père artisan-entrepreneur en menuiserie
-mon enfance : demi-pensionnaire dès dix ans, interne dès douze ans, boursier du gouvernement
-mon âge : j'ai fêté mes dix-sept ans en prépa en ayant redoublé une classe du secondaire
-ma scolarité : à dominante littéraire, avec virage résigné mais réussi vers le bac mathélem sur injonction parentale
-mon destin vu par mes parents : le bicorne et la tangente [ voir l'idée fixe du savant cosinus, page 15...En attendant d'aller ad astra, Cosinus est allé à Polytechnique...] puis un poste de direction aux chemins de fer
-mon projet personnel : être avocat

Quelles étient les caractéristiques essentielles de la Taupe HIV telle que je l'ai fréquentée, comme interne ?
-56 élèves en hypotaupe, avec un taux de sélection annoncé de 1/4 ; 25 en taupe, et redoublement admis si et seulement si admissible à au moins un concours ;
-7 heures de cours par jour, sauf le jeudi après-midi et le dimanche ;
-4 h d'étude par jour (1/2 le matin, 1/2 après le déjeuner, 2 avant le dîner, 1 après le dîner) ;
-lever à 6 h 45, déjeuner à 12 h 15, dîner à 19 h, dortoir à 21 h, extinction des feux à 22 h ;
-une colle de maths et une de physique-chimie par semaine, plus l'anglais et d'autres pérpéties moins fréquentes;
-un devoir de maths par semaine ;
-dans chacune des matières, un devoir sur table noté par mois.

Personnellement, mes seules surprises furent de constater que je n'étais plus le plus jeune de ma classe, et que si je continuais selon mes habitudes du secondaire, à savoir me contenter d'écouter les cours en prenant des notes pour faciliter l'ancrage des acquis, je me retrouvais au milieu du classement et non plus dans le premier quart. Je me mis donc à m'astreindre à relire au moins une fois mes notes.

Je ne me souviens pas d'avoir perçu de manifestations de stress de la part de mes camarades de classe, les internes au moins, soit près du tiers de l'effectif. Les externes, eux, ne montraient guère d'absentéisme.
La nourriture dispensée par l'Education Nationale était relativement saine, bien que peu variée, ce qui provoquait des chahuts récurrents à la gloire de l'intendant. Les conditions de travail étaient plutôt spartiates, qu'il s'agisse des salles de classe ou d'étude, meublées de bancs collectifs et de planches à écrire un peu rugueuses, et le dortoir conforme aux normes usuelles d'un casernement. Il est vrai que nous aspirions à loger ensuite à 200 m de là,  rue Descartes, dans des locaux franchement militaires et célèbres pour leur noble inconfort.

Certains d'entre nous utilisaient le temps libre du jeudi après-midi pour  une déambulation au quartier latin, une halte au Luxembourg ou une séance de cinéma de préférence au Champollion, spcialisé dans les fims d'auteurs du répertoire classique. Une semaine sur deux je rentrais en banlieue passer le dimanche en famille, retour le soir pour être en forme le lundi matin. Pendant les récréations, selon le climat , nous  jouions au bridge ou à la pelote à main nue (*).

Pendant les trois années passées en prépa, je ne me souviens pas avoir eu de moment de déprime : le régime de l'internat m'était familier, j'avais le loisir de lire beaucoup, surtout de la philosophie et de la science fiction, et personne ne se préoccupait de savoir si je passais mon temps sur les exercices corrigés du Aubert & Papelier où à travailler à mes recherches sur Mallarmé, Verlaine et Rimbaud...voire à écrire de la poésie pour mon propre compte.
Ma vie affective était partagée entre une très franche camaraderie avec certains de mes compagnons – je suis resté en contact avec quelques uns d'entre eux – et des relations épistolaires, à forte connotation amoureuse , et très suivies avec une de mes amies du Lycée de Meaux.

Il se peut que la différence essentielle réside non dans la durée des cours, la complexité des matières, la lourdeur des programmes, et/ou le système de contrôle et de notation, mais dans le style de vie quotidienne.
L'internat nous proposait – sans nous demander beaucoup notre avis, quoique l'année où je fus président de la Taupe j'eus, car c'était mon rôle, à négocier avec les surveillants généraux et les professeurs pas mal d'ajustements de la vie scolaire – un cadre permanent qui nous garantissait une régularité quasi-monacale dans nos horaires et nos occupations, et l'absence de perturbations externes, y compris une protection forte contre l'ingérence parentale dans les activités intellectuelles.

Le Monde daté du 14 juin publie un article qui pourrait aller dans le sens de cette hypothèse : Jeunes en péril. Catherine Rollot et Martine Laronche ont organisé la page dédiée à cette enquête autour de six thèmes : le recours aux soins – et la contraception –, l'alimentation, le tabac, l'alcool, la drogue – et les stimulants médicalement administrés – et la perception de l'avenir. Le thème de la structuration du temps n'y est pas directement abordé.

En 1956, le recours aux soins était sous contrôle de la famille, la contraception se limitait aux préservatifs, l'alimentation était gérée par l'institution, nous étions peut-être plus nombreux à fumer qu'aujourd'hui, l'alcool et la drogue n'appartenaient absolument pas à nos pratiques, et notre perception de l'avenir, si elle était assombrie par les risques de réchauffement apocalyptique de la guerre froide, demeurait optimiste pour ce qui était de notre destin personnel.


(* ) Il s'agit bien sûr d'un jeu qui se pratique avec une balle et un fronton...

Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Le Club des Citoyens
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