Mardi 13 mars 2007

Mon cher Joseph,
je viens d'entendre sur les ondes que tu avais diffusé ta première contribution au règlement intérieur de notre sainte mère l'église.
je viens d'entendre sur les ondes que tu avais diffusé ta première contribution au règlement intérieur de notre sainte mère l'église.
Comme trop souvent, les journaleux et les journaleuses, mal informé(e)s, mal formé(e)s – car quelle est la part de la théologie morale ( en particulier quelle lecture commentée du compendium theologiae moralis [*] de Joannis Petri Gury leur a-t-elle été proposée ?) qui leur a été révélée pendant leurs études ? – ont extrait de ton travail quelques alinéas jugés croustillants.
Avant d'évaluer tes propos sur la base de leur forme écrite, certifiée conforme, je ne peux ici que manifester quelques craintes qui pourraient être portée au débit d'un procès d'intention difficile à éviter dès lors qu'un sage respecté veut parler de la folie humaine, un astronome de l'art de creuser les puits, un voyant du sixième sens des aveugles.
Tu aurais confirmé que le prêtre devait s'abstenir de ces rapports qu'on dit intimes avec celles qui sont les partenaires organiques des hommes, ce qu'un esprit soupçonneux pourrait juger incompatible avec l'anathème lancé à l'encontre de ces hommes qui développent des amours hors normes. Mais il s'agit là des mœurs que tu préconises à l'intérieur de l'entreprise que tu diriges, et dès lors que la convention collective du clergé respecte les impératifs généraux du droit du travail, je n'ai rien à objecter. Cela ne me concerne pas. Que tes employés s'en arrangent avec leur hiérarchie et leurs syndicats.
Tu aurais aussi renouvelé l'excommunication des divorcés remariés. Là peut-être sors-tu un peu de ton ressort juridique légitime. Que sais-tu de la souffrance du divorce ? Que sais-tu de l'effort de reconstruction d'un mariage renouvelé ? Encourages-tu l'hypocrisie de la maîtresse ou de l'amant régulièrement pardonnés et régulièrement retrouvés ? Tel ce paysan de légende qui confessant le vol de treize fagots, reconnaissait n'en avoir dérobé que douze, le treizième étant à récupérer sur le chemin du retour....
Pourtant, pris au pied de la lettre, le scénario colporté dans un des textes de référence de ton entreprise, texte réputé fondateur, fait la part belle à un mythique mariage à trois où un mari chaste et trompé n'a obtenu que de justesse la réparation honorifique d'une sainteté qui t'est chère, et qu'il mérite du fait de son statut de père porteur.
J'attends de lire ton texte. Je ne peux croire les informations entendues. Tel un autre des saints qui peuplent le panthéon polythéiste de ton église, je veux des informations de première main dans la plaie.
Mon cher Joseph, rassure-toi. Ces péripéties ne m'empêchent pas d'avoir la foi.
[*]
Cum approbatio illustrissimi Archiepiscopi turonensis. Lugdni, apud officinam librariam Briday, et parisiis apud Victor Lecoffre, bibliopolam. M DCCC LXXXI.
crédits :
merci à Bernardo Strozzi (1581/2 - 1644) pour cette Incrédulité de Saint Thomas, peint vers 1620.
Cum approbatio illustrissimi Archiepiscopi turonensis. Lugdni, apud officinam librariam Briday, et parisiis apud Victor Lecoffre, bibliopolam. M DCCC LXXXI.
crédits :
merci à Bernardo Strozzi (1581/2 - 1644) pour cette Incrédulité de Saint Thomas, peint vers 1620.














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