Adaman...Quoi ?

 

Liminaire

Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
  • Présenter un ensemble de littératures polychromes : poèmes, essais, critiques, préfaces, documents pédagogiques, schémas didactiques, fragments sur des thèmes divers
  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
  • &, conjonction de coordination
  • Libertaire : la personne est première ; les maîtres à penser sont à fréquenter avec d'extrêmes précautions, et le progrès nait de la réflexion autonome de chacun venant se combiner à celle des autres.


Informations

Depuis sa création, ce site a accueilli
visiteurs.


Au 10 avril 2008,
il a proposé 411 articles
et accueilli 454commentaires.

Images Aléatoires

Présentation

Mardi 13 mars 2007

Mon cher Joseph,
je viens d'entendre sur les ondes que tu avais diffusé ta première contribution au règlement intérieur de notre sainte mère l'église.

Comme trop souvent, les journaleux et les journaleuses, mal informé(e)s, mal formé(e)s – car quelle est la part de la théologie morale ( en particulier quelle lecture commentée du compendium theologiae moralis [*] de Joannis Petri Gury leur a-t-elle été proposée ?) qui leur a été révélée pendant leurs études ? –  ont extrait de ton travail quelques alinéas jugés croustillants.

Avant d'évaluer tes propos sur la base de leur forme écrite, certifiée conforme, je ne peux ici que manifester quelques craintes qui pourraient  être portée au débit d'un procès d'intention difficile à éviter dès lors qu'un sage respecté veut parler de la folie humaine, un astronome de l'art de creuser les puits, un voyant du sixième sens des aveugles.

Tu aurais confirmé que le prêtre devait s'abstenir de ces rapports qu'on dit intimes avec celles qui sont les partenaires organiques des hommes, ce qu'un esprit soupçonneux pourrait juger incompatible avec l'anathème lancé à l'encontre de ces hommes qui  développent des amours hors normes. Mais il s'agit là des mœurs que tu préconises à l'intérieur de l'entreprise que tu diriges, et dès lors que la convention collective du clergé respecte les impératifs généraux du droit du travail, je n'ai rien à objecter. Cela ne me concerne pas. Que tes employés s'en arrangent avec leur hiérarchie et leurs syndicats.

Tu aurais aussi renouvelé l'excommunication des divorcés remariés. Là peut-être sors-tu un peu de ton ressort juridique légitime. Que sais-tu de la souffrance du divorce ? Que sais-tu de l'effort de reconstruction d'un mariage renouvelé ? Encourages-tu l'hypocrisie de la maîtresse ou de l'amant régulièrement pardonnés et régulièrement retrouvés ? Tel ce paysan de légende qui confessant le vol de treize fagots, reconnaissait n'en avoir dérobé que douze, le treizième étant à récupérer sur le chemin du retour....
Pourtant, pris au pied de la lettre, le scénario colporté dans un des textes de référence de ton entreprise, texte réputé fondateur, fait la part belle à un mythique mariage à trois où un mari chaste et trompé n'a obtenu que de justesse la réparation honorifique d'une sainteté qui t'est chère, et qu'il mérite du fait de son statut de père porteur.

J'attends de lire ton texte. Je ne peux croire les informations entendues. Tel un autre des saints qui peuplent le panthéon polythéiste de ton église, je veux des informations de première main dans la plaie.

Mon cher Joseph, rassure-toi. Ces péripéties ne m'empêchent pas d'avoir la foi.

[*]
Cum approbatio illustrissimi Archiepiscopi turonensis. Lugdni, apud officinam librariam Briday, et parisiis apud Victor Lecoffre, bibliopolam. M DCCC LXXXI.

crédits :
merci à Bernardo Strozzi (1581/2 - 1644) pour cette Incrédulité de Saint Thomas, peint vers 1620.

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Lundi 12 mars 2007

Le  Webzine de l'Aire Falguière


N° 13 -  12 mars 2007


Vous êtes amicalement invités à participer à la soirée-spectacle animée par Isabelle Normand et Jean-Pierre Desthuilliers le mardi 12 mars 2007 à 19 h 30 à la galerie-théâtre Aire Falguière.

L'invité est le poète Hédi Bouraoui.

Hédi André Bouraoui
naquit à Sfax en 1932, dans un quartier cosmopolite, issu d'ethnie berbère, targui, même peut-être, si l'on suit Jacques Arnold dans son interprétation de quelques allusions disséminées dans son œuvre. Il fit ses études secondaires dans le Gers, puis les universitaires à Bordeaux et à Toulouse. Il enseigna tout d'abord en France, puis aux États-Unis d'Amérique, et ensuite se fixa –si j'ose dire à propos de ce nomade militant… -  à  l'Université York  de Toronto, Ontario, Canada, comme titulaire de la chaire de littérature comparée puis directeur du Département d'Études Françaises.
Il s'agit bien de l'Université York, pas de confusion avec une autre métropole : cette université, la troisième du Canada par la taille et la notoriété, naquit vers 1960 et prit, pour affirmer ses racines, le nom que porta la ville de Toronto de 1793 à 1834.

 

 
Il habite donc à Toronto ; et aussi à Paris. Il dit lui-même qu'il se sent chez lui dans l'une et l'autre des deux capitales. Il maîtrise tout naturellement le français, qu'il contribue à enrichir, l'italien, et l'anglais des amériques.

Sa biographie sur WikiPédia le désigne comme écrivain Tunisien. Ce point est contestable, car restrictif, bien que la Tunisie soit sa terre de naissance. Il se vit, lui, comme transculturel, écrivant en français et en anglais, et  comme acteur d'une francophonie élargie aux dimensions du centre Canada-Maghreb qu'il a fondé.


Cette exploration se fera à l'Aire Falguière, 55 rue de la Procession, 75015, Paris. Tél : 01 56 58 02 32. Métro : Volontaires ou Pasteur - Autobus : ligne 62 (Labrouste) - Parking : 81 rue Falguière.
La soirée durera de 19 h 30 à 21 h 00.

Un  tract d'incitation à participer a été envoyé aux proches du poète et aux fidèles de divers réseaux d'amateurs.
De quoi s'agit-il ?
De découvrir, de faire découvrir en profondeur le projet d'un poète :
  • -les lignes de force de son écriture
  • -son itinéraire et ses perspectives
  • -l'impact et la portée de sa parole
Comment faire pour ...?
Sur un rythme à trois temps :
  • -lecture à plusieurs voix, dans divers styles, d'extraits jugés par lui et les animateurs comme significatifs de ses diverses manières d'écrire ;
  • -exploration, par les participants, des résonances, des divers questionnements qui émergent, travaux pratiques d'écriture à chaud en résonance avec les premières lectures ;
  • -réactions immédiates du poète lui-même, apportant ses réponses, son propre ressenti suite aux lectures et aux propos entendus du public, et disant lui-même quelques textes en appui à ses apports.

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Dimanche 11 mars 2007

Depuis que Tirso de Molina, alias Gabriel Téllez,  moine de l'ordre des Mercenaires (orden de la Mercen), écrivit vers 1620 la première version connue des aventures de Don Juan, El burlador de Sevilla, une bonne vingtaine d'écrivains, une sizaine de musiciens,  autant de réalisateurs de films et même des auteurs de BD ont  donné leur interprétation du thème de la conquête trompeuse et sacrilège de la femme séduite et abandonnée.
Don Giovanni est la version de Wolfgang Amadeus Mozart, composée sur un livret de Lorenzo da Ponte.
La mise en scène de Patrick Diamond en fait vivre et chanter les protagonistes  dans un décor créé par Marcus Doshi et  emprunté aux  Etats-Unis d'Amérique d'aujourd'hui.

Le Chef  Timothy Long, du New York City Opera, conduit un  orchestre constitué de musiciens français professionnels du Midi-Pyrénées, et  Victor Benedetti dans la rôle de Don Giovanni.


Ce sera les vendredi 23 mars et samedi 24 mars 2007 à 21 h 00 au Théâtre Municipal de Castres
Renseignements et Réservations : 05 63 71 56 57 et 05 61 62 17 30
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Dimanche 11 mars 2007

La New York Opera Society est une association à but non lucratif implantée à Manhattan, qui travaille au rapprochement culturel franco-américain. Elle organise plusieurs concerts en Midi-Pyrénées

Quoi ?
Le tour du monde : musique sacrée, gospels, airs d’opéra, mélodies de grands classiques  interprétés par de jeunes solistes.
Et aussi Don Giovanni...mais c'est plus tard, les vendredi 23  et samedi 24 mars 2007 au Théâtre Municipal de Castres. 

Qui ?
Les artistes viennent de l'Opéra Lyrique de Chicago, du New York City Opera, du Houston Grand Opera, des Opéras de Washington, de Seattle, de Santa Fe, de San Francisco ou encore de Zurich.
Direction musicale : Miah Im, travaillant avec de jeunes solistes, et Victor Benedetti, Jennifer Cho, Juliana Rambaldi, Carlos Feliciano, Kathleen Flynn, Shannon de Vine, David Salsberry Fry et Ethan Watermeier.

Quand et Où ?
-Les vendredi 16 et samedi 17 mars 2007à 21 h 00 à Toulouse, en la Chapelle Sainte Anne,
au 15, rue Sainte-Anne, derrière la cathédrale Saint-Etienne ( Parking : Saint-Etienne ou Monument aux Morts)
- Le Mardi 20 mars 2007 à 21 h 00 au Théâtre Municipal de Castres

Comment ?
Renseignements et réservations à Castres : 05 63 71 56 57 et 05 63 71 56 58
Renseignements et réservations à Toulouse : 05 61 22 02 64 et  05 61 62 17 30 
Renseignements pour la presse : Mme Claude Almayrac ou Mme Fabienne Fournier de la Martiny
au 05 61 22 02 64 et 05 61 62 17 30, ou par Courriel

Crédits :
Merci à Sophie Vallat pour l'information.
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Mardi 6 mars 2007

De grandes entreprises européennes, telles qu'Airbus, veulent faire face aux exigences des acheteurs des grands pays dits émergents en incluant dans les marchés des clauses de transfert de technologie.
A mon avis, si la transmission du savoir-faire est accompagnée de réciprocités négociées, et de la mise en place d'une régulation planétaire, elle va dans le sens du progrès collectif et partagé.
Nous y gagnerons alors tous, même si quelques parasites bipassent le circuit pour pomper quelques avantages dérivés.  La mondialisation qui-fait-peur pourrait-elle se transformer en  mondialisation qui-fait-espoir ?
__________

<Ouverture parenthèse>


Le savoir-faire acquis par les cultures technologiques occidentales doit de fait beaucoup au Japon, à la Chine, à l'Inde,  et au moyen-orient méditerranéen, à travers les informations transmises par une "invasion arabe des années mille" et un "post moyen-âge" injustement épinglés comme de prétendues époques de régression technique et culturelle.
Sans ces transferts opérés lors du précédent millénaire, l'Europe serait très possiblement  restée une péninsule peuplée d'une main d'œuvre bon marché intellectuellement dépendante des cultures moyenne et extrême  orientales.
La dissolution de la civilisation gréco-romaine dans le déclin maffieux de l'Empire péri-méditerranéen  avait en effet laissé le champ libre aux influences venues de l'Est, du Grand Est...

<Fermeture parenthèse>
__________

Mais si cette transmission de savoir-faire ne vise qu'à optimiser les bénéfices à court terme de quelques uns, en bradant le patrimoine intellectuel et industriel, elle relève de l'abus de bien social.
Ce type de transmission de savoir-faire doit donc à mon avis, si tel est le cas,  être alors contrecarré par toutes les voies légales et, si besoin, par des actions légitimes de résistance civile.
 
Je crains que nous ayons en fait trop souvent à lutter contre la seconde voie ici citée. Avec d'ailleurs peu de moyens efficaces. Le citoyen de base se rue à chariot ouvert sur les produits à bas coûts tout en dénonçant les délocalisations, et pleure quand le rendement théorique de son modeste portefeuille baisse de 5 % en quelques jours, sans s'intéresser aux risques inhérents au soutien à l'évolution à long terme des entreprises dont il se trouve actionnaire de fait.
Les cadres aussi...Et les dirigeants d'entreprise plus encore, qui les y incitent dans leurs choix budgétaires, choix qui en fait ne leur appartiennent que très minoritairement.

Ca veut dire quoi, restaurer la rentabilité d'Airbus ? Sans la dette cumulée avec patience par la S N C F depuis une trentaine d'année, dette transférée par souci de clarté, mais seulement transférée, à R F F, il n'y aurait probalement pas aujourd'hui  de tégévé en Europe occidentale...
Il en est des dettes comme du cholésterol : coexistent le bon et le mauvais :
-Les bonnes dettes se nomment investissement à long terme : éducation, recherche fondamentale et appliquée, formation, renforcement du tissus social... .
-Les mauvaises dettes se nomment dépenses courantes engendrées par le train de vie de l'institution ( dépenses dont le corps social profite, très inégalement d'ailleurs, ce qui renforce injustices et précarités) , et même parfois remboursement des emprunts intercalaires destinés à rembourser les interêts des emprunts en cours...

Ne penser que rentabilité à cinq ans pour des systèmes de transport - les échanges de biens, plus encore que la mobilité des personnes, sont un des piliers du co-développement, et même une condition incontournable posée pour la survie de l'humanité - utilisant des matériels et des infrastructures dont le cycle de conception-fabrication est d'au moins dix à quinze ans et la durée de vie de plus de trente à quarante ans, est-ce bien raisonnable ?

Déguiser cette recherche d'amélioration de la profitabilité sous la nécessité de se donner les moyens d'assumer un changement technologique et de passer de l'emploi des alliages légers à celui des matériaux composites intégrant les fibres de carbone, comme notre actuel ministre de l'économie, des finances et de l'industrie (Que vient faire ici l'industrie, d'ailleurs ? Quelles est la logique qui préside à ce rapprochement ? l'économie nationale n'a-t-elle comme composante que l'industrie ?) a tenté de le faire lors d'une récente émission télévisée revient à prendre le téléspectateur ( dans téléspectateur il y a spectateur...) pour un ignorant passif.
D'autant plus que certains matériaux, tels le super-verre - GLAssREinforced, in english -, d'ailleurs figurant dans la nomenclature de l'Airbus A 380,  marient métal et céramique ou métal et fibre de verre...et qu'il s'agit bien de maîtriser une technologie elle-même...composite, et impliquant la pratique du travail des alliages légers...et des fromages de hollande ( allusion aux sites de production actuelle ).

Il est légitime de penser que développer une technologie dans le domaine applicatif, et non plus spéculatif, tout en conservant les savoir-faire requis pour continuer en parallèle avec la précédente, implique a priori la conservation des moyens, et surtout des gens qui savent, et non de planifier le départ volontaire de quelques milliers de techniciens, accompagné de la suppression d'autant de recrutements de remplacement pour compenser les fins de carrière...

Si le fond du problème est, comme je l'ai aussi entendu, qu'il y a un président ou un directeur général "en trop" pour une bonne gouvernance, alors il suffit d'une seule suppression de poste pour apporter remède au dysfonctionnement.
J'imagine les titres de la presse : drame social chez EADS ; un licenciement...(1).

Nous sommes témoins de mises en perspective économique et de décisions politiques sémantiquement incohérentes, socialement aliénantes, défis à l'intelligence.

(1) Note
Je sais, en novembre 1970, L' hebdo Hara-Kiri, journal pas bête mais un peu méchant, avait titré Bal tragique à Colombey ; un mort... et par concidence de calendriers son interdiction avait suivi. Je ne fais que reproduire un schéma mental  de dérision décapante.

Crédits :
Merci, un peu au photographe qui a appuyé sur le déclencheur, mais surtout aux milliers d'ingénieurs, techniciens, ouvriers , bref, aux travailleurs tant intellectuels que manuels qui ont œuvré à la réalisation de l'aéronef   ici  représenté...
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Lundi 5 mars 2007

Le mot médiatocratie existe, puisque gougueule l'atteste –en ce moment, 364 fois...– et que certains l'emploient.
Si je le place en titre de ce papier, c'est simplement parce que je pense qu'il  a le mérite d'être facile à comprendre, et de vouloir dire à peu près ce qu'on pense qu'il veut dire en l'entendant, en le lisant, et peut-être même en le prononçant.

Pour exister, il faut être médiatisé....

D'ailleurs, en ayant acheté un ordinateur personnel, téléchargé la suite Mozilla, loué l'adresse www.adamantane.org et versé mon écot  à la plate-forme over-blog, je me suis lancé dans un processus d'auto-médiatisation que je ne puis nier.
En publiant à compte d'auteur mes modestes articulets, je ne fais que continuer, en m'adaptant aux canaux de communication modernes, le travail de diffusion de mes points de vue et réflexions, et de relais de ceux et celles d'autrui que j'en juge digne, commencé dans les années 1960 en envoyant au journal départemental La Marne qui les publia avec une régularité que j'ai plaisir à reconnaître aujourd'hui, des informations sur les motivations obscures et les hauts faits projetés du Ciné-Club-Chellois.

Toutefois, ces activités de journaliste du Dimanche (eh oui, cet article date d'hier...) n'ont pas pour but de me faire connaître de mes concitoyens dans la perspective de débusquer cinq cents signatures et, ensuite, autant de voix que possible pour laisser ma trace, au millième près, dans les statistiques électorales de la République une et indivisible.

Les majors de la médiatocratie politique du printemps de l'an de grâce 2007 nous sont aujourd'hui connus. Les médias les ont sinon choisis, du moins adoubés. Ils existent parce qu'ils causent dans le poste, et surtout surtout parce que leur image est présente sur les télévisuels écrans.
L'un boit du vin blanc, l'autre soupèse des produits du terroir ; celui-ci lève majestueusement les deux bras au ciel – faute de pouvoir en faire autant avec les yeux –,  celle-là note sur un papier deviné la question à laquelle elle ne répondra pas...
Sur la profession de foi, je parie que ce qui coûtera le plus cher n'est pas la rémunération du nègre qui va suer sur le  résumé du programme, mais celle de l'attaché de presse responsable du  choix de  la photo prise sous l'angle le plus avantageux – si la photo est bonne / juste en deuxième colonne...chantait Monique Andrée Cerf, alias Barbara en 1965...–.

L'important, pour les médias visuels dits de grande diffusion, semble être non de nous faire connaître la diversité des points de vue des candidats sur la société française telle qu'ils la voudraient voir progresser, mais de nous délivrer des images purement anecdotiques atteignant le degré zéro de l'information utile : le candidat sur un marché (public ?), le candidat dans le TGV, le candidat apprenant  le résultat du mille et unième sondage, le candidat montant sur une estrade, le candidat prenant un bain de foule (le bon peuple lave plus blanc...)....candidats candides vêtus de probité et de lin blanc, ou de fermeté et de coton noir...

Mais pourquoi les grandes chaînes, que les petites jalousent, nous proposent-elles sans retenue ces images insignifiantes ? Serions-nous des images de citoyens destinés à mettre une image de bulletin dans une image d'urne pour élire une image de président temporairement à la tête d'une image de république ?
Ceci est juste une image.

Et si first life n'était qu'une variante de second life dans un univers parallèle, certes, mais de même nature ?
Eugène Ionesco osa dire, si ma mémoire est bonne (1) : assez d'actes, des mots !  Alors pourquoi ne pas prendre comme slogan de campagne : assez d'engagements, des images  !

(1) Nota
Ma mémoire n'était pas bonne. La citation qui figure en III° de couverture de Les chefs d'œuvre du sourire, Éditions Planète, 1964, est : Les paroles seules comptent. Tout le reste est bavardage. L'esprit y est...

crédits
Merci au site 819 lignes pour l'image de ce  téléviseur très ancien, un La voix de son maître, – allusion ? –  modèle T251 de 1951....Ce doit être le poste devant lequel nos candidat(e)s auraient pu passer à un moment ou à un autre de leurs années de jeunesse ?

publié dans : Libertaire
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Dimanche 4 mars 2007

Certains systèmes de réflexion philosophique, certaines approches du développement personnel, certains modes de méditation théologique incitent l'adepte à dépasser la simple catégorisation binaire pour accéder à ce premier niveau d'éveil qu'est la perception du ternaire.

Sir Arthur Charles Clarke, dans la saga des Rama, nous propose à réflexion l'étude des traces visibles d'une civilisation extraterrestre où le binaire, inscrit dans notre programme génétique qui contamine nos propres constructions physiques et mentales, est remplacé par le termaire : les raméens font tout par trois...

De là à en déduire qu'en matière de politologie, notre vision d'un monde coupé en deux par les inusables et dévastateurs ciseaux de la prétendue clarification pourrait s'élargir à une cartographie ternaire, il n'y a qu'un troisième pas à franchir.
Le premier étant d'avoir admis que l'activité politique est nécessaire au développement durable de nos sociétés, et le second d'avoir compris que le régime du parti unique est un terrain mortifère.

Sur un blog politique, j'avais en commentaire posé la question : que se passerait-il si notre constitution, dont certains articles relèvent d'ailleurs plus de l'édiction de procédures contingentes que de l'affirmation de principes fondamentaux, prévoyait un second tour entre les trois candidats gagnants du premier ?
Le double drame de 2002, qui a vu plus de la moitié des suffrages apportés, par raison froide et non par enthousiasme, à un candidat qui s'est empressé de les détourner au profit exclusif de sa caste d'appartenance, sans le moinde signe de reconnaissance vis à vis des citoyens se reconnaissant mieux dans d'autres options hélas éliminées et qui croyaient agir avec intelligence, aurait-il été évité ?

Les deux opposants qui s'affrontent en ce moment, en termes primitivement binaires sur un terrain qu'ils voudraient s'approprier tout entier pour dérouler les manœuvres de leur jeu à deux, quel message nous font-il passer, avec la complicité de médias qui majoritairement se revêtent de la peau de brebis de l'équité du débat ?
Leurs lieutenants en rajoutent sans pudeur ni complexes, qui non seulement considèrent les autres candidats comme des moins que rien, enfants illégitimes d'une démocratie dévergondée, mais de plus nous assènent la même vérité première, sans entamer le moindre petit bout de démonstration rationnelle : il n'y a que lui (elle) et son ennemi(e), parce qu'un français bon citoyen ne peut être que de droite ou de gauche. Choisissez !
Leur message est tout simplement : la rue n'a que deux côtés, utilisez mon trottoir et je ferai de vous des citoyens heureux de marcher dans les pas de mes combines ; l'autre est juste bon pour les chiens.
Limite débile, diraient avec concision mes neveux et nièces...

Et si une troisième voie était ....viable ?

Et si le passage au ternaire, tout en nous obligeant à beaucoup plus d'imagination constructive, ne nous proposait pas l'accès à une société à la fois plus ouverte aux différences et moins gaspilleuse de ce qui rassemble ?
Cette recherche eût des précurseurs, de Jacques Chaban-Delmas à Michel Rocard, hélas coincés dans une image de marque partisane liée à leur histoire personnelle. Mais dans une société qui vit tout en termes de  de droite/gauche (ou de gauche/droite, selon préférences...) comment s'étonner qu'une personnalité politique ait  ses racines d'un des deux côtés, pourquoi s'en offusquer et à quel titre le lui reprocher ?

Et si une troisième voie était viable, vivable, enviable ?

Votre attention s'il vous plaît !
Un petit parti politique s'était approprié en 1985  le nom vacant de troisième voie. En 1991, il éclata et les survivants se rapprochèrent du FN. Il va donc sans dire, mais il va encore mieux en le disant, que le papier qui précède n'est en rien inspiré par ce mouvement éphémère.

Nos amis canadiens développent une réflexion sur le thème de la troisième voie qui mérite que l'on s'y arrête un peu. Parque ton char et descend voir....

Lamoureux, qui illustre ce texte, est une page du livre du TaroT. Elle nous rappelle, entre autres choses,  à quel point le choix binaire fait partie de l'humaine condition, et en quoi il révèle un aveuglement. La suite du livre propose réflexions et voies de sortie...

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Samedi 3 mars 2007


Adeline Giustinati-Miermont vient de publier De chair et de chimères chez La Bruyère Editions.
Son premier ouvrage...

Qui publie pour la première fois connaît et l'émoi de l'entrée dans le cercle des auteurs authentiques, ceux dont le nom sert de repère à un objet-livre– son recueil à elle s'avance sous une couverture de masque blanc, de masque neutre d'initiation au statut de choryphée –, associé au titre qui porte leur espoir, et l'épreuve du doute sur l'accueil  réservé à ces phrases qu'il fallut tant de temps pour écrire et qu'il suffit de quelques moments pour lire...

Que de handicaps à surmonter maintenant pour elle :

-Les règles cruelles du compte d'auteur qui laisse trop souvent l'auteur pour compte ;

-Le tricotage patient de la diffusion, plus meutrier pour les doigts que le cal de la plume ;

-Les jugements bâclés des critiques, qui faute de pouvoir en écrire autant se bornent à rentabiliser leur stage de lecture rapide pour produire, en sautant à rebours du sommaire à la préface, via les pages 69 – si elle existe– et 13, pour y trouver les cinq phrases et surtout la citation qui feront leur recension ;

-L'indifférence polie des autres poètes, plus préoccupés de relire leurs textes que de jeter un œil sur l'œuvre de leurs consœurs et confrères, et gémissant sur le massacre de forêts engendré par l'appétit de reconnaissance de leurs concurrents ;

-La sollicitude des amis, qui ne voient pas pourquoi il leur faudrait en plus payer le recueil qui va orner leur bibliothèque, et se le font offrir en ajoutant l'attente d'une dédicace forcément personnalisée – j'ai trouvé dans des bouquineries, et aussi en vente dans le e-commerce, nombre de plaquettes ainsi adornées d'envois d'auteur, et visiblement non lues, comme en atteste l'absence de découpe, pour les éditions anciennes, ou pour les plus récentes l'état encore craquant d'une brochure calculée au juste prix, donc irréversiblement cassante.

Tout premier recueil est pour moi promesse obscure mais déjà chaude d'une écriture.
Premier pas dans l'univers inconnu de la littérature.
Début d'un travail de reconstruction du monde qui réussira si la patience sait s'allier à la fougue, la force des mots à la compassion des émotions, la rigueur jubilatoire du désir de communiquer  à la souplesse protectrice de l'éthique grammaticale.

J'ai en commun avec Adeline Giustinati-Miermont l'intérêt pour le Français Langue Étrangère. Nous fréquentons tous deux le forum de Franc-Parler.
Mon intérêt pour cette discipline est que, nul n'étant prophète en son pays, et surtout pas le poète en sa langue, il est un détour profitable qui consiste à considérer que la langue du poème n'est point la langue maternelle du lecteur, usée qu'elle est par l'indifférence née de l'usage et enfouie dans les limbes de son inconscient, et qu'il convient de traiter dans le texte chaque mot comme nouveau, chaque tournure comme exotique ou dérangeante, chaque allusion comme référencée à une culture qui serait à faire découvrir.

La chimère est un être de mélange, parfois qualifié de monstrueux, puisqu'il faut le montrer pour en prouver l'existence. L'androgyne est chimère. Le mental humain, animus et anima entrelacés, est chimère. Des symboles maclés composent une chimère  de significations.  Le poème lui même,  au delà de certaines figures du discours, n'est-il pas est chimère,  qui veut à la fois être objet transmissible et quintessence d'émotion.

Le peu que j'ai pu lire de son travail me pousse à croire qu'elle saura surmonter les handicaps, plus haut énumérés d'un trait point trop noir même si acide, et  qui servent aujourd'hui de Conseils à un jeune poète. Et qu'elle a aussi les ressources requises pour réussir cette nécessaire reconstruction mot à mot du monde des sens qu'est la poésie.

Et si je lui laissais la parole ?  Pour cette méditation profane sur l'épaisseur du présent...

J'abandonne
Les bras ballants
Mets le présent en attente

Je m'abandonne
A des délices sucrés
Sur des épaules salés
Quelle ivresse!
Mon amant me peint un soleil sur les lèvres
Partition de baisers qui fondent sur la nuque

Je m'abandonne
A des caresses ardentes
Chapelle de l'instant
De l'abandon
Sanctuaire de l'éphémère
Mémoire de la chair

Quand s'éclipse mon amant
Quand l'extase file entre les doigts
Je me trouve à genou
Au pied du présent
Un tissu de grâce dans une des mains

Si le corps y est présent dans d'essentielles parties : doigts, mains, bras, épaules nuque, genou, pied, traçant tout un itinéraire, les postures sont elles aussi parallèlement évoquées dans une gamme de sensations : abandon, attente, ivresse, caresse, extase, grâce qui toutes colorent à leur manière l'épaisseur d'un atome de mémoire du temps : présent, instant, éphémère, éclipse, filage....
publié dans : Nouvelles des arts
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Vendredi 2 mars 2007
Nethique.info

Sur le trottoir de gauche de ce blogue, dans le quartier des partenariats, ont été construites six petites maisons :
  • AgoraVox
  • Freemen
  • Néthique
  • Cyber@cteurs
  • Ad-Free Blog
  • Population Data

La plaque que j'ai apposée sur la maison Néthique mentionne Nous pratiquons tous les bonnes manières, surtout avec les inconnus.
Cette maison, qui héberge aussi  un blog et un wiki , a été construite, il y a un peu plus d'un an, par l'O N G Les Humains Associés.

Pourquoi ?
Parce qu'Internet est un espace de dialogue permanent pour des millions de personnes. Tout un chacun, et même toute une chacune, peut ouvrir un blog(ue) et devenir l'éditeur de ses contenus personnels, participant ainsi à la construction de la cité numérique mondiale.

Comment ?
La charte néthique s'appuie sur une démarche participative. Elle peut être modifiée et adaptée par chacun. Chaque blogueur est libre ou non de la suivre. Elle propose une sensibilisation aux principes établis par la communauté pour mieux vivre ensemble sur le Net ainsi qu'aux aspects juridiques.

Qui ?
Aujourd'hui, elle loge une communauté de cent cinquante habitants environ – 156 au dernier recensement...– :
  • -blogs : des blogs de cuisine aux blogs philosophiques et politiques ainsi que des blogs de la Cité des Sciences, du Conseil économique et social par exemple,
  • -sites : à partir d'aujourd'hui , le site de François Bayrou devient néthique et nous rejoint ,
  • -territoires dans Second Life : l'Île Verte des Humains Associés, l'île Neutrino d'i-Marginal, l'espace du comité 748-désirs d'avenir, l'Île Sarkozy de Loïc Le Meur ....
  • -prescripteurs : le Parti socialiste et Désirs d'Avenir promeuvent la néthique auprès de leurs militants dans la campagne en ligne.

Les Humains Associés ont le plaisir de vous communiquer le programme de la journée néthique. organisée le samedi 10 mars 2007 au Carrefour Numérique à la Cité des Sciences :
Néthique -Vivre ensemble sur le Net.
Une introduction et deux tables rondes...

14h30 - 15h00
Qu'est-ce que la néthique ?
Tatiana Faria, Présidente-fondatrice des Humains Associés,
Natacha Quester-Séméon , Secrétaire Général(e) des Humains Associés,
Tristan Mendès France, Secrétaire Général de l' Institut Pierre Mendès France,
Laurent Mayet, professeur de philosophie, rédacteur en chef des hors séries de Le Nouvel Observateur et  Sciences et Avenir,
Sylvain Attal, Journaliste, France 24 et blogueur, dans le rôle du modérateur.

15h00 - 16h30
Comment être un internaute-citoyen responsable ? Le point de vue de la société civile...
Carlo Revelli, co-créateur d'AgoraVox – voir la première petite maison du quartier des partenariats...–,
Thierry Crouzet, auteur du livre Le 5e pouvoir,
Thierry Maillet, auteur du livre Génération Participation.

16h45 à 18h15
Comment être un internaute-citoyen responsable ? Le point de vue des partis politiques...
Eric Walter, responsable internet de l'UMP - sarkozy.fr,
Quitterie Delmas, porte-parole des jeunes UDF de Paris - bayrou.fr,
Benoit Thieulin, responsable de la net-campagne de Ségolène Royal - desirsdavenir.org.

Celles et ceux qui souhaitent assister à la journée peuvent s'inscrire dès maintenant sur le WikiNethique.
Je vous dis ça gentiment...
publié dans : Systémique
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Jeudi 1 mars 2007

Dans la série Le siècle des chimères, le Livre de Poche publie, sous le numéro 37 176, Les ogres du Gange, de Philippe Cavalier.

L'épigraphe est un extrait du Mahâbhârata, le livre  rédigé par Ganesh sous la dictée du sage Vyâsa, tout comme Mahomet aurait recueilli dans Le Coran la parole de l'ange Djibril... .

Voilà un opus qui trace une image de l'Inde, réceptacle principal du récit, assez décalée par rapport à celle que nous en a donné Joseph Rudyard Kipling –encore qu'en lisant "entre les lignes", il est possible que son amitié avec Henry Rider Haggard s'explique en partie par le partage du goût des mystères ...–, et les traces partielles et simplificatrices que la non-violence de Ghandi a laissé dans nos mémoires occidentales.

A partir de faits réels, comme l'existence de géostratégies divergentes au sein du gouvernement anglais avant Munich (et même après...), et aussi dans les milieux des élites révolutionnaires indiennes sur la voie de l'indépendance, comme en témoignent les tentatives de Subhas Chandra Bose ( présentées sur Arte par Sacha Mirzoeff le 7 février...), et en liant le tout par une interprétation très personnelle mais défendable des mythes et pratiques magiques des sectateurs de Shiva, mêlée à des emprunts judicieux à la sorcellerie chamanique thibétaine, l'auteur nous propose un récit qui a du souffle, de l'humour, relève du réalisme fantastique – même l'irruption d'Édouard VIII "a l'air vraie" –  et porte l'attrait mystérieux d'un space- opera terrien.

Bien que l'enchevêtrement complexe des fils narratifs demande au lecteur une attention vigilante et une mémoire attentive, le jeu des rebondissements et les ressorts déclenchés par les énigmes à résoudre – et, subtilement, jamais entièrement résolues...–  maintiennent avec efficacité son attention, l'empêchant de sauter le moindre paragraphe.

En valorisant ainsi de manière attractive et vivante ses connaissances en matière de religions orientales, Philippe Cavalier peut donner envie d'aller au delà, et de s'intéresser aux textes fondateurs de ces cultures encore mal connues du grand public cultivé.

Ce livre figure à juste titre – si j'ose écrire, à propos de livre... – dans la sélection de février du Prix des Lecteurs du Livre de poche.
Je n'aime pas bien le substantif thriller utilisé pour repérer l'ouvrage, mot qui figure en bonne place sur la I° de couverture.
Si quelqu'un a une idée pour nommer ces récits de fiction qui  associent  faits historiques, hypothèses socio-religieuses, cultes réels et rumeurs mythiques au sein d'un scénario qui crève le plafond des réalités pour conduire à l'étage des univers possibles, je suis tout à l'écoute.

Pour une autre lecture de cet ouvrage, voir par exemple la contribution de Pierre Bachy sur le forum de Lire.
publié dans : Nouvelles des arts
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