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  • : Adamantablogue
  • : *Étonnement systémique et libertaire *Évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale *Ouvertures vers la pensée non conformiste
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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
  • Présenter un ensemble de littératures polychromes : poèmes, essais, critiques, préfaces, documents pédagogiques, schémas didactiques, fragments sur des thèmes divers
  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
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  • Libertaire : la personne est première ; les maîtres à penser sont à fréquenter avec d'extrêmes précautions, et le progrès nait de la réflexion autonome de chacun venant se combiner à celle des autres.


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Systémique

Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /Sep /2008 11:51

Les anniversaires ont pour effet de créer des ventres dans le biogramme des événements. C'est ainsi que les chronodendrologues décomptent les années à partir des anneaux de croissance des tiges ligneuses. Voilà donc la première décade de septembre dédiée de manière récurrente à des  réflexions sur les divers avatars de la  théorie dite du complot.

L'art des enquêtes (criminelles, mais plus généralement de toutes investigations centrées sur la réponse à la question : "qui ?" ) nous suggère que pour faire partie de la liste des suspects il convient d'être convaincu d'avoir eu :
1-le moyen,
2-le mobile,
3-l'opportunité.
Le vocabulaire varie mais l'idée est constante.

Le débat sur les affaires du 11 septembre à NY (et ailleurs) porte essentiellement sur le moyen. Ce moyen a-t-il été l'emploi d'aéronefs détournés,  d'éléments d'un système d'armes,  d'explosifs  prédisposés, ou toute combinaison des trois.

Je trouve que l'on a débattu assez peu du mobile. Ou du moins que, suite à une anomalie dans la logique du raisonnement, le mobile semble déduit du "qui". Si c'est Al-Qā'ida, il s'agit de montrer la faiblesse des USA. Si c'est une agence gouvernementale, il s'agit de justifier l'invasion de pays du moyen-orient...Cercle vaguement vicieux, diallèle intempestif.

La chaîne de raisonnement des tenants du complot va du moyen au "qui" puis du "qui" au mobile. Les sceptiques, eux,  font remarquer qu'en matière d'opportunité les explosifs prédisposés et les éléments de système d'armes sont moins évidents à établir que les détournement d'aéronefs.

Ces raisonnements linéaires, avec un détour par le "qui" qui n'est que le dernier élément du graphe, ne me satisfont pas au plan de l'esthétique de la pensée déductive.

Il convient de recenser les moyens, les mobiles et les opportunités, avec imagination et esprit de système. S'il y a :
-n moyens prouvables,
-m mobiles plausibles,
-p opportunités cohérentes,
il y a alors [ n x m x p ] cas(es) de figures à examiner. Les "qui" pour lesquels il peut être prouvé qu'ils sont compatibles avec le contenu d'une de ces cases au moins sont des auteurs potentiels qu'il faudra départager. Les amateurs de séries policières reconnaîtront ici le schéma de base des intrigues à rebondissements : l'enquêteur entraîne le spectateur-lecteur de case en case.

Ici, le travail sur les mobiles semble à première lecture un peu bâclé. On pourrait par exemple sortir de la dichotomie Provocation d' Al-Qā'ida / Prétexte pour le gouverment US. D'autres partenaires pourraient être mis dans le circuit avec leur mobile propre :
-qui aurait (eu) intérêt à ce que Al-Qā'ida, groupuscule obscur et diffus, atteigne ce niveau d'existence géopolitique ?
-qui trouverait bénéfice à faire tomber l'armée et l'économie US dans le piège destructeur de l'impasse irakienne ?
-etc.
A noter que ces mobiles peuvent profiter tout autant, vu des USA, à des "puissances étrangères" qu'à des "factions internes".

Crédits : Merci à Pieter Brueghel l'Ancien, pour sa Tour de Babel. Circa 1563, huile sur panneau de bois de chêne (rouvre) ; 114 cm x 155 cm ; Kunsthistoriches Museum de Vienne.

Ce choix iconographique ne veut pas établir de liens subliminaux entre le mythe de Babel et la destruction des tours du WTC.
Il veut évoquer la possibilité que le fait générateur de notre incapacité collective à décrire correctement et de manière unanime les événements dont leur destruction fut la partie visible réside dans la dispersion des langues, au sens sémantique du terme.
En dépit de la richesse de nos procédures de communication, de la multiplicité des enregistrements, de l'amas des images, de la finesse des retraçages de faits de détail, nous sommes collectivement incapables d'élaborer une vision unifiée du fait global.
Non pas parce que certains mentiraient, auraient truqué des témoignages, falsifié des indices, troublé par des artifices de communication la conscience et l'intellect des enquêteurs...Simplement – si j'ose dire – parce que la complexité de la situation dépasse les capacités d'intégration des données des meilleurs experts en systémique.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /Août /2008 19:04

Le jeudi 20 octobre 1994, je fus invité par mes partenaires de la Direction du Transport de la S N C F à participer à la marche d'endurance d'Eurostar : départ de Paris-Nord à 8 h 07, arrivée à Londre-Waterloo à 11 h 13, par le train 9611. Retour de 15 h 33 à 19 h 06, par le train 9636...Aucun incident, aucun retard.
Mon carnet de notes contient en particulier les impressions suivantes:
-Salle embarquement style aéroport
-Départ heure top 8 h 06, dans la tolérance
-Erreur d'impression du numéro de voiture sur les billets
-Café aussi mauvais que celui d'Air-Inter
-...
-Sièges de 2° classe un peu exigus
-repose-pieds bien positionné et tablette bien dimensionnée
-Arrivée  Lille-Europe 9 h 08 ; rab de café
-...
-Entrée tunnel 9 h 40
-Sortie tunnel 9 h 59
-Traversée de la campagne anglaise à une allure de train de banlieue

-...
La fin du voyage fût occupée à identifier dans l'honorable cohorte de voyageurs le maximum de journalistes, parlementaires et autres VIP.


Une précision foggienne ! Et pourtant précaution était prise, qui se traduisait par un codicille : les aléas auxquels sont soumises les marches d'endurance peuvent retarder de quelques minutes ou de quelques dizaines de minutes les horaires indiqués.
Je viens de retrouver mon invitation et mes billets. Peut-être pourrais-je les revendre sur e-bay ?

Or le vendredi 21 octobre, France-Soir titrait à la une : Le train rapide franglais a raté son coup de pub, Eurostar fait tilt. Et ouvrait une double page  illustrée sous le bandeau : eurostar : le big show a tourné au vrai bide.
Que s'était-il passé ? Eh bien la circulation inverse, planifiée au départ de Londres à 9 h 23 (heure locale) ne put quitter Waterloo Station qu'avec une heure de retard du fait d'une alerte technique électrique. Remarquer au passage que la direction d'exploitation du train à grande vitesse a assumé ses responsabilités ; l'incident détecté, vu sa nature, n'aurait manifesté ses effets que côté français, immobilisant la rame à Fréthun, et le retard aurait été évité au départ.

Croyez-vous que  France-Soir, réputé pour son approche faisdiveriste des événements, fût le seul quotidien à associer le nom de la gare, Waterloo, à cette péripétie d'horaire ? Que nenni. Le très sérieux Figaro, dans son cahier saumon, nous offrit une notule de même veine, intitulée Waterloo, le fiasco anglais...Et, comble d'insistance, le Monde daté du 22 octobre publia, sous le titre de circonstance Waterloo, morne gare, un billet de Pierre Georges.

Je ne sais pas pourquoi j'ai gardé un dossier sur cette affaire. Ma contribution au chantier Eurostar n'avait porté que sur la rédaction des procédures de sécurité – la société d'exploitation est multinationale et les équipages sont  multiculturels –. Peut-être n'ai-je vu dans cette affaire qu'une occasion de sortir de l'ombre contractuelle et déontologique qui couvre de son aile sombre les consultants, et de réaliser que si nous peaufinons ces textes qui organisent en pratiques pertinentes les principes de précaution, c'est aussi pour qu'il soient lus, compris et appliqués. Le fait qu'un conducteur de rame ait ajourné le départ au motif d'une alerte de sécurité aurait dû non pas exciter l'ironie des journalistes, mais les inciter à développer le sujet : il n'est guère possible de garantir à la fois la sécurité des circulations et  le respect des horaires s'il passe par le mépris des alertes...

Crédits : merci à Galileo, pour cette horloge de gare (du Nord...).
Merci à la SNCF, pour Eurostar, et en particulier aux ingénieurs qui dès 1964 de manière un peu clandestine, puis à partir de 1966 au sein du très discret Service la Recherche, mon partenaire du moment  chez Wabco-Westinghouse, développèrent, envers et contre presque tous, le concept global et zébulonesque de train à haute vitesse commerciale, associant à des innovations technologiques appliquées au matériel roulant  une révolution dans la conception des tracés de ligne.

 


Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Le Club des Citoyens
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Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /Juil /2008 11:31

Le numéro 9376, daté 30  août 1974, de Combat portait en première page un titre unique, si ma mémoire est bonne : "silence, on coule".
Versac, alias Nicolas Vanbremeersch, saborde son blogue. Lequel, vu le nombre de commentaires déposés, coule à gros bouillons.
Nous perdons une source d'opinions mais nous avons toujours en mémoire ses interventions.

Versac, tel Jacques Bergier, pourrait dire Je suis une légende...

Je puis penser qu'être sans cesse cité en exemple incontournable puisse avoir un effet aliénant : perte potentielle de la liberté d'oser, attouchements douteux de journalistes vampires, atteinte au droit à l'intimité amicale de la pensée partagée.

J'avais il y environ deux ans (septembre 2006) publié un billet d'humeur au sujet des prétentions déplacées de quelques rédacteurs de textes publiés dans les journaux [*] : décider de la notoriété des blogueurs,  hitparader les  blogues, choisir pour nous les dix mailles les plus captivantes de cet immense filet qu'est le Net.

Je trouve la lettre de motivation de Versac à la fois chaleureuse pour les millions de blogueurs anomymes qui font de leur mieux pour coexister dans cet univers foisonnant, et à méditer par les faiseurs de réputation. Comment vont-ils vivre ce lâchage de leur faire-valoir involontaire ?
Bon courage pour la suite.

Crédits : merci au site polmar.com, pour cette image d'un naufrage de prestige (je sais, c'est de l'humour noir).

[*] Certains sont des journalistes, mais pas tous.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 17:32

La question de l'effectif optimal par classe agite de manière régulière le Landerneau pédagogique. D'autres questions récurrentes de même nature, c'est-à-dire sur l'effectif optimal d'une catégorie réputée homogène, portent sur  le nombre : :

- de mots par phrase : lisibilité ;

- de plats par repas : digestibilité ;

- d'électeurs par circonscription : charcutabilité ;

- etc.


J'ai vécu en «pédagogie des adultes» des questionnements du même genre. Le résultat de mes expérimentations et expériences est  que la taille du groupe n'a d'impact sur l'ancrage d'une formation, à supposer qu'on utilise intelligement l'approche par les objectifs pédagogiques, la vraie, pas la "bidon" qui confond objectif et intention, qu'en référence au type de scénario mis en oeuvre.

► Si le scénario est  démonstratif, la limitation est plus dans l'architecture de la salle et les moyens auxiliaires que dans le nombre (du fond, on ne peut lire au tableau...).

► Si le scénario est  distributif , la limitation est dans la capacité du faciliteur à structurer les interactions : le groupe étant devenu intermédiaire pédagogique, un nombre trop restreint de participants est facteur d'appauvrissement. Là aussi, l'organisation technologique du débat est le facteur essentiel de succès. Le tableau-papier va pour six personnes, les procédés graphoraux  genre metaplan-créaplan fonctionnent jusqu'à la vingtaine, la mise en oeuvre de l'informatique avec télécommandes individuelles peut mettre au travail des groupes de cinquante à cent participants.

► Si le scénario est fondé sur la découverte, c'est l'aptitude du responsable du  groupe à le fractionner en sous-groupes semi-autonomes temporaires qui devient le fateur limitant ; l'hétérogénéité dans les sous-groupes est facteur de succès.

Pour ce qui est des structures scolaires, dans le primaire et le secondaire, un peu différentes du fait des spécificités mentales et psycho-motrices des enfants et des adolescents (c'est dans le supérieur que la pédagogie des adultes devient applicable), j'ai observé que si la taille  n'était pas le facteur le plus différenciant en matière de réussite de l'enseignement, elle intervient comme élément d'un «mix», d'une composition.
De même que le mercaticien sait que les facteurs prix, distribution, délai,  publicité, qualité, etc, n'ont de sens que synthétiquement ; quelles sont les bonnes combinaisons, de même l'enseignant doit savoir que les facteurs taille, rythme, scénario, supports, évaluation, etc, n'ont de valeur que synthétiquement : quelles sont les bonnes combinaisons ?

Je crois que les fondements méthodologiques d'expériences aboutissant à l'idée que la taille du groupe serait une variable neutre mériteraient approfondissement.


Crédits :

Merci à Jean-Christian Fauvet pour m'avoir incité à traduire en postures pédagogiques, dans les années 1986, les trois modes de base de la sociodynamique (il y en a à mon avis au moins 5, mais ceci est une autre histoire).

Merci à cette salamandre que j'ai pu photographier en Bretagne il y a près de trente ans, et qui figure dans mon animalerie.

 

Questions au lecteur :

Mais que vient donc faire la salamandre dans cette galère ?

Pourquoi parler pression et densité ?

 

Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Le Club des Citoyens
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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 10:11
Dans Le Monde daté du mercredi 11 juin, Martine Laronche rend compte d'une des communications présentées au d'un colloque organisé par l'association Santé grandes écoles le vendredi 6 juin, à Paris.
L'accent est mis, à juste titre, sur les souffrances psychiques endurées par les étudiants des classes préparatoires aux concours d'entrée dans les Grandes Ecoles.
Des témoignages, qui ne sauraient être mis en doute, étayent cette réalité.

J'ai été formé, il y a une trentaine d'années, à une méthode de résolution des problèmes développée par Charles Kepner et  Benjamin Tregoë, méthode dont une des étapes consiste à mettre en parallèle les caractéristiques des environnements dans les quels le problème est constaté, et celles des environnements dans les quels il ne l'est pas. L'idée est d'identifier une ou plusieurs divergences entre ces ensembles de conditions, et d'en déduire des causes potentielles.
D'ailleurs, le papier de Martine Laronche en  contient une esquisse d'application : Les élèves de prépa sont issus de milieux particulièrement privilégiés, avec des modèles identificatoires forts. Autrement dit, la fille du boulanger a plus de chances de rester cool que le fils du pédégé.

La seule contribution que je pourrais apporter à l'étude de ce problème de santé mentale est une mise en parallèle de ce que j'ai vécu entre 1956 et 1959 et ce que vivent cinquante ans plus tards les préparationnaires d'aujourd'hui.

Les élements sociologiques à prendre en compte pour pondérer la description que je puis faire, de mémoire, de non vécu de taupin sont :
-mon milieu : aîné de famille nombreuse, mère enseignante et père artisan-entrepreneur en menuiserie
-mon enfance : demi-pensionnaire dès dix ans, interne dès douze ans, boursier du gouvernement
-mon âge : j'ai fêté mes dix-sept ans en prépa en ayant redoublé une classe du secondaire
-ma scolarité : à dominante littéraire, avec virage résigné mais réussi vers le bac mathélem sur injonction parentale
-mon destin vu par mes parents : le bicorne et la tangente [ voir l'idée fixe du savant cosinus, page 15...En attendant d'aller ad astra, Cosinus est allé à Polytechnique...] puis un poste de direction aux chemins de fer
-mon projet personnel : être avocat

Quelles étient les caractéristiques essentielles de la Taupe HIV telle que je l'ai fréquentée, comme interne ?
-56 élèves en hypotaupe, avec un taux de sélection annoncé de 1/4 ; 25 en taupe, et redoublement admis si et seulement si admissible à au moins un concours ;
-7 heures de cours par jour, sauf le jeudi après-midi et le dimanche ;
-4 h d'étude par jour (1/2 le matin, 1/2 après le déjeuner, 2 avant le dîner, 1 après le dîner) ;
-lever à 6 h 45, déjeuner à 12 h 15, dîner à 19 h, dortoir à 21 h, extinction des feux à 22 h ;
-une colle de maths et une de physique-chimie par semaine, plus l'anglais et d'autres pérpéties moins fréquentes;
-un devoir de maths par semaine ;
-dans chacune des matières, un devoir sur table noté par mois.

Personnellement, mes seules surprises furent de constater que je n'étais plus le plus jeune de ma classe, et que si je continuais selon mes habitudes du secondaire, à savoir me contenter d'écouter les cours en prenant des notes pour faciliter l'ancrage des acquis, je me retrouvais au milieu du classement et non plus dans le premier quart. Je me mis donc à m'astreindre à relire au moins une fois mes notes.

Je ne me souviens pas d'avoir perçu de manifestations de stress de la part de mes camarades de classe, les internes au moins, soit près du tiers de l'effectif. Les externes, eux, ne montraient guère d'absentéisme.
La nourriture dispensée par l'Education Nationale était relativement saine, bien que peu variée, ce qui provoquait des chahuts récurrents à la gloire de l'intendant. Les conditions de travail étaient plutôt spartiates, qu'il s'agisse des salles de classe ou d'étude, meublées de bancs collectifs et de planches à écrire un peu rugueuses, et le dortoir conforme aux normes usuelles d'un casernement. Il est vrai que nous aspirions à loger ensuite à 200 m de là,  rue Descartes, dans des locaux franchement militaires et célèbres pour leur noble inconfort.

Certains d'entre nous utilisaient le temps libre du jeudi après-midi pour  une déambulation au quartier latin, une halte au Luxembourg ou une séance de cinéma de préférence au Champollion, spcialisé dans les fims d'auteurs du répertoire classique. Une semaine sur deux je rentrais en banlieue passer le dimanche en famille, retour le soir pour être en forme le lundi matin. Pendant les récréations, selon le climat , nous  jouions au bridge ou à la pelote à main nue (*).

Pendant les trois années passées en prépa, je ne me souviens pas avoir eu de moment de déprime : le régime de l'internat m'était familier, j'avais le loisir de lire beaucoup, surtout de la philosophie et de la science fiction, et personne ne se préoccupait de savoir si je passais mon temps sur les exercices corrigés du Aubert & Papelier où à travailler à mes recherches sur Mallarmé, Verlaine et Rimbaud...voire à écrire de la poésie pour mon propre compte.
Ma vie affective était partagée entre une très franche camaraderie avec certains de mes compagnons – je suis resté en contact avec quelques uns d'entre eux – et des relations épistolaires, à forte connotation amoureuse , et très suivies avec une de mes amies du Lycée de Meaux.

Il se peut que la différence essentielle réside non dans la durée des cours, la complexité des matières, la lourdeur des programmes, et/ou le système de contrôle et de notation, mais dans le style de vie quotidienne.
L'internat nous proposait – sans nous demander beaucoup notre avis, quoique l'année où je fus président de la Taupe j'eus, car c'était mon rôle, à négocier avec les surveillants généraux et les professeurs pas mal d'ajustements de la vie scolaire – un cadre permanent qui nous garantissait une régularité quasi-monacale dans nos horaires et nos occupations, et l'absence de perturbations externes, y compris une protection forte contre l'ingérence parentale dans les activités intellectuelles.

Le Monde daté du 14 juin publie un article qui pourrait aller dans le sens de cette hypothèse : Jeunes en péril. Catherine Rollot et Martine Laronche ont organisé la page dédiée à cette enquête autour de six thèmes : le recours aux soins – et la contraception –, l'alimentation, le tabac, l'alcool, la drogue – et les stimulants médicalement administrés – et la perception de l'avenir. Le thème de la structuration du temps n'y est pas directement abordé.

En 1956, le recours aux soins était sous contrôle de la famille, la contraception se limitait aux préservatifs, l'alimentation était gérée par l'institution, nous étions peut-être plus nombreux à fumer qu'aujourd'hui, l'alcool et la drogue n'appartenaient absolument pas à nos pratiques, et notre perception de l'avenir, si elle était assombrie par les risques de réchauffement apocalyptique de la guerre froide, demeurait optimiste pour ce qui était de notre destin personnel.


(* ) Il s'agit bien sûr d'un jeu qui se pratique avec une balle et un fronton...

Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Le Club des Citoyens
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Mardi 1 avril 2008 2 01 /04 /Avr /2008 17:14

NetBrain ? De quoi s'agit-il ?
Pourquoi pas Concerveau pour parler de ce concert de cerveaux, ou Entrelacerveau pour nommer cet entrelacs de cerveaux ?

Quelle sera la première puissance économique mondiale dès la prochaine décennie ? La Chine, l’Inde, L'Europe, L'Amérique du Nord ? Non : ce sera Netbrain, cette puissance virtuelle transversale dont la capitale n'est nulle part et est partout, qui n'a ni frontières ni gouvernement ni monnaie...
Internet, le réseau des réseaux,  crée plus de richesses, d’emplois, d’entreprises, de valeur ajoutée que les géants économiques acteurs de la géopolitique du futur proche.

Denis Ettighoffer , consultant, ancien directeur du développement des NTIC pour Bossard Consultants, où j'ai eu le plaisir de travailler avec lui sur la charte des secrétariats et le plan bureautique (un ordinateur par consultant...) est président fondateur d’Eurotechnopolis Institut – groupe Institut de Gestion Sociale - IGS –où il continue l’exploration prospective des cybersociétés.


Son dernier livre, NETBRAIN, Planète numérique. Les batailles des Nations Savantes est en vente dans toutes les bonnes librairies...Et c'est le vendredi 18 avril à 18h à la Fnac Digitale, 77 boulevard  St-Germain, Paris 6e, qu'il le présentera au public.

NetBrain, 352 pages, 24 € ; ISBN 9782100516087





 
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /Mars /2008 09:23
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Un papier sur le blogue versac.net à propos d'une décision de justice très récente a attiré mon attention sur deux aspects un peu particuliers du fonctionnement de la blogosphère .

► D'une part, le risque que fait courrir le recours aux flux rss. Si je suis abonné à un journal, et que ce journal un jour publie un article honteusement antiraciste, ou diffamatoire, ou souffrant de toute autre malformation mentale réprimée par la loi, le lecteur que je suis n'en sera pas inquiété pour autant, même s'il n'envoie pas au courrier des lecteurs une protestation argumentée. Et La Poste, qui aura véhiculé l'objet du délit, non plus. Dans le monde des papiers virtuels, cela semble un peu différent, dans la mesure ou un gestionnaire de flux semble avoir été condamné pour une affaire analogiquement semblable. Et je ne voudrais pas que le fait d'avoir utilisé les services d'un tel gestionnaire se retourne contre lui parce qu'un source s'est mise à débiter de l'eau polluée.

► D'autre part, celui plus sournois qu'engendre le recours aux liens. Certes, sans liens, la toile manque de cohésion et une des potentialités discriminantes de ce mode de communication n'est pas exploitée. Il convient donc d'user de cette facilité d'enchevêtrement de données et de traçage de pistes à étapes.
Lorsque j'établis un lien depuis un des mots clefs d'un papier de ce blogue vers une page de site ou une page de blogue ou toute autre information, j'ai le devoir naturel de vérifier que le texte ou l'image ou la vidéo vers quoi pointe ce lien, mon lien, répond aux contraintes légales. L'ennui, c'est que le contenu ainsi lié peut être ultérieurement modifié sans que j'en sois informé. Et la modification peut le faire basculer dans le peu fréquentable. Quelle est alors ma responsabilité ?


Je forme le vœu que mes alarmes soient infondées. Mais j'ai tout de même quelques craintes. Je comprend que dans l'industrie du livre éditeur et auteur soient solidaires. Il est rare qu'un auteur modifie son texte à l'insu de son éditeur, et surtout que dans une bibliothèque un livre voit son texte se modifier par mise à jour automatique (quid des e-livres, d'ailleurs ?)...Mais sur internet, par le biais des liens, l'éditeur se voit rendu responsable d'un contenu dont il ne maîtrise pas les évolutions possibles, et invisibles au niveau du lien.



Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Le Club des Citoyens
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Lundi 12 novembre 2007 1 12 /11 /Nov /2007 21:47
pap-papaver-pavot-fruit.jpg
 
Ce n'est pas en réduisant notre vocabulaire à 884 mots que nous transmettrons nos connaissances à ceux qui en ont été, parfois injustement, privés. Encore que certains s'en privent tout seuls, ce qui est pour moi le pire des gâchis.

Le mot n'est pas la connaissance. Pas plus que véhicule n'est la voie ni le voyage.

Chaque mot est une petite capsule contenant des graines d'amour, d'énergie, de savoir. L'activité de l'écrivain, qui est un travailleur intellectuel et assume cette condition à risque, est de diffuser ces petites – je dis petites, parce que notre technologie en a produit d'assez volumineuses...– capsules, car c'est leur absorption qui nourrira chez les autres, comme chez  lui, la capacité à encapsuler l'amour, l'énergie, le savoir et le reste, pour que ces facultés soient transmises.
Comme chacun sait, le mot capsule vient du latin capsula, ou capsella, le coffret, diminutif de capsa, la boîte, lui même d'un mot grec de même graphie et prononciation...Nous pourrions donc parler de capselle...

Sur mes sites personnels et ceux dont je suis webmestre je n'hésite pas à utiliser les mots de la langue, sans morgue mais sans peur. En contre-partie de cette liberté, je crée des liens vers des exemples, des dessins, des définitions, des citations. Ca fait un peu petit professeur encyclopédiste, mais mon choix est qu'entre deux maux...

Sur un forum, il faut y aller net et direct. Et le choix des mots en devient difficile. Quelle est la bonne référence ? A quel juste niveau se situer, entre imprécision et obscurité, entre simplisme et excès de subtilité ?

Quand j'étais étudiant, j'ai côtoyé un syndicat qui enseignait l'utilité de faire dans les tracts des fautes d'orthographe ou de syntaxe pour que les textes aient  "l'air vrai". La difficulté des lettrés est qu'ils échouaient dans cette pratique, car ils introduisaient des erreurs là où personne n'en aurait fait. Ca les démasquait...En revanche, les cadres d'aujourd'hui aurraient plutôt du mal à ne pas faire de fautes ; mais ceci est une autre histoire.




Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Mercredi 29 août 2007 3 29 /08 /Août /2007 00:14
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Marie-Isabelle Pichon a écrit sur son blogue, à propos du Mo(uvement)Dem(ocrate) :

A l'image des chaînes qui circulent sur les blogs, voici celle que je lance : en 5 ou 6 phrases (pas plus !), décrivez ce que vous souhaitez que le MoDem soit !
Je veux que notre mouvement :...

Mon maillon dans cette chaîne a été :

Je veux que notre mouvement :
- fasse de la politique de manière globale, en mobilisant l'intelligence de chaque citoyen, autant que sa passion et son espoir
- instaure des pratiques politiques équilibrées, c'est-à-dire que sans renoncer poser des actes de pouvoir les élus se souviennent qu'ils ne le peuvent que parce que nous leur avons délégué celui que nous confère notre citoyenneté
- incite les diverses générations à travailler ensemble en leur montrant comment construire la mosaïque [*] d'une solidarité active
- reconstitue le lien social en faisant des différences de point de vue politique une source d'énergie et un réservoir d'idées plus qu'un système de fractionnement et d'exclusions
- restaure la prééminence de la société civile en lui donnant les moyens de recruter le personnel politique selon sa compétence et de contrôler souverainement son action

Notes :
[*] le mot mosaïque est pris ici au sens que lui donne Hédi Bouraoui, qui oppose le creuset étatsuniens (fusion avec perte irréversible des caractéristiques essentielles) à la mosaïque canadienne (assemblage multiculturel avec synergie des composantes).






Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Militants du Modem
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Jeudi 23 août 2007 4 23 /08 /Août /2007 11:12
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Un correspondant m'écrivait il y a peu : de toutes manières, je suis nul en maths...
J'aurais pu lui répondre, pour l'en consoler, qu'on ne saurait sans exagération être bon en tout. Puis je changeai d'avis, et lui tint  à peu près ces propos :

Pour ce qui est de la nullité en maths, tout jugement est relatif. D'une part le zéro fut une invention libératrice marquant le passage d'un seuil dans la pensée collective. D'autre part beaucoup d'ingénieurs, d'architectes, de financiers sont, dans un certain sens, nuls en maths, surtout maintenant que les ordinateurs computent à leur place. Dans mon temps, ils s'en sortaient en apprenant les exercices-type par coeur. Ce qui n'est d'ailleurs était à mes yeux remplacer une difficulté par une autre...

Les vrais maths sont à mon avis un mélange de créativité, d'esprit de fantaisie déductive et de hardiesse inductive, de capacité à tâtonner avec intelligence dans le dédale des possibles, de visualiser des espaces improbables et des relations inédites...
De plus la confusion des genres règne sur ce vaste ensemble de techniques mentales à visées opératives. Du calcul numérique à la topologie, de l'algèbre linéaire à la géométrie descriptive, du calcul infinitésimal aux opérations ensemblistes, que de demeures à explorer, que de domaines à connecter, que de perspectives à conjuguer !

Pour risquer une métaphore, le champ des mathématiques est pentu, à flanc de côteau.
Dans le thalweg  passe le cheminement creux de la réalité la plus terre à terre : objets physiques, nombres réels, calculs de maçon, de charpentier, de géomètre.
La ligne de crête est le lieu de rassemblement des concepts les plus abstraits, des théories les plus subtiles, des raisonnements les plus éthérés.
Labourer ce champ, boustrophédon oblige, implique de monter du concret à l'abstrait, puis de redescendre des principes aux pratiques. Et ainsi de suite sans cesser cette alternance de postures.
En bas du champ, les mathématiques du maquettiste jouant du pliage, des ciseaux et de la colle ; en haut du champ, celles du penseur immobile aux yeux clos laissant les symboles s'assembler sur son écran mental intérieur.


Par Adamantane - Publié dans : Systémique - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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