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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
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  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
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Mardi 1 mai 2007
castillon.jpeg

Claire Castillon
Insecte
Chez Fayard


Dans insecte, il y a inceste.
Mais pas seulement.
N'étant ni mère ni fille, je ne me sens pas impliqué sur le fond dans ces descriptions de cas cliniques, ces microtomies d'une réalité malade, qui concernent il est vrai, statistiquement, et si je ne me suis pas trompé dans mon calcul, environ un quart des relations parent-enfant existantes ou ayant existé.
Ma passion des livres me pousse à mettre en forme mes impressions de lecture, même si la noire et systématique mélancolie de la narratrice, ciselant le récit des malheurs d'humanoïdes femelles médicalement modifiées m'incite à quelque réserve sur la nécessité de développer plus avant ce sujet.
Ces nouvelles n'épuisent pas exhaustivement les malformations du lien familial, mais elles en explorent de très significatives, et en quantité suffisante pour poser le problème. L'âge de l'auteur peut laisser supposer que l'expérience personnelle qu'elle mobilise, toute écriture étant naturellement autobiographique, sauf excès de dédoublement de personnalité, est plus ascendante que descendante.
La dédicace, dénuée d'ambiguïté dans son ambiguïté même, À ma mère, confirme la capacité de l'auteur à manier le scalpel de la plume pour exciser certaines adhérences infantiles.

Il en est des nouvelles (littéraires) comme des nouvelles (journalistiques) : le bonheur et la santé se vendent mal. Le malheur, les perversions, les traumatismes, les accidents, les malveillances attirent l'intérêt et stimulent la réflexion.

Dans la mesure ou la mise en scène talentueuse, méticuleuse, scrupuleuse de cette galerie de monstres peut pousser le lecteur à s'interroger :
-suis-je aussi innocent que cela, moi qui ne me reconnais pas dans ces abus de chair et d'esprit, ces sadismes ordinaires, ces meurtres sournois enrobés de sentiments vulgaires ?
-ne suis-je pas, moi aussi, sans le savoir ou oser le reconnaître, un de ces serviteurs du mauvais démon, un des sectateurs de la mort frigide, un de ces insectes dont le système de valeur échappe à toute notion d'amour ?
alors je trouve cette réflexion décapante fort salutaire, quel que soit le pessimisme qui flotte sur les eaux troubles de ces remous de vie.

L' insecte est un être vivant qui s'observe souvent avec dégoût, toujours avec précautions, rarement avec empathie. On le gaze, on le cloue d'une épingle, on le torture pour observer ses réactions et mettre en équations sa systémique.
Peut-être Maurice Maeterlinck et quelques autres échappèrent à cette méthodologie à la fois distanciatrice et sanitairement militante : le bon insecte est l'insecte écrasable.

Claire Castillon, insecte regardant vivre des humaines que le lien générationnel rend co-dépendantes, a plus de bienveillance que les entomologistes patentés pour ses sujets d'étude. Elle consent à leur prêter des sentiments humains, leur donne une apparence visuellement acceptable, s'abstient de terminer le travail en mettant à mort tous les phénomènes observés, leur laissant parfois la vie ou le choix du degré de morbidité du dénouement.

J'attends tout de même avec intérêt, dans la même série, crustacés, reptiles puis mammifères...


Rappel : sur des contributions récentes au Prix des Lecteurs de Le Livre de Poche, voir les papiers déjà rédigés au sujet de Philippe Cavelier et d' Alexis Salatko.

Crédits : merci à Patrick Swirc pour la couverture ici reproduite....
par Adamantane publié dans : Nouvelles des arts communauté : Litterature
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Jeudi 26 avril 2007
numerobis2.jpeg

Numérobis
: Je suis mon cher ami, très heureux de te voir.

Panoramix : C'est un Alexandrin...



Le paragramme poétique est un concept innovant.

En principe, le paragramme se borne à permuter deux lettres de même prononciation, se comportant comme le symétrique d'une cacographie. Au sens strict, le couple tréteau / très tôt n'appartient pas au système, alors que zincage / zingaje est en plain dedent...Tout comme le couple différence / différance de Jacques Derrida.

Le paragramme poétique est une formule d'écriture en marge des démarches Oulipiennes (je renvoie à une entrée de WikiPédia à laquelle j'ai modestement contribué...).
Le promoteur de cette version particulière du paragramme tient blogue.
Pour comprendre la définition qu'il en donne, et l'usage qu'il en propose, le plus parlant est de visiter son blogue et de se laisser guider par les exemples et les explications.

D'une part, dans une perspective quasi cabalistique, il accorde plus d'importance aux sons consonnes qu'aux sons voyelles.
D'autre part, il propose une nouvelle forme de contrainte d'écriture qui associe le sonore et le visuel. A noter que cette seconde partie de la contrainte est éventuellement perceptible à un lecteur, mais ne l'est pratiquement pas à un auditeur.

Le poème qui suit, publié dans Le cristal opaque, de Jean-Pierre Desthuilliers, serait paragrammatique au niveau du texte, faute de l'être au niveau de chaque vers, puisque n'utilisant, y compris et surtout dans le titre, déclencheur du développement, que les quatre sons consonnes R V D N ; en revanche, la forme choisie étant celle du RonDeau, il ajoute une petite subtilité connivente en ce domaine.


REVE DERIVE, NAVIRE D’OR

Un vannier renoue en vain
Un noyer raide à rouir ;
Deux renards arrivent dire
De donner du nouveau vin.

On y voit de vrais devins
Rêver d’or et revenir,
Un vannier renouer en vain
Un noyer raide à rouir,

On adore un nom divin
Dédié à un navire ;
Naïade nue à ravir
Dur ivoire et rude airain
Un vannier vous noie en vain.



Restent , pour reprendre la triade de préfixes chers à Kekulé – moins connu sous le nom de Friedrich August Kekulé von Stradonitz, l'architecte dévoyé dans la chimie aromatique, l'homme qui rêva d'Ourobore en méditant sur le noyau benzénique – et à ses disciples , à :

-inventer l'ortogramme, qui semble être déjà un vocable estonien, encore que jamais Piotr Szut ne l'ait utilisé dans ses conversations avec Archibald Haddock...

-et évoquer le métagramme , qui met le chien en niche, porte le calepin au pinacle dit gare à la rage.


Reste aussi et surtout à faire un détour du côté de Julia Kristeva, qui développe en 1998 un Cheminement vers une sémiologie du paragramme ( Towards a semiology of paragrams ; j'ai choisi de traduire le titre en usant d'un nom collectif ), où la concept de paragramme prend un autre sens, plus proche pour moi de celui de la pensée latérale de William de Bono.
Elle aurait pris (ma lecture est de seconde main, si j'ose dire) comme exemple la phrase the table is green, exemple dont on ne me fera pas croire qu'il ne s'agit pas d'une allusion translucide à La Table d'émeraude...

Le paragramme a une longue histoire dans les recherches sur l'équipement mental des décodeurs de texte.Le défi est de connecter l'art de la critique à celui de la création, et de savoir si l'outil de déconstruction raisonnée peut, en inversant quelque processus, devenir celui d'une construction intuitive.

Crédits :
Merci à Julia Kristeva, alias Julia Joyaux, dont j'ai surtout lu Le langage, cet inconnu, pour m'avoir aidé sans le savoir dans un travail plus personnel sur les liens entre dialectique et symbolique.
Merci à René Goscinny et Albert Uderzo pour avoir utilisé la bande dessinée pour dessiner par la bande un projet d'instruction grammaticale et rhétorique à l'usage des petits bruns et des grands blonds...
par Adamantane publié dans : Nouvelles des arts communauté : Poésie française
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Mercredi 25 avril 2007

Bolotin-2.JPG

Il se nomme Volodia Bolotinsky.
Il peint.
C'est au restaurant italien Le Lanza, 11 rue Louise Michel, à Levallois-Perret, que l'on peut regarder comment il a vu Venise.


Voir Venise et mourir, aurait dit un poète inconnu.
En fait, le proverbe italien, repris par Alexandre Dumas et Henri Beyle, alias Stendhal, est Voir Naples et mourir....( Vedi Napoli e poi muori ! )
Le titre a été repris pour des aventures de Largo Winch.


Il a aussi été proposé comme sous-titre pour l'anthologie Énigmes à Venise rassemblée par Xavier Legrand-Ferronière.

Au sujet de Venise et de ses mystères, l'ouvrage d'Alberto Toso Fei, publié par ElZeviro, Légendes vénitiennes et histoires de fantômes, vous proposera une nouvelle vision de la ville née des amours d'un ciel et d'une lagune.

Sans oublier le texte de Jean-Pierre Desthuilliers, repris de son site littéraire et publié à part sur ce blogue.

par Adamantane publié dans : Nouvelles des arts
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Dimanche 1 avril 2007

Alexis Salatko, jouant sur le piano du temps, contruit un récit musicalement flexible, vraisemblable mais simultanément parsemé de décalages chronologiques qui le maintiennent dans l'ailleurs romanesque.
Il trace un univers parallèle où s'entrelacent deux destins, l'un relevant du mythe, l'autre de la mystification. Les détails de l'histoire sont presque vrais, mais subtilement décalés par rapport à la chronologie vérifiable.
Page 88 : n'est-ce pas le 1° mai 1945, et non 1944, qu'il a neigé à Paris. Je m'en souviens d'ailleurs, je la sens encore tomber sur moi...
Page 112 : n'est-ce pas en 1952, et non en 1950, que les premiers long courriers à réaction, les De Havilland Comet, commencèrent à traverser l'Atlantique ?
L'auteur utilise cette vibration des calendriers pour donner à sa construction la puissance de l'imaginaire alliée à la solidité de l'historicité.
A une réflexion sur les aspects psychomoteurs de l'interprétation des musiques, il associe une méditation sur les courants d'influence intergénérationnels dans les familles et une analyse de la construction de la personnalité en milieu partiellement hostile. Comment ne pas se laisser entrainer dans les remous de cette synchronie fantastique...

Horowitz et mon père (Horowitz est mon père ?) est le titre soumis en mars au vote des jurés du prix des lecteurs de Le livre de poche. Je l'ai lu.
De même que j'ai lu Le ciel t'aidera, chronique d'une femme immature, de Syvie Testud, chronique qui eût gagné à plus de concision.
De même que j'ai lu le récit pseudogogolien d'Henriette Jelinek, relatant Le destin de Iouri Voronine, genèse d'une vocation tardive orthodoxe voulant racheter les écarts de conduite d'un fils maffieux, menteur, et mégalomane, récit qui eût gagné à moins de mélodramaturgie.

Le travail d'Alexis Salatko ne m'a pas laissé indifférent, probablement parce que bien que n'étant ni musicien ni émigré russe,
-d'une part j'ai vécu, enfant, partie de cette guerre et de cet après-guerre qui servent de cadre temporel à son récit, en des lieux proches de ceux qu'habite le héros mémorialiste,
-et d'autre part ayant été un des rares [*] lecteurs français, entre Noël 1959 et Pâques 1960, du livre un peu confidentiel de Hans Reichenbach, The philosophy of space & time, je me suis intéressé aux distorsions temporelles et aux ouvertures spirituelles induites par le thème des réalités potentiellement  parallèles que transperce la flèche du temps, avant que la série  The twilight zone n'en fasse un des rayons de son fond de commerce.

Retrouver dans ces pseudo-souvenirs d'un médecin spécialiste des maladies osseuses (de quoi souffrent et le pianiste et le piano en fin de vie ?), entre autres connaissances,  le docteur Louis-Ferdinand Destouches avant qu'il ne devienne Céline, avant ausi qu' Eugène Paul, alias Gen Paul ne déniaisât, en lui donnant des leçons pratiques et particulières d'expression argotique et de comportement arsouille, cet homme dont il disait c'est un cave – le fait m'a été confirmé par un ami , qui fréquentait en son temps Gen Paul, et dont l'atelier est proche du 96 rue Lepic –  leur donne, à ces souvenirs, la touche d'authenticité qui frappe le lecteur dit  cultivé.
Bon, la prochaine fois, plus courte la phrase !

Les critiques que j'ai lues sur internet, quand elles ne se bornent pas à résumer l'intrigue, ne vont guère plus loin que la perception d'une littérature tendre et ironique, d'un roman d'amour filial, la restitution de l'ambiance d'une famille slave exilée...

Et Boulogne-Billancourt, qui n'est cité qu'une fois, comme site de studios et non lieu d'habitation de nombreux réfugiés russes de la haute, contraints à de basses besognes ouvrières ?
Et Nina Berberova, qui depuis deux ans a même sa rue dans le quartier Renault-Billancourt, près de l'Église orthodoxe de la rue du Point du Jour  ? Pourquoi ces absences ? Peut-être parce que dans la réalité fictive de cette relation ces événements n'ont pas eu lieu.

Une autre jurée de ce prix met en ligne ses impressions. Elle le fait de manière bien plus consciencieusement exhaustive que moi, et ses articles méritent consultation.. De plus, elle signale avoir accepté d'être du jury. Personnellement,  je reconnais l'avoir sollicité.

Ce livre sembe avoir eu trois éditeurs différents :
-Librairie Générale Française , qui vend à 5 €
-A vue d'œil , qui monte abruptement à 16 €
-Fayard, qui redescend en pente douce à14 €

Ceci peut rendre un peu jaloux les auteurs qui se contenteraient bien d'un seul éditeur pour diffuser leur œuvre... De même, il a déjà été récompensé par le prix Jean Freustié 2006 et bénéficie de revues de presse stimulantes. Bref, on en parle....

Était-ce une raison pour ne pas le proposer pour une nouvelle distinction ?


[*] J'ai retrouvé avec intérêt cet ouvrage cité dans la bibliographie de la thèse de doctorat en sciences de Patricia Zablit, Paris-Orsay le 17 décembre 1991, Construction de l'interprétation temporelle en langue naturelle : un système fondé sur les graphes conceptuels, page 325.
par Adamantane publié dans : Nouvelles des arts
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Dimanche 18 mars 2007

La souscription 2007 de l'Atelier d'Art Lepic est ouverte. Deux gravures originales d'Henri Landier, les poivrons et les coloquintes,  sont proposées à ses amateurs.

Tirage sur presse à bras, selon les procédés traditionnels, par les soins de l'artiste, et limité à 65 exemplaires ; format 33 X 50, sur vélin de Rives.
Sans encadrement, 270 € par gravure.


Pour souscrire, s'adresser à l'Atelier avant le 15 avril...
-par téléphone 01 46 06 90 74
-par courriel
-en consultant le site du graveur.

Crédits : merci à Henri Landier pour les poivrons cueillis dans le Lubéron....
par Adamantane publié dans : Nouvelles des arts
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