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Libertaire

Mardi 16 mai 2006 2 16 /05 /Mai /2006 10:07
J'avais cité le 30 avril  le texte qui suit :


Il aurait fait son droit...Ça l'aurait mené à quoi ? Des milliers d'étudiants honorables et sérieux travaillent jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans pour se trouver dans la situation de chômeurs ; les élèves des Grandes Écoles sont sur la pavé avec un diplôme inutile...

Et demandé :

Qui a bien pu écrire ça ?
Un journaliste commentant les récents débats autour du CPE ?
Une étudiante syndiquée clamant  son  désespoir ?

Non.
Il s'appelle Georges de la Fouchardière, et c'est page 20 de son livre Affaires de moeurs, aux éditions Montaigne, chez Fernand Aubier.

Et ça date de ... 1933, l'année de Brave new world.
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Dimanche 30 avril 2006 7 30 /04 /Avr /2006 23:53
Il aurait fait son droit...Ça l'aurait mené à quoi ? Des milliers d'étudiants honorables et sérieux travaillent jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans pour se trouver dans la situation de chômeurs ; les élèves des Grandes Écoles sont sur la pavé avec un diplôme inutile...

Qui a bien pu écrire ça ?
Un journaliste commentant les récents débats autour du CPE ?
Une étudiante syndiquée clamant  son  désespoir ?


Voir la réponse...
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Mardi 25 avril 2006 2 25 /04 /Avr /2006 20:08

Le M51 et ce nucléaire tactique que nous finançons...


Tel est le titre du papier publié par Nicolas Voisin sur Agoravox le 14 avril. Il compte à ce jour 50 réactions et/ou commentaires, et son taux d'intérêt (mesuré selon les critères variables et en cours de discussion de l'équipe des rédacteurs d'AgoraVox) est de 70 %.

C'est la liste du groupe TheFreeMen qui m'a alerté sur l'intérêt potentiel de ce papier. J'as donc claqué sur le lien pour ouvrir la botte.

J'ai constaté que l'ensemble de commentaires déclenchés par le papier initial est riche et complexe, et après avoir lu tous ces points de vue, les uns plutôt sérieux dans leur argumentation et l'emploi fait des des faits avérés, les autres relevant davantage du règlement de compte verbal sous des formes par ailleurs assez simplistes, je me suis trouvé comme le cinquantième partenaire d'un tour de table dans une réunion de concertation en Préfecture (et, selon mon expérience, le cinquantième n'est pas le dernier...) :
-ou je pense que presque tout a été dit, que personne n'écoutera plus, et je passe mon tour,
-ou je me dis qu'il me faut à tout prix exister à travers un commentaire original, quitte à travestir un peu ma pensée et forcer le trait...

Premier fondamental : des armes, c'est quoi et pourquoi faire ?

Tout d'abord, voyageons dans le temps.
Lorsque les arbalètes furent mises au point, les archers crièrent à la triche, et que la guerre avait changé de règles. Il faut tout de même savoir qu'une compagnie d'archers professionnels pouvait lancer en quelques minutes des milliers de traits, dont la blessure n'avait rien à envier à celle d'une baïonnette à barbes, et causer dans un carré d'infanterie autant de dommages que l'explosion d'une centaine de mines anti-personnel à fragmentation (J'ai lu ça dans Historia, où on ne rigole pas avec les faits, les textes et témoignages...).
Lorsque les armes à feu furent développées, nouvelles protestations sur ce détournement des canons (si j'ose dire)  du beau combat et cette introduction du massacre généralisé, les boulets, rapidement explosifs, ignorant rondement, puis cylindro-coniquement la distinction entre civils et militaires.
Puis il y eut toute l'évolution que nous connaissons.
Sans compter les armes terrifiantes mises en scène et à feu par la Science-Fiction (donc enfouies dans l'inconscient collectif), celles qui sont en gestation dans les laboratoires, en puissance dans les investigations fondamentales des physiciens atomistes et autres chercheurs en diverses disciplines scientifiques, des plus dures aux plus molles.

La question posée par un commentateur, à savoir si les engins nucléaires sont ou ne sont pas des armes au sens usuel du terme, est un des premiers fondamentaux qui ressort de ces discussions.
Je la pose autrement :
-être une arme est-il un attribut essentiel d'un objet ou plus généralement d'un système,
-ou bien l'arme ne se manifeste-t-elle qu'à travers des manières particulières d'employer le dit objet ou système, quelle que soit la perspective visée (si j'ose, à nouveau, dire) ?

Je n'ai pas la réponse.

Mais par exemple cette approche permet de mieux comprendre les stratégies de la menace et de la dissuasion, et pourquoi pour certains l'efficacité de l'arme est prouvée :
-non par son emploi brutal (la violence est le dernier refuge de l'incompétence, comme le disait Salvor Hardin, ai-je lu dans Fondation),
-mais par la crédibilité de ses effets annoncés dans l'hypothèse d'un usage éventuel.

Second fondamental : le citoyen est-il capable de réflexion ?

Un autre point clef, peut-être celui auquel le citoyen lambda pourrait être le plus sensible, c'est que ni la France, ni surtout l'Europe n'ont conduit de réflexion publique sur les thèmes de base de la résistance aux agressions.
L'OTAN l'a fait, mais in pectore (la variante latine in pecto a donné en italien in petto, qui veut dire dans le secret du coeur, formule papale pour qualifier la nomination des cardinaux secrets) , car étant une alliance autour d'un traité de coopération militaire rédigé par des militaires à des fins militaires, il était et est militairement logique que le plus militaire des secrets règne sur ses délibérations.
Un commentateur a justement fait allusion à Munich : voilà ce qu'il en coûte de laisser prendre ce type de décision par des hommes qui ne sont pas "libres". les négociateurs français, Édouard Daladier,  et anglais, Neville Chamberlain,  étaient alors prisonniers de leur opinion publique, qui les avait fait et pouvait donc les défaire.  De toutes manières, ils ont été refaits.
Édouard Daladier fut aussi sensible à la pression de l'opinion pacifiste, majoritaire en France. Le très influent secrétaire général du Quai d'Orsay, Alexis Léger, lui aurait remis une note brève (dont la forme d'alexandrin classique est remarquable) : Rien d'irréparable avec Monsieur Hitler
Alexis Léger, plus connu sous son pseudonyme de poète, Saint-John Perse, recevra en 1960 le Prix Nobel de littérature. On peut s'interroger...Le poète, Guadeloupéen, fut déchu de la nationalité française par l'État Français, en 1940, puis réintégré en 1944 par le GPRF.


Certes, il y a des études fines, raffinées, peaufinées même,  qui ont été conduites sur le thème des stratégies de défense nationale et des batteries (tiens...) de moyens tactiques à acquérir pour les mettre en ?uvre. Mais à part le défilé-plébiscite du 14 juillet, peu de consultation populaire !

Les spécialistes de la stratégie manipulent il est vrai dans leurs aréopages des concepts dont le niveau d'abstraction est ... dissuasif.
J'en sais quelque chose, pour avoir fréquenté les souterrains la théorie de jeux, et vécu la difficulté de faire assimiler à des cadres d'entreprise les principes de base d'un exercice de stratégie tel que le noble jeu de Go, qui est certes subtil, mais pas au point que les Extrême-orientaux ne soient capables d'en maîtriser dès dix ans règles et comportements gagnants, tout comme les Arabes et les Slaves le font pour les Échecs et les Africains pour l'Awélé (alias mankala, bouri, solo, to,ka, boke,...)

Je désespère de voir nos gouvernants, les visibles (élus) comme les cachés (technocrates) cesser de prendre en petit comité, avec en prime  l'exemple édifiant d'une rare continuité de vues entre tendances politiques supposées différentes, les décisions fondamentales qui nous concernent tous, et même les autres en plus.
Pour moi, le pire n'est pas les 45 ? prélevés sur mon pouvoir d'achat pour financer le M51. Ces 45 ? sont le signe visible, le sacrement au sens le plus théologique du terme, d'une réalité secrète : la décision d'engager ces dépenses a été faite sans que j'ai jamais eu mon mot à dire.
Et, plus grave encore, ces décisions résultent de la mise en oeuvre de politiques tout aussi occultes, fondées sur des principes jamais explicités en termes intelligibles par tous, donc jamais débattus au niveau du citoyen de base (s'il en est d'autres ?).

Nous voilà donc, englués dans un système opaque, condamnés à débattre avec le soupçon d'information qui transpire ici ou là, livrés à nos peurs, soumis à nos préjugés, orientés par nos conditionnements.
J'ai l'impression que tous ces programmes (stratégiques, militaires, économiques, voire sanitaires ou culturels) ont au fil du temps acquis comme une existence autonome, que ce sont eux qui modèlent les décisions et les événements, que tout se passe comme si nous n'étions que leurs ressources humaines, leurs esclaves mentaux, leurs sujets effrayés.

La Géostratégie n'est peut-être en fait, tout comme l'Économie,  qu'une science d'observation, tentant de comprendre les mystères d'un système écologique qui nous dépasse par sa taille, sa complexité, ses racines temporelles, et dont nous n'aurions pas la maîtrise. Peut-être est-il né, ce système, de nos oeuvres, mais il semble être en train d'acquérir son indépendance.
Métamorphose explosive ?
Les idées de base qui le parcourent, l'animent, le mobilisent, ont-elles une existence "en-soi", et sont-elles entrées entre elles dans une compétition ressemblant à celle des gènes égoïstes ?

A-Sommes-nous arrivés à un seuil, celui du retournement des valeurs, de l'irruption dans nos vies des desseins d'une entité qui nous dépasse ?

B-Comment faire pour résister à cette tendance ?

C-Comment reconquérir le droit de participer à ces décisions qui conditionnent notre destin, et celui de nos enfants, et des enfants de nos enfants, et de tous les enfants du monde ?

En parler ensemble est une première étape.
Peu importe pour ce faire qu'il y ait ou non quelques approximations dans le déclencheur du débat (ici, le papier de tête).
Peu importe même que certains, peu entraînées encore aux règles du jeu de cette construction collective, en viennent aux mots faute de pouvoir en venir aux mains ; leurs petits dérapages sont contrôlés par les autres commentateurs, en attendant qu'ils le fassent d'eux-mêmes.

Bon, j'ai tout de même trouvé quelque chose à apporter...mon désir est que cet apport ne soit pas original, mais partagé, ou du moins partagé....

En guise de conclusion

Il y a au dessus de nos têtes une énorme source d'énergie et de rayonnements, qui se nomme M51. Autre objet catalogué par Charles Messier...Cette galaxie spirale est, c'est astro-logique, située dans la constellation des Chiens de Chasse, alias Canes Venatici, ou encore Canes Venaticorum. Nous voilà bien en pleine poursuite de l'intrus, ou de la cible, ou du gibier.
Le nom de baptême de notre engin résulterait-t-il d'un clin d'œil des X+SupAéro qui noyautent harmonieusement la DGA, érudits en astronomie et experts en cryptologie, ou bien relèverait-t-il d'une coïncidence significative ?


Selon la DGA, le programme M51 fait partie du programme d’ensemble  Coelacanthe.
Le coelacanthe - Latimeria chalumnaealias vieux quadrupède, est actuellement considéré comme l'ancêtre des vertébrés terrestres, et est assez bien connu grâce à un fossile vieux d'environ 200 millions d'années. 
On croyait l'espèce disparue depuis des lunes (qu'en penserait Immanuel Velikovsky ?)  lorsqu'en 1938 on captura par hasard un coelacanthe (qui d'ailleurs se permit, dit-on, de mordre le capitaine du navire) au large de la rivière Chalumna (d'où son nom...) sur les côtes de l'Afrique du Sud (voir à ce sujet dans la revue Nature, n° 143, année 1939, pages 455 et 456, l'article de l'ichthyomologiste  James-Leonard-Brierley Smith, a living fish of mesozoic type).
De longues recherches ont permis, en 1952, de préciser son habitat : l'archipel des Comores (thèse contestée ; il ya aurait deux variantes du coelacanthe).
  En 1975, on découvrait son ovoviparité, en capturant une femelle  portant en gestation cinq  jeunes ressemblant parfaitement à l'adulte.
Nous pouvons à nouveau nous interroger ; les mots de code sont rarement issus d'un tirage aléatoire au sein d'un corpus.
Le but du programme d'ensemble est-il de permettre la survie cachée d'une espèce menacée (homo sapiens sapiens) ou de faire des humains survivants des fossiles vivants ?


Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Lundi 24 avril 2006 1 24 /04 /Avr /2006 16:45

Il est devenu difficile de compléter un formulaire commercial  ou un document administratif sans passer par la case civilité.
Il s'agit ici du sens typographique du terme, pas de son sens sociologique.
La paix civile avec les gestionnaire de listes est à ce prix...

Je ne vais pas râler ici une fois de plus sur l'erreur  commise par la plupart des concepteurs de grilles, qui consiste à proposer comme abréviation de Monsieur le lourd anglo-saxon  Mr  au lieu du subtil franco-français  M.  .

Cette fois-ci, je m'interrogerai sur l'inégalité sexiste qui prévoit deux statuts pour les femmes et un seul pour les hommes.
Côté femmes, en effet, une alternative plaisante et utile est offerte entre :
- Madame
Mme  , et
- Mademoiselle
Mlle
    
Charme complémentaire,  rien n'explicite les critères de choix entre les deux formulations, laissé à la courtoise discrétion du scripteur et à l'aimable interprétation de la destinatrice

L'identifiant national introduit  du temps de l'État Français avait l'avantage de l'apparente simplicité ; c'était (et c'est encore)  pour les garçons et  pour les filles. Les valeurs 3  et  4  (homme juif, femme juive) ont été supprimées du système, grâce à Dieu et à quelques hommes de bonne volonté (encore que quelque office de tourisme aurait bien aimé, si j'ai correctement suivi l'actualité, disposer  d'un tel système de notation pour tracer discrètement  les origines ethniques de certains clients...).

Je propose donc, au nom de la parité, de simplifier drastiquement le système en introduisant, pour les hommes, deux civilités :
Monsieur , Mur  ,et 
- Mondemoiseau
, Meau,
dont les abréviations sont logiquement construites sur le principe des féminines et dont les règles de choix seraient  strictement identiques.

Ce serait tout de même plus simple, non ?
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Mardi 11 avril 2006 2 11 /04 /Avr /2006 23:45

Créer, c'est résister. Résister, c'est créer...

En 2004, à l'occasion du 60e anniversaire de la publication du programme du Conseil national de la Résistance, treize  grandes figures de la Résistance, de toutes obédiences, du gaullisme au communisme,  ont lancé cet appel.
En dépit de la notoriété et de l'autorité morale des signataires, cet appel n'a pas été repris à l'époque par les médias dominants.

Sa lecture, à la lumière des événements actuels en France, prend tout son sens.

Au moment où nous voyons remis en cause les fondements des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.

Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste.

Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d'accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :

-1-Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des "féodalités économiques", droit à la culture et à l'éducation pour tous, une presse délivrée de l'argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc.

-2-Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau "Programme de Résistance" pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

-3-Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : Créer, c'est résister. Résister, c'est créer.

Signataires : Lucie Aubrac,  Raymond Aubrac,  Henri Bartoli,  Daniel Cordier,  Philippe Dechartre, Georges Guingouin,  Stéphane Hessel,  Maurice Kriegel-Valrimont,  Lise London,  Georges Séguy,  Germaine Tillion,  Jean-Pierre Vernant,  Maurice Voutey.

Crédits : Merci à Eliby pour l'illustration, reprise du site de La Méehebdomadaire d'information de la région castelbriantaise (Châteaubriant...).
Eliby, alias Pierre-Arnaud Lebonnois,  signe régulièrement des dessins dans La Mée. Il est journaliste parlementaire accrédité auprès de l'Unesco, officier Arts et Presse, fondateur du Conseil National du Civisme, et, à l'occasion, dessinateur-humoriste ! Il a publié un livre sur l'Ecole Royale Militaire de Sorèze dont il est ancien élève et qui a fêté en 1983 son tricentenaire. Dirigée à partir de 1854 par le prêtre dominicain Henri Lacordaire, orateur et Immortel depuis le 2 février 1860,  cette école fit de Sorèze, humble village, un foyer de culture monastique puis un centre d'enseignement et de rayonnement sur la terre languedocienne.

Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Lundi 10 avril 2006 1 10 /04 /Avr /2006 17:32


Comment faire marche arrière sans reculer, choir sans tomber, délaisser sans abandonner ?

Les princes qui nous gouvernent viennent de nous donner une leçon de sémantique tactique, ou plus concisement de sémantactique que Valéry Giscard d'Estaing, né sous X en 1944, Immortel depuis le 11 décembre 2003, siégeant au fauteuil 16,  auteur méconnu d'une constitution controversée (Éditions Européennes, 2004) et d'un roman oublié, le Passage, (Robert Laffont, 1994) et qui vient de conseiller à son ennemi de trente ans de sortir du bourbier, doit  juger  géniale.


Le signal du
remplacement

Le CPE n'est ni supprimé, ni abrogé ni retiré ni annulé ni...
Non.
Le CPE est remplacé.


Mille apllications de ce principe nouveau viennent à l'esprit sans tarder.
Ne dites plus : vous êtes viré de votre poste, mais vous êtes remplacé dans vos responsabilités.
Ne dite plus  : j'ai biffé ce mot, mais j'ai remplacé ce vocable.
Ne dites plus : il a retiré ses paroles, mais il a remplacé ses déclarations.

Remarquons au passage que dans la réthorique primoministérielle avoir voulu édicter deux ans d'incertitude est toujours déclaré comme la recherche d'un bon équilibre entre précarité et souplesse, et imposer  par abus de droit législatif une solution sans avoir posé le problème aux partenaires concernés demeure envisagé comme l'expression d'une attention chaleureuse mais hélas incomprise aux difficultés des salariés et surtout des chômeurs.

Il n'en reste pas moins vrai qu'il va falloir abandonner l'idée que la vie professionnelle serait un large lac tranquille où la barque de l'emploi voguerait sans secousses dans les délices d'un printemps permanent.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Pour avoir, fort d'un diplôme d'études supérieures renforcé au cours de trente années par de nombreuses formations complémentaires :
    -signé avec huit employeurs dans ma vie,
    -tenu chez le premier plus de six postes différents,
    -changé quatre fois de métier ,
    -connu deux périodes de chômage,
    -fini, si j'ose dire, comme créateur d'une TPE de services,
tout en n'étant pas particulièrement d'un caractère instable, je sais à quel point la dynamique professionnelle se nourrit mieux du mouvement que de la stagnation.

La fracture sociale en effet ne brise pas seulement le lien entre prétendus riches et réputés pauvres, même si aux deux extrémités de l'échelle des ressources il y a certes quelque vrais riches et aussi, ce qui est bien pire, d'authentiques pauvres.
Elle est aussi faille obscure entre les bienheureux lotis pourvus d'emplois quasi inamovibles, même si peu rémunérés, quels que soient leurs engagements et résultats, et les malheureux perdants condamnés à ne quitter le radeau des petits  travaux que pour embarquer en d'incertaines galères, quelles que soient leurs compétences et leur implication.

Deux utopies directrices à sussurer aux oreilles des représentants des travailleurs et à ceux du peuple (tiens, ce ne sont pas les mêmes ?) :

-égalité fraternelle : le même contrat pour tous, quel que soit l'employeur, y compris les collectivités, car aujourd'hui certains sont tout de même irréversiblement moins mobiles et fragiles que d'autres ;
-égalité libertaire : parité des partenaires du contrat unique, car  la dichotomie patron -employé n'a guère de sens dans une économie où l'écrasante majorité des entreprises compte officiellement entre zéro et dix employés (comme si le patron ne s'employait pas lui-même...).

Crédits :

Scénario : Merci au gouvernement actuel pour son imagination politique et verbale, et son sens dramaturgique développé servi par une distribution de premier plan.

Image : Merci au site Archéofoot pour son très clair exposé sur les principes de travail et gestes significatifs des arbitres des rencontres de fouteballe.

Citation : Merci à Alphonse-Marie-Louis de Prat de Lamartine, homme d'état, ministre des Affaires Étrangères de la 2° République,  et poète lyrique néo-classique, Immortel depuis le 5 novembre 1829, siégeant au fauteuil 7, et dont Gustave Flaubert disait (mais qu'en savait-il ?)   il n'a jamais pissé que de l'eau claire.

 
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Mardi 4 avril 2006 2 04 /04 /Avr /2006 12:13

Un des aspects intéressants de la théorie des complots est peut-être qu'il s'agit, de la part de spectateurs pratiquement impuisants d'une histoire dont ils ne connaissent, au premier degré, que quelques manifestations choisies par le hasard de la proximité ou les intérêts des informateurs, d'une tentative pour mettre de l'ordre dans le désordre : ordo ab chao.

Certes, elle privilégie l'explication par le simple, voire le simpliste, sur la prise en compte de la complexité chaotique d'une réalité foisonnante. Mais Guillaume d'Occam, apôtre militant de la réduction du nombre des universaux : Non est ponenda pluralitas sine necessitate n'a point été entièrement réfuté...au contraire...

Lire aussi, dans la collection Denoël - Présence du futur n° 38, 1957 pour l'original Occam's razor, de David Duncan, et 1960 pour la version française  le rasoir d'occam, traduit par Jean-Michel Deramat.

Nous aimons, j'aime bien comprendre la raison profonde des événements qui me sont relatés, et/ou dont le suis un témoin plus ou moins impliqué.
Ayant pas mal travaillé, comme ingénieur, sur des expertises après accident, dans les domaines très médiatisés que sont les transports ferroviaires et routiers, sur un organe de sécurité qui est le système de freinage, j'ai été sensibilisé au fait qu'en dessous (ou au dessus) des causes physiques la recherche des responsabilités humaines, individuelles et collectives, venait colorer et orienter, souvent à tort, le travail d'analyse. Autrement dit, le comment et le pourquoi ont à être démêlés avec vigilance.

Il y a cinquante ans,étudiant, j'avais l'intuition qu'il convenait d'apprendre à lire les messages de la nature, certes, mais aussi ceux que conçoit et émet l'homme qui communique. Époque des ciné-clubs. Nous tentions d'apprendre, collectivement, à décoder l'apparence des images cinématographiques, et poussions l'expérimentation jusqu'à concevoir et tourner (merci, les 16 mm) des films pour vérifier et valider notre apprentissage du décryptement.

Aujourd'hui, un support comme les logiciels sous-jacents à nos blogues, un média comme AgoraVox, nous permettent de poursuivre cette perspective auto-éducative, en usant de technologies moins lourdes et plus faciles d'emploi.
Pour nous entrainer au discernement, il nous faut une matière première réaliste, et aussi l'incitation de ceux qui ont une pratique minimale de l'analyse de contenu, de la recherche de données, de l'évaluation des sources.

C'est pourquoi je reste convaincu, dans l'état actuel de nos débats,  que la mise en ligne sur AgoraVox du montage audio-visuel qui en ce moment suscite une très large discussion répond bien à la raison d'être d'un tel média.

Ce n'est pas parce que c'est écrit dans le journal que c'est vrai. Ni faux, non plus. Simplement quelqu'un le dit et il appartient à chacun de s'en faire son idée.
Ce n'est donc pas parce que c'est écrit dans ce blogue que...

Au dela de la sagesse des conclusions, de la force des arguments, de la beauté des démonstrations, se place la nécessité du discernement.
Et c'est l'élaboration individuelle et collective de cette idée qui nous aidera à réaliser ce que je comprends comme étant la raison d'être du journaliste, tout autant que celle du poète ou du savant : non pas convaincre, mais faire réfléchir.
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Jeudi 30 mars 2006 4 30 /03 /Mars /2006 00:03

J'ai reçu cette invitation :

Nous vous invitons à participer à une enquête sur le Contrat Première Embauche (6 questions).Pour y participer, il vous suffit de cliquer sur ce lien .Merci d'avance pour votre participation !
L'équipe de SciencePolitique.net / Election-presidentielle.fr


Ayant accompli mon devoir de sondé, comme j'avais un doute, j'ai adressé ce courriel aux sondeurs :

J'ai répondu  le plus franchement possible à vos diverses questions.
Toutefois, je me suis demandé si les articles que j'avais écris et publiés pour démonter le mécanisme sournois du CPE, et expliquer mes réactions face à cette erreur de jugement de la part de personnes par ailleurs présumées intelligentes, étaient à mettre au rang des "manifestations".
Finalement, j'ai estimé que manifestation était à prendre au sens restreint de "défilé dans la rue" et non d' "expression active d'un point de vue par des moyens de communication connus".
Je regrette donc un peu les limitations implicites de votre structure de recueil d'information, qui, mais peut-être est-ce une inférence de ma part, laissent supposer que l'on ne peut manifester qu'avec ses pieds, ce qui est courageux et honorable, sutout quand il y a risque d'averses et de casse, mais pas avec sa plume (si tant est que l'on puisse assimiler un clavier azerty à une plume avertye...), démarche qui est plus de mon âge que la précédente.
Bien cordialement.
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Jeudi 9 mars 2006 4 09 /03 /Mars /2006 18:58
Le débat lancée sur  Garde-à-Vue , un blogue fort intéressant par la diversité des sujets et la courtoise liberté de parole de son rédacteur, au sujet de la journée de la femme, et prenant comme fait générateur la réclame d'une boîte de nuit de Mulhouse, réclame qui n'est pas à l'honneur de son concepteur (ou de sa conceptrice...) a induit, de la part d'une lectrice, ce commentaire :

La femme est l'égale de l'homme , mais ni elles, ni eux n'en sont convaincus !

Faut-il considérer la pub des Boîtes De Nuit (cette locution n'est pas inintéressante non plus à évaluer) comme significative de la situation ?
Certaines BDN ont une tenancière...la femme peut exploiter la femme.

J'ai assez à la réflexion difficulté à adhérer à la lettre du slogan la femme est l'égale de l'homme.

Adhérer à l'esprit, oui, bien sûr...Et la déclaration de 1948 en ses articles 2 et 16 est d'une aveuglante clarté.
Mais la formulation de ce slogan, frappante dans sa simplicité, pourrait être débattue. J'ai trois raisons pour ce faire :

1-Raison sémantique : prendre l'homme (au masculin) comme référentiel est encore une preuve de la disparité des perceptions ; pourquoi  ne pas dire l'homme est l'égal de la femme ? Ceci m'a conduit à remanier mon titre initial, qui était homme et femme...

2-Raison expérimentale : mon vécu personnel est que toutes choses "égales" par ailleurs (ceteris paribus...) les femmes avec qui j'ai travaillé, que j'ai rencontrées, ...., étaient objectivement assez souvent  non égales, mais supérieures , c'est à dire mieux adaptées aux circonstances et aux personnes, plus pertinentes, et pas moins courageuses.

3-Raison prospective et de formulation un peu algébrique : si l'homme est l'asymptote et la femme le point sur la courbe, il y aura de moins en moins d'écart, mais toujours un écart. Abandonnons ces perspectives et acceptons, désirons  que les différences soient vécues en termes de complémentarités.

Il n'en reste pas moins vrai qu'aujourd'hui, dans notre beau pays, un peu moins certes que dans certains autres mais pas tellement et ce n'est pas une excuse pour s'endormir,  les femmes subissent de fait la dictature d' institutions construites, au niveau mondial,  par des hommes pour des hommes.

Si nous les confortons dans ce statut d'égales, elles peuvent solidairement décider qu'il leur appartient de susciter des institutions où les femmes traiteront les hommes comme aujourd'hui pas mal d'hommes traitent les femmes. Je leur fait confiance pour être plus intelligentes que ça. J'ai tout de même vécu quelques situations concrètes de groupes interdits aux hommes par les femmes, et pour des raisons n'ayant rien à voir avec la décence ou la pudeur...Celles qui s'y retrouvaient  avaient de fortes excuses à faire valoir.
Il est vrai que quelques murailles masculinistes (il y a bien les féministes...) subsistent, qu'il nous reste à rendre poreuses. Si certaines institutions civiles et militaires se sont, souvent bien plus par réalisme que par idéologie, ouvertes aux femmes (drôle d'expression), d'autres (Église catholique, Franc-Maçonnerie régulière, ...) demeurent closes aux femmes (sauf pour les besognes domestiques) et justifient cette exclusion par des raisons déclarées spirituelles ou symboliques, ce qui risque de disqualifier à terme ces considérations..

Ça me donne envie d'imaginer allégoriquement, voire métaphoriquement, une société numérique où les pairs et les impairs auraient à se réconcilier pour que les entiers ne disparaissent pas dans  le trou noir de l'inconsistance spéculative et conceptuelle.

La mise au pluriel des dénominations ( le ni elles, ni eux...de la remarque initiale) engendre par ailleurs une généralisation autoblocante. Si j'écris que ni les femmes ni les hommes ne sont convaincus de la réalité profonde de la complémentégalité entre femmes et hommes, j'accrois les risques qu'elle demeure inscrite dans un lointain idéal,  mais peu accessible, tout le contraire d'une Utopie, donc

J'aime mieux dire :

La femme et l'homme sont égaux, mais certains d'entre eux, certaines d'entre elles, n'en sont pas encore assez convaincus.
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Mardi 28 février 2006 2 28 /02 /Fév /2006 01:02
Après les aventures de Périple, celles de Déremboursement...
Je viens d'entendre quelqu'une qui causait dans le poste nous révéler que l'on allait procéder au déremboursement de 152 nouveaux médicaments.

S'il faut s'exprimer ainsi pour  que l'information passe bien, quelles conclusions en tirer et sur la formation des  journalistes et sur leur implication dans la défense et illustration de la francophonie ?

Un remboursement est un acte financier qui consiste à défrayer en tout en partie un assuré, par exemple. Un déremboursement, néologisme possible, choisi car moins traumatisant que non-remboursement, serait alors un acte annulant un remboursement.  Si j'ai bien compris le fond de l'affaire, la décision prise est de cesser de rembourser tel ou tel frais engagé pour l'achat de certains produits.
Quel néologisme, s'il en est besoin, imaginer pour le dire sans avoir recours à une locution telle que : radiation de la liste des produits remboursables ? En effet, ce n'est pas le remboursement, qui est visé, mais la remboursabilité (bof !).
Passons ; jetons un voile....

152 nouveaux médicaments, cela désigne pour moi des médicaments qui viennent d'obtenir leur AMM. Pourquoi les sortir du tableau des produits remboursables, s'ils viennent de sortir ? Parce que leur efficacité thérapeuthique n'est pas prouvée ? Vance Packard avait prévu la chose dans son livre l'art du gaspilllage (chez Calmann-Lévy, 1960).
Mais peut être le sens exact de cette information es-il que l'opération d'épuration des listes de produits remboursables se traduit à nouveau par des suppressions et qu'il y en a 152. Autrement dit, ce ne sont pas les produits qui sont nouveaux, comme la construction grammaticale le laisse entendre, mais leur état de produit non remboursable qui est nouveau. Là, je ne passe plus. Un élève de CM2 pourrait diagnostiquer le contresens !
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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