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  • : *Étonnement systémique et libertaire *Évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale *Ouvertures vers la pensée non conformiste
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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
  • Présenter un ensemble de littératures polychromes : poèmes, essais, critiques, préfaces, documents pédagogiques, schémas didactiques, fragments sur des thèmes divers
  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
  • &, conjonction de coordination
  • Libertaire : la personne est première ; les maîtres à penser sont à fréquenter avec d'extrêmes précautions, et le progrès nait de la réflexion autonome de chacun venant se combiner à celle des autres.


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Samedi 20 janvier 2007


Je suis allé sur le Wiki du groupe Des Mots Des couleurs, et ai lu avec intérêt, mais aussi avec quelque étonnement,  des textes tournant autour du thème :
Comment la jeunesse peut-elle continuer à se faire entendre dans une société où elle devient minoritaire ?

Ce thème m'interpelle, car :
-il y a 35 ans je me posais des questions de même nature, face au poids écrasant des personnes installées dans les institutions (familles, églises, associations, syndicats, entreprises,...) ;
-mes enfants, mes neveux et mes nièces s'interrogent à ce sujet ;
-je juge la préoccupation légitime et serais même inquiet si elle n'était pas manifestée.

Par exemple  – ma citation est  partielle, mais l'intégralité du texte est disponible sur la page du site dont je donne l'adresse –  :

Entre 1975 et 2005, les majeurs de moins de 30 ans sont passés de 20 % de la population totale de la France à 15 %, soit une diminution d'un quart. Dans la même période, les plus de 60 ont cru de 18 à 21 % de cette même population (source INSEE). ...... Ce sont également les mécanismes et institutions qui vieillissent. Une évolution qui se fait au détriment des jeunes, devenus minoritaires dans les prises de décisions politiques du fait de leur poids électoral réduit.

Les conséquences sont considérables dans tous les domaines et interrogent sur la place future des jeunes dans la société. Dès les premiers gestes de l'autonomie, les 18 - 35 ans sont bridés par le poids des ainés...... Enfin, même une fois installés et pourvus d'un emploi stable, les jeunes se voient dans l'incapacité d'épargner pour leur avenir à cause du financement écrasant des retraites de leurs ainés.

Cet état de fait, que nous ne pouvons que constater, n'est pas qu'une crise. Le "papy boom", que l'on annonce déjà retentissant, fera passer la charge des retraites de 2 à 3, voire 4, retraités à financer par actif ! ......Quelles modifications institutionnelles peuvent permettre de les amener et de les maintenir au coeur des débats politiques et associatifs ? A nous de réfléchir, à cette table, aux initiatives, immédiates ou de long terme, qui permettront de répondre à ce défi démographique.


Je pense à lecture qu'il serait bon pour les auteurs de cet manifeste, pour faire progresser leur réflexion, de  prendre contact avec ces papys dont les retraites diminueraient le pouvoir d'achat des jeunes, et qui seraient les soutiens d'une conception du monde écartant des emplois et des logements celles et ceux dont les pratiques de vie rompraient trop avec les anciennes moeurs.

Tel qu'il est, le texte cité plus haut, au fond un appel à l'aide et un cri d'angoisse des plus jeunes, demande à laquelle je suis sensible, est à mon avis maladroit dans la forme.
Je lui fais le crédit d'intention qu'il ne demande pas que les vieux se sentent coupables et, faute de pouvoir être pardonnés, consentent à s'éclipser. Toutefois, il risque d'être interprété comme un appel à la relégation des anciens, qui cumuleraient les rôles de parasites sociaux et de freins institutionnels , et donc d'être de ce fait considéré comme une dérogation à l'ordre juste.
L'ordre juste en effet  a pour référentiel la fraternité. Pas plus que la fraternité des vieux n'a de sens si elle vise à la mise sous tutelle des jeunes, pas plus celle des jeunes n'a de sens si elle se nourrit  de cette forme de contestation, sur des bases contestables, de la présence des vieux. D'ailleurs, la fraternité, pour être, est nécessairement globale, et ne connaît ni âge ni statut social ni aucun autre facteur discriminant.

Les papys en question ont travaillé non pas 35 mais au moins 40 heures  par semaine, souvent plus – je ne parle pas de la durée effective ou ressentie, mais de la durée contractuelle, qui il y a quarante ans était pointée, notée, fichée, avec à la clef une heure d'abattement pour cinq minutes de retard... – , avec trois semaines de congé en moyenne, et sans aucune des facilités que donnent les outils modernes, qu'ils ont d'ailleurs imaginés et mis au point.
Et ce dans le contexte de la guerre froide, s'attendant à voir un jour les horizons s'embraser des soleils atomiques, lisant avec inquiétude ce qu'on voulait bien leur dire du mortel bras de fer engagé entre les deux blocs, s'interrogeant sur les chances de survie de la planète.
Le réchauffement climatique, c'est la mort progressive et pas encore irréversible. La vitrification des villes et des campagnes, c'était la mort totale et sans préavis.

Ils ont beaucoup cotisé aux caisses de retraite, contribuant ainsi  à l'amélioraton des conditions de vie de leurs propres parents. Leurs retraites actuelles ont été amputées d'environ 30 % par rapport aux promesses qui leur avaient été faites, au point qu'il serait dans un autre contexte légitime de parler de détournement de fonds. Le montant de leur pension est le fruit d'une épargne forcée, à laquelle ils ont trouvé des justifications idéalistes relevant du domaine de la solidarité.

Certains de ces papys ont de plus  payé à ceux de leurs enfants qui ont bien voulu les faire, et en  estimant cette démarche toute naturelle et n'appelant aucune reconnaissance spéciale,  des études dont le prix n'a cessé d'augmenter.
Beaucoup continuent, passé 65 ans, à consacrer du temps et de l'énergie à l'amélioration de la société en général et du cadre de vie en particulier, à titre bénévole et sans même que leur activité soit reconnue, et consolidée dans la composition du PIB.

Je ne pense pas qu'il faille pour les jeunes d'aujourd'hui, qui sont les vieux de demain, considérer les papys comme un obstacle, et stigmatiser leur responsabilité dans leur malaise.

Plutôt s'en faire des alliés.
Plutôt se souvenir, ou apprendre maintenant si leurs parents ne ne leur ont pas osé dire à l'époque,  que leurs parents ont connu un autre malaise , qui était celui de n'exister que comme ex-adolescents soumis et enfermés dans un rôle de main d'oeuvre productive, à la quelle on ne demandait pas son avis et avait peu de moyens pour le donner.
Plutôt se souvenir, ou apprendre si leurs parents ne ne leur ont pas osé dire,  que si leurs parents ont commis collectivement une grave erreur éducative en se laissant tenter par les théories de la non-intervention pédagogique, ils ont eu à faire face à un ensemble de mutations rapides et souvent imprévues, même si plutôt bonnes en potentialité,  auxquelles leur propre éducation ne les avait pas du tout préparés, et dû se donner à chaud de nouvelles lignes de conduite au sein de ces nouveaux paradigmes.

Comment faire pour utiliser l'expérience accumulée par les papys (et les mamies aussi, bien entendu) ? Il est probable que s'ils sont mis en position d'être complices d'un système social qui en effet ne tourne pas bien, ils risquent de dire qu'ils ont assez donné et de partir s'installer à la campagne !
En revanche, l'idée que la société est en mauvaise santé et que, comme elle est réduite à l'automédication, il faut qu'elle mobilise tous ses membres, jeunes et vieux réunis, pour imaginer des solutions pertinentes et durables serait peut être capable de donner des résultats.

Ce n'est qu'une remarque personnelle.
par Adamantane publié dans : Étonnement
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Dimanche 10 décembre 2006

Le permis à points avait été mis en place, si j'en ai bien compris l'esprit, pour faire réfléchir les pilotes d'automobiles sur les risques qu'ils faisaient prendre et prenaient en dérogeant  pour commodité personnelle ou par distraction –tout aussi personnelle... – aux paternelles injonctions du code de la route.
Le concept de points (le permis partiellement soluble dans la contravention) voulait , intelligement, éviter la sanction du type tout ou rien qui met dans le même panier (à salade) l'égoïste meurtrier qui double en haut de côte en troisième position et le philofélin qui dans un village désert donne un petit coup de volant à gauche pour ne pas écraser un crapaud fourvoyé ou un  rescapé des chats de Léautaud ( Laid-Auto ?...), suivant ainsi les conseils donjuanesques de feu tonton Georges.

Mais voilà que dare-dare les radars, systèmes automatiques et incorruptibles, même si non-infaillibles, enregistrent depuis quelques mois plus d'excès que d'habitude. Cela ne retire rien à la réalité de la majorité des infractions, même si certaines ont pu faire – souvent à juste titre – l'objet  de contestations amusantes.
Du coup, nous apprenons avec stupeur que le nombre de permis de conduire ainsi rendus incomplets fait, avec 20 %, un score à rendre jaloux un candidat au premier tour de l'élection présidentielle.
D'où à la fois l'émergence d'une peur – première étape vers une sagesse renforcée ? – et un nombre accru de conducteurs circulant sans permis. Il est par ailleurs et "au passage " stupéfiant que, vu l'effectif des agents assermentés qui émargent au budget de la collectivité et le nombre de contrôles subis par un citoyen à quatre roues, autant de manieurs de volant puissent circuler librement sans le papier qui atteste de leur capacité théorique à le faire.

Que font nos politiques ? Contre toute attente, cédant aux pressions de ceux qui mettent en avant "le besoin du permis pour travailler", ils décident, non pas de renforcer l'éducation civique des chatouilleurs de règlement, voire des délinquants notoires, mais d'assouplir la règle car il y aurait trop de retrait de points.

Il franchissent sans scrupules leur propre bande blanche. Et même, imitant les motards vrombissant à contre-sens et injuriant les usagers sans imagination qui se bornent à rouler sur la chaussée qui leur est réservée,imitant les cyclistes qui brûlent les feux pour sauter plus vite sur les trottoirs slalomer entre les piétons pas trop rassurés, ils transgressent la règle commune et de bon sens qui veut que si un appareil répressif ayant eu le feu vert –si j'ose écrire – des techniciens et des représentants du peuple signale des fautifs, il faut soigner lesdits fautifs et  non édulcorer l'appareil.

Si un citoyen a besoin du permis pour travailler, non seulement nous pouvons attendre de lui qu'il ménage son outil de travail, mais aussi que, plus expérimenté que le retraité amateur ou le débutant effarouché par la complexité du système et les incivilités de certains, il ait par son comportement valeur d'exemple.
Le fait d'être boucher n'autorise pas à donner du tranchoir à tort et à travers, le fait d'être journaliste n'autorise pas à écrire n'importe quoi n'importe comment, le fait d'être grand conducteur aux commandes d'une grosse cylindrée  n'autorise pas à mettre les dodocheurs  en danger. Ou alors, que ces amateurs de sensations (que d'ailleurs ils offrent généreusement  en partage aux autres, qui n'en peuvent mais) aillent affiner leurs talents sur les bord de la moskova, où ce comportement semble, selon un article de presse récent, toléré pour quelque temps encore par les autorités.

Crédits : merci à la DEE du Loiret pour sa fiche d'information sur le permis à points....
par Adamantane publié dans : Étonnement
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Samedi 9 septembre 2006

Un des rédacteurs de Le Monde Citoyen vient de mettre en ligne le résultat de ses réflexions sur la typologie des blogueurs. Plus modeste et plus intéressant à mes yeux que le papier de Le Monde  du vendredi 7 avril (je sais, j'y ai mis du temps ; j'avais promis d'en parler mi-mai) nous présentant en double page les quinze blogueurs promus leaders d'opinion sur la Toile.



La typologie proposée par Guy Birenbaum dans Le Monde Citoyen est présentée comme une galerie de portraits, et résulte  d'une approche comportementale qui ne peut laisser indifférent : j'y ai reconnu pratiquement  tous mes partenaires de bloguage, mais bien entendu je ne m'y suis pas moi-même retrouvé !

C'est simple, c'est libre, c'est ouvert.


Alors que celle d'Olivier Zilbertin, dans son panorama des blogues branchés et incontournables (il a signé son papier, je peux donc le nommer) est purement de type notoriétal. On nous dit que voilà les bons blogues...Paradoxe tout de même :  au nom de la liberté de l'information, le spécialiste décerne les étoiles, se bornant à décrire la méthode de sélection par deux informations en apparence contradictoires — je cite — :
Le Monde en a sélectionné quinze dans différents domaines, choisis parmi les plus consultés par les internautes .
et
l'influence réelle des blogs est difficile à mesurer avec précision. Car, ici comme ailleurs, influence ne rime pas forcément avec affluence.

A noter que d'une part le choix des compartiments — les différents domaines — est arbitraire et plutôt critiquable : le monde des arts en général et de la littérature en particulier est notablement sous-représenté ; d'autres continents de la pensée et de l'action subissent le même sort. La virgule atteste que l'objet du choix est bien les blogues, et non les domaines.

...Et que d'autre part le mot précision est employé à contre-sens. Le concept de précision implique que la variable retenue comme image du phénomène quantifié soit identifiée ; or tel n'est pas le cas ; l'affluence n'est pas le bon indicateur, et  c'est hélas le seul que les blog-rank sont réputés capables de décompter. Il en est souvent ainsi : le PIB n'est pas le bon indicateur pour évaluer la croissance, mais ...

C'est compliqué, c'est conformiste, c'est clos.

Blogue  rimant avec dialogue, j'ai laissé un commentaire sur l'article repris par Le Monde Citoyen depuis Domaine d'Extension de la Lutte.

Et pour ceux que la typologie de la blogosphère intéresse...

Crédits :
Merci à Bernd et Hilla Becher pour cette typologie des châteaux d'eau...dont voilà la référence.
par Adamantane publié dans : Étonnement
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Samedi 2 septembre 2006

Le site branchez-vous.com nous relate (nous relata...l'information remonte à Pâques ou à la Trinité...), les difficultés professionnelles d'un journaliste qui bloguait sous un pseudo.

La graine de pseudonyme donne-t-elle en croissant un masque, un dédoublement, une distanciation ? Le monde artistique et littéraire est un de ses terreaux d'élection.


L'emploi de pseudonymes multiples n'est pas non plus inhabituel.
Les raisons invoquées par ceux de mes proches usant de cette facilité -reconnue, m'a dit un directeur d'agence bancaire, par les banques pour l'ouverture d'un compte - sont très souvent le désir de ne pas mélanger deux domaines d'activité différents, par exemple la recherche fondamentale et l'écriture poétique, et de cloisonner leur notoriété, leur réputation.
D'autres ont même évoqué leur sécurité.  En particulier vis à vis de leur employeur.  Alexis Léger, par exemple...

Julien Gracq, dont l'aléthonyme est  Louis Poirier, géographe,  aurait écrit : J'ai choisi un pseudonyme, lorsque j'ai commencé à publier, parce que je voulais séparer nettement mon activité de professeur de mon activité d'écrivain. Ce pseudonyme n'avait dans mon esprit aucune signification. Je cherchais une sonorité qui me plaise, et je voulais, pour l'ensemble du nom et du prénom, un total de trois syllabes.
Il engendra  Erik Orsenna, alias Erik Arnoult, qui emprunta son nom de plume à l'incipit du Rivage des Syrtes, avec ce commentaire :
publier son premier roman sous son propre nom la même année que sa soutenance de thèse d’économie (1973) ne paraissait pas très sérieux...

Personnellement, je n'avais jamais usé de cette possibilité, la trouvant même un peu schizophrène,  jusqu'au jour où j'ai choisi le site internet comme média pour mes écrits. Je ne voulais pas que ce site porte mon nom, qui d'ailleurs ne m'appartient pas en propre, si j'ose dire, de même que lorsque j'ai créé une petite entreprise de consultance elle avait été baptisée de manière à ne pas sembler être une de mes émanations.
Et puis donner un nom est une activité créatrice dont l'exercice est limité. La néologisation permet certes  de s'entrainer dans le domaine du vocabulaire, mais la création de noms propres, que les agences spécialisées vendent à prix d'or (Midas, le roi Midas...)  demeure un moment  rare dans la vie d'un homme .
Le site a déteint sur le blogue, et j'ai pris l'habitude d'utiliser pour signer mes interventions et contributions, sur WikiPédia ou AgoraVox par exemple, le nom du site.

La question posée dans le papier cité en début d'article est celle de la légitimité éthique du poly-pseudo (ça fait un peu poulpe...).
Je ne vois pas bien en quoi il y aurait faute morale, sauf si la règle du jeu (d'un groupe, d'un organe de presse, etc. ) est d'interdire explicitement cette pratique.

Larvatus prodeo, relu par certains larvatus pro deo,  écrivait déjà dans ses Praeambula un de nos éminents anciens, pourtant a priori...cartésien. 




Crédits :
-merci à Jean-Chales Condo pour son papier sur branchez-vous.com, et à Alain Lafon pour avoir signalé sur son blogue, en la commentant, cette information.
-merci à Guy Aznar, qui au sein de Synapse m'a, dans les années 1970, initié aux règles du jeu de la créativité collective en général et de la recherche de noms en particulier ; mon idée de yaourt aux oiseaux (vous ôtez la capsule, un colibri s'en vole...) n'eût pas à l'époque le succès que j'en attendais.
-merci à l'auteur pseudo-anonyme (ça se complique) de l'affiche française du film Le masque de Zorro, que je n'ai su identifier...si quelqu'un sait son nom  et peut le dénom-cer, qu'il le dise.
par Adamantane publié dans : Étonnement
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Jeudi 17 août 2006

Ce n'est plus de l'étonnement, c'est de l'indignation...

Un gentil journaliste de France Info m'a appris ce soir que les marchands d'OP (Ordinateurs Personnels, PC en basic-english ) venaient de s'intéresser à une nouvelle clientèle, celle des seniors (les plus de soixante ans), avec des ordinateurs simplifiés.
C'est tout de même un peu fort. Qu'apprend-on dans les  écoles de journalisme ? Passe encore de faire l'impasse sur les fondements de la syntaxe et de la morphologie de la langue française, mais ignorer l'histoire à ce point...

Jeune homme, qui a médité, inventé, expérimenté, fait évoluer les zordinateurs zindividuels pour les amener, quincaille et mentaille réunis (dans mon temps, le hard et le soft n'avaient pas encore revêtu les apparences de la facilité langagière du sabir intercontinental), à l'existence ?

Qui a bataillé pour que ces  machines un peu mégalocéphales deviennent de taille raisonnable, et utilisables par le plus grand nombre, apprennent à se téléphoner, remplacent les Underwood de grand-papa et les Olivetti de maman ?

Qui a testé les savoir-faire hésitants de la CAB-500, apprivoisé les caprices du Programma-101, enrichi la syntaxe d'Algol et obligé les télétypes type marine nationale à céder la place aux terminaux  des IBM-400 ?

Eh bien , jeune homme, c'est nous, les seniors, qui avons tranquillement  accompagné cette évolution, en nous heurtant constructivement aux  hésitations raisonnables de nos aînés, en abandonnant les outils dont nos professeurs nous avaient appris le maniement, de la règle à calcul à la calculatrice à cylindres et chariot mobile, de la machine à écrire à corbeille à la tireuse de plans...

Eh bien , jeune homme, c'est aux seniors que vous devez ces instruments dont vous vous ébahissez aujourd'hui qu'ils puissent nous être utiles, si bien entendu leur mode d'emploi est rendu accessible à nos cervelles figées et à nos mains inexpertes...

Eh bien, jeune homme, je ne retiendrai de vos propos que la bonne intention qui vise à ne pas laisser les seniors à la traîne du progrès technologique, et à leur proposer d'accéder à ces mystères qu'ils sont trop vieux pour se souvenir de les avoir construits avant que vous ne tentiez de les percer...

Si je vous demande pourquoi ce papier est dédié à Alan Turing, saurez-vous répondre  ?

Crédits :
-Merci à Jean-Baptiste Greuze, pour ce dessin d'un senior impavide à l'idée d'un ordinateur simplifié.
-Merci aux dizaines de milliers de seniors de toutes nations qui par leur ténacité et leur inventivité ont mis à la disposition des jeunes journalistes ce merveilleux outil.
par Adamantane publié dans : Étonnement
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