Samedi 20 janvier 2007

Je suis allé sur le Wiki du groupe Des Mots Des couleurs, et ai lu avec intérêt, mais aussi avec quelque étonnement, des textes tournant autour du thème :
Comment la jeunesse peut-elle continuer à se faire entendre dans une société où elle devient minoritaire ?
Comment la jeunesse peut-elle continuer à se faire entendre dans une société où elle devient minoritaire ?
Ce thème m'interpelle, car :
-il y a 35 ans je me posais des questions de même nature, face au poids écrasant des personnes installées dans les institutions (familles, églises, associations, syndicats, entreprises,...) ;
-mes enfants, mes neveux et mes nièces s'interrogent à ce sujet ;
-je juge la préoccupation légitime et serais même inquiet si elle n'était pas manifestée.
-il y a 35 ans je me posais des questions de même nature, face au poids écrasant des personnes installées dans les institutions (familles, églises, associations, syndicats, entreprises,...) ;
-mes enfants, mes neveux et mes nièces s'interrogent à ce sujet ;
-je juge la préoccupation légitime et serais même inquiet si elle n'était pas manifestée.
Par exemple – ma citation est partielle, mais l'intégralité du texte est disponible sur la page du site dont je donne l'adresse – :
Entre 1975 et 2005, les majeurs de moins de 30 ans sont passés de 20 % de la population totale de la France à 15 %, soit une diminution d'un quart. Dans la même période, les plus de 60 ont cru de 18 à 21 % de cette même population (source INSEE). ...... Ce sont également les mécanismes et institutions qui vieillissent. Une évolution qui se fait au détriment des jeunes, devenus minoritaires dans les prises de décisions politiques du fait de leur poids électoral réduit.
Les conséquences sont considérables dans tous les domaines et interrogent sur la place future des jeunes dans la société. Dès les premiers gestes de l'autonomie, les 18 - 35 ans sont bridés par le poids des ainés...... Enfin, même une fois installés et pourvus d'un emploi stable, les jeunes se voient dans l'incapacité d'épargner pour leur avenir à cause du financement écrasant des retraites de leurs ainés.
Cet état de fait, que nous ne pouvons que constater, n'est pas qu'une crise. Le "papy boom", que l'on annonce déjà retentissant, fera passer la charge des retraites de 2 à 3, voire 4, retraités à financer par actif ! ......Quelles modifications institutionnelles peuvent permettre de les amener et de les maintenir au coeur des débats politiques et associatifs ? A nous de réfléchir, à cette table, aux initiatives, immédiates ou de long terme, qui permettront de répondre à ce défi démographique.
Les conséquences sont considérables dans tous les domaines et interrogent sur la place future des jeunes dans la société. Dès les premiers gestes de l'autonomie, les 18 - 35 ans sont bridés par le poids des ainés...... Enfin, même une fois installés et pourvus d'un emploi stable, les jeunes se voient dans l'incapacité d'épargner pour leur avenir à cause du financement écrasant des retraites de leurs ainés.
Cet état de fait, que nous ne pouvons que constater, n'est pas qu'une crise. Le "papy boom", que l'on annonce déjà retentissant, fera passer la charge des retraites de 2 à 3, voire 4, retraités à financer par actif ! ......Quelles modifications institutionnelles peuvent permettre de les amener et de les maintenir au coeur des débats politiques et associatifs ? A nous de réfléchir, à cette table, aux initiatives, immédiates ou de long terme, qui permettront de répondre à ce défi démographique.
Je pense à lecture qu'il serait bon pour les auteurs de cet manifeste, pour faire progresser leur réflexion, de prendre contact avec ces papys dont les retraites diminueraient le pouvoir d'achat des jeunes, et qui seraient les soutiens d'une conception du monde écartant des emplois et des logements celles et ceux dont les pratiques de vie rompraient trop avec les anciennes moeurs.
Tel qu'il est, le texte cité plus haut, au fond un appel à l'aide et un cri d'angoisse des plus jeunes, demande à laquelle je suis sensible, est à mon avis maladroit dans la forme.
Je lui fais le crédit d'intention qu'il ne demande pas que les vieux se sentent coupables et, faute de pouvoir être pardonnés, consentent à s'éclipser. Toutefois, il risque d'être interprété comme un appel à la relégation des anciens, qui cumuleraient les rôles de parasites sociaux et de freins institutionnels , et donc d'être de ce fait considéré comme une dérogation à l'ordre juste.
L'ordre juste en effet a pour référentiel la fraternité. Pas plus que la fraternité des vieux n'a de sens si elle vise à la mise sous tutelle des jeunes, pas plus celle des jeunes n'a de sens si elle se nourrit de cette forme de contestation, sur des bases contestables, de la présence des vieux. D'ailleurs, la fraternité, pour être, est nécessairement globale, et ne connaît ni âge ni statut social ni aucun autre facteur discriminant.
Les papys en question ont travaillé non pas 35 mais au moins 40 heures par semaine, souvent plus – je ne parle pas de la durée effective ou ressentie, mais de la durée contractuelle, qui il y a quarante ans était pointée, notée, fichée, avec à la clef une heure d'abattement pour cinq minutes de retard... – , avec trois semaines de congé en moyenne, et sans aucune des facilités que donnent les outils modernes, qu'ils ont d'ailleurs imaginés et mis au point.
Et ce dans le contexte de la guerre froide, s'attendant à voir un jour les horizons s'embraser des soleils atomiques, lisant avec inquiétude ce qu'on voulait bien leur dire du mortel bras de fer engagé entre les deux blocs, s'interrogeant sur les chances de survie de la planète.
Le réchauffement climatique, c'est la mort progressive et pas encore irréversible. La vitrification des villes et des campagnes, c'était la mort totale et sans préavis.
Ils ont beaucoup cotisé aux caisses de retraite, contribuant ainsi à l'amélioraton des conditions de vie de leurs propres parents. Leurs retraites actuelles ont été amputées d'environ 30 % par rapport aux promesses qui leur avaient été faites, au point qu'il serait dans un autre contexte légitime de parler de détournement de fonds. Le montant de leur pension est le fruit d'une épargne forcée, à laquelle ils ont trouvé des justifications idéalistes relevant du domaine de la solidarité.
Certains de ces papys ont de plus payé à ceux de leurs enfants qui ont bien voulu les faire, et en estimant cette démarche toute naturelle et n'appelant aucune reconnaissance spéciale, des études dont le prix n'a cessé d'augmenter.
Beaucoup continuent, passé 65 ans, à consacrer du temps et de l'énergie à l'amélioration de la société en général et du cadre de vie en particulier, à titre bénévole et sans même que leur activité soit reconnue, et consolidée dans la composition du PIB.
Tel qu'il est, le texte cité plus haut, au fond un appel à l'aide et un cri d'angoisse des plus jeunes, demande à laquelle je suis sensible, est à mon avis maladroit dans la forme.
Je lui fais le crédit d'intention qu'il ne demande pas que les vieux se sentent coupables et, faute de pouvoir être pardonnés, consentent à s'éclipser. Toutefois, il risque d'être interprété comme un appel à la relégation des anciens, qui cumuleraient les rôles de parasites sociaux et de freins institutionnels , et donc d'être de ce fait considéré comme une dérogation à l'ordre juste.
L'ordre juste en effet a pour référentiel la fraternité. Pas plus que la fraternité des vieux n'a de sens si elle vise à la mise sous tutelle des jeunes, pas plus celle des jeunes n'a de sens si elle se nourrit de cette forme de contestation, sur des bases contestables, de la présence des vieux. D'ailleurs, la fraternité, pour être, est nécessairement globale, et ne connaît ni âge ni statut social ni aucun autre facteur discriminant.
Les papys en question ont travaillé non pas 35 mais au moins 40 heures par semaine, souvent plus – je ne parle pas de la durée effective ou ressentie, mais de la durée contractuelle, qui il y a quarante ans était pointée, notée, fichée, avec à la clef une heure d'abattement pour cinq minutes de retard... – , avec trois semaines de congé en moyenne, et sans aucune des facilités que donnent les outils modernes, qu'ils ont d'ailleurs imaginés et mis au point.
Et ce dans le contexte de la guerre froide, s'attendant à voir un jour les horizons s'embraser des soleils atomiques, lisant avec inquiétude ce qu'on voulait bien leur dire du mortel bras de fer engagé entre les deux blocs, s'interrogeant sur les chances de survie de la planète.
Le réchauffement climatique, c'est la mort progressive et pas encore irréversible. La vitrification des villes et des campagnes, c'était la mort totale et sans préavis.
Ils ont beaucoup cotisé aux caisses de retraite, contribuant ainsi à l'amélioraton des conditions de vie de leurs propres parents. Leurs retraites actuelles ont été amputées d'environ 30 % par rapport aux promesses qui leur avaient été faites, au point qu'il serait dans un autre contexte légitime de parler de détournement de fonds. Le montant de leur pension est le fruit d'une épargne forcée, à laquelle ils ont trouvé des justifications idéalistes relevant du domaine de la solidarité.
Certains de ces papys ont de plus payé à ceux de leurs enfants qui ont bien voulu les faire, et en estimant cette démarche toute naturelle et n'appelant aucune reconnaissance spéciale, des études dont le prix n'a cessé d'augmenter.
Beaucoup continuent, passé 65 ans, à consacrer du temps et de l'énergie à l'amélioration de la société en général et du cadre de vie en particulier, à titre bénévole et sans même que leur activité soit reconnue, et consolidée dans la composition du PIB.
Je ne pense pas qu'il faille pour les jeunes d'aujourd'hui, qui sont les vieux de demain, considérer les papys comme un obstacle, et stigmatiser leur responsabilité dans leur malaise.
Plutôt s'en faire des alliés.
Plutôt se souvenir, ou apprendre maintenant si leurs parents ne ne leur ont pas osé dire à l'époque, que leurs parents ont connu un autre malaise , qui était celui de n'exister que comme ex-adolescents soumis et enfermés dans un rôle de main d'oeuvre productive, à la quelle on ne demandait pas son avis et avait peu de moyens pour le donner.
Plutôt se souvenir, ou apprendre si leurs parents ne ne leur ont pas osé dire, que si leurs parents ont commis collectivement une grave erreur éducative en se laissant tenter par les théories de la non-intervention pédagogique, ils ont eu à faire face à un ensemble de mutations rapides et souvent imprévues, même si plutôt bonnes en potentialité, auxquelles leur propre éducation ne les avait pas du tout préparés, et dû se donner à chaud de nouvelles lignes de conduite au sein de ces nouveaux paradigmes.
Plutôt s'en faire des alliés.
Plutôt se souvenir, ou apprendre maintenant si leurs parents ne ne leur ont pas osé dire à l'époque, que leurs parents ont connu un autre malaise , qui était celui de n'exister que comme ex-adolescents soumis et enfermés dans un rôle de main d'oeuvre productive, à la quelle on ne demandait pas son avis et avait peu de moyens pour le donner.
Plutôt se souvenir, ou apprendre si leurs parents ne ne leur ont pas osé dire, que si leurs parents ont commis collectivement une grave erreur éducative en se laissant tenter par les théories de la non-intervention pédagogique, ils ont eu à faire face à un ensemble de mutations rapides et souvent imprévues, même si plutôt bonnes en potentialité, auxquelles leur propre éducation ne les avait pas du tout préparés, et dû se donner à chaud de nouvelles lignes de conduite au sein de ces nouveaux paradigmes.
Comment faire pour utiliser l'expérience accumulée par les papys (et les mamies aussi, bien entendu) ? Il est probable que s'ils sont mis en position d'être complices d'un système social qui en effet ne tourne pas bien, ils risquent de dire qu'ils ont assez donné et de partir s'installer à la campagne !
En revanche, l'idée que la société est en mauvaise santé et que, comme elle est réduite à l'automédication, il faut qu'elle mobilise tous ses membres, jeunes et vieux réunis, pour imaginer des solutions pertinentes et durables serait peut être capable de donner des résultats.
Ce n'est qu'une remarque personnelle.
En revanche, l'idée que la société est en mauvaise santé et que, comme elle est réduite à l'automédication, il faut qu'elle mobilise tous ses membres, jeunes et vieux réunis, pour imaginer des solutions pertinentes et durables serait peut être capable de donner des résultats.
Ce n'est qu'une remarque personnelle.
par Adamantane
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Étonnement
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