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  • : Adamantablogue
  • : *Étonnement systémique et libertaire *Évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale *Ouvertures vers la pensée non conformiste
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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
  • Présenter un ensemble de littératures polychromes : poèmes, essais, critiques, préfaces, documents pédagogiques, schémas didactiques, fragments sur des thèmes divers
  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
  • &, conjonction de coordination
  • Libertaire : la personne est première ; les maîtres à penser sont à fréquenter avec d'extrêmes précautions, et le progrès nait de la réflexion autonome de chacun venant se combiner à celle des autres.


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Étonnement

Vendredi 31 août 2007 5 31 /08 /Août /2007 18:45
Masque-de-no.jpg

L'énoncé de la profession consultant dans un papier posté sur un forum, un groupe de discussion, voire en commentaire sur un blogue, attire souvent des réactions de méfiance, parfois exprimées de manière radicale et vigoureuse.

Oui, il faut se méfier des consultants...Comme chez les psy, les plombiers et les philosophes, par exemple, il est possible de rencontrer dans cette vaste et indifférenciée corporation des fumistes, des paresseux, des malades mentaux, des escrocs, des gens paumés en recherche de reconnaissance, etc.

Comme nous l'avons appris à l'école de la Sémantique Générale, méfions-nous des étiquetages. Si Dupin dit exercer le métier de consultant, et si nous avons fréquenté un Dupla-consultant fumiste et un Durax-consultant escroq, nous n'avons pas assez d'éléments pour conclure de Dupin qu'il est un fumiste doublé d'un escroq...

Il y a aussi des consultants bosseurs, responsables, attentifs, créatifs, patients...

Tout intervenant de la blogosphère est, peu ou prou, consultant. Il participe de fait de ce grand et vaste corps de ceux qui analysent, réfléchissent, conseillent. D'autant plus qu'un forum n'est pas un lieu d'exercice de l'autorité, mais peut être un endroit ou échanger méthodes et réflexions.

Il est intéressant de remarquer que si Dumar publie une contribution de quarante lignes sur un des aspect du travail d'échange en cours sur un fil de forum, ou engendré par un post sur un blogue, alors :
-si Dujoy la trouve intéressante, il le dira, peut-être, et en deux lignes,
-et si Dupas y voit quelque objection possible, que ce soit sur une implication anticipée ou sur le choix d'un mot ou d'une référence, il va investir à coup sûr dans quarante lignes de réfutation, un peu comme s'il s'agissait de droit de réponse. Et de réfutation en contr'argumentation, de contr'argumentation en opposition, comme le media écrit régule mal les débats, la chicaille s'installe.

Le cas du blog ouktiasma.over-blog.com est un bon exemple. Des citoyens de religion islamique se disent intéressés par l'approche du MoDem et s'y engagent. Ils diffusent leur message, avec leurs catégories mentales et leur vocabulaire à eux. Ils vont jusqu'à faire des rappels d'histoire de France pour se positionner dans une perspective d'intégration culturelle. Voilà donc des alliés pour les mordus-modem. .
J'ai été sensible à leur démarche, car comme conseiller de quartier résidant dans une zone islamisée de Boulogne-Billancourt, j'ai eu à me préoccuper des conditions d'exercice de ce culte, de la sécurité des locaux de l'association culturelle musulmane, bref, à contribuer à faciliter une entreprise d'intégration dans le respect des croyances individuelles.
Quelles réponses recueillent-ils sur le fil d'un forum politique lié au MoDem, fil ouvert en cette circonstance : eh bien tout bonnement, après quelques commentaires plutôt objectifs, une longue leçon magistrale, probablement bien intentionnée certes, mais dépourvue  de nuances, de laïcité combattante, éclairée de considérations subtiles et constructives du genre la foi m'indiffère, les croyances sont hors sujet, l'Islam c'est désuet... (Je ne cite pas texto, je retraduis en français courtois les idées (?) maîtresses de l'argumentaire).
Bref, nous insistons sur ce qui ne va pas dans leur démarche. Pourquoi ne pas les aider à construire leur propre conception de la laïcité, ce qui est pour moi, visiblement, le chemin à l'orée duquel ils hésitent encore ? Pourquoi ne pas leur faire un plus large crédit d'intention ?

Dès les années 1990, sur les forums par minitel, nous déplorions que trois ou quatre participants imposent leur style aux échanges, aient un avis sur tout, et se comportent comme s'ils n'avaient rien d'autre à faire dans la vie que de manipuler leur clavier.
Aujourd'hui, sur AgoraVox par exemple, il a fallu débattre de longues semaines pour trouver quelques moyens pratiques pour concilier la liberté d'expression et le droit de n'être pas, dès la moindre proposition ou remarque, moqué, tourné en dérision, contrebattu, interprété à contre-sens....

Facilitateur de réunions, il m'est arrivé de demander à deux membres d'un comité de direction de transformer leur prise de tête en exercice genre jeu de rôle à enregistrer et analyser en différé. L'analogie s'arrête là : sur un forum, nous ne sommes pas en comité de direction, ni même un groupe de travail avec sa dynamique complète, ce qui complique la modération, voire la rend impossible.
Reste l'autodiscipline qu'esquisse la nétiquette. Je la crains maintenant vaguement  insuffisante, mais tiens toujours à la faire connaître.
La consultation du profil permet parfois de mieux situer l'autre, d'avoir des éléments de contexte permettant de mieux décoder ses écrits. Mais assez rares sont de fait celles et ceux qui ont trouvé le temps de confier de telles informations au système. Le pseudonymat, que les forums encouragent, demeure un refuge dont les motivations d'emploi méritent investigations et analyses.

Il faut donc être un peu obstiné pour continuer de fréquenter les forums d'opinion. Il y a tout de même beaucoup plus de frittage que raisonable. Cette friture engendre un bruit de fond qui fatigue...

Crédits :

Masque de nō de type ōbeshimi . Japon, Époque d’Edo (1603-1867). Cyprès polychrome et incrustation de métal doré.  Muséum, Lyon.


Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Dimanche 10 juin 2007 7 10 /06 /Juin /2007 18:30
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Les envois publicitaires non sollicités envahissent, en toute légalité paraît-il, les boîtes mèl.  Je ne parle pas des sollicitations coquines, illégales, pharmaco-mercantiles. Mais bien de celles d'honnêtes commerçants, qui les uns postent sans détour une offre de prospection, les autres sous-traitent à des listeurs.
Comment endiguer, puis tarir ce flot ?
Eh bien Il y a le bouton magique : pour vous désabonner, cliquez ici.

Désabonner, vous avez dit désabonner...Qui dit désabonnement suppose abonnement. Or le plus souvent cet acte volontaire n'a pas été commis. Aucune inscription, aucune demande, aucun appel.

La jeu du désabonnement a ses perversités :
-le bouton est en bleu sur fond bleu
-il genère la fameuse erreur 404
-il demande un mot de passe
-il envoie sur le site détaillé du prospecteur, long à charger, où il faut à nouveau trouver l'issue de secours
-il demande le motif (parfois avec des choix multiples plutôt culpabilisants...)
-il demande l'adresse de courriel à désabonner ( et ce chaque fois que le message est envoyé au célèbre undisclosed-recipients )
-il réfute: vous êtes déjà désabonné
-il jure ses grands dieux que d'ici quinze jours plus de messages
-et quelques autres encore...qui tournent l'esprit et même souvent la lettre de la LCEN.

Ce phénomène de société a à son tour engendré de fort plaisantes études. Je n'ai pas encore trouve la newsletter du désabonnement, mais je vais certainement y arriver...

Pourquoi avoir introduit ce concept de désabonnement ?

Ne dites plus : j'ai débarrassé mon chat de ses puces mais j'ai désabonné mon félin de ses parasites.
Ne dites plus : nous avons éliminé le député sortant mais nous nous sommes désabonnés de ce représentant du peuple.

Nota : Il a sans dire (donc cela va encore mieux...) que je me suis abonné, au sens plein du terme, à  des services soit payants (Le Monde), soit gratuits (Lettres d'informations émanant d'associations, d'institutions ou de particuliers), et que les éditeurs de ces courriels ne sont pas visés par mes remarques.
A noter que souvent les formalités de désabonnement  afférentes aux vrais abonnements sont...plus simples !


Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Mardi 29 mai 2007 2 29 /05 /Mai /2007 18:44
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Un de mes correspondants a il y a peu publié le point de vue suivant :

En France, depuis longtemps nous ne sommes plus gouvernés par les meilleurs (une aristocratie) mais bien par une oligarchie.
En fait une diplomocratie : grâce au mécanisme de sélection "à La Française", une minorité s'accapare tous les pouvoirs de la République et de l'état, en se parant de légitimité. Cette sélection se nomment abusivement "sélection par l'excellence", alors que les statistiques le démentent : seuls les gens des familles aisées parcourent ce système scolaire à leur avantage... Il ne s'agit que d'excellence de portefeuille, ou d'excellence de la famille en matière de spoliation du bien public, des ressources naturelles, et de domination ...
C'est un sytème de conservation des pouvoirs par les mêmes : la plupart grands bourgeois parisiens de père en fils, de gauche comme de droite...de l'entreprise comme de la haute administration...on n'y trouve même parfois des syndicalistes !
Cette oligarchie a encore de beaux jours devant elle, tant que les gens du peuple croiront que cette excellence est pour tous possible !


Bien sûr, c'est un point de vue. Faisant partie de celles et ceux qui n'entrent pas facilement dans les démonstrations de la statistique, je suis toujours mal à l'aise pour nuancer cette dénonciation des héritiers selon la terminologie...héritée de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron.

Fils d'artisan, ayant pu faire des études supérieures parce que boursier du gouvernement –et à l'époque il ne suffisait pas d'appartenir à une famille fiscalement démunie, il fallait aussi passer un concours et y être reçu –, engagé avant que d'être majeur dans des actions culturelles, syndicales et politiques , j'ai bien entendu poussé mes propres enfants à ne pas négliger ce facteur de développement personnel et de solidarité sociale.
Je suis fatigué d'entendre affirmer par raisonnement globalisant que si j'ai pu accéder à des postes de responsabilité dans le domaine économique et humain, c'est simplement par le jeu de la méritocratie héréditaire. La vérité sociologique, souvent fondée sur des pourcentages taillés dans des grandes masses, vient heurter la réalité individuelle. Elle conforte les thèmes de la prédestination. Mes propres enfants sont fils et filles de cadre dirigeant, oui, mais ou bien ils le sont à leur tour, et alors ils n'auraient dautre mérite que celui d'être nés ainsi, ou bien ils ont choisi un autre mode de vie, et alors ils auraient gaspillé quelque patrimoine socio-économique ? Sornettes. Ils sont, ont été libres de vivre leur vie en fonction de leurs propres perspective, engagement, potentiel et détermination.

Et, lorsque je veux mettre un bémol à ces théorèmes globaux, de m'entendre répondre que je fais partie de la minorité qui sert d'alibi à la majorité, voire que je suis complice. Ce ne sont pas les familles dites financièrement aisées – Dès qu'un couple paye l'IRPP, il est réputé riche ? Qu'est-ce qu'un riche ? – qu'il faut montrer du doigt. Personnellement, je n'ai pas d'autre patrimoine que mon logement, mais je gagnais bien ma vie à certaines époques et j'ai alors usé de mes ressources dans l'intérêt de mes enfants ou de mes proches, et j'ai fait marcher le commerce en achetant des livres, en voyageant, en finançant des entreprises culturelles...

A l'expérience, mieux vaudrait favoriser une prise de conscience de ceux des foyers qui, bénéficiant légalement, voire légitimement d'aides de la collectivité, (j'en connais...), la détournent de leur objet en n'investissant pas dans l'essentiel et en formant par l'exemple leurs enfants à profiter du système de répartition sans lui rendre un jour une juste compensation. Il y a des profiteurs à tous les niveaux de la société.
Les parents qui convertissent l'allocation de rentrée scolaire en téléphones portables et consoles de jeux sont des profiteurs.
Le ménage de cadres qui achète dans une copropriété pour se défausser sans honte sur les autres résidents de toutes les responsabilités afférentes au fait d'être propriétaire est un couple de profiteurs.
Le propriétaire d'automobile qui gare son véhicule de vacances pendant des mois sur la voie publique au lieu de payer une place de garage est un profiteur.
L'étudiant qui effectue des études supérieures dans une grande école d'ingénieurs, sa scolarité en très grande partie payée par la collectivité, puis s'empresse de filer s'embaucher dans un pays où les impôts sur le travail sont moins élevés qu'en France (reste à savoir pourquoi ; probablement parce que là les années en Université sont facturées au prix coûtant) et où les mêmes études lui auraient coûté dix à vingt fois plus est un profiteur.
L'écrivain amateur qui se fait publier dans vingt revues par an sans s'abonner à aucune est un profiteur.

Ce que je vis par ailleurs est que si j'approuve l'idée de rendre le pouvoir aux citoyens, dans la pratique quotidienne, beaucoup le refusent parce que cela vient obérer leur disponibilité et réduire leur temps réputé libre :
-l'association d'anciens élèves dont j'ai été plusieurs années vice-président, en charge de la communication puis du développement, peine à recruter dix animateurs et quatre cent cotisants dans une population de plusieurs milliers de diplômés
-les cercles littéraires que je fréquente survivent en déséquilibre hormonal permanent, avec un trop plein d'auteurs de textes à publier et un cruel déficit en contributeurs pour éditer et diffuser les revues ou organiser les rencontres
-mon conseil de quartier, pourtant lieu de volontariat, est peuplé d'absents inactifs et de participants anecdotiques
-pas moyen d'intéresser plus de deux résidents d'un immeuble au fonctionnement du syndicat des copropriétaires
et ainsi de suite.

L'oligarchie, au delà du fait qu'elle semble structurellement induite par la propension des citoyens à être nombreux à demander mais peu à apporter, n'est pas un mal en soi, car il faut bien que les équipes qui temporairement prennent en charge les responsabilités ne soient pas trop nombreuses pour arriver à un minimum d'efficacité et de réactivité.
Si elle est devient héréditaire, alors oui elle se montre dangereuse et je m'associe de bon coeur à tout effort fait pour que le pouvoir circule.
Les engagements au service d'autrui aussi...

Mais ce n'est pas seulement parce qu'elle serait réservée à une élite cooptée qu'elle serait stable et conservatrice. C'est aussi, à mon avis, parce que travailler au service de la communauté requiert un effort que beaucoup refusent, aimant mieux les loisirs et le passe-temps qui consiste à refaire le monde en disant du mal - toujours possible à justifier, qui plus est - de ceux qui le font, mais sans vouloir prendre le risque de se réveiller de temps à autres, de se fatiguer un peu.

La question n'est donc pas, pour moi, comment chasser les héritiers du pouvoir, mais par qui les remplacer pour qu'ils laissent la place ?
En effet, le libéralisme sans concurrence équitable n'est plus du libéralisme producteur de d'innovation et de richesses. Il convient toutefois que la concurrence existe, se manifeste, se secoue...

Mais ce n'est ûrement pas en mélangeant dans la même gamelle :
-les vrais fils de vraies familles réellement fortunées mais peu doués pour les études, dont le diplôme a coûté le prix fort en école privée, et qui n'ont pas d'aptitudes au commandement autres que le vernis mondain et les relations (attention, il y a aussi dans ces familles des individus travailleurs, méritants, sensibles, raisonnablement ambitieux, peu intéressés...)
-et celles et ceux qui issus de milieux dits modestes, ou de milieux mieux lotis, ont acquis par leur mérite et leur activité diplômes et relations, et bien entendu n'hésitent pas à en user au service de leur projet personnel et professionnel
que les apprentis refondateurs progresseront dans leur projet.

Plus sûrement en retroussant leurs manches.

Crédits :
Merci aux Chevaliers de la Table Ronde, réunis sous la présidence d'Arthur, prototypes d'une oligarchie mythique...
D’origine celtique, la légende d’Arthur s’est propagée, étoffée et christianisée au fil des siècles : c’est Geoffroi de Monmouth qui en a tracé les grandes lignes, suivi de Robert Wace et de Chrétien de Troyes, introduisant le thème chrétien du Graal et le motif courtois. La légende d’Arthur n’a cessé, depuis lors, de donner lieu à de nouvelles adaptations, qui témoignent de sa vivacité. En voici une de plus...
Image :
Apparition du Saint Graal. Enluminure illustrant un manuscrit de la Quête du Saint Graal, v. 1470. Folio 5 du manuscrit Français 112 (3). Bibliothèque nationale de France, Paris.

Par Adamantane - Publié dans : Étonnement - Communauté : Militants du Modem
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 11:48
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Notre tout nouveau Ministre des affaires réputées étrangères – si elle nous sont étrangères, pourquoi s'en mêler ? le mot étranger est-il le meilleur pour désigner 99% du genre humain ? – a, dans le monde daté des 20-21 mai, expliqué pourquoi (il a) accepté.

Son parti le radie, l'expulse, l'exclut.

Curieuse manière de prendre acte du fait qu'un des siens va pouvoir tenter de faire et faire faire à son niveau et dans son champ d'action institutionnel ce que ce parti voulait faire à tous les niveaux et dans la totalité du champ politique. Curieuse manière de traiter une question qui fait légitimement débat. Curieuse manière d'xplorer les frontières du réalisme politique.

Bernard Kouchner, constant dans sa démarche, se permet d'exercer son propre devoir d'ingérence dans le fonctionnement d'un gouvernement qu'il n'est pas diffamatoire d'étiqueter comme de droite. Il n'a certes pu le faire sans que les princes qui dirigent le dit gouvernement ne se soient montrés consentants. Mais pour le faire il faut, selon mon expérience, un courage citoyen d'une bonne trempe. En effet, il a tout à y perdre en matière de réputation personnelle, et là son parti d'origine a déjà bien commencé à faire ce qu'il faut faire pour y parvenir.

Les valeurs réputées de gauche n'appartiennent pas à la gauche. En a-t-elle immatriculé les noms à l'INPI ? Ses représentants actuels, et en particulier ceux qui arborent fièrement trompe et défenses, les ont-ils inventées, brevetées, déposées ? Elles appartiennent au peuple, et le peuple ne se résume pas à sa tendance de gauche, si nuancée soit-elle. Pas plus qu'à sa tendance de droite et à sa tendance du centre, pour user du vocabulaire politique le plus unaniment acccepté, en dépit de sa sémantique défaillante et à perspectives hypothalamiques, comme le diagnostiqua le regretté Comte Alfred Habdank Scarbeck Korzybski.

Que le parti socialiste, à qui le socialisme n'appartient d'ailleurs pas, sévisse contre les amateurs de plats de lentilles et autres petits magouilleurs à la veste flottante, c'est son droit ; même si ces foudres jupitériennes ne font que renforcer l'aura temporaire de quelques obscurs, auteurs de livres médiocres et de propos opportunistes, et sont donc médiatiquement contre-productives.

Mais qu'il assimile à ces trahisons banales, égoïstes et ordinaires le geste peu ordinaire, plein de bravitude, d'un des meilleurs des siens, qu'il a de plus très peu reconnu pour tel, à tel point que pour beucoup d'électeurs c'est paradoxalement cette punition dérisoire qui leur a révélé l'appartenance du présumé coupable au parti socialiste, là il y a peut-être une légère erreur de jugement.

Bien entendu, ce n'est pas le parti qui exclut. Pas besoin, pas envie de le décider, car il faudrait expliquer aux Français où est la félonie. L'homme libre s'exclut de lui-même, par application de l'algorithme logique du règlement intérieur. Hypocrisie bureaucratique. Le parti d'abord, la gauche peut-être ensuite, la France à la rigueur, et l'Internationale s'il reste quelque atome d'énergie.
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement - Communauté : Militants du Modem
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Mercredi 16 mai 2007 3 16 /05 /Mai /2007 16:32
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Dans son numéro du 7 mai 2007, la journaliste Alice Antheaume rapportait des propos de Louis Chauvel, qui expliquait aux lecteurs de 20 mn ce qui se serait passé si le droit de vote avait été retiré aux citoyens de plus de 68 ans : Madame Sourire aurait été élue, et Monsieur Triplemoi aurait été battu.
Cet article,publié ausi sur 20 minutes.fr, a bien naturellement engendré reprises, réactions et débats.

Louis Chauvel, enseignant à Sciences-Po (Paris, bien sûr, il ne faut pas , pour les journalistes, mélanger les torchons et les serviettes), peut exciper de son statut de sociologue pour réfuter les accusations selon lesquelles il pervertirait la jeunesse. D'une part, n'est pas Socrate qui veut, d'autre part pas mal de jeunes femmes et de jeunes hommes n'ont pas attendu ses déclarations sociologiques (?) pour affirmer l'idée selon laquelle les retraités étaient des parasites sociaux dont il convenait de juguler les fantaisies et surtout l'esprit indécrottablement conservateur, voire anti-jeunes.
En fait, ce qui m'indispose est que ses réflexions puissent être récupérées par de jeunes désespérés tentés par le démon de l'éminination sociale des seniors (en attendant l'élimination physique, dont une voie d'accès légale est d'ailleurs l'émimination sociale ; combien survivent plus d'un ou deux ans aux conditions de vie hygièniquement correctes mais existentiellement dégrandantes d'une maison de retraite dûment homologuée par les autorités sanitaires et sociales ...?).
Que peut-on ajouter à cette information qui n'a rien de neutre ?

Louis Chauvel est présenté comme ne voyant pas plus loin que le bout du nez de ses statistiques. Il est possible qu'une majorité de seniors ait, par ses comportements professionnels, parentaux, économiques, contribué à reléguer les juniors d'aujourd'hui dans une situation défavorisante.
Mais ils ne l'ont pas tous fait. Il y a des seniors qui ont lutté contre la dévalorisation des diplômes, la multiplication des handicaps dans l'obtention de logements et d'emplois, voulu donner à leurs enfants ou assimilés le goût de l'effort et le sens de la justice sociale en sacrifiant à leur profit des degrés de liberté et du pouvoir d'achat, et surtout en aimant les jeunes, tout en prenant le risuque d'agir pour contrer les dérives égoïstes des détenteurs du pouvoir social.

Louis Chauvel, même si dans le détail de la formulation ses ouvrages de référence prennent, j'en suis sûr, les précautions voulues pour éviter toute généralisation mensongère, ne peut éviter que réduite à quelques lignes dans une publication par destin éphémère et par destination simplificatrice sa contribution soit abusivement trahie. Il cautionne donc en apparence une attitude qui relève de la lapidation morale : les vieux, tous des profiteurs exploitant la jeunesse laborieuse !
Il serait intéressant de connaître son commentaire sur les commentaires qui ornent la page de l'article qui reformule( ?) ses constats sur le blogue de 20 mn. Je ne l' y ai pas trouvé.


Maintenant, sur le fond... Tout d'abord, la confusion entre retraité et inactif est désolante de stupidité.
Un retraité est généralement quelqu'un qui d'une part a travaillé pas mal de temps et cotisé pour constituer des droits, et qui d'autre part travaille gratuitement au service d'associations, d'entités culturelles, pédagogiques, caritatives, intellestuelles, sportives, etc.
Tant qu'il a, bien sûr, les ressources physiques pour ce faire, mais ceci est une autre histoire.
Il a une expérience, un savoir faire, des engagements, une contribution à la vie sociale et économique. J'attends avec impatience du nouveau gouvernement qu'il mette fin à cette anomalie discriminante et réintègre dans le PIB la valeur ajoutée par le travail des retraités.
Et qu'au passage il imagine une nouvelle manière de classifier les retraités actifs.

Confidentiellement, je suis retraité, j'ai 68 ans, je produis l'un dans l'autre huit heures par jour, et...je ne dirai pas ici pour qui j'ai voté.
Je ne vois pas au nom de quoi il serait intelligent de me retirer le droit de vote, ou de réduire mon poids personnel dans un scrutin. N'allez pas déduire de cette dernière affirmation qu'elle prouve à elle seule qu'il conviendrait de...

Je comprends très bien que le problème de l'(in)utilité des vieux soit posé. Tout problème peut être posé. Cependant certaines solutions méritent d'être combattues, non seulement au nom des trois valeurs de notre république, mais tout simplement au nom des droits de l'homme.
De même que, comme l'aurait dit justement un homme politique , ce n'est pas en appauvrissant les riches qu'on enrichira les pauvres,  ce n'est pas en privant progressivement les seniors de leurs droits qu'on en donnera plus aux jeunes.

De plus l'argumentation avancée par la journaliste, dont je ne sais si elle reprend texto ou réécrit en langage dit populaire les déclarations du chercheur, ne brille pas  par la pertinence. Je cite :
80 % des revenus des plus de 60 ans viennent de redistribution, et 70% sont propriétaires d’un bien immobilier dont la valeur a au moins été multipliée par deux, en dix ans.
Deux remarques :
-Que redistribuent les caisses de retraite, sinon la compensation des sommes versées à elles par les salariés pendant quarante ans dans cette perspective, et dont le cumul (part salariale + part patronale) représente, pour un cadre de l'industrie, un pécule dont le montant, calculable, laisse pantois ; placé volontairement, en tenant compte de la durée moyenne du placement (à peu près 20 ans), il engendrerait un revenu annuel supérieur à celui d'une retraite ; de plus la solidarité entre les cotisants écrête les hauts montants et revalorise les bas.
-Même si la valeur à la revente de mon logement a doublé en dix ans, comme il faut bien loger quelque part, celui que j'achèterais à la place est lui aussi deux fois plus cher que... autrement dit la spéculation sur la valeur marchande du M2 ne peut dégager de plus value éventuelle que pour les propriétaires institutionnels.


Sans vouloir être polémique, j'ajouterai que si de nombreux jeunes ont voté pour Monsieur Triplemoi, ce qui est leur liberté inaliénable, il y a aussi autour de moi des jeunes peu actifs, engagés nulle part, et qui parasitent leurs parents ; vais-je en conclure que ce sont les mêmes ?...Est-ce en éliminant les vieux des diverses responsabilités sociales qu'on donnera aux plus jeunes le goût de l'effort, l'amour du travail et surtout la joie de vivre ?

Crédits :
Merci à Véronèse pour cette tête de vieillard.
Merci à Louis Chauvel pour son travail de recherche, dont mon papier risque de donner une image négative que je ne voudrais pas perpétuer.
Merci aux jeunes qui m'entourent, et m'ont obligé à me souvenir activement de ma propre jeunesse, de ses espoirs, de ses déceptions, voire de ses victoires.
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /Mai /2007 17:10
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Un ami m'a écrit pour me demander une aide :
Ma fille a trouvé ce mot : dimidié, mais n'en connaît pas le sens exact. Je n'ai trouvé qu'une reférence botanique. As-tu quelque chose dans un tes dictionnaires ? Merci d'avance.
Je lui ai répondu :
Adjectif ancien venu du bas-latin : dont une moitié manque. Se dit des champignons qui adhèrent à leur substrat non par le pied mais par le côté. Existe en latin : dimidius : demi , et par conséquence en portugais : dimidiar, partager par moitié, et dans d'autres langues ayant le latin dans leur ascendance génétique.

Joris-Karl Huysmans, dans La Cathédrale, utilise, lui, le verbe se dimidier :
.... Ce qui s'atteste certain, c'est que, tout en ne ressemblant pas à l'abbé, elle se dimidie, elle aussi, et se dédouble.
lorsque Durtal, au chapitre II, décrit Céleste Baviol, la domestique de l'abbé Gévresin.

J'ai oublié, ignorant la proclamation, mise par Pierre Larousse en exergue à son premier Dictionnaire,selon laquelle un dictionnaire sans exemples est un squelette, de donner un cas d'emploi.
L'actualité m'en soufflait pourtant un.
La France est dimidiée.

Entre les partisans de l'ordre juste et ceux des valeurs identitaires et nationalistes.
Entre les partisans de la justice sociale et ceux de la glorification des inégalités.
Entre les partisans du contrôle de l'exécutif par le législatif et le judiciaire, et ceux de la confusion des pouvoirs.

Le futur Mouvement Démocrate saura-t-il mettre un peu de tissus conjonctif entre ces deux parties antagonistes, pour leur permettre une articulation génératrice de ...mouvement ?
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Samedi 28 avril 2007 6 28 /04 /Avr /2007 19:28
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Nicolas Hulot a monté autour d'un pacte écologique une opération de communication qui a fait parler d'elle, et aussi un peu de lui.
Les citoyens qui se se sont retrouvés, se retrouvent dans cette idée d'introduire de bas en haut les exigences thérapeutiques, tant préventives que curatives, qu'engendre la mauvaise santé de la planète, ont suivi ce Nicolas là sur ce terrain. Ils l'ont encouragé. Ils l'ont relayé, puisqu'il disait vouloir être leur porte-parole.

Le porte-parole semble, lui, souffrir depuis quelques jours d'une extinction de voix.

Les programmes de Monsieur Triplemoi et de Madame Sourire , maintenant que Monsieur Tracteur est occupé à labourer le terrain politique pour faire fructifier son verger d'oranges, ne sont objectivement pas au même niveau en matière de perspectives d'action écologique.
J'attends avec intérêt que le porte-pacte en prenne acte et rappelle à l'ordre celui des deux candidats qui aurait pris trop de distance avec des engagements antérieurement contresignés.

D' autres aussi, avec raison, s'impatientent.

La justification du silence par l'impartialité, le désir de respecter les convictions intimes des électeurs, la volonté de ne pas obérer l'impact d'une intervention ultérieure dans les élections législatives, est trop rationnelle pour être crédible.

Quoi qu'on en pense, une fois sous les projecteurs, se défiler fait un peu trop fin de spectacle, voire fin de partie.

Crédits :
Merci à mon ami et correspondant Jean-Paul Giraux, qui m'a signalé une anomalie d'écriture que je me suis empressé de rectifier :
 
Cher Jean-Pierre, J'ai bien aimé ton avant dernier blog : l'éloge de la trahison n'est plus à faire. Pour le dernier, j'écrirais "Quoi qu'on en pense" et non "quoique"...Amitiés.

Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /Avr /2007 21:31
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J'ai reçu ça. Je cite, texto :

70 000 postes sur Concours sont à pourvoir.
Aujourd'hui la Fonction Publique représente 20% de l'Emploi en France (soit 1 salarié sur 5 à l'abri du licenciement et du chômage). Afin de faire face aux nombreux départs en retraite des Fonctionnaires, l 'état recrute massivement sur Concours .
Les portes de "l'emploi SÛR et FIABLE" s'ouvrent donc sur 1000 métiers différents (dont 400 dans l'armée). Retrouvez tous les concours d'accès à la Fonction Publique , centralisés actualisés et expliqués de manière claire et précise sur la Nouveau Portail des Concours de la Fonction Publique : Le Centre des Concours.
Nous vous remercions d'avoir pris le temps de lire ce communiqué et nous espérons vous voir prochainement parmi les Agents du Service Public.


Récidive dans la provocation ?

Les émetteurs de ce pourriel veulent-ils nous faire comprendre que nos candidats finalistes (un certain Guy Debord avait ironisé sur La société du spectacle. Désormais les journalistes assimilent sans pudeur Elysée-07 à Roland Garros, l'endroit où tout le monde connaît d'avance le nom du perdant, puisque la terre y est battue...) seront impuissants à faire cesser le scandale d'une France appliquant une forme inattendue de la règle des 80/20 : 20 % des citoyens s'arrogent 80 % de l'emploi sûr et fiable – les 20 % restant étant aléatoirement distribués dans quelques entreprises pratiquement indestructibles–.
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Jeudi 5 avril 2007 4 05 /04 /Avr /2007 10:48

L'INSEE a mis au point une classification à 4 niveaux des citoyens par professions et/ou catégories socioprofessionnelles. Ces classes servent de support à de nombreuses analyses du fonctionnement de la société française.

Le niveau 1 est le plus synthétique. Que liste-t-il ? Quelles étiquettes sont-elles collées sur les tiroirs dans lesquels nous sommes empilés.

Au passage, n'oublions pas que si chaque personne est représentée physiquement par un cube de 1 mm d'arête, ce qui fait déjà un joli grain de sable dans une chaussure, tout à fait visible à l'oeil nu, et sans difficultés préhensible entre le pouce et l'index ,alors dans un volume d'1 m3, c'est à dire celui d'une commode, vont tenir les micro-empreintes d'un milliard de personnes. Une salle de douches de 3 m2 jauge environ  7,5 m3 et  pourrait donc contenir l'image  de l'humanité entière .

Voilà  la liste :

1 Agriculteurs exploitants
2 Artisans, commerçants et chefs d'entreprise
3 Cadres et professions intellectuelles supérieures
4 Professions Intermédiaires
5 Employés
6 Ouvriers
7 Retraités
8 Autres personnes sans activité professionnelle

J'y apprends au passage, avec étonnement, qu'il y a des professions intellectuelles supérieures....Mais tel n'est pas le but de cette revue d'outillage mental.
Le détail de la classe 7 – il suffit de cliquer pour voir – fait référence à la notion d'ancien-1, ancien-2, etc...mais ne dit rien de l'activité actuelle de la personne.

Quand je préparais mon CEP [*] une des remarques habituelles de la maîtresse était qu'il ne fallait pas additionner des carottes et des lapins.
D'ailleurs 1 lapin + 5 carottes + 10 min de patience = 1 lapin
Ces additions sont dangereuses. CQFD [**] .

L'INSEE additionne dans sa rubrique 7, dénommée retraités :

-des citoyens qui s'adonnent, dans la mesure de leurs moyens et selon leurs goûts, à des activités culturelles et sportives, faisant ainsi marcher le commerce et vivre artistes et clubs ;

-d'autres qui s'activent dans des associations, transmettant aux moins expérimentés, créant du lien social, soulageant les inégalités en compensant l'échec d'un état qui avec 45 % de prélèvement obligatoires n'y arrive pas ;

-d'autres qui soit ont décidé de jouir en paix d'un repos bien mérité, ou bien n'ont plus la santé pour faire autre chose que lire ou  réécouter les musiques de leur jeunesse, ou regarder les nuages filer dans le ciel ;

-d'autres qui créent, artistes ou artisans, objets formes et textes, et réalisent sans avoir trop le souci  d'horaires autres que ceux qu'ils se fixent des envies d'exister un peu mises de côté du temps des champs, de l'usine ou du bureau ;

-et même certains qui cumulent ces diverses activités, au point de se trouver parfois plus occupés et engagés  encore que du temps où ils émargeaient à une des autres catégories.

Tout comme les citoyens des étages supérieurs, et même si dans certains cas il peut obtenir une petite réduction sur le tarif de certains trains et le droit d'entrée dans certains lieux culturels qui ne compense pas la hausse de ses cotisations d'assurance, le citoyen retraité paie des impôts, cotise à la sécurité sociale, contribue à la sociale généralisée.

Le citoyen retraité, par ses activités bénévoles, apporte au PIB une contribution qui, elle, ne figure pas explicitement dans les comptes de la nation. Si elle n'est pas explicitement assimilée à du travail au noir, elle l'est tout  de même implicitement.

Comment nommer, en se dégageant de l'image sociologiquement fausse que donne le mot retraité, ces citoyen(ne)s à part entière ?

A part entière ? Nos gouvernants commencent insidieusement à préparer l'opinion à nous retirer progressivement certains signes visibles de l'appartenance au monde des vivants. Nous conduisons dangereusement...nous propageons des idées passéistes...nous empêchons les jeunes de vivre bien en ponctionnant leurs revenus pour  assurer notre rémunération ...Mais ceci est une autre histoire.

Comment nommer, en se dégageant de l'image sociologiquement fausse que donne le mot retraité, ces citoyen(ne)s à part entière ?

Il existe une expression composée, retraité actif, mais elle a pour beaucoup la valeur provocatrice de l'oxymore...et il faudrait introduire une discrimination et une catégorie 7bis, retraités inactifs, ce qui n'est guère glorieux.

Il existe le mot de nos amis belges, pensionné, qui a l'avantage d'insister sur l'origine de la resource financière sans évoquer la mise à l'écart , au rancart, que le mot retraite, connoté défaite et recul, véhicule.

Il existe la possibilité de revenir à ce qualificatif autrefois mythique, rentier, que nos amis canadiens approchent en parlant de leur rente de retraite ; si je fais le total, en euros d'aujourd'hui, du montant total prélevé sur mes salaires et appointements pendant trente-neuf ans et demi, cela représente un capital qui placé en bon père de famille m'assurerait aujourd'hui des arrérages supérieurs, solidarité oblige, au montant de mes retraites. Je suis donc rentier obligé...

Dans mon histoire de vie, j'avais identifié les époques suivantes, de durées sensiblement égales  entre elles  :

39-47 L'enfant             47-53 L'écolier                 53-62 L'étudiant
62-68 L'ingénieur         68-75 Le cadre                75-85 Le dirigeant    
85-92 Le consultant     92-99 L'entrepreneur      99-...   Le conseiller

Conseiller camoufle retraité. Quid de l'époque qui suivra ?

Comment nommer, en se dégageant de l'image sociologiquement fausse que donne le mot retraité, ces citoyen(ne)s à part entière ? Si quelqu'un a une idée...

[*] Certificat d'Études Primaires, alias certif, pour que la jeune génération ne confonde pas avec très respectable Cercle d'Escrime Parisien.

[**] QED pour les latinistes.
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Mercredi 4 avril 2007 3 04 /04 /Avr /2007 14:38

J'ai reçu ça dans ma boîte à lettres :

Aujourd'hui la Fonction Publique représente 20% de  l'Emploi en France (soit 1 salarié sur 5 à l'abri du licenciement et du chômage). Afin de  faire face aux nombreux départs en retraite des Fonctionnaires, l 'état recrute massivement sur Concours .


Est-ce de la provocation ?

Ce genre de message laboure, en remuant le soc dans le sillon,  une des fractures sociales (je sais, c'est démodé) les plus douloureuses de notre société, qui  veut faire cohabiter :
-20 % de sécurisés à vie (professionnelle et au delà, leurs retraites étant calculées sur des bases objectivement très généreuses ; même peut-être leur a-t-on promis une entrée réservée au paradis des travailleurs ?) dont le métier est d'encadrer la vie quotidienne des suivants ;
-80 % de citoyens aux ressources aléatoires, qui de plus financent les précédents.

Quel candidat aura le courage de dire que l'état se laisse aller à communiquer de manière insolente et faire des offres dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles ne contribuent ni à l'esprit d'entrepreneuriat ni même à la cohésion sociale minimale. Il annonce tranquillement qu'il cherche des privilégiés, et que de plus, à raison d'un cinquième de la population dite active, il fait tout ce qu'il faut pour pérenniser la dette publique.

Dernière tromperie : l'annonce est signée d'un Service  Privé réputé indépendant de l'Administration ( société 2jbConcepts - RCS443 881 933 00016 - APE 723Z ) . Comme je ne vois pas une véritable entreprise prendre ce genre d'initiative, c'est qu' il y a eu commande de la part d'un organisme officiel, qui se comporte comme s'il avait honte de se faire connaître. Et ce commanditaire est de fait soigneusement dissimulé, avec, comble d'ironie, la mention privé dans l'annonce...

Comme le fait dire Jean Dutourd à Julie Poissonnard, l'héroïne d'Au bon beurre, dans la dernière phrase de ce livre, je cite de mémoire : mes enfants seront fonctionnaires.

Je tiens à préciser que je suis personnellement convaincu qu'il nous faut des services publics, et que je sais par expérience et contact que pas mal des agents des services essentiels ont comme tout  le monde des préoccupations  professionnelles et des soucis personnels.

Cependant je me permets de juger les arguments avancés par l'entreprise intermédiaire indécents. Il y a tout de même d'autres motivations à mettre en avant pour recruter des infirmières, des instituteurs ou des gendarmes. Pourquoi centrer la description des avantages sur leur zone la plus sombre ? La fonction publique est aussi dans le monde du travail le secteur où l'égalité entre les hommes et les femmes est la moins bafouée et où la logique de l'honneur – au sens que lui donne Philippe d'Iribarne – est le plus développé.
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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