Jeudi 6 juillet 2006

Lionel Jospin a été pendant cinq ans un premier ministre nommé sous l'étiquette socialiste, atypique, inventeur de la majorité plurielle — qui s'est désagrégée dès l'épreuve redoutable de l'élection présidentielle, telles ces comètes que leur passage au périhélie fait exploser — et instigateur de plusieurs réformes dont une au moins relève de l'autisme social le plus caractérisé, la magouille dite des trente cinq heures.
Cette injustice normative était intellectuellement et même idéologiquement douteuse, (mais ses inventeurs étaient-ils socialistes ?) car la force de travail n'est pas une marchandise que l'on stocke et débite et répartit ; elle est le temps vécu des travailleurs, et leur seule source de ressources et de réalisation de soi.
Elle a été et demeure socialement dévastatrice : seuls les salariés des grosses structures, étatiques ou capitalistes, qui bénéficiaient déjà de la protection sociale maximale et de la précarité minimale, en ont profité, alors que ceux des petites et toutes petites entreprises, soit près de 80 % du corps social, se sont au mieux contenté des miettes, au pire retrouvés dans une situation plus douloureuse que la précédente.
Pour ne rien dire des entreprises de toutes taille et de tous statuts, de l'assistance publique aux boulangeries industrielles, des centres d'appel aux écoles maternelles, où la compensation de la réduction effective du temps de travail a été réalisée non par créations d'emploi, mais par ce que l'on nomme pudiquement amélioration de la productivité — vocabulaire industriellement correct pour désigner la posture consistant à faire suer le burnous, posture stigmatisée à juste titre comme à la fois économiquement absurde et contraire aux droits élémentaires de la personne humaine
Au delà de l'économie d'une réflexion sur la croissance, son sens, son utilité, son coût humain global, cette décision hélas irréversible a contribué à accentuer la fracture sociale dont la dénonciation, demeurée aurgument électoral, était chère à son patron institutionnel et ennemi politique intime.
Alors qu'une telle réflexion, qui nous fait toujours défaut, aurait pu permettre à cette équipe insolite de laisser une trace positive dans notre histoire locale...
Elle a été et demeure socialement dévastatrice : seuls les salariés des grosses structures, étatiques ou capitalistes, qui bénéficiaient déjà de la protection sociale maximale et de la précarité minimale, en ont profité, alors que ceux des petites et toutes petites entreprises, soit près de 80 % du corps social, se sont au mieux contenté des miettes, au pire retrouvés dans une situation plus douloureuse que la précédente.
Pour ne rien dire des entreprises de toutes taille et de tous statuts, de l'assistance publique aux boulangeries industrielles, des centres d'appel aux écoles maternelles, où la compensation de la réduction effective du temps de travail a été réalisée non par créations d'emploi, mais par ce que l'on nomme pudiquement amélioration de la productivité — vocabulaire industriellement correct pour désigner la posture consistant à faire suer le burnous, posture stigmatisée à juste titre comme à la fois économiquement absurde et contraire aux droits élémentaires de la personne humaine
Au delà de l'économie d'une réflexion sur la croissance, son sens, son utilité, son coût humain global, cette décision hélas irréversible a contribué à accentuer la fracture sociale dont la dénonciation, demeurée aurgument électoral, était chère à son patron institutionnel et ennemi politique intime.
Alors qu'une telle réflexion, qui nous fait toujours défaut, aurait pu permettre à cette équipe insolite de laisser une trace positive dans notre histoire locale...
Lionel Jospin avait dignement tiré le rideau en annonçant, de manière un peu abrupte, mais société du spectacle oblige, qu'il mettait fin à sa vie politique du fait de sa défaite (toute relative, d'ailleurs, au regard des chiffres, l'écart entre les candidats classé deuxième et troisème étant de 0,7 %, donc assez peu significatif ; preuve supplémentaire de l'absurdité d'un système où les pourcentages sont rois ).
Et, tiens, le revoilà...
Dans les années 1955, au lycée de Meaux, un jeune homme doué pour le basquette-balle était fort demandé pour entrer dans les équipes qui se constituaient à l'occasion des récréations. Il avait d'ailleurs la capacité de leur apporter sans barguigner les tirs victorieux.
J'ai encore dans les oreilles les exhortations "vas-y Lionel !" qui accompagnaient les rebonds du ballon sur le sol.
J'ai encore dans les oreilles les exhortations "vas-y Lionel !" qui accompagnaient les rebonds du ballon sur le sol.
Aujourd'hui, j'ai plutôt envie de crier "vas-y-pas, Lionel !".
Qui a envie de revivre cette époque de navigation floue, d'alliances élastiques, d'erreurs démagogiques, de socialisme trahi ?
Loin de moi, bien entendu, le soupçon que ce retour sur scène façon opéra soit uniquement dicté par la nécessité de faire barrage à une candidate encombrante qui ose l'écoute et, comme son vis à vis bien-pensant, trouve intellectuellement désolant et socialement contreproductif d'éliminer systématiquement toute idée partagée par celles et ceux de l'autre camp.
Crédits : merci à René Ferracci, pour l'affiche du film de Luis Bunuel, le Fantôme de la Liberté...
Loin de moi, bien entendu, le soupçon que ce retour sur scène façon opéra soit uniquement dicté par la nécessité de faire barrage à une candidate encombrante qui ose l'écoute et, comme son vis à vis bien-pensant, trouve intellectuellement désolant et socialement contreproductif d'éliminer systématiquement toute idée partagée par celles et ceux de l'autre camp.
Crédits : merci à René Ferracci, pour l'affiche du film de Luis Bunuel, le Fantôme de la Liberté...
par Adamantane
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