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  • : Adamantablogue
  • : *Étonnement systémique et libertaire *Évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale *Ouvertures vers la pensée non conformiste
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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
  • Présenter un ensemble de littératures polychromes : poèmes, essais, critiques, préfaces, documents pédagogiques, schémas didactiques, fragments sur des thèmes divers
  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
  • &, conjonction de coordination
  • Libertaire : la personne est première ; les maîtres à penser sont à fréquenter avec d'extrêmes précautions, et le progrès nait de la réflexion autonome de chacun venant se combiner à celle des autres.


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Rédacteur Agoravox


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Nous habitons tous le même village en forme de globe.

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Nous pouvons faire connaissance directement par delà les terres et les mers.

Systémique

Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /Déc /2006 13:55

Homme libre dans une loge libre (se dévoiler n'est pas se dénuder) je pratique l'isegorie sans le savoir.
Les corporations ne pourraient saborder Internet que si Internet était le seul vaisseau qui les fasse flotter sur les océans atlantico-politique et pacifico-écononomique. L'abolition par Isaac Le Chatellier (enfin, il s'est fait aider) des anciennes corporations s'étant accompagnée, pour faire bonne mesure, de l'interdiction du compagnonnage et de la prohibition des syndicats, je ne vois aucun inconvénient à ce que les corporations existent...et agissent.

Interpréter les phénomènes d'influence actuels à la lumière des enseignements de la société de l'Athènes des  grandes époques mérite quelques éclairages supplémentaires et contextuels.
Athènes comptait alors, dit-on, de nombreuses "tribus" (à certaines époques définies par classes de revenus ou de patrimoine...) et un système de représentation complexe – dans ses modes de désignation comme dans son fonctionnement logique – dont le nombre de partenaires directs semble, d'après mes sources, ne pas avoir excédé le millier.
Aujourd'hui, un citoyen sur deux, soit vingt à trente mille fois plus de personnes, a le moyen d'intervenir directement, sans convocation, sans droit d'entrée, sans tour de parole, sans président de séance  – autre que les contraintes de la netétiquette si elle est reconnue comme telle...– , sur le réseau pour dire ce qu'il pense de qui que ce soit et de quoi que ce soit, le tout quand que ce soit....

Mon propos n'est pas ici d'infirmer ceux d'Étienne Chouard tels que rapportés dans Carnets de nuit dont le rédacteur relaie avec intelligence la déclaration. 

Au contraire.

Les blogues peuvent changer la politique dans ses méthodes et dans ses résultats.

Encore faut-il :
-que les papiers soient lus, et engendrent débats
-que les citoyens-votants n'oublient pas dans l'isoloir les réflexions du citoyen-débattant
-que les citoyens-politiciens retournent dans cette forme moderne de l'antique préau d'école qu'est la blogosphère, non pour intoxiquer leurs lecteurs (comment séduire ceux qui sont contre sans éc?urer ceux qui sont pour...?) mais pour lire et comprendre les questions, révoltes et recommandations des citoyens-électeurs, dont ils ont souvent trop tentance à oublier qu'ils ont en moyenne au moins le même QI qu'eux.

Crédits : merci à Hérodote pour cette réflexion :  Δηλοῖ δὲ οὐ κατ΄ ἓν μοῦνον ἀλλὰ πανταχῇ ἡ ἰσηγορίη ὡς ἐστὶ χρῆμα σπουδαῖον ( ....On pourrait prouver de mille manières que l'égalité entre les citoyens est le gouvernement le plus avantageux...) et à Pierre-Henri Larcher pour sa traduction, qui a plus de 150 ans...


Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 17:47


Je suis avec intérêt depuis quelques semaines les échanges de points de vue qu'accueile le forum des rédacteurs d'AgoraVox sur le thème des commentaires. J'allais écrire "comment taire certains commentaires"...
Il est vrai, que dans AgoraVox comme à feue la Samar, on trouve de tout en matière de commentaires.

Le désir de bien faire, émergeant de celui de bien être, pousse à la mise en place de mécanismes complexes et exogènes. Chacun, la peau un peu grattée par ces pustules programmatiques qui germent les unes sur les autres, finit par perdre de vue les formes simples du corps d'origine. Non, je ne demianoueste pas.
Je veux seulement dire qu'au plan pratique tous ces perfectionnements ne font pour moi que complicationner, comme eût dit le regretté Georges Marchais par la bouche d'un de ses imitateurs caricaturiste, la chose.

On pondère,on échelle, on plie et on déplie, en colorise, on débat des seuils d'acceptance ou de refusement...Intéressant. Fascinant, dirait Monsieur Spock.

Pour ce qui me concerne, petit rédacteur amateur, je dirai que :

-Les commentaires sont la trace visible du passage d'un lecteur. La trace est ce qu'elle est.

-Le contenu du commentaire relève de la responsabilité de son auteur (l'éditeur de site ayant certes légalement à intervenir pour éliminer ceux dont le texte tombe "sous le coup de la loi").

-Il m'appartient d'en retenir pour moi ce qui me semble pertinent ou utile, et d'y donner suite ou non ; certains appellent remerciements, approfondissements, d'autres explications complémentaires, d'autres silence, spontané ou réfléchi...La réfutation argumentée est possible dès lors qu'elle fait progresser courtoisement un débat, inutile, voire dangereuse quand elle est réaction affective à une provocation.

-Je ne suis pas affecté par les insultes ou les procès d'intention : les personnalités bruyantes, encombrantes,ne peuvent être muselées, et si elles se heurent à un vide élastique elles n'ont pas leur nourriture, et changent de cible...J'ai l'habitude des objections infondées, des interprétations tordues, des attaques in hominem (habitude non de pratiquer, encore que dans le feu de l'action je ne puisse me proclamer vierge de tels excès, mais d'affronter)et je ne cherche point à m'enprésrer par une cuirasse extérieure ; ma résistance est en moi.

-Je n'ai aucun intérêt pour la note donnée (intéressant/ pas intéressant) à mes interventions. Je ne cherche pas en effet à avoir une bonne note, mais à dire tranquillement et poliment ma vérité. Si mon "article" est publié, c'est qu'il satisfait aux principes de base : il s'appuie sur des sources crédibles, il a une valeur ajoutée, il n'enfreint pas les règles de la bienséance ; je fais confiance au comité de rédaction, jouant moi-même ce rôle dans d'autres instances, pour avoir un référentiel cohérent et savoir s'en servir. Quitte bien entendu à demander des explications si besoin...

-Je ne suis pas perturbé par les commentaires hors sujet -sauf à m'interroger sur la clarté de mon papier, bien sûr - , non plus sur les maniaques, les déviants, les verbeux, les obscurs, les tendancieux, les bêtes et méchants. Et je ne vois aucune raison de les noter, éliminer...Mettre un écrit dans le domaine publis, c'est aussi prendre le risque de le voir affublé d'une queue de comète dont tous les éléments n'ont pas aux yeux de l'auteur la même brillance...

-Je trouve les commentaires irremplaçables dans la formule spécifique d'AgoraVox. Et je recommande de les prendre comme ils sont, bruts de décoffrage. Après tout, les articles que nous mettons en ligne, ne sont-ils pas, quand nous nous retrouvons lecteurs, à prendre strictement comme ils sont ?

Pour conclure, j'ai écris que je souhaitais une simplification du dispositif de présentation des articles. La complication des procédures peut en efet être interprétée comme signe visible de la coexistence de principes contradictoires.


Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Lundi 27 novembre 2006 1 27 /11 /Nov /2006 18:48

Mon père, artisan menuisier-charpentier, me disait en parlant de ses "riches" clients – en fait des gens de la classe dite moyenne-supérieure (aujourd'hui, un revenu annuel de l'ordre de 75 000 euros ) –  Ils gagnent bien leur vie, tant mieux, ne nous plaignons pas, ça fait marcher le commerce . Aspect dynamique.
Aujourd'hui, le montant de l'épargne des ménages, si j'ai bien lu, est de l'ordre de 175 milliards d'euros, ce qui n'est pas rien au total, mais est distribué de manière plus qu'inégalitaire. Aspect statique.

La richesse (personnelle, familiale, nationale?...) peut être étudiée en termes de flux et en termes de stocks.
Au fond de nous, nourris par les comédies de mœurs de Jean-Baptiste Poquelin-Molière et  les fables renouvelées des anciens par Jean De La Fontaine, nous percevons la richesse en termes de stock : un patrimoine liquidable, des lingots d'or, une collection de tableaux cotés, un portefeuille d'actions robuste....
Cette richesse est morte, inutile – sauf à habiter sa maison, regarder ses tableaux, pratiquer le placement à long terme pour doter ses filles, certes – mais beaucoup de propriétaires fonciers se désintéressent de leurs immeubles, moult possesseurs de parts de capital ne songent qu'au profit spéculatif, et nombre de collectionneurs dissimulent leurs possessions dans les  tréfonds d'un coffre obscur de haute sécurité.

La richesse morte sécurise une minorité, immobilise des capitaux, bloque le développement.
La richesse circulante, elle, profite à tous, irrigue les échanges, permet à chaque acteur économique, en ayant les moyens de vendre sa force de travail, de vivre de manière décente dans une "honnête aisance".

Pour chacun de nous, aussi, un riche est quelqu'un qui gagne, mettons trois fois plus que nous : nous sommes donc presque tous le riche de beaucoup d'autres et le pauvre de quelques uns...

Autrement dit, définir ce qu'est un(e)  riche est un exercice sémantique plutôt difficile. A plus forte raison répondre à la question : pouvons-nous nous enrichir sans pour autant appauvrir autrui ?

La réponse, à mon avis, est presque certainement non si la richesse est perçue en termes de stock. Voir le livre de Jules Verne La chasse au météore où est esquissé ce que deviendrait l'économie mondiale – de l'époque – si un stock d'or égal à mille fois, ou plus, les réserves mondiales nous tombait du ciel...

La réponse est peut être oui si la richesse est perçue en termes de flux, comme étant une espèce d'énergie renouvelable. Dans ce cas, tout le monde peut profiter de la circulation du flux, ce qui implique la renonciation aux cagnotes et autres pièges à richesse.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /Nov /2006 18:06


Le rapport de Sir Nicholas Stern est enfin publié...Le climat change trop, et trop vite. Gaïa a de la fièvre... et nous, si nous ne la soignons pas d'urgence , elle entrainera nos périssables civilisations  dans un funeste destin.

La question n'est plus combien ça va nous coûter ?  mais comment faire pour que la notion de coût ait encore un sens ? En effet le risque majeur n'est pas une érosion bienveillante et mesurée de l'économie planétaire, mais son effondrement dans les eaux de la fonte des calottes polaires...Après les dinosaures, les multinationales...

Les réactions se multiplient. Les free(wo)men, qui depuis plus d'un an multiplient les initiatives pour réveiller les consciences endormies, soutenir les lucides et encourager  les actives, y trouvent une bonne raison de plus de persévérer dans leur action.

Certes, nous pouvons à notre propre niveau (personnellement, en famille, dans notre quartier...) modifier certaines de nos mauvaises habitudes de vie.
Mais une dérive de cette ampleur requiert plus que des initiatives individuelles, le bon exemple et le recours à l'influence de voisinage. Cette préoccupation vitale doit contaminer les plus hauts niveaux de réflexion et d'action : les dirigeants des groupes industriels, les décideurs politiques, les autorités morales, culturelles, intellectuelles et même religieuses. Que les éminences grises, conseillers secrets et autres think tanks se mettent au travail, s'ils n'ont déjà commencé....

Ce samedi 4 novembre 2006  est la date retenue par les ONG pour que les citoyens se mobilisent sur toute la planète, et est Journée internationale d'actions au sujet du changement climatique.
Cette date précèdede deux jours la Conférence internationale sur le climat des Nations Unies qui aura lieu à Nairobi (Kenya) du 6 au 17 novembre.

L'Association Cyber @cteurs a décidé de s'associer à cette mobilisation en nous invitant à interpeller le Président de la République et vos parlementaires et à participer aux mobilisations symboliques organisées un peu partout.
Cette Cyber @ ction peut être signée en ligne.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Jeudi 19 octobre 2006 4 19 /10 /Oct /2006 23:16

Le gouvernement Portugais envisage, ai-je entendu, d'organiser un nouveau référendum sur la dépénalisation de l'IVG.
Fort bien. C'est à la fois un sujet de société et une possibilité de reconnaître les droits spécifiques des femmes. En débattre librement, pour s'affranchir à la fois des pratiques hypocrites, des risques de santé individuelle, des relents de soumission à des impératifs énoncés par ceux qui ne sont pas impliqués dans les grossesses  accidentelles, sinon comme confesseurs, ou psychiatres, ne peut faire que du bien au corps social de ce pays.

Pour moi la question est : ce vote est-il réservé aux femmes, ou les hommes pourront-ils s'exprimer sur un sujet qui ne les concerne pas directement, au risque de fausser la consultation ? J'ai des doutes sur l'impartialité de la gent masculine. S'il est prouvé que la totalité des fécondations intempestives trouve son fait générateur dans une invasion masculine, il n'est pas prouvé qu'une fois l''affaire faite le co-responsable (à supposer bien entendu qu'il n'y ait ni tromperie ni abus) masculin soit à même d'assumer paritairement les conséquences de son intrusion contagieuse dans la vie d'autrui.

Pourquoi ne pas laisser les femmes en décider entre elles ?
Après-tout; il fut un temps où elles étaient exclues des votations. Avec des raisons moins défendables...
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /Oct /2006 09:44


L'étau se resserre autour des fumeurs. Du moins dans leurs manifestations publiques d'addiction au tabac (à supposer qu'il n'y ait que de l'herbe à Nicot dans leur papier roulé, mais ceci est une autre histoire...).
Les manifestations privées sont tout aussi dangereuses pour la santé du fumeur que pour celle des enfumés, mais la sphère privée étant l'espace des libertés compensatoires, privée elle est privée elle restera. A tel point qu'un argument valable de sociologie-fiction (autre forme de SF) serait l'idée d'une civilisation dont le droit réprimerait divers types de meurtre en public et les autoriserait en privé. Il est vrai que vu la manière dont certains hommes vivent (pardon, Aragon...), leurs femmes pourraient  à juste titre trouver que proposer ce  thème révèle une désolante absence du sens de l'observation.

Je peux ici reconnaître qu'entre dix-sept et cinquante-sept ans (ce qui n'est tout de même pas de sept à soixante-dix-sept) , oui, j'ai fumé. Des cigarettes papier maïs et divers modèles de pipes, avec un faible pour  les fourneaux  en bruyère, puis en écume, évolution du pouvoir d'achat aidant...

En revanche, l'idée de fumer à table, même en mangeant, m'a toujours été insuppor...table.
Égoïstement, ce mélange de mauvais goût, au propre comme au figuré, entre des occupations gustatives  différentes et des fragrances incompatibles me soulevait le cœur. Au propre, cette fois-ci. Fumée et fumet ne cohabitaient pas dans ma conception intime du repas.
Socialement, de plus, je manquais de ce courage existentiel qui s'affirme en imposant à ses commensaux, non le choix d'un met ou d'un cru, fautes vénielles souvent pardonnées, mais d'une part  la mononotonie d'une conversation trop émissive et chargée en décibels, et d'autre part  la diffusion d'une odeur forte venant tuer les effluves des plats, les arômes des vins, le goût des aliments.

Ce n'est pas, à bien creuser,  l'état des poumons et du larynx des fumeurs publics qui me soucie. C'est l'interférence fâcheuse entre l'odeur qu'ils répandent dans l'air et la neutralité d'ambiance qu'implique l'appréciation et la dégustation d'une recette. D'ailleurs, si j'étais le législateur, j'interdirais simultanément,  pour les mêmes motifs d'ingérence intempestive, les odieuses odeurs des tabacs et les perfides parfums des eaux de toilettes et autres liquides dont s'aspergent certain(e)s convives, tout aussi indiscrets, envahissants,  et perturbants.

Faites au passage un détour par les origines de la tabagie (le mot, pas la chose). Ce ne serait pas ce que j'ai longtemps cru, le lieu ou le tabac agit. Les Algonquins auraient (il ne sont plus guère nombreux, au Québec et en Ontario) utilisé le mot d'origine pour parler...festin !

Crédits :
Merci au putois, qui nous démontre qu'en matière de nuisance, et d'efficacité communicationnelle, un aérosol qui ne consomme que quelques molécules actives peut avoir raison de nombreux partenaires pourtant en apparence plus impressionnants.
Merci à Jean Zin, qui utilise cet exemple et à qui j'ai dérobé sans vergogne l'effigie du  petit putois (les images n'ont pas d'odeur, le mot putois ne pu(tois)e pas...) qui orne ce billet. Il me le pardonnera certainement.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /Sep /2006 20:34

Une rumeur court et s'amplifie.

Le législateur voudrait sortir de la fosse à purin où il avait hélas , sans précautions ni masque ni palmes, plongé.

Le Ministère de l'Agriculture et du Purin d'Orties (MAPO)  communique :

Les préparations effectuées par un particulier pour une utilisation personnelle, telles que le purin d’ortie, ne rentrent donc pas dans le cadre d’une mise sur le marché. En conséquence, la promotion auprès des particuliers de procédés naturels ou le fait de donner la recette de telles préparations ne sont pas interdites. Les produits naturels traditionnels, élaborés à la ferme ou au jardin, peuvent donc continuer à l’être sans obligation d’autorisation préalable.
En revanche, les agriculteurs et les jardiniers ne sont pas autorisés à commercialiser, ou à distribuer même gratuitement ces produits, car dans ce cas une autorisation préalable est requise, à l’instar de ce qui existe en matière d’évaluation des médicaments vétérinaires ou humains.

Je n'ai pas clairement compris le concept de distribution (même) gratuite. La distribution est toujours payante...Est-ce à dire que la promotion auprès de particuliers n'est pas interdite, à condition qu'elle ne soit pas assise sur la mise à disposition d'un échantillon ? Est-ce à dire que faire du transfert de technologie n'est pas distribuer le produit d'une activité humaine ?

Ce n'est pas grave. Le Ministère de l'Assimilation et de l'Interprétation des Lois (MAIL) va d'un jour à l'autre publier le texte salvateur, celui qui empêchera le citoyen consciencieux de se noyer, au risque de sa vie, dans les abysses des interprétations sauvages.

Crédits : merci à Chris Carter, car nous voilà bien aux frontières du réel...et à Freezine pour ajouter cette bonne nouvelle sur la pile des moins bonnes.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Dimanche 17 septembre 2006 7 17 /09 /Sep /2006 12:14

Je viens de recevoir  le catalogue Automne-Hiver d'un grand vépéciste horticulteur et floral, dont je tairai le nom pour protéger ma source involontaire, et aussi parce que ce blogue se veut vierge de toute publicité commerciale . Surprise ! Au chapitre des produits naturels utilisables en culture biologique, que trouvé-je ?


Eh bien oui, sous référence xxxx, au prix tout de même coquet de 41 (quarante et un) € le kg, de la poudre d'orties. Pour faire feu sur les pucerons...

Le texte de présentation est : poudre d'orties, pour la préparation du purin d'orties, engrais réputé pour stimuler la vigueur et les défenses naturelles des plantes (maladie, insectes) ; s'utilise en pulvérisation ou en arrosage sur légumes, plantes ornementales ou arbres fruitiers.

A noter qu'avec 1 kg de poudre de nespurin, il est possible d'obtenir 60 litres de purin prêt à  l'emploi.
L'illustration (si un dictionnaire sans exemple est un squelette, disait ce bon Pierre Larousse, un catalogue sans photos est un fantôme...) montre des fleurs et des fruits souriants et arbore fièrement les slogans jardinez bio et respecte la nature.

Je ne voudrais pas être le responsable éditorial de cette publication. Dès fois que...

Dans la même série, voir aussi : Purin d'orties, Purin d'idées, Urtica lex, la suite d'échanges sur Freezine, et UrticaDioica par Diaphane.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /Sep /2006 10:18


Purin d'orties a été repris par Agoravox, avec quelques variantes, et une autre illustration, puis par Yahoo Actualités. En 24 h, ce petit papier, lui même commentaire au sujet d'une information, a provoqué une centaine de nouveaux commentaires .


Les réactions sont grosso-modo de trois genres  :
-étonnements, doutes sur la réalité du fait générateur –à savoir la promulgation du texte légal–  ou la validité de son interprétation ;
-mise en accusation de la collusion entre l'appareil technocratique et l'appétit de profit des multinationales, aggravée par l'indifférence crypto-complice de certains politiques ;
-apologie des procédés dits naturels pour le traitement des cultures et plus généralement le contrôle écologique des chaines alimentaires.

Sans compter  quelques délires lyrico-néologistes du recordman des commentaires en ligne...

Je note (extraits...) les interventions de :

Francesco Casabaldi :

Étonnant, et j’espère, édifiant, de voir à quel point chacun voit midi à sa porte dans cette histoire de purin!  Pas un commentaire qui n’accuse "l’autre", le grand méchant "autre".
Certains (libéraux sans doute) fustigent "ces incapables de fonctionnaires", représentants d’un Etat incompétent.
Les autres (surement, "de gauche" plus ou moins assumée) tirent à boulets rouges sur les "lobbies des multinationales", voire sur "un gouvernement de droite" larbins des méchantes entreprises.
Très bien. Et si "l’autre", n’était pas un con?
Ne serait-il pas grand temps, si nous croyions un tant soit peu à ces changements majeurs, que beaucoup d’entre nous appellent de leurs voeux, que chacun commence par balayer devant sa porte?
Ne serait-il pas grand temps que certains (plutôt "à gauche") veuillent bien se rendre compte que l’État n’est effectivement pas la bonne réponse à tout. Que c’est même souvent la pire. Que ses lourdeurs intrinsèques le rendent souvent inaptes à gérer et règlementer des problèmes complexes et qu’il serait bien avisé la plupart du temps de bien vouloir nous foutre la paix !

Isabelle Delannoy

Pour écrire à votre député, sénateur et protester : voici un modèle de lettre à compléter et envoyer:
Les adresses des députés, ministres, etc. sont accessibles par : le site du nouvel obs

Nota : Le site de l'Assemblée Nationale est également une mine d'informations.


A ce point de la discussion, je pense que la question-clef n’est surtout pas ici  :
Qui est responsable ?
et j’en suis désolé pour Bob Dylan et Graeme Allwright, car il fallait bien enquêter sur la mort de Davy Moore, et l'enquête dénonce les pratiques à supprimer, mais  :
Comment faire pour que cela cesse?.

La responsabilité, à mes yeux, est globale. Nous avons progressivement accepté l’installation de processus de décision collective (hum...) dont le fonctionnement aboutit à cet état de fait (et aussi de droit !). Mes petits-enfants seraient en droit de me reprocher la situation. Bien sûr, ça me ferait râler mais, de leur point de vue, nous avons été tout juste à la hauteur.

Le bon sens le plus simple, celui qui s’étonne dans le silence, montre à qui ose l’écouter que nos institutions, émanations mal contrôlées d’un corps social parcellisé, peuvent en effet dans certains cas édicter n’importe quoi sans même se rendre compte du ridicule prévisible.
Mais si nous avons peur de dire à ceux qui les incarnent que ça ne va pas, comment le sauraient-ils? Ils n’ont pas démérité, ils sont seulement, et ça suffit à les déconnecter de notre réalité quotidienne, dans une bulle de management. Reste à trouver comment le leur dire. Comment crever la bulle sans accidents de décompression. Forums, articles, blogues, et autres, y aident.

Faute de boucle retour le meilleur système au monde diverge, et s’affaisse ou explose. Et c’est nous, les citoyens obscurs, qui sommes cette boucle retour. Il nous faut donc prendre le temps de dire et de montrer nos réactions.
Nous avons, trop rarement, un bulletin de vote en main, et cette rétroaction est souvent insuffisante, voire parfois mensongère. Prenons la parole, usons des médias existants, inventons-en de nouveaux. Informons nos représentants temporaires et théoriquement révocables. Internet fourmille de réseaux d’influence...

Crédits :
Merci à Agoravox pour avoir relayé l'étonnement  initialisé, en ce qui me concerne,  par Isabelle Delannoy.
Merci aux free(wo)men qui se mobilisent pour faire passer activement le message. Carnets de nuit n'hésite pas à qualifier cette loi de scélérate (*) , et à expliquer pourquoi. Le score gougueule de loi scélérate dépasse les 30  000, mais son papier y figure ligne 1 page 1...( curiosité : le score de loi vertueuse est ...inférieur à 20).
Merci aux 241 lecteurs dont 222 ont jugé le papier digne d'intérêt, et aux 103 commentateurs....

Merci aussi et surtout au modeste puceron, dont la fonction dans l'économie du vivant, après avoir été d'offrir ses larves aux coccinelles et aux chrysopes , puis son miellat aux fourmis,  et enfin de provoquer la mise au point du p...(censuré) , s'étend au déclenchement de réflexions vitales chez l'homo sapiens sapiens.
Merci à Freezine ....

(*) Sceleratus, a, um : impie, infâme, funeste, fatal, désastreux ...
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Vendredi 8 septembre 2006 5 08 /09 /Sep /2006 11:54

Si je classe ce papier dans la rubrique systémique, c'est aussi parce que le dit purin déclenche une action systémique sur les plantes qu'elle protège.


Les faits :
-1-une correspondante d'un des groupes de discussion dont je m'honore d'être contributeur alerte la compagnie (je la cite) :

Figurez vous que je suis passible de 2 ans de prison et 75 000 euros d'amende, pour avoir écrit ...utiliser les cendres de cheminée pour nourrir le sol ou éloigner les limaces, fabriquer son purin d'ortie... dans mon dernier agenda utile (il sort dans 15 jours, photos de Yann Arthus-Bertrand, j'en profite pour faire la promo...).
Car depuis le 1er juillet 2006, tout produit fabricable soi-même utilisable pour la protection des plantes de façon naturelle est désormais hors-la-loi. Voir le décret d'application de la loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006 d'orientation agricole.

-2-un débat s'ensuit entre les membres du groupe ; l'étonnante nouvelle vole de blogue en blogue. Certain(e)s s'indignent, à juste titre au vu de l'information. D'autres vont fouiller le texte du décret, ne voulant y croire, appellent au calme, et estiment qu'il faut évidement faire une différence entre les produits faits à la maison pour usage personnel ou de voisinage (enfin, au jardin...mais il y a aussi les terrasses et les balcons...) et les produits objets d'un négoce.

Ce que je trouve stupéfiant, c'est le fait que :
-des adultes intelligents, informés, responsables, soient obligés d'aller bûcher tout un texte législatif  – qui existe bien, je l'ai lu – pour se convaincre que ce n'est peut-être pas aussi radical (c'est le mot...) qu'une première lecture le laisse entendre.
-nous puissions envisager sérieusement que la fabrication d'une macération de plantes courantes dans une perspective de traitement potager puisse, comme on dit, tomber sous le coup de la loi.

Voilà le degré de soumission (ici, il se manifeste par l'intensité de la révolte, dont je suis solidaire) auquel les administrateurs de notre déclin d'hommes et de femmes libres nous supposent arrivés, sous la pression conjuguée de leur volonté de puissance et de leur inféodation aux groupes de pression.

Déjà, en septembre 2002, ce produit naturel inoffensif pour la santé des mammifères (donc des jardiniers...s'ils portent des gants, ou savent dans quel sens caresser les tiges) et dont les qualités sont érigées par certains en vertus médicinales,  avait l'objet d'une décision pour le moins étrange d'un service de répression des fraudes (en passant, où aurait-été la fraude ?) . Les amis de l'ortie (*) s'étaient étonnés, et avaient pétitionné...

Tout ceci est assez urticant...Comment faire pour résister ?


Crédits : merci au site A fleur de Pau pour cette planche à la gloire de l'ortie...

(*)  Association des Amis de l’Ortie - 31160 Sengouagnet - Tél. : 05 61 88 81 08
L’association édite le livre Purin d’orties et compagnie - les plantes au secours des plantes

Freezine
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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