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Nouvelles des arts

Samedi 9 juin 2007 6 09 /06 /Juin /2007 22:36
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Le premier roman de Tarunjeet Tepjal, alias Tarun J. Tepjal, mérite lecture.

Ce livre est très maladroitement présenté par Le Livre de Poche, en IIII° de couverture comme simili-érotique ( intense passion très sensuelle, très charnelle...journal intime et impudique...) alors qu'il s'agit en fait, et à la fois :

-d'une transposition dans une culture mixte, mosaïque, de quatre catégories structurantes typiquement hindouistes que sont préma (l'amour pur), karma (l'amour incarné, cité deux fois, une fois comme amour, une fois comme action), artha (motivation pour la prospérité),et satya(traduit par vérité, mais qui exprime plutôt la recherche de la pureté, le dépouillement des scories);

-d'une réflexion sur la condition, la vocation, les pratiques de l'écrivain, l'insuffisance des rites face au manque de ressource intérieure, par une forme de mise en abyme exposant la genèse, l'avortement et la mise au cercueil d'idées de livre ;

-d'un travail de miroirs entre l'impuissance physique et mentale, d'une part, et d'autre part d'un jeu de substitution entre l'impact définitif d'écrits quasi anonymes et impubliés sur la vie d'une homme qui s'était fixé pour but d'écrire des textes signés et diffusés qui en auraient un sur celle d'autrui, et échoue progressivement dans son entreprise, jusqu'à ce qu'il la reconsidère de fond en comble.

D'où le dernier effet de symétrie entre l'incipit et la phrase de conclusion (ça porte probablement aussi un nom spécifique mais je l'ai oublié...clausule ?).

Le titre anglais, réunissant deux mots forts, l'alchimie du désir, a été à tort abandonné au profit d'un intitulé de type guide touristique : Loin de Chandigarh.

C'est l'éditeur Buchet-Chastel qui a pris le risque de financer la traduction d'Annick Le Goyat, qui a elle adapté, entre autres, Anthony Horowitz  aux attentes du lecteur francophone.
En ont déjà parlé André ClavelAnne-Sophie Demonchy et bien d'autres...
Par Adamantane - Publié dans : Nouvelles des arts - Communauté : Litterature
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Vendredi 25 mai 2007 5 25 /05 /Mai /2007 16:18
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Débillardé(e) : Se dit d'une pièce de bois gauche qui suit les formes courbes d'un escalier tournant. Ce mot est employé aussi par le serrurier pour ses ouvrages.

Débillarder : action de gauchir une main courante préalablement cintrée en plan afin de lui faire suivre la courbe de l'escalier. D'après le Littré : terme de charpente ; couper une pièce de bois diagonalement ; en retrancher une partie qui a la forme courbe ou triangulaire. Du préfixe dé et de la racine billard, dans le sens de pièce de bois, bille.

Il y a encore quelques artisans des métiers du bois qui maîtrisent les techniques permettant de tracer et réaliser sur mesure ces belles rampes qui, une fois encaustiquées et polies par les mains des monteurs et descendeurs d'étages peuplent de formes élégantes l'odorante pénombre des cages d'escalier.

Si vous voulez partager le regard d’un journaliste sur le travail d'un de ces artisans, regardez l’émission du côté maison diffusée sur France 5 ce dimanche 27 mai à 20 heures. Si vous avez aimé ou si vous n’avez pas pu regarder l’émission du dimanche, elle sera rediffusée sur Arte le samedi 2 juin à 11 heures, puis le mercredi 6 juin à 9 h 45.

Si après trois visionnages de ce documentaire vous vous posez toujours des questions sur cette manière d'associer tradition et modernité, appelez le rampiste, c'est un artiste...
Par Adamantane - Publié dans : Nouvelles des arts
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Mercredi 9 mai 2007 3 09 /05 /Mai /2007 19:57
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Terre de Brume, éditeur de l'insolite et de l'étrange, diffuse ce communiqué à propos de l'ouvrage de Sir Henry Rider Haggard, Elle, dont une nouvelle version française vient d'être éditée pas ses soins.

* * *
Utilisant ses connaissances de l’Afrique et de ses vieilles légendes, Haggard met en scène une puissante reine blanche, Ayesha, celle-qui-doit-être obéie,  qui vit dans les ruines d’une civilisation perdue. À la suite de la découverte d’inscriptions sur une ancienne poterie, Horace Holly, un distingué linguiste comprend que son fils adoptif, Leo Vincey serait la réincarnation d’un prêtre du culte d’Isis, Kallitrates. L’inscription révèle comment le prêtre fut tué par une puissante reine éprise de lui et rendue jalouse par son mariage avec la fille du dernier pharaon d’Égypte. Holly et Vincey décident alors de s’aventurer dans l’actuelle Tanzanie sur les traces de la sorcière blanche qui vit au coeur des marais africains

Succès de la période victorienne, She attira l’attention, quelques décennies plus tard, de Sigmund Freud, qui en recommandait la lecture à ses patients, mais aussi de Carl Jung qui comparait sa puissance d’imagination à l’égale de L’Enfer de Dante Alaghieri et de l’Anneau du Nibelung de Richard Wagner. La lecture de ce roman complexe mêlant réincarnation, vengeance, prédestination et destin reste tout aussi fascinante aujourd’hui.

Les diverses traductions françaises de She étant très défectueuses, notre édition est entièrement révisée et complétée à partir de l’édition anglaise de 1898, version considérée par de nombreux spécialistes comme étant la meilleure.

* * *

La traduction est due à Cécile Desthuilliers.

Cet ouvrage, paru dans la collection Terres Mystérieuses, avec une préface d'Henry Miller, est au format 14 cm x 24 cm, compte 320 pages et est répertorié ISBN 2843622948.
Il est en vente dans toutes les bonnes librairies.

Crédits : merci à Terre De Brume, pour son communiqué, relayé avec quelques infidélités,  ayant été enrichi de quelques liens, et pour le fichier contenant la couverture de l'ouvrage.
Par Adamantane - Publié dans : Nouvelles des arts - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /Mai /2007 16:59

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Les Éditions Poiêtês publient, de Daniel Aranjo, De l’Éternité et de l’Immortalité selon Sapphô, de Mytilène.

Ce livre de 46 pages,ISBN 978-2-9199-4229-9, est vendu dès maintenant par souscription, au prix de 15 €, plus 4 € de frais de livraison, et paraîtra d'un jour à l'autre.
S'adresser aux Éditions Poiêtês B.P. 84 L-3901 Mondercange

Salah Stétié en dit : Sensualité et précision, attachement à la nuance la plus subtile au sein même d’un trouble diaphane, tel est le secret de la si pure expression saphique. On retrouve ces mêmes qualités sous la plume recréatrice de Daniel Aranjo.

On sait peu de choses de Sappho de Lesbos, alias Sapho de Mytilène, que Platon aurait nommée la dixième muse. La 4° série du TaroT de Mantegna, celle des Muses, comporte bien dix arcanes, mais la tête de série est  Ἀπόλλων, Apollo, leur demi-frère, qui dans cette phratrie complexe est aussi perçu comme leur chef naturel, le musagète.
Daniel Aranjo, fin analyste de la rhétorique de la réticence, en parle sur le site BabelMed, et s'est fait repérer aussi ailleurs comme lettré intéressé à l'écriture saphique.

De l’immortalité l

La jeune emphase de tes seins […]
large papillon monarque,
comme à Rhodes, sur une flaque
de quasi asiatiques nymphæas […]

l’humanité peut disparaître,
il ne la verra pas ; comme
il ne voit déjà pas cette boue
de fleurs, ni le nénuphar, qu’il est ;

et pourtant il se sait belle,comme toi,
puisqu’il fait la belle pour sa belle
de tout l’éclat de sa craie de couleurs
derrière une brume de prétextes puérils,

hélas comme nous, toutes.
Par Adamantane - Publié dans : Nouvelles des arts - Communauté : Poésie française
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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /Mai /2007 17:07

Les éditions le corridor bleu présentent Sur les sentiers de Qohèlèth, d' Agnès Gueuret.

Le livre

Agnès Gueuret se tourne ici vers un texte du Premier Testament, L’Ecclésiaste, dit aussi Qohèlèth. Comme nous l'explique André Chouraki, Qohèlèt , קהלת , qui s'épelle en hébreu Qouf Hé Lamed Tav , a pour racine קה, Qouf Hé, le rassemblement. Le narrateur, soi disant fils de David, conjugue deux modes de rassemblement :
-d'une part il constitue, en bon maître des congrégations, un corpus de sentences, rassemblant ce qui est épars,
-d'autre part il réunit les auditeurs autour de sa prédication.
Le nom traditionnel, l'Ecclésiaste, de ce livre sacré est né de la formulation en grec -sunagôgè, συναγωγή : synagogue - puis en latin - ecclesia : église - du concept de rassemblement.

Elle associe en un livre unique trois éléments complémentaires :
-un poème rythmé qui reprend les thèmes principaux du livre biblique en douze scansions ;
-une correspondance entre deux élèves de l'auteur présumé de Qohèlèth où se mêlent discussions et exposés dans une prose fluide ;
-une douzaine de poèmes en résonance avec les paroles du sage..
Le livre est au format 11,5 x 18,5 et compte 96 pages.
Parution prévue en septembre 2007

L’auteur


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Agnès Gueuret, née en 1936, est diplômée de l'École Pratiques des Hautes Etudes. Elle y a mené :
-une étude sémiotique des deux premiers chapitres de Luc : L’engendrement d’un récit, éditions du Cerf, collection Lectio Divina, n° 113, 1981, préface de Algirdas-Lucien Greimas et postface de Pierre Geoltrain ;
-suivie par une thèse sur l’énonciation dans l’Évangile selon Luc, La mise en discours, chez le même éditeur, dans la collection « Thèses », 1987.
Son premier ouvrage poétique, Le Pas du temps, oratorio selon Luc, est paru aux éditions le corridor bleu en 2006.

La souscription

Prix de souscription : 12 €
Frais d'envoi : Un livre : 2 € ; Deux livres et plus : 5 € ; Étranger : 6 € ; Recommandé : ajoutez 4 €
Ecrire : le corridor bleu 26, rue des cocotiers 97436 Saint-Leu REUNION ou envoyer un courriel
Règlement par chèque à l'ordre du “corridor bleu”, mandat ou virement

Crédits :
Merci au site des éditions du Cerf - Comme un cerf altéré cherche l'eau vive, épigraphe choisi par Michel Bouts pour son roman Pied de Biche, adoptant une traduction un peu différente du Psaume 41 : Comme une biche languit après l'eau vive...- pour la reproduction de la couverture de L'engendrement d'un récit.
Merci à la Bible en Hébreu éditée par Oral Roberts de Tulsa, Oklahoma, en 1957, qui m'a confirmé la graphie de קהלת.
Merci à Vedhyas Virya, pour son ouvrage Kabbbale et Destinée, aux éditions Présence, qui m'accompagne dans mes recherches sur les racines hébraiques avec son chapitre consacré aux 462 permutations de la Rota.
.
Par Adamantane - Publié dans : Nouvelles des arts - Communauté : L'écriture dans tous ses états
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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /Mai /2007 18:26
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Claire Castillon
Insecte
Chez Fayard


Dans insecte, il y a inceste.
Mais pas seulement.
N'étant ni mère ni fille, je ne me sens pas impliqué sur le fond dans ces descriptions de cas cliniques, ces microtomies d'une réalité malade, qui concernent il est vrai, statistiquement, et si je ne me suis pas trompé dans mon calcul, environ un quart des relations parent-enfant existantes ou ayant existé.
Ma passion des livres me pousse à mettre en forme mes impressions de lecture, même si la noire et systématique mélancolie de la narratrice, ciselant le récit des malheurs d'humanoïdes femelles médicalement modifiées m'incite à quelque réserve sur la nécessité de développer plus avant ce sujet.
Ces nouvelles n'épuisent pas exhaustivement les malformations du lien familial, mais elles en explorent de très significatives, et en quantité suffisante pour poser le problème. L'âge de l'auteur peut laisser supposer que l'expérience personnelle qu'elle mobilise, toute écriture étant naturellement autobiographique, sauf excès de dédoublement de personnalité, est plus ascendante que descendante.
La dédicace, dénuée d'ambiguïté dans son ambiguïté même, À ma mère, confirme la capacité de l'auteur à manier le scalpel de la plume pour exciser certaines adhérences infantiles.

Il en est des nouvelles (littéraires) comme des nouvelles (journalistiques) : le bonheur et la santé se vendent mal. Le malheur, les perversions, les traumatismes, les accidents, les malveillances attirent l'intérêt et stimulent la réflexion.

Dans la mesure ou la mise en scène talentueuse, méticuleuse, scrupuleuse de cette galerie de monstres peut pousser le lecteur à s'interroger :
-suis-je aussi innocent que cela, moi qui ne me reconnais pas dans ces abus de chair et d'esprit, ces sadismes ordinaires, ces meurtres sournois enrobés de sentiments vulgaires ?
-ne suis-je pas, moi aussi, sans le savoir ou oser le reconnaître, un de ces serviteurs du mauvais démon, un des sectateurs de la mort frigide, un de ces insectes dont le système de valeur échappe à toute notion d'amour ?
alors je trouve cette réflexion décapante fort salutaire, quel que soit le pessimisme qui flotte sur les eaux troubles de ces remous de vie.

L' insecte est un être vivant qui s'observe souvent avec dégoût, toujours avec précautions, rarement avec empathie. On le gaze, on le cloue d'une épingle, on le torture pour observer ses réactions et mettre en équations sa systémique.
Peut-être Maurice Maeterlinck et quelques autres échappèrent à cette méthodologie à la fois distanciatrice et sanitairement militante : le bon insecte est l'insecte écrasable.

Claire Castillon, insecte regardant vivre des humaines que le lien générationnel rend co-dépendantes, a plus de bienveillance que les entomologistes patentés pour ses sujets d'étude. Elle consent à leur prêter des sentiments humains, leur donne une apparence visuellement acceptable, s'abstient de terminer le travail en mettant à mort tous les phénomènes observés, leur laissant parfois la vie ou le choix du degré de morbidité du dénouement.

J'attends tout de même avec intérêt, dans la même série, crustacés, reptiles puis mammifères...


Rappel : sur des contributions récentes au Prix des Lecteurs de Le Livre de Poche, voir les papiers déjà rédigés au sujet de Philippe Cavelier et d' Alexis Salatko.

Crédits : merci à Patrick Swirc pour la couverture ici reproduite....
Par Adamantane - Publié dans : Nouvelles des arts - Communauté : Litterature
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Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /Avr /2007 15:58
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Numérobis
: Je suis mon cher ami, très heureux de te voir.

Panoramix : C'est un Alexandrin...



Le paragramme poétique est un concept innovant.

En principe, le paragramme se borne à permuter deux lettres de même prononciation, se comportant comme le symétrique d'une cacographie. Au sens strict, le couple tréteau / très tôt n'appartient pas au système, alors que zincage / zingaje est en plain dedent...Tout comme le couple différence / différance de Jacques Derrida.

Le paragramme poétique est une formule d'écriture en marge des démarches Oulipiennes (je renvoie à une entrée de WikiPédia à laquelle j'ai modestement contribué...).
Le promoteur de cette version particulière du paragramme tient blogue.
Pour comprendre la définition qu'il en donne, et l'usage qu'il en propose, le plus parlant est de visiter son blogue et de se laisser guider par les exemples et les explications.

D'une part, dans une perspective quasi cabalistique, il accorde plus d'importance aux sons consonnes qu'aux sons voyelles.
D'autre part, il propose une nouvelle forme de contrainte d'écriture qui associe le sonore et le visuel. A noter que cette seconde partie de la contrainte est éventuellement perceptible à un lecteur, mais ne l'est pratiquement pas à un auditeur.

Le poème qui suit, publié dans Le cristal opaque, de Jean-Pierre Desthuilliers, serait paragrammatique au niveau du texte, faute de l'être au niveau de chaque vers, puisque n'utilisant, y compris et surtout dans le titre, déclencheur du développement, que les quatre sons consonnes R V D N ; en revanche, la forme choisie étant celle du RonDeau, il ajoute une petite subtilité connivente en ce domaine.


REVE DERIVE, NAVIRE D’OR

Un vannier renoue en vain
Un noyer raide à rouir ;
Deux renards arrivent dire
De donner du nouveau vin.

On y voit de vrais devins
Rêver d’or et revenir,
Un vannier renouer en vain
Un noyer raide à rouir,

On adore un nom divin
Dédié à un navire ;
Naïade nue à ravir
Dur ivoire et rude airain
Un vannier vous noie en vain.



Restent , pour reprendre la triade de préfixes chers à Kekulé – moins connu sous le nom de Friedrich August Kekulé von Stradonitz, l'architecte dévoyé dans la chimie aromatique, l'homme qui rêva d'Ourobore en méditant sur le noyau benzénique – et à ses disciples , à :

-inventer l'ortogramme, qui semble être déjà un vocable estonien, encore que jamais Piotr Szut ne l'ait utilisé dans ses conversations avec Archibald Haddock...

-et évoquer le métagramme , qui met le chien en niche, porte le calepin au pinacle dit gare à la rage.


Reste aussi et surtout à faire un détour du côté de Julia Kristeva, qui développe en 1998 un Cheminement vers une sémiologie du paragramme ( Towards a semiology of paragrams ; j'ai choisi de traduire le titre en usant d'un nom collectif ), où la concept de paragramme prend un autre sens, plus proche pour moi de celui de la pensée latérale de William de Bono.
Elle aurait pris (ma lecture est de seconde main, si j'ose dire) comme exemple la phrase the table is green, exemple dont on ne me fera pas croire qu'il ne s'agit pas d'une allusion translucide à La Table d'émeraude...

Le paragramme a une longue histoire dans les recherches sur l'équipement mental des décodeurs de texte.Le défi est de connecter l'art de la critique à celui de la création, et de savoir si l'outil de déconstruction raisonnée peut, en inversant quelque processus, devenir celui d'une construction intuitive.

Crédits :
Merci à Julia Kristeva, alias Julia Joyaux, dont j'ai surtout lu Le langage, cet inconnu, pour m'avoir aidé sans le savoir dans un travail plus personnel sur les liens entre dialectique et symbolique.
Merci à René Goscinny et Albert Uderzo pour avoir utilisé la bande dessinée pour dessiner par la bande un projet d'instruction grammaticale et rhétorique à l'usage des petits bruns et des grands blonds...
Par Adamantane - Publié dans : Nouvelles des arts - Communauté : Poésie française
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Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /Avr /2007 20:59

Bolotin-2.JPG

Il se nomme Volodia Bolotinsky.
Il peint.
C'est au restaurant italien Le Lanza, 11 rue Louise Michel, à Levallois-Perret, que l'on peut regarder comment il a vu Venise.


Voir Venise et mourir, aurait dit un poète inconnu.
En fait, le proverbe italien, repris par Alexandre Dumas et Henri Beyle, alias Stendhal, est Voir Naples et mourir....( Vedi Napoli e poi muori ! )
Le titre a été repris pour des aventures de Largo Winch.


Il a aussi été proposé comme sous-titre pour l'anthologie Énigmes à Venise rassemblée par Xavier Legrand-Ferronière.

Au sujet de Venise et de ses mystères, l'ouvrage d'Alberto Toso Fei, publié par ElZeviro, Légendes vénitiennes et histoires de fantômes, vous proposera une nouvelle vision de la ville née des amours d'un ciel et d'une lagune.

Sans oublier le texte de Jean-Pierre Desthuilliers, repris de son site littéraire et publié à part sur ce blogue.

Par Adamantane - Publié dans : Nouvelles des arts
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Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /Avr /2007 17:00

Alexis Salatko, jouant sur le piano du temps, contruit un récit musicalement flexible, vraisemblable mais simultanément parsemé de décalages chronologiques qui le maintiennent dans l'ailleurs romanesque.
Il trace un univers parallèle où s'entrelacent deux destins, l'un relevant du mythe, l'autre de la mystification. Les détails de l'histoire sont presque vrais, mais subtilement décalés par rapport à la chronologie vérifiable.
Page 88 : n'est-ce pas le 1° mai 1945, et non 1944, qu'il a neigé à Paris. Je m'en souviens d'ailleurs, je la sens encore tomber sur moi...
Page 112 : n'est-ce pas en 1952, et non en 1950, que les premiers long courriers à réaction, les De Havilland Comet, commencèrent à traverser l'Atlantique ?
L'auteur utilise cette vibration des calendriers pour donner à sa construction la puissance de l'imaginaire alliée à la solidité de l'historicité.
A une réflexion sur les aspects psychomoteurs de l'interprétation des musiques, il associe une méditation sur les courants d'influence intergénérationnels dans les familles et une analyse de la construction de la personnalité en milieu partiellement hostile. Comment ne pas se laisser entrainer dans les remous de cette synchronie fantastique...

Horowitz et mon père (Horowitz est mon père ?) est le titre soumis en mars au vote des jurés du prix des lecteurs de Le livre de poche. Je l'ai lu.
De même que j'ai lu Le ciel t'aidera, chronique d'une femme immature, de Syvie Testud, chronique qui eût gagné à plus de concision.
De même que j'ai lu le récit pseudogogolien d'Henriette Jelinek, relatant Le destin de Iouri Voronine, genèse d'une vocation tardive orthodoxe voulant racheter les écarts de conduite d'un fils maffieux, menteur, et mégalomane, récit qui eût gagné à moins de mélodramaturgie.

Le travail d'Alexis Salatko ne m'a pas laissé indifférent, probablement parce que bien que n'étant ni musicien ni émigré russe,
-d'une part j'ai vécu, enfant, partie de cette guerre et de cet après-guerre qui servent de cadre temporel à son récit, en des lieux proches de ceux qu'habite le héros mémorialiste,
-et d'autre part ayant été un des rares [*] lecteurs français, entre Noël 1959 et Pâques 1960, du livre un peu confidentiel de Hans Reichenbach, The philosophy of space & time, je me suis intéressé aux distorsions temporelles et aux ouvertures spirituelles induites par le thème des réalités potentiellement  parallèles que transperce la flèche du temps, avant que la série  The twilight zone n'en fasse un des rayons de son fond de commerce.

Retrouver dans ces pseudo-souvenirs d'un médecin spécialiste des maladies osseuses (de quoi souffrent et le pianiste et le piano en fin de vie ?), entre autres connaissances,  le docteur Louis-Ferdinand Destouches avant qu'il ne devienne Céline, avant ausi qu' Eugène Paul, alias Gen Paul ne déniaisât, en lui donnant des leçons pratiques et particulières d'expression argotique et de comportement arsouille, cet homme dont il disait c'est un cave – le fait m'a été confirmé par un ami , qui fréquentait en son temps Gen Paul, et dont l'atelier est proche du 96 rue Lepic –  leur donne, à ces souvenirs, la touche d'authenticité qui frappe le lecteur dit  cultivé.
Bon, la prochaine fois, plus courte la phrase !

Les critiques que j'ai lues sur internet, quand elles ne se bornent pas à résumer l'intrigue, ne vont guère plus loin que la perception d'une littérature tendre et ironique, d'un roman d'amour filial, la restitution de l'ambiance d'une famille slave exilée...

Et Boulogne-Billancourt, qui n'est cité qu'une fois, comme site de studios et non lieu d'habitation de nombreux réfugiés russes de la haute, contraints à de basses besognes ouvrières ?
Et Nina Berberova, qui depuis deux ans a même sa rue dans le quartier Renault-Billancourt, près de l'Église orthodoxe de la rue du Point du Jour  ? Pourquoi ces absences ? Peut-être parce que dans la réalité fictive de cette relation ces événements n'ont pas eu lieu.

Une autre jurée de ce prix met en ligne ses impressions. Elle le fait de manière bien plus consciencieusement exhaustive que moi, et ses articles méritent consultation.. De plus, elle signale avoir accepté d'être du jury. Personnellement,  je reconnais l'avoir sollicité.

Ce livre sembe avoir eu trois éditeurs différents :
-Librairie Générale Française , qui vend à 5 €
-A vue d'œil , qui monte abruptement à 16 €
-Fayard, qui redescend en pente douce à14 €

Ceci peut rendre un peu jaloux les auteurs qui se contenteraient bien d'un seul éditeur pour diffuser leur œuvre... De même, il a déjà été récompensé par le prix Jean Freustié 2006 et bénéficie de revues de presse stimulantes. Bref, on en parle....

Était-ce une raison pour ne pas le proposer pour une nouvelle distinction ?


[*] J'ai retrouvé avec intérêt cet ouvrage cité dans la bibliographie de la thèse de doctorat en sciences de Patricia Zablit, Paris-Orsay le 17 décembre 1991, Construction de l'interprétation temporelle en langue naturelle : un système fondé sur les graphes conceptuels, page 325.
Par Adamantane - Publié dans : Nouvelles des arts
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Dimanche 18 mars 2007 7 18 /03 /Mars /2007 18:16

La souscription 2007 de l'Atelier d'Art Lepic est ouverte. Deux gravures originales d'Henri Landier, les poivrons et les coloquintes,  sont proposées à ses amateurs.

Tirage sur presse à bras, selon les procédés traditionnels, par les soins de l'artiste, et limité à 65 exemplaires ; format 33 X 50, sur vélin de Rives.
Sans encadrement, 270 € par gravure.


Pour souscrire, s'adresser à l'Atelier avant le 15 avril...
-par téléphone 01 46 06 90 74
-par courriel
-en consultant le site du graveur.

Crédits : merci à Henri Landier pour les poivrons cueillis dans le Lubéron....
Par Adamantane - Publié dans : Nouvelles des arts
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