Lundi 9 octobre 2006
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L'étau se resserre autour des fumeurs. Du moins dans leurs manifestations publiques d'addiction au tabac (à supposer qu'il n'y ait que de l'herbe à Nicot dans leur papier roulé, mais ceci est une autre histoire...).
Les manifestations privées sont tout aussi dangereuses pour la santé du fumeur que pour celle des enfumés, mais la sphère privée étant l'espace des libertés compensatoires, privée elle est privée elle restera. A tel point qu'un argument valable de sociologie-fiction (autre forme de SF) serait l'idée d'une civilisation dont le droit réprimerait divers types de meurtre en public et les autoriserait en privé. Il est vrai que vu la manière dont certains hommes vivent (pardon, Aragon...), leurs femmes pourraient à juste titre trouver que proposer ce thème révèle une désolante absence du sens de l'observation.
Les manifestations privées sont tout aussi dangereuses pour la santé du fumeur que pour celle des enfumés, mais la sphère privée étant l'espace des libertés compensatoires, privée elle est privée elle restera. A tel point qu'un argument valable de sociologie-fiction (autre forme de SF) serait l'idée d'une civilisation dont le droit réprimerait divers types de meurtre en public et les autoriserait en privé. Il est vrai que vu la manière dont certains hommes vivent (pardon, Aragon...), leurs femmes pourraient à juste titre trouver que proposer ce thème révèle une désolante absence du sens de l'observation.
Je peux ici reconnaître qu'entre dix-sept et cinquante-sept ans (ce qui n'est tout de même pas de sept à soixante-dix-sept) , oui, j'ai fumé. Des cigarettes papier maïs et divers modèles de pipes, avec un faible pour les fourneaux en bruyère, puis en écume, évolution du pouvoir d'achat aidant...
En revanche, l'idée de fumer à table, même en mangeant, m'a toujours été insuppor...table.
Égoïstement, ce mélange de mauvais goût, au propre comme au figuré, entre des occupations gustatives différentes et des fragrances incompatibles me soulevait le cœur. Au propre, cette fois-ci. Fumée et fumet ne cohabitaient pas dans ma conception intime du repas.Socialement, de plus, je manquais de ce courage existentiel qui s'affirme en imposant à ses commensaux, non le choix d'un met ou d'un cru, fautes vénielles souvent pardonnées, mais d'une part la mononotonie d'une conversation trop émissive et chargée en décibels, et d'autre part la diffusion d'une odeur forte venant tuer les effluves des plats, les arômes des vins, le goût des aliments.
Ce n'est pas, à bien creuser, l'état des poumons et du larynx des fumeurs publics qui me soucie. C'est l'interférence fâcheuse entre l'odeur qu'ils répandent dans l'air et la neutralité d'ambiance qu'implique l'appréciation et la dégustation d'une recette. D'ailleurs, si j'étais le législateur, j'interdirais simultanément, pour les mêmes motifs d'ingérence intempestive, les odieuses odeurs des tabacs et les perfides parfums des eaux de toilettes et autres liquides dont s'aspergent certain(e)s convives, tout aussi indiscrets, envahissants, et perturbants.
Faites au passage un détour par les origines de la tabagie (le mot, pas la chose). Ce ne serait pas ce que j'ai longtemps cru, le lieu ou le tabac agit. Les Algonquins auraient (il ne sont plus guère nombreux, au Québec et en Ontario) utilisé le mot d'origine pour parler...festin !
Crédits :
Merci au putois, qui nous démontre qu'en matière de nuisance, et d'efficacité communicationnelle, un aérosol qui ne consomme que quelques molécules actives peut avoir raison de nombreux partenaires pourtant en apparence plus impressionnants.
Merci à Jean Zin, qui utilise cet exemple et à qui j'ai dérobé sans vergogne l'effigie du petit putois (les images n'ont pas d'odeur, le mot putois ne pu(tois)e pas...) qui orne ce billet. Il me le pardonnera certainement.
Crédits :
Merci au putois, qui nous démontre qu'en matière de nuisance, et d'efficacité communicationnelle, un aérosol qui ne consomme que quelques molécules actives peut avoir raison de nombreux partenaires pourtant en apparence plus impressionnants.
Merci à Jean Zin, qui utilise cet exemple et à qui j'ai dérobé sans vergogne l'effigie du petit putois (les images n'ont pas d'odeur, le mot putois ne pu(tois)e pas...) qui orne ce billet. Il me le pardonnera certainement.

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