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  • : *Étonnement systémique et libertaire *Évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale *Ouvertures vers la pensée non conformiste
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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
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  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
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  • Libertaire : la personne est première ; les maîtres à penser sont à fréquenter avec d'extrêmes précautions, et le progrès nait de la réflexion autonome de chacun venant se combiner à celle des autres.


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Systémique

Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /Oct /2006 09:44


L'étau se resserre autour des fumeurs. Du moins dans leurs manifestations publiques d'addiction au tabac (à supposer qu'il n'y ait que de l'herbe à Nicot dans leur papier roulé, mais ceci est une autre histoire...).
Les manifestations privées sont tout aussi dangereuses pour la santé du fumeur que pour celle des enfumés, mais la sphère privée étant l'espace des libertés compensatoires, privée elle est privée elle restera. A tel point qu'un argument valable de sociologie-fiction (autre forme de SF) serait l'idée d'une civilisation dont le droit réprimerait divers types de meurtre en public et les autoriserait en privé. Il est vrai que vu la manière dont certains hommes vivent (pardon, Aragon...), leurs femmes pourraient  à juste titre trouver que proposer ce  thème révèle une désolante absence du sens de l'observation.

Je peux ici reconnaître qu'entre dix-sept et cinquante-sept ans (ce qui n'est tout de même pas de sept à soixante-dix-sept) , oui, j'ai fumé. Des cigarettes papier maïs et divers modèles de pipes, avec un faible pour  les fourneaux  en bruyère, puis en écume, évolution du pouvoir d'achat aidant...

En revanche, l'idée de fumer à table, même en mangeant, m'a toujours été insuppor...table.
Égoïstement, ce mélange de mauvais goût, au propre comme au figuré, entre des occupations gustatives  différentes et des fragrances incompatibles me soulevait le cœur. Au propre, cette fois-ci. Fumée et fumet ne cohabitaient pas dans ma conception intime du repas.
Socialement, de plus, je manquais de ce courage existentiel qui s'affirme en imposant à ses commensaux, non le choix d'un met ou d'un cru, fautes vénielles souvent pardonnées, mais d'une part  la mononotonie d'une conversation trop émissive et chargée en décibels, et d'autre part  la diffusion d'une odeur forte venant tuer les effluves des plats, les arômes des vins, le goût des aliments.

Ce n'est pas, à bien creuser,  l'état des poumons et du larynx des fumeurs publics qui me soucie. C'est l'interférence fâcheuse entre l'odeur qu'ils répandent dans l'air et la neutralité d'ambiance qu'implique l'appréciation et la dégustation d'une recette. D'ailleurs, si j'étais le législateur, j'interdirais simultanément,  pour les mêmes motifs d'ingérence intempestive, les odieuses odeurs des tabacs et les perfides parfums des eaux de toilettes et autres liquides dont s'aspergent certain(e)s convives, tout aussi indiscrets, envahissants,  et perturbants.

Faites au passage un détour par les origines de la tabagie (le mot, pas la chose). Ce ne serait pas ce que j'ai longtemps cru, le lieu ou le tabac agit. Les Algonquins auraient (il ne sont plus guère nombreux, au Québec et en Ontario) utilisé le mot d'origine pour parler...festin !

Crédits :
Merci au putois, qui nous démontre qu'en matière de nuisance, et d'efficacité communicationnelle, un aérosol qui ne consomme que quelques molécules actives peut avoir raison de nombreux partenaires pourtant en apparence plus impressionnants.
Merci à Jean Zin, qui utilise cet exemple et à qui j'ai dérobé sans vergogne l'effigie du  petit putois (les images n'ont pas d'odeur, le mot putois ne pu(tois)e pas...) qui orne ce billet. Il me le pardonnera certainement.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /Sep /2006 20:34

Une rumeur court et s'amplifie.

Le législateur voudrait sortir de la fosse à purin où il avait hélas , sans précautions ni masque ni palmes, plongé.

Le Ministère de l'Agriculture et du Purin d'Orties (MAPO)  communique :

Les préparations effectuées par un particulier pour une utilisation personnelle, telles que le purin d’ortie, ne rentrent donc pas dans le cadre d’une mise sur le marché. En conséquence, la promotion auprès des particuliers de procédés naturels ou le fait de donner la recette de telles préparations ne sont pas interdites. Les produits naturels traditionnels, élaborés à la ferme ou au jardin, peuvent donc continuer à l’être sans obligation d’autorisation préalable.
En revanche, les agriculteurs et les jardiniers ne sont pas autorisés à commercialiser, ou à distribuer même gratuitement ces produits, car dans ce cas une autorisation préalable est requise, à l’instar de ce qui existe en matière d’évaluation des médicaments vétérinaires ou humains.

Je n'ai pas clairement compris le concept de distribution (même) gratuite. La distribution est toujours payante...Est-ce à dire que la promotion auprès de particuliers n'est pas interdite, à condition qu'elle ne soit pas assise sur la mise à disposition d'un échantillon ? Est-ce à dire que faire du transfert de technologie n'est pas distribuer le produit d'une activité humaine ?

Ce n'est pas grave. Le Ministère de l'Assimilation et de l'Interprétation des Lois (MAIL) va d'un jour à l'autre publier le texte salvateur, celui qui empêchera le citoyen consciencieux de se noyer, au risque de sa vie, dans les abysses des interprétations sauvages.

Crédits : merci à Chris Carter, car nous voilà bien aux frontières du réel...et à Freezine pour ajouter cette bonne nouvelle sur la pile des moins bonnes.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Dimanche 17 septembre 2006 7 17 /09 /Sep /2006 12:14

Je viens de recevoir  le catalogue Automne-Hiver d'un grand vépéciste horticulteur et floral, dont je tairai le nom pour protéger ma source involontaire, et aussi parce que ce blogue se veut vierge de toute publicité commerciale . Surprise ! Au chapitre des produits naturels utilisables en culture biologique, que trouvé-je ?


Eh bien oui, sous référence xxxx, au prix tout de même coquet de 41 (quarante et un) € le kg, de la poudre d'orties. Pour faire feu sur les pucerons...

Le texte de présentation est : poudre d'orties, pour la préparation du purin d'orties, engrais réputé pour stimuler la vigueur et les défenses naturelles des plantes (maladie, insectes) ; s'utilise en pulvérisation ou en arrosage sur légumes, plantes ornementales ou arbres fruitiers.

A noter qu'avec 1 kg de poudre de nespurin, il est possible d'obtenir 60 litres de purin prêt à  l'emploi.
L'illustration (si un dictionnaire sans exemple est un squelette, disait ce bon Pierre Larousse, un catalogue sans photos est un fantôme...) montre des fleurs et des fruits souriants et arbore fièrement les slogans jardinez bio et respecte la nature.

Je ne voudrais pas être le responsable éditorial de cette publication. Dès fois que...

Dans la même série, voir aussi : Purin d'orties, Purin d'idées, Urtica lex, la suite d'échanges sur Freezine, et UrticaDioica par Diaphane.
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /Sep /2006 10:18


Purin d'orties a été repris par Agoravox, avec quelques variantes, et une autre illustration, puis par Yahoo Actualités. En 24 h, ce petit papier, lui même commentaire au sujet d'une information, a provoqué une centaine de nouveaux commentaires .


Les réactions sont grosso-modo de trois genres  :
-étonnements, doutes sur la réalité du fait générateur –à savoir la promulgation du texte légal–  ou la validité de son interprétation ;
-mise en accusation de la collusion entre l'appareil technocratique et l'appétit de profit des multinationales, aggravée par l'indifférence crypto-complice de certains politiques ;
-apologie des procédés dits naturels pour le traitement des cultures et plus généralement le contrôle écologique des chaines alimentaires.

Sans compter  quelques délires lyrico-néologistes du recordman des commentaires en ligne...

Je note (extraits...) les interventions de :

Francesco Casabaldi :

Étonnant, et j’espère, édifiant, de voir à quel point chacun voit midi à sa porte dans cette histoire de purin!  Pas un commentaire qui n’accuse "l’autre", le grand méchant "autre".
Certains (libéraux sans doute) fustigent "ces incapables de fonctionnaires", représentants d’un Etat incompétent.
Les autres (surement, "de gauche" plus ou moins assumée) tirent à boulets rouges sur les "lobbies des multinationales", voire sur "un gouvernement de droite" larbins des méchantes entreprises.
Très bien. Et si "l’autre", n’était pas un con?
Ne serait-il pas grand temps, si nous croyions un tant soit peu à ces changements majeurs, que beaucoup d’entre nous appellent de leurs voeux, que chacun commence par balayer devant sa porte?
Ne serait-il pas grand temps que certains (plutôt "à gauche") veuillent bien se rendre compte que l’État n’est effectivement pas la bonne réponse à tout. Que c’est même souvent la pire. Que ses lourdeurs intrinsèques le rendent souvent inaptes à gérer et règlementer des problèmes complexes et qu’il serait bien avisé la plupart du temps de bien vouloir nous foutre la paix !

Isabelle Delannoy

Pour écrire à votre député, sénateur et protester : voici un modèle de lettre à compléter et envoyer:
Les adresses des députés, ministres, etc. sont accessibles par : le site du nouvel obs

Nota : Le site de l'Assemblée Nationale est également une mine d'informations.


A ce point de la discussion, je pense que la question-clef n’est surtout pas ici  :
Qui est responsable ?
et j’en suis désolé pour Bob Dylan et Graeme Allwright, car il fallait bien enquêter sur la mort de Davy Moore, et l'enquête dénonce les pratiques à supprimer, mais  :
Comment faire pour que cela cesse?.

La responsabilité, à mes yeux, est globale. Nous avons progressivement accepté l’installation de processus de décision collective (hum...) dont le fonctionnement aboutit à cet état de fait (et aussi de droit !). Mes petits-enfants seraient en droit de me reprocher la situation. Bien sûr, ça me ferait râler mais, de leur point de vue, nous avons été tout juste à la hauteur.

Le bon sens le plus simple, celui qui s’étonne dans le silence, montre à qui ose l’écouter que nos institutions, émanations mal contrôlées d’un corps social parcellisé, peuvent en effet dans certains cas édicter n’importe quoi sans même se rendre compte du ridicule prévisible.
Mais si nous avons peur de dire à ceux qui les incarnent que ça ne va pas, comment le sauraient-ils? Ils n’ont pas démérité, ils sont seulement, et ça suffit à les déconnecter de notre réalité quotidienne, dans une bulle de management. Reste à trouver comment le leur dire. Comment crever la bulle sans accidents de décompression. Forums, articles, blogues, et autres, y aident.

Faute de boucle retour le meilleur système au monde diverge, et s’affaisse ou explose. Et c’est nous, les citoyens obscurs, qui sommes cette boucle retour. Il nous faut donc prendre le temps de dire et de montrer nos réactions.
Nous avons, trop rarement, un bulletin de vote en main, et cette rétroaction est souvent insuffisante, voire parfois mensongère. Prenons la parole, usons des médias existants, inventons-en de nouveaux. Informons nos représentants temporaires et théoriquement révocables. Internet fourmille de réseaux d’influence...

Crédits :
Merci à Agoravox pour avoir relayé l'étonnement  initialisé, en ce qui me concerne,  par Isabelle Delannoy.
Merci aux free(wo)men qui se mobilisent pour faire passer activement le message. Carnets de nuit n'hésite pas à qualifier cette loi de scélérate (*) , et à expliquer pourquoi. Le score gougueule de loi scélérate dépasse les 30  000, mais son papier y figure ligne 1 page 1...( curiosité : le score de loi vertueuse est ...inférieur à 20).
Merci aux 241 lecteurs dont 222 ont jugé le papier digne d'intérêt, et aux 103 commentateurs....

Merci aussi et surtout au modeste puceron, dont la fonction dans l'économie du vivant, après avoir été d'offrir ses larves aux coccinelles et aux chrysopes , puis son miellat aux fourmis,  et enfin de provoquer la mise au point du p...(censuré) , s'étend au déclenchement de réflexions vitales chez l'homo sapiens sapiens.
Merci à Freezine ....

(*) Sceleratus, a, um : impie, infâme, funeste, fatal, désastreux ...
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Vendredi 8 septembre 2006 5 08 /09 /Sep /2006 11:54

Si je classe ce papier dans la rubrique systémique, c'est aussi parce que le dit purin déclenche une action systémique sur les plantes qu'elle protège.


Les faits :
-1-une correspondante d'un des groupes de discussion dont je m'honore d'être contributeur alerte la compagnie (je la cite) :

Figurez vous que je suis passible de 2 ans de prison et 75 000 euros d'amende, pour avoir écrit ...utiliser les cendres de cheminée pour nourrir le sol ou éloigner les limaces, fabriquer son purin d'ortie... dans mon dernier agenda utile (il sort dans 15 jours, photos de Yann Arthus-Bertrand, j'en profite pour faire la promo...).
Car depuis le 1er juillet 2006, tout produit fabricable soi-même utilisable pour la protection des plantes de façon naturelle est désormais hors-la-loi. Voir le décret d'application de la loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006 d'orientation agricole.

-2-un débat s'ensuit entre les membres du groupe ; l'étonnante nouvelle vole de blogue en blogue. Certain(e)s s'indignent, à juste titre au vu de l'information. D'autres vont fouiller le texte du décret, ne voulant y croire, appellent au calme, et estiment qu'il faut évidement faire une différence entre les produits faits à la maison pour usage personnel ou de voisinage (enfin, au jardin...mais il y a aussi les terrasses et les balcons...) et les produits objets d'un négoce.

Ce que je trouve stupéfiant, c'est le fait que :
-des adultes intelligents, informés, responsables, soient obligés d'aller bûcher tout un texte législatif  – qui existe bien, je l'ai lu – pour se convaincre que ce n'est peut-être pas aussi radical (c'est le mot...) qu'une première lecture le laisse entendre.
-nous puissions envisager sérieusement que la fabrication d'une macération de plantes courantes dans une perspective de traitement potager puisse, comme on dit, tomber sous le coup de la loi.

Voilà le degré de soumission (ici, il se manifeste par l'intensité de la révolte, dont je suis solidaire) auquel les administrateurs de notre déclin d'hommes et de femmes libres nous supposent arrivés, sous la pression conjuguée de leur volonté de puissance et de leur inféodation aux groupes de pression.

Déjà, en septembre 2002, ce produit naturel inoffensif pour la santé des mammifères (donc des jardiniers...s'ils portent des gants, ou savent dans quel sens caresser les tiges) et dont les qualités sont érigées par certains en vertus médicinales,  avait l'objet d'une décision pour le moins étrange d'un service de répression des fraudes (en passant, où aurait-été la fraude ?) . Les amis de l'ortie (*) s'étaient étonnés, et avaient pétitionné...

Tout ceci est assez urticant...Comment faire pour résister ?


Crédits : merci au site A fleur de Pau pour cette planche à la gloire de l'ortie...

(*)  Association des Amis de l’Ortie - 31160 Sengouagnet - Tél. : 05 61 88 81 08
L’association édite le livre Purin d’orties et compagnie - les plantes au secours des plantes

Freezine
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /Sep /2006 17:29

L'auteur de Le voleur dans la maison vide a osé écrire seuls les bons professeurs forment les bons autodidactes.

Hier soir, sur une chaine nationale française, un ministre, sous l'œil goguenard d'un ex-ministre recyclé dans le chaud-bise, tentait de défendre le processus d'instruction publique qui actuellement fabrique des crétins.
Le mot est certes un peu fort, et la généralisation induite par le titre peut desservir l'émetteur de l'idée.
Mais comme la qualité du résultat semble bien inversement proportionnelle aux efforts déployés par les acteurs, qui n'en sont que plus injustement critiqués,  le qualiticien qui sommeille en moi aurait tendance à mettre en cause :

  • -l'environnement du process, y compris l'absence d'implication de trop nombreux parents qui n'ont pas compris que c'étaient eux qui sous-traitaient – avec devoir de regard – à des spécialistes certains aspects (apprentissages psychomoteurs, connaissances conceptuelles, ...) de leur responsabilité éducative, et pas le contraire ;
  • -le filtrage amont (en termes industriels, la capacité des intrants à satisfaire aux prérequis, et les modalités pratiques leur permettant de se mettre à niveau avant de polluer le processus) ;
  • -la sanction aval (toujours en termes industriels, le contrôle de conformité ; quand je vois que des jeunes ingénieurs assimilent graphiquement futur à conditionnel, et que je m'aperçois qu'il ne s'agit pas d'une quelconque négligence orthographique, mais bien d'une confusion mentale profondément enracinée dans leur mode de réflexion, je m'étonne que les trains roulent et que les avions volent...).

Qu'ajoute  Ludovic Delory à cette citation rafraichissante de Jean-François Revel, alias Jean-François Ricard, expert en provocations ?
Il écrit :

En cette rentrée de septembre, l'auteur de ce blog s'accorde le temps de la réflexion.
Doit-il poursuivre dans la même voie, doit-il lisser ses propos, doit-il revoir sa ligne éditoriale un peu "fourre-tout" ?
Il faut, un jour, se poser ces questions.
Trouver des réponses prendra peut-être du temps.
D'ici là, je vous invite à visiter ce blog libertaire qui vous aérera l'esprit.
A bientôt.


Je ne peux que lui répondre – et je l'ai fait... – :

Les fourre-tout ont leur charme et même leur utilité. La variété des formes peut s'articuler autour d'une unité de fond...Le titre distinctif  bloc-notes assume cet écartèlement potentiel : les notes font bloc.
Merci pour le renvoi  signalé aux lecteurs du carnet de notes. Mon propre blogue-note est lui aussi un peu polygraphe....

Crédits :
Merci à Jean-Paul Brighelli, pour avoir  posé sans peur, sinon sans reproches, quelques questions fondamentales sur le fonctionnement de l'instruction publique, abusivement  renommée éducation  nationale.
Merci à l'inventeur anonyme du bloc-notes, héritier d'une longue lignée de palimpesteurs regratteurs de parchemins et de commis d'imprimerie récupérateurs de défets anopitographes...
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Jeudi 17 août 2006 4 17 /08 /Août /2006 12:20

Un raisonnement contestable...
Le quotidien Le Monde, dans son édition du dimanche 30-lundi 31 juillet 2006, page 2, publie une chronique de Pierre-Antoine Delhommais.
Le titre annonce la conclusion et dévoile le point de vue : l'obscure lubie des objecteurs de croissance.
L'argumentation du chroniqueur est d'une faiblesse affligeante, puisqu'elle se réduit au syllogisme suivant, dont les trois prémisses, la majeure et les deux mineures, sont par lui admises comme évidentes :
-les objecteurs de décroissance se recrutent parmi les médiatiquement puissants de sociétés prospères ;
-or  lorsqu'on est médiatiquement puissant on peut faire passer n'importe quel message ;
-or aussi lorsqu'on appartient au haut d'une société prospère on ne prend pas de risque à plaider pour moins de prospérité ;
-donc les points de vue des objecteurs de croissance sont doublement suspects et inintéressants.

Le mérite de ce papier est, au-delà de l'expression d'un agacement, bien compréhensible de la part d'un esprit se manifestant ici comme plutôt conformiste, devant la trahison de quelques clercs (l'allusion à Julien Benda n'est pas gratuite de ma part) et de la formulation libre d'un point de vue qui a le droit d'exister, d'encourager une réflexion constructive.

Le mot croissance a-t-il pris trop d'ampleur ?
Une lubie est un enthousiasme de forte intensité mais de courte durée pour un produit, une personne, une idée même...L'objection de croissance,  considérée comme voie vers une utopie directrice qui serait une société harmonieuse et équilibrée n'est pas née d'hier. Il n'y a donc point lubie, tout au plus  résurgence d'un principe d'action facilitée en effet par l'évolution de l'infosphère et la possibilité aujourd'hui offerte aux courants minoritaires  d'exister médiatiquement.
La forme n'a toutefois que relativement peu d'importance (quoi que...).Le fond appelle un autre débat. Les deux questions qui me viennent sont :
-le mot croissance (donc l'antagonique décroissance) n'aurait-il pas conquis un territoire sémantique trop vaste, empêchant la réflexion de se déployer sans  trop d'embûches ?
-se dire objecteur de croissance veut-il dire être opposé à tout changement utile au plus grand bien du plus grand nombre ?

Le PIB n'est qu'une créature de papier.
Notre culte de l'économie confine la croissance d'une société dans la constatation de variables liées au commerce, voire à l'industrie.
Notre idôlatrie pour les chiffres élimine les variables qualitatives de nos constations et raisonnements.
Notre engouement pour le tout mâché facile à comprendre exige le choix d'un indicateur normalisé et commun à toutes les sociétés humaines.
Autrement dit ces filtres successifs assimilent la croissance d'une société au pourcentage de variation d'une image d'un phénomène unique arbitrairement choisi parmi des milliers d'autres.
Nous voulons évaluer le développement d'un enfant et nous nous contentons de mesurer la longueur d'un de ses cheveux...
Conceptuellement absurde ! Mais fascinant, eût dit Monsieur Spoke.

Le PIB d'une société humaine est certes un indicateur utile à considérer. Mais la composition de cet agrégat n'est pas non plus dénuée d'intérêt, et la manière dont ce supplément de richesse est répartie entre les acteurs non plus. Les choix faits par les statisticiens pour décider  des activités qui contribuent au PIB et de celles qui n'y contribuent pas ne sont de surcroit pas neutres du tout. En d'autres mots, il y a de la magouille dans l'air.

La notion de création de richesses est une escroquerie terminologique.
Les économistes nomment abusivement création de richesse ce qui n'est que le résultat d'une transformation de matières premières, d'énergie – naturelle et humaine – et d'information, c'est à dire d'intelligence et de savoir-faire.
Autrement dit, il faut supposer que le savoir-faire, l'intelligence, la force de travail seraient éternellement renouvelables,  et l'énergie et les matières premières inépuisables, pour que le bilan de l'opération soit positif.
Il n'en est rien.
Nous épuisons à un rythme accéléré (croissance oblige !) énergies et matières premières, sans que les efforts pour rendre exploitables de nouvelles formes d'énergie et réexploitables  les matière premières déjà utilisées arrivent à compenser la dégradation du stock initial. Pire, intelligence, savoir-faire et force de travail consomment, eux aussi, des ressources pour se perpétuer.

Les objecteurs de croissance ont déjà frappé.
Etre objecteur de croissance, c'est, pour reprendre une expression familière, prendre bien soin de soi. C'est remettre en question la nécessité du toujours plus, explorer la voie du toujours mieux.

Un exemple concret peut montrer que de plus c'est possible.
L'amélioration constante des rendements thermiques et mécaniques des moteurs à explosion a d'abord été convertie en augmentation de la vitesse de pointe et de la masse embarquée (les belles américaines...). Les conséquences  systémiques ne se sont pas fait attendre : accidents, sur-consommation de carburants, pollution...
Des crypto-objecteurs de croissance, tapis au fond des des services de l'état, relayés par les journalistes spécialisés ou généralistes, les ingénieurs des constructeurs d'automobiles, les associations de consommateurs, et j'en oublie,  ont agi pour remplacer les chromes par des dispositifs de sécurité, limiter drastiquement la vitesse, faire prendre conscience des conséquences de la pollution et la réduire. Et peu de personnes aujourd'hui jugent que la transformation de la croissance d'une performance unique en meilleure répartition des effets du progrès technique, au prix d'une forte décroissance de la dite performance, ait été « une lubie de gosses de riches  parfaitement égoïstes ».

Nota important : le fait que j'ai pris un exemple dans un domaine grand public comme l'automobile ne signifie pas que je soutienne l'idéologie du tout-auto et du tout-camion. Je l'ai choisi parce qu'il est facile à comprendre et qu'il s'agit d'un secteur dans lequel j'ai des connaissances technologiques, comme ingénieur ayant travaillé chez Westinghouse dans le freinage des poids lourds.

Que penser de la frénésie de croissance du PIB ?
Elle est incompatible avec le respect des droits de l'homme, car elle les réduit dans les faits à une litanie de vœux optionnels.
Elle est incompatible avec une conscience systémique, car refusant de considérer notre planète comme un tout vivant et cohérent.
Elle est incompatible avec le souci individuel qui caractérise notre espèce aux pratiques paradoxales et qui consiste à vouloir  que nos enfants s'en sortent (un peu) mieux que nous, car après avoir rendu impossible le retour aux états antérieurs elle restreint maintenant leurs marges de manœuvre.

Objection, mon honneur...
Si être objecteur de croissance est se soucier de l'avenir collectif en agissant au niveau social et politique pour que les voix de la prudence  et de l'équilibre soient entendues, puis écoutées,
Si être objecteur de croissance est refuser la pensée standard qui dispense de la réflexion et... dispense de la réflexion... en tenant pour vraies les élucubrations rarement  vérifiées des penseurs orthodoxes,
Si être objecteur de croissance est croire en la capacité de l'homme à surmonter ses erreurs,  savoir infléchir les conditions de son destin et oser s'affranchir des dogmes du moment,
Alors, c'est honorable, et j'en suis.

 
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Jeudi 10 août 2006 4 10 /08 /Août /2006 17:01
Mémoires du Comte de Saint-Germain, Berne, 1779

Dixième principe
De l'élimination des gaspillages

Tout édifice militaire doit avoir pour objet uniquement l'utilité & la plus grande économie. Il faut en retrancher rout ce qui n'est pas d'une nécessité absolue.
Dans l'état militaire, toute superfluité doit être proscrite, & toute ostentation.

Page 134
Les sous-titres engagent la responsabilité du rédacteur
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Mardi 8 août 2006 2 08 /08 /Août /2006 16:59
Mémoires du Comte de Saint-Germain, Berne, 1779

Neuvième principe
Du danger des titres honorifiques

C'est un usage bien pernicieux que celui d'accorder des titres (honorifiques) ; l'abus affreux des titres met toutes les têtes en fermentation...& anéantit les progrès des connoissances et des talens. 

Page 115
Les sous-titres engagent la responsabilité du rédacteur
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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Dimanche 6 août 2006 7 06 /08 /Août /2006 16:55
Mémoires du Comte de Saint-Germain, Berne, 1779

Huitième principe
Des dangers de l'inactivité

L'oisiveté à laquelle le militaire est condamné le corrompt nécessairement ; elle est la source de tous les vices...Quand on conduit les hommes comme des enfans, ils restent enfans toute leur vie...ce n'est qu'en les exerçant qu'on donne de l'aptitude et de l'énergie aux hommes.
C'est en occupant l'officier et le soldat qu'on les empêche de donner dans tous les travers.

Page 131
Les sous-titres engagent la responsabilité du rédacteur
Par Adamantane - Publié dans : Systémique
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