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  • : *Étonnement systémique et libertaire *Évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale *Ouvertures vers la pensée non conformiste
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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
  • Présenter un ensemble de littératures polychromes : poèmes, essais, critiques, préfaces, documents pédagogiques, schémas didactiques, fragments sur des thèmes divers
  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
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Étonnement

Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /Avr /2007 22:07

Éric Numès, journaliste,s'est intéressé à l'étymologie du mot blog. Et il a placé son mémoire dans Le Monde daté du 4 avril, en haut de la page 33.

Blog = B + Log...Log ?
Bien connu du  Chambers's twentieh century  dictionnary que me lègua mon père, avec trois acceptions :
-le logarithme (voir plus loin),
-une mesure de capacité hébraïque pour les liquides (la pinte juive)
-et le gros bout de bois mal dégrossi.
Dans mon ouvrage de référence sur  les sujets maritimes, La Mer des éditions Larousse , compilation dirigée par Georges Clerc-Rampal, j'avais appris que  la vitesse des navires était mesurée avec le loch,  planchette triangulaire larguée par l'arrière et considérée comme un point fixe, dévidant une corde dont était mesurée la longueur défilée en une minute, comptée en noeuds.
De loch à log, il n'y a qu'un pas de prononciation.

Dans mon temps, le log était surtout le petit nom du logarithme (où log est l'abréviation de logos, rapport...) .Et j'utilisai(s) une règle à calcul qui portait chez Graphoplex le doux nom d'Électric LogLog selon le boitier (Neperlog, selon la notice...)

A noter que ni log ni loch ne figurent à l'argot des taupins (voir  le nouvel argot de l'X, de Roger Smet, chez Gauthier-Villard) mais que curieusement le mot L(h)omond ( Le Loch Lomond est la boisson préférée d'Archibald, avant que Tryphon n'y mette bon antidote, n'est-ce pas, cher Hergé ?)  y apparait, pour commémorer les quartiers des anciens entre 1919 et 1930.

Quant  au mot blogue, que j'aime bien, il nous viendrait de nos amis canadiens, québécois, acadiens ou franco-ontariens...
Bonne blogaison !

Crédits : merci à Hergé, pour l'image, et à la distillerie Loch Lomond qui la publie sans en perdre une goutte.
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /Mars /2007 17:42

Dans sa chronique parue dans Le Monde daté du 27 février, sous le titre Comme une difficulté d'être avec les mots, Laurent Grellsamer  relativise le poids de la faute d'orthographe dans le texte écrit. Il exprime sa compassion pour les cadres dirigeants prenant des leçons de bien écrire en cachette. Il nous incite à réfléchir sur le paradoxe qu'il y aurait à stigmatiser la faute du rédacteur et à absoudre la faute de l'orateur.
Ses remarques ne sont pas dénuées de finesse. Elles proposent une méditation : comment faire l'éloge de la faute tout en respectant vocabulaire et syntaxe ?

La pratique de la lecture de livres publiés de l'an 1650 à  nos jours, soit un laps d'environ 350 ans, m'aide à relativiser la notion de faute. Non seulement le référentiel a changé, typographie comprise, mais encore il y eut souvent conflits d'usage.
L'un des plus anciens livres de ma bibliothèque, héritage de ma grand'mère maternelle, nièce de Jules Gayraud, est daté de 1641, chez  Jean Berthelin, à Rouen. Il s'agit de Les Essais de Michel, seigneur de Montaigne. Ces 1031 pages feraient le désespoir d'un correcteur, et  le plus moyen des élèves de sixième, à supposer qu'il ait été formé à décoder un alphabet qui diffère un peu du nôtre, y releverait sans difficulté trois fautes par ligne.

Trente-huit années de vie en entreprise m'ont fourni en littérature grise. Si j'ai produit moi-même des milliers de pages, j'en ai lu bien plus encore. Ce flux de textes n'a pas réussi à me mithridatiser contre le poison de la cacographie. Je demeure, je le confesse, d'une sensibilité extrême à certains signes de désinvolture orthographique, ne pouvant décider s'ils manifestent l'élan du danseur ou la patauderie du balourd. 
Hier je lisais un papier dans lequel, dans deux phrases contiguës, étincelaient une confusion entre ces et ses et une permutation entre est et ait....Or d'autres vocables plus complexes figuraient dans ce texte sans manifester d'anomalie. Le rédacteur qui utilise le verbe être au lieu du verbe avoir, puis dans la foulée un possessif au lieu d'un démonstratif, n'est pas victime d'un caprice de la mémoire, de l'arbitraire d'une graphie ou d'une fâcheuse proximité de touches.  C'est du côté du raisonnement que cela se passe...

Je veux bien suivre Laurent Grellsamer quand il plaide pour plus de mansuétude, plus de tolérance pour les erreurs qu'engendrent le stress du clavier ou le poids des mauvaises habitudes verbales venant  déformer la rectitude orthographique. Mais lorsque je subodore un début de confusion mentale, ma susceptibilité langagière se réveille.

Que voulez-vous, ma bonne dame...tous ces jeunes qui n'apprennent plus la stylistique ni la rhétorique, ignorent les rudiments de l'analyse grammaticale traditionnelle, pour ne rien dire de l'analyse dite logique !
De mon temps, faire une version latine était un exercice impliquant quatre colonnes disposées de la gauche vers la droite :
-le texte d'origine, une phrase par ligne, avec repérage par soulignements conventionnels des éléments du discours, identifiés en usant des ressources offertes par la connaissance des conjuguaisons [*] , déclinaisons, et règles de construction, dont les fameuses questions de lieu et de temps ;
-puis le texte réassemblé dans la perspective d'une reconstruction dans une langue dont les principes sémantiques et grammaticaux ne sont pas les mêmes ;
-puis ensuite la traduction dite littérale, sans souci de l'élégance de la forme mais avec celui de la cohérence du fond et du respect du message d'origine ;
-et enfin la version adaptée au génie du français, polissant les rugosités, s'efforçant de concilier besoin de vérité et désir d'esthétique.

Le savoir-faire ainsi acquis était de plus tout à fait recyclable dans des matières offrant en apparence plus de degrés de liberté, comme la dissertation philosophique ou la démonstration mathématique.
Ce processus engendrait des ingénieurs aptes à s'exprimer, par écrit comme à l'oral,  de manière compréhensible et présentant tous les signes extérieurs de la dignité intellectuelle.

Crédits : merci à Aurel Ramat pour son travail sur les règles de la nouvelle orthographe.

[*] Ça m'est venu comme ça sous les doigts...Conjuguer, mais conjugaison, comme carguer et cargaison, blaguer et blagaison, ....Mais à la relecture le mot a mauvaise allure.



 
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Dimanche 18 mars 2007 7 18 /03 /Mars /2007 21:43

Louis Jacot  a-t-il laissé des traces dans vos bibliothèques ? Et  vos esprits ?

J'ai rangé avec soin deux livres de lui, achetés en 1964 : Attraction ou distraction universelle (Nouvelles éditions latines, Paris 1954) et   La terre s'en va  (La table ronde, Paris 1958).

Ses points de vue iconoclastes sur  les lois de Newton, la cosmologie, et surtout sa tentative pour prendre en compte la mystérieuse loi de Titius-Bode sur la répartition des orbites planétaires et satellitaires avaient retenu mon attention.

J'avais assez sauvagement annoté ses ouvrages, déchiré que j'étais entre :
- ma culture très traditionnaliste en matière d'astronomie fondamentale, renforcée par la fréquentation entre 1962 et 1964 des soirées de la Société Astronomique de France, dont j'étais membre, et les cours d'astronomie fondamentale suivis en Sorbonne pendant mon service militaire,
- les ouvertures libertaires que m'avait  apporté la fréquentation, depuis 1954, de nombre d'auteurs et de revues de Science-Fiction, sans compter la lecture de Mondes en collision, d' Immanuel Velikovsky

Quelqu'un a-t-il étudié ses ouvrages ? Quelles sont dans la littérature actuelle les écrits qui pouraient être considérés comme de la même lignée ?
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Mardi 13 mars 2007 2 13 /03 /Mars /2007 15:17

Mon cher Joseph,
je viens d'entendre sur les ondes que tu avais diffusé ta première contribution au règlement intérieur de notre sainte mère l'église.

Comme trop souvent, les journaleux et les journaleuses, mal informé(e)s, mal formé(e)s – car quelle est la part de la théologie morale ( en particulier quelle lecture commentée du compendium theologiae moralis [*] de Joannis Petri Gury leur a-t-elle été proposée ?) qui leur a été révélée pendant leurs études ? –  ont extrait de ton travail quelques alinéas jugés croustillants.

Avant d'évaluer tes propos sur la base de leur forme écrite, certifiée conforme, je ne peux ici que manifester quelques craintes qui pourraient  être portée au débit d'un procès d'intention difficile à éviter dès lors qu'un sage respecté veut parler de la folie humaine, un astronome de l'art de creuser les puits, un voyant du sixième sens des aveugles.

Tu aurais confirmé que le prêtre devait s'abstenir de ces rapports qu'on dit intimes avec celles qui sont les partenaires organiques des hommes, ce qu'un esprit soupçonneux pourrait juger incompatible avec l'anathème lancé à l'encontre de ces hommes qui  développent des amours hors normes. Mais il s'agit là des mœurs que tu préconises à l'intérieur de l'entreprise que tu diriges, et dès lors que la convention collective du clergé respecte les impératifs généraux du droit du travail, je n'ai rien à objecter. Cela ne me concerne pas. Que tes employés s'en arrangent avec leur hiérarchie et leurs syndicats.

Tu aurais aussi renouvelé l'excommunication des divorcés remariés. Là peut-être sors-tu un peu de ton ressort juridique légitime. Que sais-tu de la souffrance du divorce ? Que sais-tu de l'effort de reconstruction d'un mariage renouvelé ? Encourages-tu l'hypocrisie de la maîtresse ou de l'amant régulièrement pardonnés et régulièrement retrouvés ? Tel ce paysan de légende qui confessant le vol de treize fagots, reconnaissait n'en avoir dérobé que douze, le treizième étant à récupérer sur le chemin du retour....
Pourtant, pris au pied de la lettre, le scénario colporté dans un des textes de référence de ton entreprise, texte réputé fondateur, fait la part belle à un mythique mariage à trois où un mari chaste et trompé n'a obtenu que de justesse la réparation honorifique d'une sainteté qui t'est chère, et qu'il mérite du fait de son statut de père porteur.

J'attends de lire ton texte. Je ne peux croire les informations entendues. Tel un autre des saints qui peuplent le panthéon polythéiste de ton église, je veux des informations de première main dans la plaie.

Mon cher Joseph, rassure-toi. Ces péripéties ne m'empêchent pas d'avoir la foi.

[*]
Cum approbatio illustrissimi Archiepiscopi turonensis. Lugdni, apud officinam librariam Briday, et parisiis apud Victor Lecoffre, bibliopolam. M DCCC LXXXI.

crédits :
merci à Bernardo Strozzi (1581/2 - 1644) pour cette Incrédulité de Saint Thomas, peint vers 1620.

Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Samedi 20 janvier 2007 6 20 /01 /Jan /2007 22:46


Je suis allé sur le Wiki du groupe Des Mots Des couleurs, et ai lu avec intérêt, mais aussi avec quelque étonnement,  des textes tournant autour du thème :
Comment la jeunesse peut-elle continuer à se faire entendre dans une société où elle devient minoritaire ?

Ce thème m'interpelle, car :
-il y a 35 ans je me posais des questions de même nature, face au poids écrasant des personnes installées dans les institutions (familles, églises, associations, syndicats, entreprises,...) ;
-mes enfants, mes neveux et mes nièces s'interrogent à ce sujet ;
-je juge la préoccupation légitime et serais même inquiet si elle n'était pas manifestée.

Par exemple  – ma citation est  partielle, mais l'intégralité du texte est disponible sur la page du site dont je donne l'adresse –  :

Entre 1975 et 2005, les majeurs de moins de 30 ans sont passés de 20 % de la population totale de la France à 15 %, soit une diminution d'un quart. Dans la même période, les plus de 60 ont cru de 18 à 21 % de cette même population (source INSEE). ...... Ce sont également les mécanismes et institutions qui vieillissent. Une évolution qui se fait au détriment des jeunes, devenus minoritaires dans les prises de décisions politiques du fait de leur poids électoral réduit.

Les conséquences sont considérables dans tous les domaines et interrogent sur la place future des jeunes dans la société. Dès les premiers gestes de l'autonomie, les 18 - 35 ans sont bridés par le poids des ainés...... Enfin, même une fois installés et pourvus d'un emploi stable, les jeunes se voient dans l'incapacité d'épargner pour leur avenir à cause du financement écrasant des retraites de leurs ainés.

Cet état de fait, que nous ne pouvons que constater, n'est pas qu'une crise. Le "papy boom", que l'on annonce déjà retentissant, fera passer la charge des retraites de 2 à 3, voire 4, retraités à financer par actif ! ......Quelles modifications institutionnelles peuvent permettre de les amener et de les maintenir au coeur des débats politiques et associatifs ? A nous de réfléchir, à cette table, aux initiatives, immédiates ou de long terme, qui permettront de répondre à ce défi démographique.


Je pense à lecture qu'il serait bon pour les auteurs de cet manifeste, pour faire progresser leur réflexion, de  prendre contact avec ces papys dont les retraites diminueraient le pouvoir d'achat des jeunes, et qui seraient les soutiens d'une conception du monde écartant des emplois et des logements celles et ceux dont les pratiques de vie rompraient trop avec les anciennes moeurs.

Tel qu'il est, le texte cité plus haut, au fond un appel à l'aide et un cri d'angoisse des plus jeunes, demande à laquelle je suis sensible, est à mon avis maladroit dans la forme.
Je lui fais le crédit d'intention qu'il ne demande pas que les vieux se sentent coupables et, faute de pouvoir être pardonnés, consentent à s'éclipser. Toutefois, il risque d'être interprété comme un appel à la relégation des anciens, qui cumuleraient les rôles de parasites sociaux et de freins institutionnels , et donc d'être de ce fait considéré comme une dérogation à l'ordre juste.
L'ordre juste en effet  a pour référentiel la fraternité. Pas plus que la fraternité des vieux n'a de sens si elle vise à la mise sous tutelle des jeunes, pas plus celle des jeunes n'a de sens si elle se nourrit  de cette forme de contestation, sur des bases contestables, de la présence des vieux. D'ailleurs, la fraternité, pour être, est nécessairement globale, et ne connaît ni âge ni statut social ni aucun autre facteur discriminant.

Les papys en question ont travaillé non pas 35 mais au moins 40 heures  par semaine, souvent plus – je ne parle pas de la durée effective ou ressentie, mais de la durée contractuelle, qui il y a quarante ans était pointée, notée, fichée, avec à la clef une heure d'abattement pour cinq minutes de retard... – , avec trois semaines de congé en moyenne, et sans aucune des facilités que donnent les outils modernes, qu'ils ont d'ailleurs imaginés et mis au point.
Et ce dans le contexte de la guerre froide, s'attendant à voir un jour les horizons s'embraser des soleils atomiques, lisant avec inquiétude ce qu'on voulait bien leur dire du mortel bras de fer engagé entre les deux blocs, s'interrogeant sur les chances de survie de la planète.
Le réchauffement climatique, c'est la mort progressive et pas encore irréversible. La vitrification des villes et des campagnes, c'était la mort totale et sans préavis.

Ils ont beaucoup cotisé aux caisses de retraite, contribuant ainsi  à l'amélioraton des conditions de vie de leurs propres parents. Leurs retraites actuelles ont été amputées d'environ 30 % par rapport aux promesses qui leur avaient été faites, au point qu'il serait dans un autre contexte légitime de parler de détournement de fonds. Le montant de leur pension est le fruit d'une épargne forcée, à laquelle ils ont trouvé des justifications idéalistes relevant du domaine de la solidarité.

Certains de ces papys ont de plus  payé à ceux de leurs enfants qui ont bien voulu les faire, et en  estimant cette démarche toute naturelle et n'appelant aucune reconnaissance spéciale,  des études dont le prix n'a cessé d'augmenter.
Beaucoup continuent, passé 65 ans, à consacrer du temps et de l'énergie à l'amélioration de la société en général et du cadre de vie en particulier, à titre bénévole et sans même que leur activité soit reconnue, et consolidée dans la composition du PIB.

Je ne pense pas qu'il faille pour les jeunes d'aujourd'hui, qui sont les vieux de demain, considérer les papys comme un obstacle, et stigmatiser leur responsabilité dans leur malaise.

Plutôt s'en faire des alliés.
Plutôt se souvenir, ou apprendre maintenant si leurs parents ne ne leur ont pas osé dire à l'époque,  que leurs parents ont connu un autre malaise , qui était celui de n'exister que comme ex-adolescents soumis et enfermés dans un rôle de main d'oeuvre productive, à la quelle on ne demandait pas son avis et avait peu de moyens pour le donner.
Plutôt se souvenir, ou apprendre si leurs parents ne ne leur ont pas osé dire,  que si leurs parents ont commis collectivement une grave erreur éducative en se laissant tenter par les théories de la non-intervention pédagogique, ils ont eu à faire face à un ensemble de mutations rapides et souvent imprévues, même si plutôt bonnes en potentialité,  auxquelles leur propre éducation ne les avait pas du tout préparés, et dû se donner à chaud de nouvelles lignes de conduite au sein de ces nouveaux paradigmes.

Comment faire pour utiliser l'expérience accumulée par les papys (et les mamies aussi, bien entendu) ? Il est probable que s'ils sont mis en position d'être complices d'un système social qui en effet ne tourne pas bien, ils risquent de dire qu'ils ont assez donné et de partir s'installer à la campagne !
En revanche, l'idée que la société est en mauvaise santé et que, comme elle est réduite à l'automédication, il faut qu'elle mobilise tous ses membres, jeunes et vieux réunis, pour imaginer des solutions pertinentes et durables serait peut être capable de donner des résultats.

Ce n'est qu'une remarque personnelle.
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /Déc /2006 16:16

Le permis à points avait été mis en place, si j'en ai bien compris l'esprit, pour faire réfléchir les pilotes d'automobiles sur les risques qu'ils faisaient prendre et prenaient en dérogeant  pour commodité personnelle ou par distraction –tout aussi personnelle... – aux paternelles injonctions du code de la route.
Le concept de points (le permis partiellement soluble dans la contravention) voulait , intelligement, éviter la sanction du type tout ou rien qui met dans le même panier (à salade) l'égoïste meurtrier qui double en haut de côte en troisième position et le philofélin qui dans un village désert donne un petit coup de volant à gauche pour ne pas écraser un crapaud fourvoyé ou un  rescapé des chats de Léautaud ( Laid-Auto ?...), suivant ainsi les conseils donjuanesques de feu tonton Georges.

Mais voilà que dare-dare les radars, systèmes automatiques et incorruptibles, même si non-infaillibles, enregistrent depuis quelques mois plus d'excès que d'habitude. Cela ne retire rien à la réalité de la majorité des infractions, même si certaines ont pu faire – souvent à juste titre – l'objet  de contestations amusantes.
Du coup, nous apprenons avec stupeur que le nombre de permis de conduire ainsi rendus incomplets fait, avec 20 %, un score à rendre jaloux un candidat au premier tour de l'élection présidentielle.
D'où à la fois l'émergence d'une peur – première étape vers une sagesse renforcée ? – et un nombre accru de conducteurs circulant sans permis. Il est par ailleurs et "au passage " stupéfiant que, vu l'effectif des agents assermentés qui émargent au budget de la collectivité et le nombre de contrôles subis par un citoyen à quatre roues, autant de manieurs de volant puissent circuler librement sans le papier qui atteste de leur capacité théorique à le faire.

Que font nos politiques ? Contre toute attente, cédant aux pressions de ceux qui mettent en avant "le besoin du permis pour travailler", ils décident, non pas de renforcer l'éducation civique des chatouilleurs de règlement, voire des délinquants notoires, mais d'assouplir la règle car il y aurait trop de retrait de points.

Il franchissent sans scrupules leur propre bande blanche. Et même, imitant les motards vrombissant à contre-sens et injuriant les usagers sans imagination qui se bornent à rouler sur la chaussée qui leur est réservée,imitant les cyclistes qui brûlent les feux pour sauter plus vite sur les trottoirs slalomer entre les piétons pas trop rassurés, ils transgressent la règle commune et de bon sens qui veut que si un appareil répressif ayant eu le feu vert –si j'ose écrire – des techniciens et des représentants du peuple signale des fautifs, il faut soigner lesdits fautifs et  non édulcorer l'appareil.

Si un citoyen a besoin du permis pour travailler, non seulement nous pouvons attendre de lui qu'il ménage son outil de travail, mais aussi que, plus expérimenté que le retraité amateur ou le débutant effarouché par la complexité du système et les incivilités de certains, il ait par son comportement valeur d'exemple.
Le fait d'être boucher n'autorise pas à donner du tranchoir à tort et à travers, le fait d'être journaliste n'autorise pas à écrire n'importe quoi n'importe comment, le fait d'être grand conducteur aux commandes d'une grosse cylindrée  n'autorise pas à mettre les dodocheurs  en danger. Ou alors, que ces amateurs de sensations (que d'ailleurs ils offrent généreusement  en partage aux autres, qui n'en peuvent mais) aillent affiner leurs talents sur les bord de la moskova, où ce comportement semble, selon un article de presse récent, toléré pour quelque temps encore par les autorités.

Crédits : merci à la DEE du Loiret pour sa fiche d'information sur le permis à points....
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Samedi 9 septembre 2006 6 09 /09 /Sep /2006 11:06

Un des rédacteurs de Le Monde Citoyen vient de mettre en ligne le résultat de ses réflexions sur la typologie des blogueurs. Plus modeste et plus intéressant à mes yeux que le papier de Le Monde  du vendredi 7 avril (je sais, j'y ai mis du temps ; j'avais promis d'en parler mi-mai) nous présentant en double page les quinze blogueurs promus leaders d'opinion sur la Toile.



La typologie proposée par Guy Birenbaum dans Le Monde Citoyen est présentée comme une galerie de portraits, et résulte  d'une approche comportementale qui ne peut laisser indifférent : j'y ai reconnu pratiquement  tous mes partenaires de bloguage, mais bien entendu je ne m'y suis pas moi-même retrouvé !

C'est simple, c'est libre, c'est ouvert.


Alors que celle d'Olivier Zilbertin, dans son panorama des blogues branchés et incontournables (il a signé son papier, je peux donc le nommer) est purement de type notoriétal. On nous dit que voilà les bons blogues...Paradoxe tout de même :  au nom de la liberté de l'information, le spécialiste décerne les étoiles, se bornant à décrire la méthode de sélection par deux informations en apparence contradictoires — je cite — :
Le Monde en a sélectionné quinze dans différents domaines, choisis parmi les plus consultés par les internautes .
et
l'influence réelle des blogs est difficile à mesurer avec précision. Car, ici comme ailleurs, influence ne rime pas forcément avec affluence.

A noter que d'une part le choix des compartiments — les différents domaines — est arbitraire et plutôt critiquable : le monde des arts en général et de la littérature en particulier est notablement sous-représenté ; d'autres continents de la pensée et de l'action subissent le même sort. La virgule atteste que l'objet du choix est bien les blogues, et non les domaines.

...Et que d'autre part le mot précision est employé à contre-sens. Le concept de précision implique que la variable retenue comme image du phénomène quantifié soit identifiée ; or tel n'est pas le cas ; l'affluence n'est pas le bon indicateur, et  c'est hélas le seul que les blog-rank sont réputés capables de décompter. Il en est souvent ainsi : le PIB n'est pas le bon indicateur pour évaluer la croissance, mais ...

C'est compliqué, c'est conformiste, c'est clos.

Blogue  rimant avec dialogue, j'ai laissé un commentaire sur l'article repris par Le Monde Citoyen depuis Domaine d'Extension de la Lutte.

Et pour ceux que la typologie de la blogosphère intéresse...

Crédits :
Merci à Bernd et Hilla Becher pour cette typologie des châteaux d'eau...dont voilà la référence.
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Samedi 2 septembre 2006 6 02 /09 /Sep /2006 16:24

Le site branchez-vous.com nous relate (nous relata...l'information remonte à Pâques ou à la Trinité...), les difficultés professionnelles d'un journaliste qui bloguait sous un pseudo.

La graine de pseudonyme donne-t-elle en croissant un masque, un dédoublement, une distanciation ? Le monde artistique et littéraire est un de ses terreaux d'élection.


L'emploi de pseudonymes multiples n'est pas non plus inhabituel.
Les raisons invoquées par ceux de mes proches usant de cette facilité -reconnue, m'a dit un directeur d'agence bancaire, par les banques pour l'ouverture d'un compte - sont très souvent le désir de ne pas mélanger deux domaines d'activité différents, par exemple la recherche fondamentale et l'écriture poétique, et de cloisonner leur notoriété, leur réputation.
D'autres ont même évoqué leur sécurité.  En particulier vis à vis de leur employeur.  Alexis Léger, par exemple...

Julien Gracq, dont l'aléthonyme est  Louis Poirier, géographe,  aurait écrit : J'ai choisi un pseudonyme, lorsque j'ai commencé à publier, parce que je voulais séparer nettement mon activité de professeur de mon activité d'écrivain. Ce pseudonyme n'avait dans mon esprit aucune signification. Je cherchais une sonorité qui me plaise, et je voulais, pour l'ensemble du nom et du prénom, un total de trois syllabes.
Il engendra  Erik Orsenna, alias Erik Arnoult, qui emprunta son nom de plume à l'incipit du Rivage des Syrtes, avec ce commentaire :
publier son premier roman sous son propre nom la même année que sa soutenance de thèse d’économie (1973) ne paraissait pas très sérieux...

Personnellement, je n'avais jamais usé de cette possibilité, la trouvant même un peu schizophrène,  jusqu'au jour où j'ai choisi le site internet comme média pour mes écrits. Je ne voulais pas que ce site porte mon nom, qui d'ailleurs ne m'appartient pas en propre, si j'ose dire, de même que lorsque j'ai créé une petite entreprise de consultance elle avait été baptisée de manière à ne pas sembler être une de mes émanations.
Et puis donner un nom est une activité créatrice dont l'exercice est limité. La néologisation permet certes  de s'entrainer dans le domaine du vocabulaire, mais la création de noms propres, que les agences spécialisées vendent à prix d'or (Midas, le roi Midas...)  demeure un moment  rare dans la vie d'un homme .
Le site a déteint sur le blogue, et j'ai pris l'habitude d'utiliser pour signer mes interventions et contributions, sur WikiPédia ou AgoraVox par exemple, le nom du site.

La question posée dans le papier cité en début d'article est celle de la légitimité éthique du poly-pseudo (ça fait un peu poulpe...).
Je ne vois pas bien en quoi il y aurait faute morale, sauf si la règle du jeu (d'un groupe, d'un organe de presse, etc. ) est d'interdire explicitement cette pratique.

Larvatus prodeo, relu par certains larvatus pro deo,  écrivait déjà dans ses Praeambula un de nos éminents anciens, pourtant a priori...cartésien. 




Crédits :
-merci à Jean-Chales Condo pour son papier sur branchez-vous.com, et à Alain Lafon pour avoir signalé sur son blogue, en la commentant, cette information.
-merci à Guy Aznar, qui au sein de Synapse m'a, dans les années 1970, initié aux règles du jeu de la créativité collective en général et de la recherche de noms en particulier ; mon idée de yaourt aux oiseaux (vous ôtez la capsule, un colibri s'en vole...) n'eût pas à l'époque le succès que j'en attendais.
-merci à l'auteur pseudo-anonyme (ça se complique) de l'affiche française du film Le masque de Zorro, que je n'ai su identifier...si quelqu'un sait son nom  et peut le dénom-cer, qu'il le dise.
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Jeudi 17 août 2006 4 17 /08 /Août /2006 23:01

Ce n'est plus de l'étonnement, c'est de l'indignation...

Un gentil journaliste de France Info m'a appris ce soir que les marchands d'OP (Ordinateurs Personnels, PC en basic-english ) venaient de s'intéresser à une nouvelle clientèle, celle des seniors (les plus de soixante ans), avec des ordinateurs simplifiés.
C'est tout de même un peu fort. Qu'apprend-on dans les  écoles de journalisme ? Passe encore de faire l'impasse sur les fondements de la syntaxe et de la morphologie de la langue française, mais ignorer l'histoire à ce point...

Jeune homme, qui a médité, inventé, expérimenté, fait évoluer les zordinateurs zindividuels pour les amener, quincaille et mentaille réunis (dans mon temps, le hard et le soft n'avaient pas encore revêtu les apparences de la facilité langagière du sabir intercontinental), à l'existence ?

Qui a bataillé pour que ces  machines un peu mégalocéphales deviennent de taille raisonnable, et utilisables par le plus grand nombre, apprennent à se téléphoner, remplacent les Underwood de grand-papa et les Olivetti de maman ?

Qui a testé les savoir-faire hésitants de la CAB-500, apprivoisé les caprices du Programma-101, enrichi la syntaxe d'Algol et obligé les télétypes type marine nationale à céder la place aux terminaux  des IBM-400 ?

Eh bien , jeune homme, c'est nous, les seniors, qui avons tranquillement  accompagné cette évolution, en nous heurtant constructivement aux  hésitations raisonnables de nos aînés, en abandonnant les outils dont nos professeurs nous avaient appris le maniement, de la règle à calcul à la calculatrice à cylindres et chariot mobile, de la machine à écrire à corbeille à la tireuse de plans...

Eh bien , jeune homme, c'est aux seniors que vous devez ces instruments dont vous vous ébahissez aujourd'hui qu'ils puissent nous être utiles, si bien entendu leur mode d'emploi est rendu accessible à nos cervelles figées et à nos mains inexpertes...

Eh bien, jeune homme, je ne retiendrai de vos propos que la bonne intention qui vise à ne pas laisser les seniors à la traîne du progrès technologique, et à leur proposer d'accéder à ces mystères qu'ils sont trop vieux pour se souvenir de les avoir construits avant que vous ne tentiez de les percer...

Si je vous demande pourquoi ce papier est dédié à Alan Turing, saurez-vous répondre  ?

Crédits :
-Merci à Jean-Baptiste Greuze, pour ce dessin d'un senior impavide à l'idée d'un ordinateur simplifié.
-Merci aux dizaines de milliers de seniors de toutes nations qui par leur ténacité et leur inventivité ont mis à la disposition des jeunes journalistes ce merveilleux outil.
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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Jeudi 6 juillet 2006 4 06 /07 /Juil /2006 17:21


Lionel Jospin a été pendant cinq ans un premier ministre nommé sous l'étiquette socialiste, atypique, inventeur de la majorité plurielle — qui s'est désagrégée dès l'épreuve redoutable de l'élection présidentielle, telles ces comètes que leur passage au périhélie fait exploser —  et instigateur de plusieurs réformes dont une au moins  relève de l'autisme social le plus caractérisé, la magouille dite des trente cinq heures.

Cette injustice normative était intellectuellement et même idéologiquement douteuse, (mais ses inventeurs étaient-ils socialistes ?) car la force de travail n'est pas une marchandise que l'on stocke et débite et répartit ; elle est le temps vécu des travailleurs, et leur seule source de ressources et de réalisation de soi.
Elle a été  et demeure socialement dévastatrice : seuls les salariés des grosses structures, étatiques ou capitalistes, qui  bénéficiaient déjà de la protection sociale maximale et de la précarité minimale, en ont profité, alors que ceux des petites et toutes petites entreprises, soit près de 80 % du corps social, se sont au mieux contenté des miettes, au pire retrouvés dans une situation plus douloureuse  que la précédente.
Pour ne rien dire des entreprises de toutes taille et de tous statuts, de l'assistance publique aux boulangeries industrielles, des centres d'appel  aux écoles maternelles, où la compensation de la réduction effective du temps de travail a été réalisée non par créations d'emploi, mais par ce que l'on nomme pudiquement amélioration de la productivité — vocabulaire industriellement correct pour désigner la posture consistant à faire suer le burnous, posture stigmatisée à juste titre comme à la fois économiquement absurde et contraire aux droits élémentaires de la personne humaine
Au delà de l'économie d'une réflexion sur la croissance, son sens, son utilité, son coût humain global,  cette décision hélas irréversible a contribué à accentuer la fracture sociale dont la dénonciation, demeurée aurgument électoral, était chère à son patron institutionnel et ennemi politique intime.
Alors qu'une telle réflexion, qui nous fait toujours défaut, aurait pu permettre à cette équipe insolite de laisser une trace positive dans notre histoire locale...

Lionel Jospin avait dignement tiré le rideau en annonçant, de manière un peu abrupte, mais société du spectacle oblige, qu'il mettait fin à sa vie politique du fait de sa défaite (toute relative, d'ailleurs, au regard des chiffres, l'écart entre les  candidats classé deuxième et troisème étant de 0,7 %, donc assez peu significatif ; preuve supplémentaire de l'absurdité d'un système où les pourcentages sont rois ).

Et, tiens, le revoilà...

Dans les années 1955, au lycée de Meaux, un jeune homme doué pour le basquette-balle était fort demandé pour entrer dans les équipes qui se constituaient à l'occasion des récréations. Il avait d'ailleurs la capacité de leur apporter sans barguigner les tirs victorieux.
J'ai encore dans les oreilles les exhortations "vas-y Lionel !" qui accompagnaient les rebonds du ballon sur le sol.

Aujourd'hui, j'ai plutôt envie de crier "vas-y-pas, Lionel !".

Qui a envie de revivre cette époque de navigation floue, d'alliances élastiques, d'erreurs démagogiques, de socialisme trahi ?
Loin de moi, bien entendu, le soupçon que ce retour sur scène façon opéra soit uniquement dicté par la nécessité de faire barrage à une candidate encombrante qui ose l'écoute et, comme son vis à vis bien-pensant, trouve intellectuellement désolant et socialement contreproductif d'éliminer systématiquement toute idée partagée par celles et ceux de l'autre camp.

Crédits :  merci à René Ferracci, pour l'affiche du film de Luis Bunuel, le Fantôme de la Liberté...
Par Adamantane - Publié dans : Étonnement
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