Jeudi 26 avril 2007
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15:58
Numérobis : Je suis mon cher ami, très heureux de te voir.
Panoramix : C'est un Alexandrin...
Le paragramme poétique est un concept innovant.
En principe, le paragramme se borne à permuter deux lettres de même prononciation, se comportant comme le symétrique d'une cacographie. Au sens strict, le couple tréteau / très tôt n'appartient pas au système, alors que zincage / zingaje est en
plain dedent...Tout comme le couple différence / différance de Jacques Derrida.
Le paragramme poétique est une formule d'écriture en marge des démarches
Oulipiennes (je renvoie à une entrée de WikiPédia à laquelle j'ai
modestement contribué...).
Le promoteur de cette version particulière du paragramme tient
blogue.
Pour comprendre la définition qu'il en donne, et l'usage qu'il en propose, le plus
parlant est de visiter son blogue et de se laisser guider par les exemples et les
explications.
D'une part, dans une perspective quasi cabalistique, il accorde plus d'importance aux sons consonnes qu'aux sons voyelles.
D'autre part, il propose une nouvelle forme de contrainte d'écriture qui associe le sonore et le visuel. A noter que cette seconde partie de la contrainte est éventuellement perceptible à un
lecteur, mais ne l'est pratiquement pas à un auditeur.
Le poème qui suit,
publié dans
Le cristal opaque, de
Jean-Pierre Desthuilliers, serait paragrammatique au niveau du texte, faute de l'être au niveau de chaque vers, puisque n'utilisant, y compris et surtout
dans le titre, déclencheur du développement, que les quatre sons consonnes R V D N ; en revanche, la forme choisie étant celle du RonDeau, il ajoute une petite subtilité connivente en ce
domaine.
REVE DERIVE, NAVIRE D’OR
Un vannier renoue en vain
Un noyer raide à rouir ;
Deux renards arrivent dire
De donner du nouveau vin.
On y voit de vrais devins
Rêver d’or et revenir,
Un vannier renouer en vain
Un noyer raide à rouir,
On adore un nom divin
Dédié à un navire ;
Naïade nue à ravir
Dur ivoire et rude airain
Un vannier vous noie en vain.
Restent , pour reprendre la triade de préfixes chers à
Kekulé – moins connu sous le nom de
Friedrich August Kekulé von Stradonitz, l'architecte dévoyé dans la
chimie aromatique, l'homme qui rêva d'Ourobore en méditant sur le noyau benzénique – et à ses disciples , à :
-inventer l'ortogramme, qui semble être déjà un vocable estonien, encore que jamais
Piotr Szut ne l'ait utilisé dans ses conversations avec
Archibald
Haddock...
-et évoquer le métagramme , qui met le chien en niche, porte le calepin au pinacle dit gare à la rage.
Reste aussi et surtout à faire un
détour du côté de
Julia Kristeva, qui développe en 1998 un
Cheminement vers une sémiologie du paragramme (
Towards a semiology of paragrams ; j'ai choisi de traduire le titre
en usant d'un nom collectif ), où la concept de paragramme prend un autre sens, plus proche pour moi de celui de
la pensée
latérale de
William de Bono.
Elle aurait pris (ma lecture est de seconde main, si j'ose dire) comme exemple la phrase
the table is green, exemple dont on ne me fera pas croire qu'il ne
s'agit pas d'une allusion translucide à
La Table d'émeraude...
Le paragramme a une longue histoire dans les
recherches sur l'équipement mental des décodeurs de texte.Le défi est de connecter l'art de la
critique à celui de la création, et de savoir si l'outil de déconstruction raisonnée peut, en inversant quelque processus, devenir celui d'une construction intuitive.
Crédits :
Merci à
Julia Kristeva, alias
Julia Joyaux, dont j'ai surtout lu
Le langage, cet inconnu, pour m'avoir aidé sans le
savoir dans un travail plus personnel sur les liens entre dialectique et symbolique.
Merci à
René Goscinny et
Albert Uderzo pour avoir
utilisé la bande dessinée pour dessiner par la
bande un projet d'instruction grammaticale et rhétorique à l'usage des petits bruns et des grands blonds...
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