Voilà un parti politique qui, renaissant de ses centres, pardon, de ses cendres, a la divine surprise de voir son
président recueillir, au terme d'une campagne
vigoureuse, près d'un cinquième des suffrages exprimés.
Que croyez-vous que fasse(nt) bon nombre de ses élus ?
Qu'ils se félicitent de la nouvelle assise donnée à leurs convictions, de cette nouvelle lumière éclairant leurs projets, de l'audience ainsi objectivement mesurée de leurs propositions de
société ?
Qu'ils se précipitent autour de leur patron, chaleureux équipiers voyant leur espoirs renouvelés, leur croyances restaurées, leurs désirs d'agir rénovés ?
Qu'ils se tournent vers les citoyens qui ont écouté leur différence, encouragé leur dissidence, exalté leur dissonnance, pour leur dire : votre point de vue a été entendu, nous prenons le relais
dans les systèmes de gouvernement, pour que maintenant il soit autant que faire se peut mis en pratique.
Que nenni !
Beaucoup se rallient honteusement à un jeune homme dévoreur de libertés publiques, dévastateur de lien social, démolisseur de solidarités plurielles.
Ils ont volent au secours d'une victoire statistiquement prédictible, appliquant à la lettre la règle de conduite que j'ai prêtée par erreur à
Caius Iulius Caesar face à
Vercingétorix,
vae victis, et qui fut de fait, selon un de mes lecteurs que je tiens à remercier pour sa remarque, ainsi formalisée par un gaulois,
Brennus, victorieux à Rome, et traitant une affaire de rançon avec
Quintus Supicius. Je suis confus de cette confusion ; il n'en reste pas moins vrai qu'elle est
exemplaire des tendances innées de l'homme à humilier son provisoire vaincu...
Car pour ce jeune homme, qui hier encore faisait analogie entre l'élection du président de la république au suffrage universel et la désignation du vainqueur d'un match de fouteballe, histoire de
mépriser un peu plus encore ces millions de racailles qui n'ont pas voté pour lui, ne voyant dans ses propres électeurs que des supporteurs façon tribune de stade, dépouiller son adversaire de
certains de ses proches est signe de force et titre de gloire.
Auraient-ils peur, ces précautionneux, de perdre une chance de conserver un siège, et les privilèges qui vont avec, même s'il en est de nécessaires.
Auraient-ils peur , ces peureux, de manifester un peu de personnalité, de traverser au pire un petit désert électoral.
Auraient-ils peur, ces vertueux, d'être repérés comme partisans d'un trublion politique, d'un sauvageon démocratique, d'un chardon idéologique ?
Il est tout de même paradoxal que le succès engendre la fuite. Pire, la trahison la plus cynique...
Reste à faire l
'éloge de la trahison...perdu, c'est déjà fait !
Il est certes permis de changer d'avis.
Certaines circonstances, toutefois, laissent soupçonner une faculté d'adaptation un peu tapageuse et exacerbée.
Nota : Loin de moi l'idée de mettre dans le même panier, j'allais dire dans la même urne, tous les élus et militants de feu l'UDF.
Il en est qui usent de leur droit à la liberté de vote pour dire qu'ils choisiront, par défaut, l'un ou l'autre des candidats que la loi électorale propose à leur suffrage ; c'est leur
droit le plus démocratiquement reconnu. Mon étonnement se manifeste à propos de celles et de ceux qui ont assorti cette option d'un ralliement médiatiquement affiché, et qui se sont fait ainsi
remarquer du très probable futur élu.
Certaines et certains résistent, eux, avec vigueur. L'UDF , comme tous les partis, rassemblements, unions, est un être collectif, donc est née, a vécu et peut, va mourir. La marque UDF ayant été
achetée à l'époque à l'INPI par un petit malin qui la revend à l'UMP n'a plus que la valeur commémorative du patronyme que l'on grave sur un granit tombal.
Reste à nommer l'ensemble à constituer. Avec le temps, pratiquement toutes les combinaisons sensées des mots magiques du vocabulaire politique ont été utilisées, et bien peu
restent disponibles.
Créatifs, à vos synapses...
petite correction à apporter à l'article, aux termes duquel je souscris entièrement :
Vae victis fut la parole de Brennus, le Gaulois, à l'encontre des Romains vaincus, quand il ajouta son épée à la balance qui pesait la rançon à payer.
ce que Sarko sera bien capable de faire quand il aura laminé toute velléité d'opposition à l'udf...
Vous en voilà presque co-auteur.
J'avais oublié, presque soixante ans après l'avoir appris à l'école, le lien entre l'épisode des Oies du Capitole et l'exclamation de Brennus, qui, bien avance sur notre temps (combien de GI parlent arabe ?) avait compris qu'il convenait de parler la langue de l'ennemi pour éviter les surprises et dicter, en cas de victoire, sa volonté.
Charles Brennus, sculpteur à l'origine du "bout de bois", avait-il un lien avec ce Gaulois pragmatique ?
Bien quétant belge, un étranger aux problèmes de la France, je me permets d'ajouter un commentaire...
Vous faites sans doute allusion à Bayrou ?
Si oui, permettez-moi de dire que ce personnage m'a toujours semblé une couleuvre - depuis trois ans, votant constamment contre l'UMP et tirant les marrons du feu en s'affirmant de " droite " - pour ne pas dire un être visqueux !
Bien cordialement
oui, je parle de François Bayrou. Pour reprendre le vocabulaire d'une époque que nous connûmes l'un et l'autre, peut-être mieux vaut-t-il être couleuvre visqueuse que vipère lubrique ?
Affaire de totémisation...
Pour moi, quelques questions sont :
-que veut-dire être de droite ?
-l'UMP, propriétaire de la marque UDF, est-elle toujours de droite, quand dirigée de fait par un politicien velléitaire qui est non pas droit mais tordu ?
-la binarité gauche/droite est-elle créative quand le référentiel change et que certains citoyens veulent s'extirper des sables mouvants des idées toutes faites vendues par lots globaux ?
Je pense aussi (clin d'œil) que les citoyens Belges sont parmi les moins étrangers aux problèmes de la France. L'introduction du commentaire fleure bon la politesse à l'ancienne et j'en apprécie l'amicale réserve.
A titre personnel, je ne me sens pas étranger aux problèmes spécifiques de la Belgique, communauté pour laquelle la fracture linguistique est une plaie douloureuse, que beaucoup de français jugent incompréhensible, faute d'avoir "visité", alors qu'ils sont prêts à s'étriper au nom de la démarcation droite/gauche, qui a remplacé il y a deux siècles le mur sanglant papistes/huguenots....
Un votant sur cinq a pensé que François Bayrou portait en ce moment un message qui méritait d'être écouté, à savoir que la dualité idéologique, dualité que nos règles électorales exacerbent dans ce type d'élection, pouvait engendrer plus de blocages et de règlements de comptes que de recherche de solutions acceptables et créatives à nos préoccupations économiques, sociales et spirituelles.
Pourquoi ne pas écouter au moins le message ? Et même si les intentions du narrateur ont quelque chose de discutable, il y a peu d'actes gratuits dans le monde de la politique, des affaires, des arts et de la religion : le message en lui-même ne mérite-t-il pas d'être pris au mot ?
Monsieur Bachy,
Votre commentaire témoigne d'un jugement personnel, qui n'est pas nécessaire fondé sur des réalités vécues, mais sur des ouï-dires rapportés par les médias - si j'en juge le contenu.
Une question:
Avez-vous rencontré personnellement François Bayrou et parlé avec lui pour former votre jugement ? Ou vous basez-vous uniquement sur les dires des médias ?
Je peux vous dire que ceux-ci ont joué - et jouent encore - un rôle particulièrement hypocrite, pour ne pas dire mensonger depuis quelques années.
Vous qui vous intéressez à l'Histoire, essayer de déméler l'enchevêtrement des propriétés des différents médias, les relations de ceux-ci avec les grands groupes industriels, clients de l'Etat...
En tout cas, je peux témoigner personnellement que pendant la campagne des présidentielles - sûrement depuis bien longtemps avant, mais je ne l'avais pas constaté à ce point puisque je ne m'étais pas engagée - la majorité des médias français, papier et audiovisuel, ont joué un rôle peu glorieux.
Par exemple, tous mes messages sur le net en faveur de F. Bayrou sur TF1, Europe1, L'Express, Le Point, Le Figaro, Libération ont été EFFACES pendant les mois de janvier et février 2007. Comme je suis souvent sur le net, j'ai pu constater que mes messages passaient sur Europe1, vers minuit lorsque je les écrivais, je les voyais en ligne sur mon écran. Le lendemain matin, après le passage du "modérateur", ils avaient disparu. Alors que tous les messages qui disaient: "Bayrou n'a pas de programme", "C'est un imposteur", etc... restaient en ligne.
Le Monde a même publié un article le vendredi avant l'élection, selon lequel voter Bayrou était ANTIDEMOCRATIQUE. C'est d'ailleurs ce qu'avait déclaré N. Sarkozy pendant les présidentielles, car il déplaçait les lignes du clivage gauche-droite.
Mais comme plus de 65% des Français approuvaient cette démarche, NS maintenant au pouvoir, le "singe", mais ne reprend pas la profondeur de sa démarche. Il débauche des personnalités qui quittent leur milieu, alors que F. Bayrou voulaient les amener à travailler ensemble sur des projets définis - ce qui est plus honnête, plus clair et plus démocratique.
Il y a eu le vendredi soir avant l'élection, selon moi, la pire des manipulations médiatiques: Un "pseudo-sondage" de l'institut CSA, dont M. Bolloré (qui a "prêté le yacht à N. Sarkozy, ce qui dans d'autres pays aurait été immédiatement sanctionné comme corruption) détient des parts, a publié vers 23h un "résultat" intitulé: "Le Pen passe devant Bayrou" - alors qu'en fait plus de 9% les séparaient.
Des amis qui voulaient voter Bayrou ont voté "utile" pour ne pas avoir Le Pen au 2ème tour...
Beaucoup de ces liens ont disparu aujourd'hui, mais ce "pseudo-sondage" a été mis en ligne vers 23h45 sur des dizaines de site et y est resté en ligne tout le week-end.
Je vous en donne une liste que j'avais relevée:
Sondage manipulatif : Le Pen devant Bayrou :
http://www.leparisien.com/home/presidentielle/sondages/article.htm?articleid=276053529
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-30598371@7-37,0.html
http://elysee2007.over-blog.org/article-10140482.html
http://www.7sur7.be/hlns/cache/fr/det/art_440001.html
http://www.lexpress.fr/info/infojour/rss.asp?id=42443
http://fr.news.yahoo.com/20042007/290/jean-marie-le-pen-devant-francois-bayrou-au-1er-tour.html
http://www.lerapporteur.fr/post/Le-Pen-devant-Bayrou
http://www.lefigaro.fr/fil-info/20070420.WWW000000828_csa_le_pen_passe_devant_bayrou.html
http://www.jeanmarcmorandini.com/news.php?id=4854
http://www.capital.fr/Actualite/Default.asp?source=RE&numero=187640&Cat=GEN
http://www.boursier.com/vals/all/jean-marie-le-pen-devant-francois-bayrou-au-1er-tour-selon-csa-feed-23437.htm
http://www.liberation.fr/actualite/reuters/reuters_france/248993.FR.php
http://www.actu.ma/2007-pen-devant_i79270_2.html
http://www.dailymotion.com/video/x3tx8_bayrou-partie-1
http://www.dailymotion.com/video/x3trn_bayrou-motion-de-censure-partie-2
Vous pouvez compléter cette information en écoutant cette interview réalisée par des jeunes qui font un excellent travail d'information:
http://blpwebzine.blogs.com/politicshow/2006/10/politicshow_fut.html
Attention l'interview dure 3 heures, à écouter bien assis ou allongé...Après avoir fait ce petit tour informatif, j'aimerais que vous me disiez si vous maintenez votre jugement emporte-pièce sur F. Bayrou.
t
Amicalement
Danièle Doue