Mardi 29 mai 2007
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Ce livre s'affirme comme un exemple accompli d'architexture littéraire. Il est aussi représentant fameux de la classe des incunables, ces livres fabriqués avant l'an
1500 [*].
Il est l'objet d'un article spécifique dans de nombreuses encyclopédies [**].
Lu d'une certaine manière, il est aussi un traité d'architecture totale, incluant l'art des jardins. La revue Polia, consacrée à cet art, y fait implicitement référence
par son titre : Poliphile en effet se traduit aussi par Il aime Polia. Polia est l'héroïne du rêve et de la réalité entremêlées dont ce livre révèle les en(tre)lacements. Un blogue
freemen tel que Penser Paysage fait référence à Polia.
Ce livre esquisse, de plus, des variantes de la Cité Idéale
Certains exégètes de Jules Verne l'ont placé au premier rang de ses sources de réflexion.
C'est d'ailleurs en travaillant sur les aspects dits ésotériques de son oeuvre , que j'approfondis depuis une trentaine d'années, que j'ai découvert la balise d'entrée de cette piste, et commencé
de l'explorer.
Dans un des livres les plus curieux de Jules Verne (et, surtout, André Laurie, alias Paschal Grousset ; Jules Hetzel avait
chargé son auteur sous contrat exclusif de reformater certains ouvrages de ce communard vaguement anarchiste, qui finit député socialiste de la III° république) , ; l'Epave du Cynthia, il est question d'un mystérieux
[***] Pline, d' Alde Manuce , enjeu d'un pari sur les
origines d'un orphelin, référence qui pourrait être considérée comme un signal donné par l'auteur sur sa connaissance des oeuvres publiées par le célèbre libraire...
Jules Verne aurait été, tout comme Gérard de Nerval, membre de la Société des
Angéliques, où l'on parlait la langue des oiseaux et dont le Livre de référence était Le Songe de
Poliphile.
Il s'agit pour moi d'un chef d'oeuvre (méconnu) de la littérature globale, en ce sens que la forme de la forme, le fond de la forme, la forme du fond et le fond du fond se veulent homogènes par
construction raisonnée.
Notes :
[*] L'an 1500 ou à peu près. Daté de 1467 mais achevé d'imprimé en...décembre 1499,
l'hypnerotomachia poliphili mérite de justesse ce
qualificatif.
Le titre du livre, tel que mentionné sur l'ouvrage, est en fait :
HYPNEROTOMACHIA POLIPHILI,VBI HV
MANA OMNIA NON NISISOMNIVM
ESSE DOCET .ATQVE OBITER
PLVRIMA SCITV SANE
QVAM DIGNA COM
MEMORAT.
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[**] J'ai choisi la référence à WikiPedia parce que je suis un des nombreux et modestes contributeursde cette encyclopédie libre...et que je fais la promotion du système !
[***] Il pourrait s'agir de la pemière édition aldine des œuvres de Pline le Jeune, dédiée à Aloisio Mocenigo et
comportant une table alphabétique des destinataires des lettres. L'imprimeur a disposé pour cette édition d'un manuscrit très ancien datant sans doute du VIe siècle et dont un fragment de 6 ff.
est conservé à la Pierpont Morgan Library à New York. Ce manuscrit, le seul contenant le livre X, avait été découvert à
Paris à l'abbaye de Saint Victor par l'achitecte Giovanni Giocondo (alias Jucundus de Verone, 1434-1515, constructeur du Pont Notre-Dame). Cette découverte,
authentifiée par Guillaume Budé, avait permis à l'inventeur d'envoyer une copie à Alde Manuce, par l'intermédiaire d'Aloysio Mocenigo, alors
ambassadeur à Paris.
L'édition aldine, annotée par Giocondo, reste le modèle de toutes les éditions modernes et actuelles du livre X, le manuscrit ayant été perdu. (cf. Mynors, coll. Scriptorum classicorum
bibliotheca Oxoniensis, 1992, pp. v-vi et xix).
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Par Adamantane
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