Mercredi 7 décembre 2005
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Nous apprenons de la bouche de notre Ministre des Finances, relayé par les médias ordinaires, que dans sa grande mansuétude l'administration fiscale va nous envoyer dès mai 2006 des formules de déclarations de revenus sur lesquelles les montants des revenus des salariés, pensionnés et retraités seront
pré-indiqués par ses soins.
Pourquoi pas ? Après tout, comme employeur, j'ai rempli assez de liasses annuelles pour savoir que l'administration fiscale connait les dits montants.
Mais cette réjouissante nouvelle est servie en sandwich entre deux tranches de bêtise :
-première et pas trop épaisse :
il ne sera plus nécessaire d'additionner les montants de douze bulletins de salaire. A priori, il y a longtemps que les logiciels de paie indiquent sur le bulletin de décembre le cumul annuel du net imposable, et pour les salariés uni-employeurs (la très grosse majorité) je ne vois pas où était la difficulté. Passons...
-seconde et cette fois énorme :
ça simplifie la déclaration, puisqu'il n'y a plus qu'à vérifier le montant pré-indiqué (le contribuable restant, et c'est normal, responsable du document qu'il retourne signé).
Comment fait-on pour vérifier, gros malins ? Eh bien on prend comme avant les documents en sa possession, et si c'est nécessaire on additionne, on soustrait, on reporte, bref
on fait strictement le même travail qu'avant. A ceci près qu'en cas d'écart il va falloir le justifier.
Je ne vois aucun inconvénient à ce que l'administration fiscale lutte contre l'évasion des euros par tous les moyens légaux à sa disposition.
Mais je n'accepte pas que l'on me prenne pour un demeuré et qu'un délégataire de la puissance publique sous-estime à ce point les capacités mentales de ses concitoyens.
La remarque selon laquelle, une fois de plus, les revenus du capital échappent à cette régulation, centrée sur les revenus du travail, pouvant paraître tendancieuse, je ne la formulerai pas.
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