Samedi 24 décembre 2005
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15:54
Le temps cyclique des saisons, après un nouveau tour d'hélice dans l'océan du temps cosmique où vogue le navire solaire, sonne une fois de plus les vingt-quatre coups de minuit-noël.
La flamme essouflée palpite avec une nouvelle vigueur, telle une marée lumineuse tapie au plus humide de sables sombres provisoirement émergés, et qui aspire à revenir occuper son légitime territoire.
Noël, fête de la lumière renaissante, du
Sol invinctus, est aussi pour moi celle de la paix, de la pauvreté et de la pitié.
La paix, que n'apaise aucun expédient temporisateur, et qui souffre martyre d'amour dans le cachot où nous l'avons souvent enfermée, réduisant son rôle à légender des cartes de voeux ou étiqueter des souhaits dont nous savons la scandaleuse impuissance.
Que la paix nous établisse.
La pauvreté, dont nous savons qu'elle est Janus aux deux regards, l'inacceptable pauvreté matérielle et morale des opprimés soumis ou révoltés, et la désirable pauvreté de qui se dépouille de son confort mental pour chercher à ses risques sa vérité.
Que la pauvreté nous éclaire.
La pitié, ce mouvement d'empathie, de compassion, d'accueil, qui nous pousse vers l'autre au nom d'une charité fraternelle qui n'appartient à aucune philosophie, à aucun culte, mais cimente les égrégores les plus provisoires et les rencontres les plus éternelles.
Que la pitié nous stimule.
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