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Mais je n'ai pas trouvé de rapports entre cette litanie de questions supposées aider à résoudre des problèmes et les maudits jeux de dés...
On répond aux questions au hasard ?
Sur chaque face, reporte une des questions-clefs :
-qui
-quoi
-où
-quand
-comment
-pourquoi
et fais rouler le dé sur le tapis du problème...Au bout d'un certain nombre de tirages, tu te seras posé toutes les questions. L'ordre importe peu et se poser plusieurs fois la même n'est pas une gêne.
L'important est de faire sortir toutes les faces du dé...
D'où me vient cette invocation magique qui me surgit à la mémoire, sur les lèvres mêmes, dès que s'est insinué en moi l'angoissant constat «ya un blèm'» ?
Qui a imprimé en moi l'acronyme mnémotechnique de la litanie propitiatoire du résolveur de divergences : qui, quoi, ou, quand, comment, pourquoi…combien ?
N'ai-je pas à mon tour contribué à diffuser cette approche rationelle en me fixant pour but qu'elle pénètre l'inconscient collectif d'équipes de projet, et s'imprime dans les neurones de dizaines de cadres francophones ?
Pis, ne m'est-il pas arrivé de former d'autres consultants à la propagation de la foi en la vertu salvatrice de cet heptalogue sacré ?
Et comble de perversité, n'ai-je pas proposé de construire le dé des six questions fatales, QQOQCP, en assignant à chaque face un rôle de questionnement spécifique, chaque face de ce cube mental ayant deux côtés, l'un qualitatif, l'autre quantitatif, pour mieux imprégner mes partenaires que la question réputée majeure, Combien, source que le saint chiffre féconde, devait donner, en se greffant sur les six autres, les fruits numériques objectifs qui, une fois pressés, engendreraient le nectar de la formalisation objective des divergences, chemin hiératique vers l'autel des solutions ?
Qui, ou, quand, pourquoi a été pondu ce système aux 6 + 1 noeuds ? Ces questions légitimes sont secondaires face à la question Comment. Peu importe même comment ce quoi est né : tâtonnements laborieux, intuition fulgurante, oeuvre collective, rumination solitaire...La question majeure n'est-elle pas comment ce système s'est-il propagé jusqu'à moi, et comment m'a-t-il contaminé à tel point que je l'ai propagé à mon tour, infestant une large population d'intellectuels innocents ?
Comment les système pondent ? Et comment à peine éclos les systémaillons (sytèmes/maillons ?) se donnent-ils les moyens de se préparer à perpétuer leur espèce ?
Qui entrevoit réponse à cette question peut se préparer :
Avec Comment les systèmes pondent, Pascal Jouxtel nous propose une voie relativement nouvelle, celle de la mémétique, pour décrypter le mode de contagion des pratiques, des procédés, voire des principes qui fondent notre culture, nos tendances, nos modes.
Et qui a mieux compris le comment ne peut-il pas se situer plus lucidement et agir avec plus d'humanisme ?
Mes enfants, qui sont anglicistes, parlent des 5 "w" (who, what, when, where, why ?) et naturellement, on oublie ainsi le comment.
Pour moi, c'est le comment qui est intéressant, bien que le Pourquoi ait une vertu réelle, celle de clouer les méchants à leur propre ignorance, car en réalité le comment résume en quelque sorte le qui, le quoi, le où et le quand, qu'il oblige à nommer.
Avant la parution de mon livre, un libraire électronique l'a par erreur baptisé "pourquoi les systèmes pondent" ce qui est une question parfaitement inutile ! Tout le monde sait pourquoi les systèmes pondent. Pour faire des petits et se reproduire. Mais peu de gens savent comment ils font !
C'est ce que j'ai voulu expliquer.
PJ
En correspondance français = anglais, j'ai travaillé et fait travailler, dans les années 1985 et dans les filiales de Bossard Consultants, avec le lexique :
Qui = Who
Quoi = What
Où = Where
Quand = When
Comment = hoW ( qui se prononce d'ailleurs à peu près Waoh dans certains pays)
Pourquoi = Why
*
Combien = hoWMuch (où le M est un W graphiquement inversé)
En allemand la règle du jeu graphique est à peu près la même.
Les enseignants ont peut-être omis le comment non par principe, mais simplement parce que la lettre magique n'était pas au bon bout du mot (le bon bout de la raison, disait Joseph Rouletabille...)
Il n'en reste pas moins vrai que, pragmatiquement, l'interrogation comment faire pour ?... est je pense fondamentale.
J'allais dire : la connaissance du comment est un des chemins de celle du pourquoi....