Vendredi 20 janvier 2006
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Ce vendredi, vers midi, quatre poètes mineurs, mais totalisant tout de même près de trois siècles d'expérience, se sont discrètement réunis pour déjeuner
À la Ville de Morlaix (ouvert midi et soir mais fermé le samedi et le dimanche...).
Appliquèrent-ils à leurs contemporains la fière devise de cette cité bretonne :
S'ils te mordent, mord-les ! ?
Non, pas trop. Ils parlèrent poésie, et, une fois évoqués les anciens, de
Paul Fort à
Maurice Fombeure, s'attardèrent à échanger au sujet de sa place dans les processus éducatifs.
Ayant vécu tous quatre une scolarité à l'ancienne, au delà de la larme de regret versée sur le certif et noyée dans le Brouilly, ils se souvinrent des jours anciens où le travail des poètes, appris en classe à travers sa matière brute et immédiate, le texte lui-même, cimentait les générations, aidait à former la mémoire et à forger orthographe et syntaxe.
Comment faire pour que le poète continue à contribuer, par son activité langagière, au progrès des citoyens et à l'éducation des jeunes ?
Je vous recommande la lecture du bref mais stimulant
de l'enseignement de notre langue, de
Charles Marty-Laveaux publié par
Alphonse Lemerre, éditeur à Paris, 1872.
Je cite in extenso sa conclusion :
Qui sera tenté de soutenir que savoir bien parler sa langue, être capable de l'écrire selon la portée de son intelligence, enfin entrer en communication directe et absolue avec les plus beaux génies de son pays, ne devrait pas être le but principal d'une éducation vraiment nationale ?
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