Jeudi 16 février 2006
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Un article paru dans l'édition du 11.02.06 de
Le
Monde signale la parution d'un ouvrage de
James Lovelock,
the revenge of gaïa, dont le titre français est...
la revanche
de Gaia.
A propos de
coévolution, j'ai mentionné dans le chapitre
Échanges
du site principal l'existence de l'hypothèse Gaïa. Peut-être ai-je été un peu trop discret, ou réservé, en la confinant dans une note de bas de page ?
Si cette hypothèse a inspiré jusqu'à des des théologiens (lire par exemple
cet article de
Stephen Sharper publié dans la revue Religiologiques en 1995), elle devrait pouvoir engendrer chez un poète une réflexion neuve sur le thème baudelairien et symboliste
:
La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles...
Richard Dawkins, le père de la mémétique, s'y est également intéressé.
Pourquoi
Lynn Margulis , surnommée dit-on magicienne de la vase — wizard of ooze...rien à voir avec Zardoz ! — pour ses travaux sur les microorganismes des
marécages et autres terrains humides, est-elle souvent, et une fois de plus, oubliée dans la coformulation de cette
théorie ?
Théorie dont les épistémologistes trouvent des racines dans les réflexions de
Baruch Spinoza et
Carl-Friedrich
Hegel, qui attribuent à la
nature certaines caractéristiques spécifiques des organismes vivants.
Au bénéfice de
William Golding, auteur de
Sa majesté des Mouches, qui n'a fait que se souvenir du nom grec de la terre primordiale, Gaia, fille de Chaos, la béance initiale, soeur d'Éros, épouse
d'Ouranos, mère des douze Titans et donc grand'mère de Zeus...Une belle famille.
L'hypothèse Gaïa orthodoxe donne, dans le système Terre, un rôle prépondérant aux microorganismes dans la régulation des facteurs d'ambiance (températures, pressions, composition et
caractéristiques physiques des eaux et des atmosphères,...) et sous-estime l'impact des pratiques de vie des grands mammifères et esentiellement de l'homme.
Or les décisions technologiques d'origine et de but politico-économiques ont une influence indéniable et rapide sur les facteurs d'ambiance, que la contre-réaction de la biomasse peut
devenir impuissante à équilibrer. C'est donc au niveau politique et économique qu'il convient de placer les actions de régulation.
L'intérêt de cette nouvelle publication de
James
Lovelock est que l'auteur s'éloigne, sous la pression de faits scientifiquement constatés, de son optimisme initial et insiste sur le fait que
Gaïa a
maintenant un accès de fièvre qui risque de mettre plusieurs dizaines de millémaires à se calmer, et que dès maintenant des conséquences gravissimes sont à envisager à très court
terme.
Crédits :
Merci au site du
Gaia Institute, 440 City Island Avenue • Bronx, NY 10464, pour l'image ici reprise.
Merci à la revue
CoEvoution, achetée et lue du printemps 1980 – le numéro 1 présente pages 21 à 32 une réflexion su l'Hypothèse Gaia signée de
Margulis et Lovelock – à l'automne 1983, date où j'ai cessé de la trouver.
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