
Selon
Le Monde daté jeudi 19 juin,
l'inventaire des espèces vivantes du Mercantour fera progresser la nomenclature des microcollemboles et des nématodes. Telle est la révélation apportée par
Gilles Van Kote page 7.
Nématode serait le nom moderne du vers rond.
Rien à voir avec le vairon...
Un nématode très
utilisé par les scientifiques porte le nom fort distingué de
Caenorhabditis elegans. Cette petite bête
figure à l'affiche de
conférences internationales qui lui sont exclusivement consacrées. Sa croissance a alimenté de minutieuses
expériences en apesanteur à bord d'un vaisseau Союз [Soyouz.]. Sa notoriété
cinématographique se développe.
Les champs sémantiques de la biologie et de la poésie contiennent des substantifs communs. Pas toujours ordinaires, mais communs.
Par exemple, les
vers blancs sont à la fois :
-des larves de diverses espèces de hannetons et de scarabés (*)
-des lignes de texte de même nombre de pieds mais ne rimant jamais (**)
Que seraient des
vers ronds en poésie ?
Faut-il chercher du côté de la forme circulaire, du rythme titubant, du contenu convivial ?
La question reste posée...
Crédits : Caenorhabditis elegans, Courtesy of
Ralf Sommer, illustrant le
papier Nematode tempo de
Vivienne Baillie Gerritsen
Notas :
(*) Se nourissant de racines, bulbes et rhyzomes, ils sont l'ennemi invisible et mortel des cyclamens de montagne
qui ornent ma terrasse. La méthode la plus naturelle pour les détruire est de déplanter, extirper avec des brucelles et remettre en terre (les tubercules, pas les vers...). La méthode douce pour
paresseux est l'arrosage à l'eau de savon. Une plus expéditive l'emploi de diazinon, alias Diethoxy-[(2-isopropyl -6-methyl-4- pyrimidinyl)oxy]- thioxophosphorane,
sous micro-capsules.
Coîncidence bizarre, les vers ronds tuent les vers blancs. J'ai appris ça sur le site de la ville de Longueuil.
(**) J'ai écrit cette définition comme je la sentais. Henri Morier, dans son Dictionnaire de Poétique et de Rhétorique, a des accents plus
techniques : blanc ; se dit d'un vers dont la finale ne trouve d'écho dans aucune des rimes voisines.
La lecture de certaines productions langagières classées à la rubrique poésie insinue sournoisement l'idée que pas de rime valant bien mieux qu'une mauvaise, ceux qui, tels Jules Romains,
prônèrent non le recours à cette couleur du discours, mais l'abandon des vers rimés au profit des vers accordés, n'eurent pas tort.
Voir à ce sujet le peu connu, donc très intéressant, Petit traité de versification de Romains &
Chennevière, nrf, Paris 1924 ; 137 pages, index des concepts, index des noms de poète cités.
Quod feci.
Arne Saknussem, alias Adamantane