


AgoraVox a de son côté publié l'appel à la résistance objet de ma dernière intervention, proposé
par un de ses rédacteurs .Bonjour Jean-Pierre,
Un petit message, avant les fêtes de Pâques, pour te remercier du nouvel article, Résister, publié sur ton blog aujourd'hui : bravo ! Ce sujet me touche particulièrement ; il est, qui plus est, toujours d'une actualité brûlante et récurrente.
Merci et bien amicalement,
Mireille
Ici comme ailleursil se déchire pour des clopinettes intellectuelles, des broutilles, de "j’ai la plus belle conscience" que toi, de la plus grosse vanne que l’autre, de la plus grande Moralité, etc"...
La résistance n’existe pas, l’individu consumérisé l'a remplacé, avec carte à crédit et ego sur-développé.
L’intelligence collective n’est pas/plus qu’un leurre éthique, une vaguelette idéologique qui ne sert qu’à pondre des commentaires tous plus au moins haineux et crétins en réponse à des billets déja mille fois lus/vus [l’appel à la Résistance...vu et lu au moment où c’est sorti, commenté aussi sur mon Entropie, et reparti dans le vide sidérant du grand vide des non-actions de nos frustrations de non Militants...cf l’apathie ambiante].
Tout est résumé dans la posture jolie des imagettes de vos avatars en dessous de vos signatures : vous posez avec le sourire pour attirer sur vous la compassion de vos solitudes citadines ou rurales, vos envies ou attentes de reconnaissances sont plus importantes et criante que tout, vous êtes en avant de vos egos, posture impostante, près à tout pour avoir l’impression d’un retour, d’un mot, d’un bon mot si possible, l’impression d’être tout simplement "aimé", sinon compris, sorte "d’élu" dans l’amas d’insatisfaits cruellement frustrés de ne pouvoir vivre un monde meilleur, mais tout autant incapables de faire la paix et de le construire ce putain de monde meilleur, ne serais-ce que virtuellement ici [ou dans vos blogs], sans se foutre sur la gueule par vannes éculés interposées, j’ai mal pour nous, pour l’échec de toute coopération possible, de tout amour du prochain possible, pour nos frustrations qui dégoulinent de partout sur ces lieux de "média" soit disant citoyen...
Les tentations sont grandes d’en faire autant, de se laisser glisser sur le grand fleuve des événements, pour ne pas assumer notre destin d’hommes. Nous laisser aller dans le flot entropique qui monte sans jamais redescendre, pour optimiser notre confort moral et mental, tout en dévorant notre capital de confort matériel potentiel et en dégradant notre environnement.
Résister, c’est prendre le risque de ne pas obéir aux affectueuses sollications de la publicité marchande ou politique, de ne pas nous laisser séduire par les sourires enjôleurs des intermédiaires médiatiques patentés nous assurant que nous allons vers le meilleur des mondes.
Résister, et je suis bien d’accord sur le fait qu’ici nous ne faisons guère que du travail virtuel, et assez souvent dans la perspective d’exister dans cet univers un peu magique de communication, c’est aussi et surtout agir dans nos sphères d’influence pour induire et accomplir des changements à notre échelle.
Résister, pour moi, c’est donc dans la vie quotidienne de ma résidence, comme président du conseil syndical, de mon pâté de maisons, comme conseiller municipal de quartier, dans les associations dans les buts desquelles je suis impliqué,proposer et faire aboutir, en mettant la main à la pâte, des initiatives allant dans le sens de plus de fraternité solidaire, de réparation des pollutions, de prévention des injustices.
Il est vrai qu’exprimer mes points de vue, répondre à ceux des autres, chercher des appuis et proposer des soutiens en utilisant l’espace d’expression libre d’Agoravox fait partie du plaisir que je m’offre, celui de pouvoir paraitre capable de dire ma vérité et trouver quelques lecteurs pour mes clopinettes intellectuelles. A propos, clopinette, probable diminutif de clope (le mégot argotique...faut pas mégotter!) a deux acceptions: une plutôt connue et utilisée en littérature, qui est de désigner un presque rien dont ne peut faire grand chose,et une autre plus orale et encore utilisée dans les banlieues de ma jeunesse, signifiant... le refus: «des clopinettes! » disait-on pour manifester sa résistance à une demande. Curieux, non?
Je reconnais avoir des manifestations d’existence intellectuelles. Je le revendique. Comme ce n’est qu’un aspect de mes manifestations d’existence, je ne me sens pas atteint par le reproche souvent associé à cette qualification. Je ne sais pas qu’écrire, même si ma capacité à le faire est plutôt moyenne. Je sais aussi lire, comprendre, décider, agir, m’engager.
Difficile de savoir si je souris sur la photo qui orne mes interventions, et si j'ai voulu l'imagette jolie. Elle est prise à contre-jour devant le musée parisien du compagnonnage, rue Mabillon.
Les compagnons sont des intellectuels de la matière et de l’ouvrage; il font, savent le comment et le pourquoi, sont capables de transmettre leur compétence, et ont une perspective spirituelle qui leur donne la force de résister. Ils résistent non en refusant les matériaux et machines de la technologie récente, mais en refusant l’affaissement du tour de main qu’ils pourraient, par paresse ou facilité, en tirer, au détriment de la beauté et de la force de l’oeuvre.
Résister et vivre devrait être synonyme !
a+ Lpv