Partager l'article ! Endormissement: IIII / XII Il y eut le sommeil et le rêve insoliteSolitude incomplète et déjà ...

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La numérotation des arcanes majeurs du tarot de Marseille se fait par voie additive, jamais soustractive :
I, II, III, IIII, V, VI, VII, VIII, VIIII, X, et ainsi de suite.
Le cadran de l'horloge monumentale de la Cathédrale Sainte Marie des Fleurs, à Florence, dû à Paolo Ucello, le peintre bizarre, tel que je l'ai découvert il y a deux ans, présente deux singularités notables :
-c'est une horloge à l'italienne (naturellement...) c'est à dire que le jour est divisé en vingt-quatre parties, et non en douze ; la transition XIII | XII est , logiquement, au zénith, et la transition XXIIII | I au nadir. Le Nautilus du capitaine Nemo avait, selon Jules Verne, de tels équipements. Les SNLE aussi....
-toutes les heures portent un repère en chiffres romains de structure additive : il y a donc IIII, VIIII, XIIII, XVIIII et XXIIII.
De plus, comme le mouvement est unique et qu'il y a un cadran externe et un interne, l'interne est sinistrogyre. Et pour compléter le dépaysement, comme le diamètre du cadran est assez grand pour que l'on puisse «voir» la petite aiguille bouger, la traditionnelle grande aiguille a été supprimée. En fait, l'index tournant est un rhumb à seize pointes, de longueur régulièrement inégale, qui a des allures de comète.
Le quatre des horlogers daterait de l'invention de l'horloge même. Certains exégètes invoquent :
-une raison esthétique : le IIII équilibre mieux le VIII qui lui fait face qu'un IV
-une raison de lisibilité, le IV pouvant, du fait de sa position "tête presque en bas" être confondu, en lecture rapide, avec le VI qui est lui "franchement tête en bas".
En 1290, date de création des premières horloges, l'Église imposa l'emploi pour les cadrans des chiffres romains (ou plutôt étrusques), le chiffre dit arabe étant suspect d'hérésie. Il faut dire qu'il lui fallait accepter le passage du cadencement de la journée en heures de durées inégales (celles des prières des monastères) selon les saisons en heures de durées égales.
Comme dans la tradition populaire le comptage «manuel» notait le quatre par quatre doigts parallèles (donc IIII ) et le cinq par la main (donc V ), le quatre étrange s'imposa.
C'est page 79 dans l'édition en français.4