Samedi 3 juin 2006
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11:22
Le 31 décembre j'avais manifesté mon irritation au sujet de ce que je tenais pour une déviation terminologique inutile : la
substitution du mot
périple aux mots voyage, ou déplacement.
Puis le 15 mai j'avais
stigmatisé l'emploi du verbe
finaliser pour exprimer l'idée d'aboutir, de terminer.
Or, surprise : lors de l'émission
100 % culture de la chaïne LCI, ce vendredi 2 juin vers 19 h 43, le jeune
Arman Méliès, chanteur-compositeur francophone, auteur, entre autres, du recueil de chansons
les tortures volontaires, interrogé sur sa manière d'écrire, termine son explication par :
il y a du travail pour finaliser tout ça.
Aurais-je donc tort ? Pourquoi pas.
Ce charmant jeune homme ayant une notoriété langagière et une reconnaissance médiatique qui me font défaut, il est a priori mieux placé que moi pour tenir des propos conformes au génie de la langue française.
Pour ce qui est de périple, j'ai réfléchi à la question. Et ma conclusion est que j'ai peut être tort. Prenons un exemple : je fais Paris-Bordeaux aller et retour. Imaginons que j'emprunte (il y a péage !) l'excellente liaison autoroutière l'Aquitaine, conjointement gérée par Cofiroute puis les ASF. Les deux chaussées étant séparées par un tépécé (Terre Plein Central) continu, au sens topologique du terme je décris un lacet, les chemins aller et retour sont disjoints, l'ensemble est homomorphe à un arc de cercle. Il y a donc stricto sensu périple.
La démontration subsiste si j'achète une place dans le tégévé, les convois montants et descendants ne circulant pas sur la même voie. Quant au trajet aérien, lui, c'est un peu plus flou, mais en y regardant de plus près, il est possible de se demander si périple, né lorsque la terre était presque plate, conserve un sens dans l'espace à trois dimensions qui est le milieu de prédilection des aéronefs.
Quant à
finaliser, je réfléchis toujours. Il me faudra bien conclure. Si quelqu'un a une idée ?
Crédits :
Pour l'image, merci à
Dominique Cureau, qui sur son site de
Vexillologie Provencale, publie cette photographie des armes du fief de Lagoy, rattaché à Saint-Rémy de Provence :
de sinople à un lac d'amour en argent.Le lac d'amour est un noeud qui matérialise des éléments de périple au long d'une corde. Un lac ici est un grand lacet...Le lac d'amour est aussi utilisé dans la symbolique ds tableaux de loge massoniques.
Pour l 'intervention orale ici retranscrite, merci à
Arman Méliès. Le pseudonyme de
Jan Fiévé est visiblement inspiré de
Georges Méliès.
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