Jeudi 24 décembre 2009
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17:57

Entre le
je et le
nous, que de subtilités un peu spécifiques du français moderne, et aussi de pas mal de langues mortes.
De même, voire plus, entre le
tu et le
vous.
Deux remarques :
-le tutoiement un peu artificiel qui est la règle irréfragable au sein de certaines institutions peut poser problème pour qui veut manifester la différence entre la sphère d'intimité et la
sphère sociale.
Chez Bossard Consultants je (une périphrase licite aurait été : un chef de département...) me suis trouvé pour la première fois de ma vie dans la situation de conduire l'entretien de licenciement
d'une consultante en parlant le
tu. Pas évident.
-le vous a selon mon expérience un charme tout particulier de respect caressant dans la sphère d'intimité, et j'en regrette l'abandon un peu systématique.
Je ferai l'éloge du vous
Vouvoiement volupté pure
Souffle qui sans détour avoue
Vouloir être voué à vous
Ce vous de voûtes cathédrales
Ce vous volutes savourées
Que voulûmes entre nous perpétuer
Ce vous noué d'envoûtements voulus
Ce vous orvet qui vouivre
Ou vœu qui rendez-vous
Ce vous trouvaille qui voussure
Je ferai l'éloge du vous
Un sondage argumenté réalisé en 2007 sur les pages internes de WikiPédia a eu un résultat à l'image des pratiques de l'enccyclopédie collaborative : 9 partisans du vous, 41 du tu, et 39
indifférents. Les raisons des uns et des autres sont intéressantes à
connaître.
Ceci étant, l'appel au nous d'enthousiasme collectif a aussi été un peu dévalorisant pour le
pluriel de la première personne. Cette désignation grammaticale, vaguement oxymorique
-la singularité peut-elle être plurielle, ailleurs que dans certaines théologies, et quelques dialectiques ? -, peut d'ailleurs faire réfléchir. Les consultants ont appris aux cadres qu'il
fallait dire
nous pour faire croire qu'un projet était collectif, alors que trop souvent ne sont collectives que la sueur à pousser la machine à décerveler et la peur devant
l'échec possible où le nous éclatera en divers tu à tuer.
Le bon Docteur
Thomas Gordon nous a rappelé la valeur intrinsèque du
message-je :
-Si quelqu'un dit
on pense que...quelqu'un d'autre peut tenter de démontrer qu'il s'agit d'une opinion. Possible à contredire.
-Si quelqu'un dit j
e ressens que...alors sauf à le considérer comme un malade mental qui s'ignore il faut bien accepter qu'il ait le droit d'avoir un sentiment personnel. Et
difficilement réfutable.
Le Petit Prince avait trouvé une échappatoire :
S'il vous plaît… Dessine-moi un mouton...
Que dire aussi de celles et ceux qui utiliseraient le nous comme un masque du je ? Le roi dit
nous voulons, car tel est notre bon plaisir...
Je nous souhaite tout de même bien du plaisir.
Et un joyeux Noël.
Crédits : Merci à
Antoine Marie Jean-Baptiste Roger de Saint-Éxupéry...
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