Adamantablogue

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J'ai appris il y a peu l'existence de formulations qu'on appelle épicènes. Elles voudraient ménager la parité homme - femme - on ne parle que très rarement de la parité  femme - homme, d'ailleurs - en utilisant des termes soit neutres, tels que l'élève, ou même rédigés aux deux genres, par exemple les délégué-e-s.
Ce qualificatif  aurait pour origine le mot grec ἐπίκοινος, qui se traduirait par possédé en commun., d'après le wikipédien rédacteur de la page consacréeà ce mot. En fait, le Bailly précise bien : 1 - possédé en commun || 2 - qui s'emploie également pour les deux genres. Voir à ce sujet l'édition 36, de 1980, page 755,  colonne 1, ligne5.

Il est d'épicène du propre comme du commun : en témoignent les prénoms ambigus ( attention, variable selon les langues...Jean is a pretty girl...) qu'affectionnent les écrivains levant lentement le voile sur les amours de Claude et de Dominique. Encore qu'avec la libéralisation des moeurs le flou puisse se révéler étonnant d'inattendu. Certain(e)s auteur(e)s se donnent bien du mal pour jongler avec les finales à tiret, et les parenthèses incluses, n'est-ce pas, che-è-r(e)s lect(eu)r(ice)s, pour répondre à de légitimes attentes d'équité langagière.
Le site officiel de l'Etat de Genève donne des indications pertinentes sur l'art de rédiger épicèniquement, dans la perspective de respecter l'égalité inscrite dans sa constitution. Un Québécois a publié un livre sur la question, pour avoir bon genre à l'écrit. Des versions épicènées  de cantiques ont été écrites. Une consultante en épicènation a ouvert sa boutique virtuelle.

Bref, un travail de réflexion-action portant à la fois sur la morphologie et la syntaxe - car quid de la règle d'accord voulant que si des substantifs masculins et féminins sont coordonnés, alors l'éventuel adjectif les qualifiant se décline au masculin  ? - est en route dans les divers pays de la francophonie. En effet, le problème à résoudre n'est rien moins que simple. Une phrase telle que la victime est un homme, et le témoin est une femme, comment la rendre épicènique ?

Le classicisme poétique n'avait-il pas déjà prévu des règles de stricte alternance des rimes masculines et féminines, et accepté qu'un mot masculin soit porteur d'une rime féminine ? Les mots homme et femme engendrent et appellent d'ailleurs, équitablement, des rimes féminines...Couple aussi. Plus remarquable, prosodiquement parlant, frère est féminin et sœur masculin...

Crédits : pictogramme international pour le concept de couple.
Dim 19 aoû 2007 Aucun commentaire