Adamantablogue


La houle qui s'est installée sur l'océan bancaire peut donner la nausée.
Bonne idée que d'inciter chacun(e) à se renseigner sur les pratiques économiques, écologiques et sociales de "sa" banque.
Décider de changer de prestataire et passer à l'action est acte méritoire.
D'une part il est bien pratique, à un certain âge, ou dans certaines circonstances de vie, que l'agence bancaire à laquelle le compte est rattaché soit un commerce de proximité. Ne serait-ce que pour les remises de chèque et retraits de chèquier. D'où l'importance de l'implantation du réseau. Sur ce plan, la banque postale, c'est assez commode.
D'autre part, à partir du moment où l'on a choisi le moyen des virements et prélèvements automatiques pour gérer les flux monétaires, le changement de RIB est une épreuve longue, difficile et risquée.

Ii y a trois ans j'ai choisi de quitter une entité un peu déplaisante quant à ses méthodes de management, sa relation avec les clients et le choix de ses relations d'affaires, pour utiliser les services d'une banque populaire ( celles où l'on peut même être associé en achetant des parts ).
Comme toutes mes ressources ( trois retraites versées par des organismes différents ) et toutes mes dépenses et contributions ( impôts, charges, etc. ) sont traitées par virement, et que la banque laisse le client effectuer toutes les démarches requises ( une vingtaine dans mon cas ), la synchronisation est impossible. Résultat : des découverts sur les deux comptes, le sortant et l'entrant, et de longues heures d'explications pour minimiser la casse. Le sortant, ayant perdu le client, argumente : c'est bien fait débrouillez-vous. L'entrant, considérant que cela commence mal, vous demande de restituer le chéquier en attendant que ça s'arrange.

Le fond du problème est une fois de plus qu'un énorme mensonge vient polluer la liberté théorique du choix du fournisseur dans cet univers libéral-capitaliste. Dans la pratique, rien n'est fait pour que ce choix puisse s'exercer, bien au contraire. Les obstacles de détail, par leurs conséquences, peuvent venir à bout des volontés les plus tenaces. Et ces obstacles naissent du fait que les principes et les procédures se contredisent. Pour ne rien dire des pratiques, elles-mêmes souvent en désaccord et avec les principes, et avec les procédures...

Il serait donc peut-être utile de lutter pour que l'infrastructure administrative soit cohérente avec la superstructure législative. Sans parler du poids excessif que prennent les micro-décisions des agents intermédiaires, des gens comme "vous et moi" qui hors du travail militent souvent pour plus d'équité et de générosité, et dans l'exercice de leur profession manifestent assez facilement une tâtillonnerie à la limite de l'abus de pouvoir.

La liberté du consommateur est un soleil de papier : elle ne brille que sur les notices publicitaires et les affiches de réclame.
Bon, j'ai l'air un peu désabusé, comme ça ; mais je suis de tout coeur avec celles et ceux qui se rebellent de manière concrète et réfléchie.
Lun 16 mar 2009 2 commentaires

En espérant que la rebellions de tout un chacun soit ciblée, que l’énergie de cette rébellion individuelle soit dirigée vers les vrais ineptes, pas un mouvement vers une généralité, comme les grèves d’aujourd’hui qui n’ont a priori aucun sens sauf que de dire « nous sommes contre ». A quoi sert d’emmerder les clients quand les patrons devraient être visés ?

Il y a toujours une troisième banque que tu pourrais aller trouver, peut être une banque ou tu n’aurais pas la possibilité d’en acheter des parts mais une banque avec un être humain (masculin ou féminin), lequel tu regarderais dans les yeux et auquel tu poserais des questions pointues avant même de faire a nouveau les changements de RIB. Cet être humain doit aussi te garantir sa présence dans le même établissement et le même bureau pour au moins un an.

Chat échaudé craint l’eau froide, tu connais les cauchemars possible, tu déposes tout ton « liquide » à la banque numéro trois (y même ajouter un peu d’emprunt de quelque livret A,B ou C pour bonne mesure), tu surveilles de très près le niveau des banques un et deux pour ne pas être a découvert, et un par un tu change les virements en laissant banques un et deux s’étioler, se flétrir, et j’allais dire de te supplier de rester avec eux…. Mais c’est la où la similarité de nos cas changent. Car cher cousin, j’ai vécu cela et les employés ineptes et non-responsables des deux premières banques sont repartis en formation forcée et on été démotionnés – ce n’est pas français ce mot, je me demande pourquoi - (mais c’était dans un pays ou le client est roi)…

Emmanuel - le 19/03/2009 à 07h43
Hello,
Pour ma part, j'ai "étalé" le changement sur une bonne année.
Un peu comme le suggère Emmanuel.

J'ai d'abord redirigé les ressources sur mon nouveau compte (NEF/credit Coop), puis changé les prélèvements un par un. (dans l'intermédiaire, je faisais des virements ponctuels de ma nouvelle banque vers l'ancienne pour honorer les prélèvements restants.

Le mieux est évidemment d'avoir un petit matelas de sécurité, mais ça s'est très bien passé.
Casabaldi - le 19/03/2009 à 11h18