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  • : Adamantablogue
  • : *Étonnement systémique et libertaire *Évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale *Ouvertures vers la pensée non conformiste
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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
  • Présenter un ensemble de littératures polychromes : poèmes, essais, critiques, préfaces, documents pédagogiques, schémas didactiques, fragments sur des thèmes divers
  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
  • &, conjonction de coordination
  • Libertaire : la personne est première ; les maîtres à penser sont à fréquenter avec d'extrêmes précautions, et le progrès nait de la réflexion autonome de chacun venant se combiner à celle des autres.


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Libertaire

Dimanche 4 décembre 2005 7 04 /12 /2005 00:09
Sur le blogue consacré au livre de Pascal Jouxtel, Comment les systèmes pondent, une contribution sur le fonctionnement de WikiPédia est venue compléter un point de vue tentant un lien entre le fonctionnement des WiKis  et la réflexion induite par la mémétique.
Ce point de vue faisait lui-même suite à un article de Luc Fayard,  journaliste à 01 informatique, publié dans Les Échos sous le titre  "Wiki, oui qui ?".
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Dimanche 11 décembre 2005 7 11 /12 /2005 12:37
Notre Ministre de l'Éducation Nationale vient de décider de la mise à mort de la méthode globale pour l'apprentissage de la lecture.
Je note au passage que le même mot semble désigner des processus d'apprentissage différents ; certains auteurs présentent la méthode globale comme analytico-synthétique, d'autres non. La question est d'ailleurs difficle à trancher, car qui a engendré l'autre, le mot-poule ou la lettre-œuf ?

Passons sur le fait que nombre de journalistes aient traduit cette déclarations par "à dater de la prochaine rentrée, la méthode globale ne sera plus enseignée à l'école". Ils voulaient certainement dire qu'elle ne serait plus utilisée pour enseigner dans les écoles...Cette confusion entre le processus et le produit  résulte-t-elle du fait que pour apprendre à lire les idées, la méthode globale, qui consiste à deviner l'idée de l'autre pour la restituer à l'aide de phrases standard apprises une fois pour toutes, est toujours utilisée ?
Il y eut des intervenants pour réagir et rectifier.  Nous avons donc su qu'en effet la méthode globale n'était plus enseignée dans les IUFM depuis pas mal de temps.
Mais, là où les choses pour moi se compliquent, c'est quand pour nous rassurer il nous est certifié que les méthodes employées de nos jours relèvent de la catégorie semi-global.
Que signifie, en clair, semi-global ?
Pour faire face au risque de grippe aviaire, allons nous consommer de la semi-volaille ?

Pour ce qui est de la lecture, le concept de semi-global semble signifier global pour les mots usuels courts et syllabique pour les autres mots. Ce n'est donc pas une méthode semi-globale, mais une  méthode tantôt globale tantôt pas, ce qui est a priori la caractéristique d'une méthode à choix, du genre fourchette pour les aliments solides et cuillère pour les liquides. Elle serait donc mal nommée. Pourquoi ne pas parler de méthode semi-syllabique ? Probablement parce que la mentalité global y est prépondérante...
 
Je n'ai pas à ce jour la preuve que le semi-global, qui par nature est une vaste catégorie, car où est le point de choix et quelles sont les règles de choix, ne soit pas contaminé par les inconvénients avérés du global sans même en conserver les quelques avantages possibles.
Notre écriture est syllabique, et construite à partir d'un alphabet, ce qui implique pour le décodage primaire du mot écrit deux opérations d'analyse successives ; pour simplifier à l'extrême : du mot aux syllabes et des syllabes aux lettres. En fait l'enchassement des catégories d'objets langagiers, telle que la linguistique nous aide à le comprendre, est plus riche et plus complexe.

Si le semi global consistait, par exemple, à faire dans l'analytique pour le mot et dans le global pour la syllabe, ce serait  peut-être un progrès, mais le problème serait déplacé dans la strate du dessous.
Les combinaisons en, em, an, am, (j'en passe)  ayant  sensiblement la même prononciation - la parole est première, et qui apprend à lire sa langue maternelle est supposé la parler, même incomplètement (l'apprentissage de la lecture d'une langue étrangère, morte comme vivante, relève d'autres voies pédagogiques) -, comment l'apprenant ferait-il pour ne pas en déduire une forte équivalence entre le m et le n, voire le a et le e ?

A noter que l'apprentissage de la lecture d'une langue utilisant le même alphabet que la langue maternelle (aux + et - près, tels que sont pour le français les langues allemande, españole ou anglaise) et de celle d'une langue utilisant un alphabet différent (ce que je vécus pour le grec, puis l'hébreux) implique des démarches pédagogiques spécifiques où la méthode globale semble difficile à mettre en oeuvre.
En effet, la lecture ayant pour but ultime non la restitution des sons - à l'exception des situations où le magicien invoque les forces extérieures à l'aide d'incantations qu'elles seules comprennent, mais dont ni lui ni les adeptes n'ont besoin, au contraire, de saisir la signification - mais la compréhension du sens, il est possible de prononcer correctement dans une langue étrangère une phrase dont  le sens échappe. Les latinistes ayant séché sur une version tirée d'un auteur au vocabulaire par trop spécifique comprennent l'allusion.

Il n'en reste pas moins vrai qu'en français (et dans d'autres langues aussi)  la complexité de la construction des mots à partir des lettres, voire des phrases à partir des mots est telle que la globalisation est requise pour une lecture rapide et enrichissante.
Non seulement le même son peut être écrit de nombreuses manières différentes, mais encore des graphies identiques peuvent représenter des sons différents. Les exemple connus abondent.
La mémoire visuelle joue donc un rôle essentiel, complétée par une faculté d'anticipation et de correction instantanée que démontre la difficulté de la lecture à haute voix  sans  anomalies d'intonation. 
Selon ma pratique, il est  indispensable, pour un telle lecture, que les yeux soient en avance sur les lèvres, c'est à dire qu'une partie du texte soit placée en mémoire-tampon, le temps de procéder :
-au déchiffrement, 
-à la globalisation,
-à l'insertion prévisionnelle dans la phrase en cours du paquet de mots prétraité,
-à la validation du sens,
-au choix de l'intonation et
-à l'articulation des mots ou groupes de mots...
le tout en continu, cette mémoire intercalaire étant en permanence alimentée par le regard et vidée par l'énonciation orale. A noter de plus
-la nécessité de l'écoute pour rectifier éventuellement, quitte à ne pas lire tout à fait ce qui est écrit, et pour éviter de briser la fluidité de la lecture
-le besoin de lever les yeux du texte pour regarder les auditeurs, afin de renforcer la lecture par le regard et de prendre connaissance de leur réaction instantanée au texte lu.

La lecture solitaire implique d'autres mécanismes, dont le moindre n'est pas l'exigence d'absence de vocalisation, même mentale.
En d'autres termes, parler de l'apprentissage de la lecture risque d'être par trop simplificateur. Il y a des lectures . Par laquelle commencer et pourquoi pas une méthode d'apprentissage adaptée à chacune ?

Je crois me souvenir avoir appris d'abord à décoder l'alphabet, l'alphabet complet, avec accents, trémas et cédilles...pour la première lecture, qui était à voix haute, et alternait avec la seconde lecture, silencieuse : lis d'abord dans ta tête, entendais-je...
C'était le dans le bon vieux temps.
n a, na!


Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Dimanche 18 décembre 2005 7 18 /12 /2005 23:03
Les apparences sont sauves, et l'Europe est dotée d'un budget...
Un budget étant, en gestion orthodoxe, la traduction chiffrée des aspects économiques et financiers d'un projet, la question est, à mon avis : quel est le projet qui  vient d'être adopté par les vingt-cinq partenaires réunis ?
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Jeudi 5 janvier 2006 4 05 /01 /2006 20:17
Dans le Monde daté du 3 janvier, Catherine Rollot signe un papier intitulé quinze mesures pour améliorer la mixité sociale des grandes écoles.
Le rapport de l'Institut  Montaigne , ouvrir les grandes écoles à la diversité, préconise  entre autres  mesures de tracer une voie de recrutement nouvelle -qui existe déjà, par exemple, pour les instituts de sciences politiques - court-cicuitant les classes préparatoires.
Cela vaut certainement la peine d'être mis à l'épreuve. Dans ce domaine, le retour d'expérience -si l'expérience est honnêtement conduite - vaut bien plus que les débats opposant préjugés à  idéologies et idées reçues à a-priori .

Toutefois, je voudrais témoigner de la contribution positive de l'ambiance des prépas, du moins telle que je l'ai vécue à Henri IV de 1956 à 1959. J'étais boursier d'état, de famille modeste et nombreuse. Le proviseur du lycée m'avait inscrit plus en raison de ma juvénilité - je devais fêter mon 17° anniversaire en prépa, donc je pouvais théoriquement aller jusqu'en 7/2 sans être barré par les limites d'âge- que de ma mention au bac !
Certes, j'étais interne.
C'est peut-être là qu'était cachée la fonction d'égalisation sociale.
Quelles qu'étaient nos origines familiales, que nos parents aient été  X-Ponts ou titulaires du certif , ambassadeurs ou menuisiers, nous partagions la même blouse, les mêmes locaux rustiques et monacaux, les mêmes horaires de travail et de repos,  la même ambition et la même fraternité.
La mixité sociale résultait de notre cohabitation, chacun apportant à l'autre, de première main,  la connaissance de son milieu et de ses usages.
Car cette échelle de Jacob se monte et se descend. Si j'étais avide de pénétrer certains secrets de l'univers des élites politiques, scientifiques, intellectuelles, ceux de mes camarades dont c'était le milieu naturel ne dédaignaient pas de mieux comprendre, en particulier à l'occasion des sauteries du samedi soir ou des sorties du dimanche, les valeurs du monde du petit commerce, de l'artisanat ou des familles ouvrières. Et ils en tiraient eux-aussi bénéfice.
Le régime de l'externat supprime cette occasion  d'échanges où l'on ne peut tricher. Il cloisonne, il sépare, il attise les discriminations.
Il n'y avait  d'eau chaude que le samedi, nous dormions en dortoirs de cinquante, nous avions tous le même crayon bic, et nous ne nous attachions, pour structurer notre univers estudiantin, qu'aux talents individuels et à la capacité au travail. Dans nos vies familiales et professionnelles, comme nous avons pu le vérifier lors de retrouvailles bien postérieures à notre séparation, nous avions conservé cette tendance à faire passer le mérite avant la naissance.

Si des itinéraires nouveaux d'accès aux grandes écoles s'ouvrent qui accroissent, dans chaque promotion, la proportion d'étudiants issus des classes les plus modestes, comment ces écoles vont-elles s'organiser pour que la fonction de mixage social y soit réalisée ?
Cette nouvelle voirie supprimant l'effet creuset en amont de l'école, et au contraire accroissant au départ la discrimination potentielle en balisant et étiquetant chacun des parcours, un système de mélange est à imaginer pour que les flux ne demeurent pas distincts au sein de l'établissement d'enseignement supérieur.

A supposer que l'orientation proposée soit retenue, les associations d'anciens élèves pourraient très probablement aider les équipes pédagogiques de leurs écoles à imaginer les dispositifs voulus pour réaliser ce mélange, et éventuellement y participer par des interventions spécifiques du genre témoignage et bilan de carrière.

Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Mercredi 1 février 2006 3 01 /02 /2006 18:33
« Un réel apprentissage de la retraite : une nécessité citoyenne et politique.

Il semble difficile et dangereux d’envisager les vingt, trente ans et plus qui nous sont offerts en situation de retraite, sans une réelle réflexion, une réel apprentissage, afin de demeurer "dans et avec" la société.»

C'est par ces mots que commence le papier de Pierre Caro daté du 27 janvier 2006,  dans AgoraVox.

Pour construire mon projet actuel, j’ai jeté un regard sur le passé. Dans ma vie, j’ai ainsi pu identifier des périodes, ou époques: l’enfant, l’écolier, l’étudiant, l’ingénieur, le cadre, le dirigeant, le consultant, l’entrepreneur (ça fait un peu Tarot...mais je ne sais si j’aurai droit à 22 états successifs), le conseiller...

Le conseiller, c’est l’étape actuelle, en attendant de définir la prochaine. Mon idée est de transmettre la partie récupérable de mes expériences, de restituer à la société des hommes un peu de ce qu’elle m’a apporté, en y ajoutant ma touche personnelle, de jeter des liens entre ces divers engagements, apprentissages, réalisations, tout en continuant à participer à des projets de développement et de mise en place.

Quand mes proches, mes amis, d’autres me disent tu es un retraité qui s’occupe bien, il m’arrive d’avoir envie de réfuter la terminologie. Retraité n’est pas le mot qui désigne le mieux le fait qu’après avoir cotisé une quarantaine d’année à diverses caisses, et celle des cadres est particulièrement prévoyante,  mon employeur soit en réalité "moi-même en différé". Cette réflexion n’a pour moi, à 66 ans, rien d’abstrait... Et s’occuper a quelque odeur de gymnastique physique et mentale pour freiner le vieillissement. Je ne "m’occuppe pas".J’ai diverses activités, qui ont une valeur ajoutée sociale, littéraire, économique, et dont je me demande pourquoi elle ne peuvent contribuer au PIB?
Ah, cette catégorie des "inactifs" à laquelle nous condamnent, dans laquelle nous enferment trop de questionnaires, y compris sur internet. Pas plus inactifs que les mères de famille "au foyer" ou les écclésiastiques de toutes confessions!

Je sais bien que changer de vocabulaire ne suffit pas à changer la réalité, mais je crois encore au pouvoir des mots et cherche des alliés pour que, sans nous faire le coup des non-voyants ou des personnes-à-mobilité-réduite, nous ayons droit à une autre catégorisation socio-économique.

Sur ma carte de visite, j’ai pas mal hésité...Finalement, j’ai conservé la référence à mon titre d’ingénieur et noté "écrivain". Ce métier est libre d’accès, et les nobles vieillards y sont reconnus.

Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Mardi 28 février 2006 2 28 /02 /2006 01:02
Après les aventures de Périple, celles de Déremboursement...
Je viens d'entendre quelqu'une qui causait dans le poste nous révéler que l'on allait procéder au déremboursement de 152 nouveaux médicaments.

S'il faut s'exprimer ainsi pour  que l'information passe bien, quelles conclusions en tirer et sur la formation des  journalistes et sur leur implication dans la défense et illustration de la francophonie ?

Un remboursement est un acte financier qui consiste à défrayer en tout en partie un assuré, par exemple. Un déremboursement, néologisme possible, choisi car moins traumatisant que non-remboursement, serait alors un acte annulant un remboursement.  Si j'ai bien compris le fond de l'affaire, la décision prise est de cesser de rembourser tel ou tel frais engagé pour l'achat de certains produits.
Quel néologisme, s'il en est besoin, imaginer pour le dire sans avoir recours à une locution telle que : radiation de la liste des produits remboursables ? En effet, ce n'est pas le remboursement, qui est visé, mais la remboursabilité (bof !).
Passons ; jetons un voile....

152 nouveaux médicaments, cela désigne pour moi des médicaments qui viennent d'obtenir leur AMM. Pourquoi les sortir du tableau des produits remboursables, s'ils viennent de sortir ? Parce que leur efficacité thérapeuthique n'est pas prouvée ? Vance Packard avait prévu la chose dans son livre l'art du gaspilllage (chez Calmann-Lévy, 1960).
Mais peut être le sens exact de cette information es-il que l'opération d'épuration des listes de produits remboursables se traduit à nouveau par des suppressions et qu'il y en a 152. Autrement dit, ce ne sont pas les produits qui sont nouveaux, comme la construction grammaticale le laisse entendre, mais leur état de produit non remboursable qui est nouveau. Là, je ne passe plus. Un élève de CM2 pourrait diagnostiquer le contresens !
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Jeudi 9 mars 2006 4 09 /03 /2006 18:58
Le débat lancée sur  Garde-à-Vue , un blogue fort intéressant par la diversité des sujets et la courtoise liberté de parole de son rédacteur, au sujet de la journée de la femme, et prenant comme fait générateur la réclame d'une boîte de nuit de Mulhouse, réclame qui n'est pas à l'honneur de son concepteur (ou de sa conceptrice...) a induit, de la part d'une lectrice, ce commentaire :

La femme est l'égale de l'homme , mais ni elles, ni eux n'en sont convaincus !

Faut-il considérer la pub des Boîtes De Nuit (cette locution n'est pas inintéressante non plus à évaluer) comme significative de la situation ?
Certaines BDN ont une tenancière...la femme peut exploiter la femme.

J'ai assez à la réflexion difficulté à adhérer à la lettre du slogan la femme est l'égale de l'homme.

Adhérer à l'esprit, oui, bien sûr...Et la déclaration de 1948 en ses articles 2 et 16 est d'une aveuglante clarté.
Mais la formulation de ce slogan, frappante dans sa simplicité, pourrait être débattue. J'ai trois raisons pour ce faire :

1-Raison sémantique : prendre l'homme (au masculin) comme référentiel est encore une preuve de la disparité des perceptions ; pourquoi  ne pas dire l'homme est l'égal de la femme ? Ceci m'a conduit à remanier mon titre initial, qui était homme et femme...

2-Raison expérimentale : mon vécu personnel est que toutes choses "égales" par ailleurs (ceteris paribus...) les femmes avec qui j'ai travaillé, que j'ai rencontrées, ...., étaient objectivement assez souvent  non égales, mais supérieures , c'est à dire mieux adaptées aux circonstances et aux personnes, plus pertinentes, et pas moins courageuses.

3-Raison prospective et de formulation un peu algébrique : si l'homme est l'asymptote et la femme le point sur la courbe, il y aura de moins en moins d'écart, mais toujours un écart. Abandonnons ces perspectives et acceptons, désirons  que les différences soient vécues en termes de complémentarités.

Il n'en reste pas moins vrai qu'aujourd'hui, dans notre beau pays, un peu moins certes que dans certains autres mais pas tellement et ce n'est pas une excuse pour s'endormir,  les femmes subissent de fait la dictature d' institutions construites, au niveau mondial,  par des hommes pour des hommes.

Si nous les confortons dans ce statut d'égales, elles peuvent solidairement décider qu'il leur appartient de susciter des institutions où les femmes traiteront les hommes comme aujourd'hui pas mal d'hommes traitent les femmes. Je leur fait confiance pour être plus intelligentes que ça. J'ai tout de même vécu quelques situations concrètes de groupes interdits aux hommes par les femmes, et pour des raisons n'ayant rien à voir avec la décence ou la pudeur...Celles qui s'y retrouvaient  avaient de fortes excuses à faire valoir.
Il est vrai que quelques murailles masculinistes (il y a bien les féministes...) subsistent, qu'il nous reste à rendre poreuses. Si certaines institutions civiles et militaires se sont, souvent bien plus par réalisme que par idéologie, ouvertes aux femmes (drôle d'expression), d'autres (Église catholique, Franc-Maçonnerie régulière, ...) demeurent closes aux femmes (sauf pour les besognes domestiques) et justifient cette exclusion par des raisons déclarées spirituelles ou symboliques, ce qui risque de disqualifier à terme ces considérations..

Ça me donne envie d'imaginer allégoriquement, voire métaphoriquement, une société numérique où les pairs et les impairs auraient à se réconcilier pour que les entiers ne disparaissent pas dans  le trou noir de l'inconsistance spéculative et conceptuelle.

La mise au pluriel des dénominations ( le ni elles, ni eux...de la remarque initiale) engendre par ailleurs une généralisation autoblocante. Si j'écris que ni les femmes ni les hommes ne sont convaincus de la réalité profonde de la complémentégalité entre femmes et hommes, j'accrois les risques qu'elle demeure inscrite dans un lointain idéal,  mais peu accessible, tout le contraire d'une Utopie, donc

J'aime mieux dire :

La femme et l'homme sont égaux, mais certains d'entre eux, certaines d'entre elles, n'en sont pas encore assez convaincus.
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Jeudi 30 mars 2006 4 30 /03 /2006 00:03

J'ai reçu cette invitation :

Nous vous invitons à participer à une enquête sur le Contrat Première Embauche (6 questions).Pour y participer, il vous suffit de cliquer sur ce lien .Merci d'avance pour votre participation !
L'équipe de SciencePolitique.net / Election-presidentielle.fr


Ayant accompli mon devoir de sondé, comme j'avais un doute, j'ai adressé ce courriel aux sondeurs :

J'ai répondu  le plus franchement possible à vos diverses questions.
Toutefois, je me suis demandé si les articles que j'avais écris et publiés pour démonter le mécanisme sournois du CPE, et expliquer mes réactions face à cette erreur de jugement de la part de personnes par ailleurs présumées intelligentes, étaient à mettre au rang des "manifestations".
Finalement, j'ai estimé que manifestation était à prendre au sens restreint de "défilé dans la rue" et non d' "expression active d'un point de vue par des moyens de communication connus".
Je regrette donc un peu les limitations implicites de votre structure de recueil d'information, qui, mais peut-être est-ce une inférence de ma part, laissent supposer que l'on ne peut manifester qu'avec ses pieds, ce qui est courageux et honorable, sutout quand il y a risque d'averses et de casse, mais pas avec sa plume (si tant est que l'on puisse assimiler un clavier azerty à une plume avertye...), démarche qui est plus de mon âge que la précédente.
Bien cordialement.
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Mardi 4 avril 2006 2 04 /04 /2006 12:13

Un des aspects intéressants de la théorie des complots est peut-être qu'il s'agit, de la part de spectateurs pratiquement impuisants d'une histoire dont ils ne connaissent, au premier degré, que quelques manifestations choisies par le hasard de la proximité ou les intérêts des informateurs, d'une tentative pour mettre de l'ordre dans le désordre : ordo ab chao.

Certes, elle privilégie l'explication par le simple, voire le simpliste, sur la prise en compte de la complexité chaotique d'une réalité foisonnante. Mais Guillaume d'Occam, apôtre militant de la réduction du nombre des universaux : Non est ponenda pluralitas sine necessitate n'a point été entièrement réfuté...au contraire...

Lire aussi, dans la collection Denoël - Présence du futur n° 38, 1957 pour l'original Occam's razor, de David Duncan, et 1960 pour la version française  le rasoir d'occam, traduit par Jean-Michel Deramat.

Nous aimons, j'aime bien comprendre la raison profonde des événements qui me sont relatés, et/ou dont le suis un témoin plus ou moins impliqué.
Ayant pas mal travaillé, comme ingénieur, sur des expertises après accident, dans les domaines très médiatisés que sont les transports ferroviaires et routiers, sur un organe de sécurité qui est le système de freinage, j'ai été sensibilisé au fait qu'en dessous (ou au dessus) des causes physiques la recherche des responsabilités humaines, individuelles et collectives, venait colorer et orienter, souvent à tort, le travail d'analyse. Autrement dit, le comment et le pourquoi ont à être démêlés avec vigilance.

Il y a cinquante ans,étudiant, j'avais l'intuition qu'il convenait d'apprendre à lire les messages de la nature, certes, mais aussi ceux que conçoit et émet l'homme qui communique. Époque des ciné-clubs. Nous tentions d'apprendre, collectivement, à décoder l'apparence des images cinématographiques, et poussions l'expérimentation jusqu'à concevoir et tourner (merci, les 16 mm) des films pour vérifier et valider notre apprentissage du décryptement.

Aujourd'hui, un support comme les logiciels sous-jacents à nos blogues, un média comme AgoraVox, nous permettent de poursuivre cette perspective auto-éducative, en usant de technologies moins lourdes et plus faciles d'emploi.
Pour nous entrainer au discernement, il nous faut une matière première réaliste, et aussi l'incitation de ceux qui ont une pratique minimale de l'analyse de contenu, de la recherche de données, de l'évaluation des sources.

C'est pourquoi je reste convaincu, dans l'état actuel de nos débats,  que la mise en ligne sur AgoraVox du montage audio-visuel qui en ce moment suscite une très large discussion répond bien à la raison d'être d'un tel média.

Ce n'est pas parce que c'est écrit dans le journal que c'est vrai. Ni faux, non plus. Simplement quelqu'un le dit et il appartient à chacun de s'en faire son idée.
Ce n'est donc pas parce que c'est écrit dans ce blogue que...

Au dela de la sagesse des conclusions, de la force des arguments, de la beauté des démonstrations, se place la nécessité du discernement.
Et c'est l'élaboration individuelle et collective de cette idée qui nous aidera à réaliser ce que je comprends comme étant la raison d'être du journaliste, tout autant que celle du poète ou du savant : non pas convaincre, mais faire réfléchir.
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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Lundi 10 avril 2006 1 10 /04 /2006 17:32


Comment faire marche arrière sans reculer, choir sans tomber, délaisser sans abandonner ?

Les princes qui nous gouvernent viennent de nous donner une leçon de sémantique tactique, ou plus concisement de sémantactique que Valéry Giscard d'Estaing, né sous X en 1944, Immortel depuis le 11 décembre 2003, siégeant au fauteuil 16,  auteur méconnu d'une constitution controversée (Éditions Européennes, 2004) et d'un roman oublié, le Passage, (Robert Laffont, 1994) et qui vient de conseiller à son ennemi de trente ans de sortir du bourbier, doit  juger  géniale.


Le signal du
remplacement

Le CPE n'est ni supprimé, ni abrogé ni retiré ni annulé ni...
Non.
Le CPE est remplacé.


Mille apllications de ce principe nouveau viennent à l'esprit sans tarder.
Ne dites plus : vous êtes viré de votre poste, mais vous êtes remplacé dans vos responsabilités.
Ne dite plus  : j'ai biffé ce mot, mais j'ai remplacé ce vocable.
Ne dites plus : il a retiré ses paroles, mais il a remplacé ses déclarations.

Remarquons au passage que dans la réthorique primoministérielle avoir voulu édicter deux ans d'incertitude est toujours déclaré comme la recherche d'un bon équilibre entre précarité et souplesse, et imposer  par abus de droit législatif une solution sans avoir posé le problème aux partenaires concernés demeure envisagé comme l'expression d'une attention chaleureuse mais hélas incomprise aux difficultés des salariés et surtout des chômeurs.

Il n'en reste pas moins vrai qu'il va falloir abandonner l'idée que la vie professionnelle serait un large lac tranquille où la barque de l'emploi voguerait sans secousses dans les délices d'un printemps permanent.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Pour avoir, fort d'un diplôme d'études supérieures renforcé au cours de trente années par de nombreuses formations complémentaires :
    -signé avec huit employeurs dans ma vie,
    -tenu chez le premier plus de six postes différents,
    -changé quatre fois de métier ,
    -connu deux périodes de chômage,
    -fini, si j'ose dire, comme créateur d'une TPE de services,
tout en n'étant pas particulièrement d'un caractère instable, je sais à quel point la dynamique professionnelle se nourrit mieux du mouvement que de la stagnation.

La fracture sociale en effet ne brise pas seulement le lien entre prétendus riches et réputés pauvres, même si aux deux extrémités de l'échelle des ressources il y a certes quelque vrais riches et aussi, ce qui est bien pire, d'authentiques pauvres.
Elle est aussi faille obscure entre les bienheureux lotis pourvus d'emplois quasi inamovibles, même si peu rémunérés, quels que soient leurs engagements et résultats, et les malheureux perdants condamnés à ne quitter le radeau des petits  travaux que pour embarquer en d'incertaines galères, quelles que soient leurs compétences et leur implication.

Deux utopies directrices à sussurer aux oreilles des représentants des travailleurs et à ceux du peuple (tiens, ce ne sont pas les mêmes ?) :

-égalité fraternelle : le même contrat pour tous, quel que soit l'employeur, y compris les collectivités, car aujourd'hui certains sont tout de même irréversiblement moins mobiles et fragiles que d'autres ;
-égalité libertaire : parité des partenaires du contrat unique, car  la dichotomie patron -employé n'a guère de sens dans une économie où l'écrasante majorité des entreprises compte officiellement entre zéro et dix employés (comme si le patron ne s'employait pas lui-même...).

Crédits :

Scénario : Merci au gouvernement actuel pour son imagination politique et verbale, et son sens dramaturgique développé servi par une distribution de premier plan.

Image : Merci au site Archéofoot pour son très clair exposé sur les principes de travail et gestes significatifs des arbitres des rencontres de fouteballe.

Citation : Merci à Alphonse-Marie-Louis de Prat de Lamartine, homme d'état, ministre des Affaires Étrangères de la 2° République,  et poète lyrique néo-classique, Immortel depuis le 5 novembre 1829, siégeant au fauteuil 7, et dont Gustave Flaubert disait (mais qu'en savait-il ?)   il n'a jamais pissé que de l'eau claire.

 
Par Adamantane - Publié dans : Libertaire
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