
Numérobis : Je suis mon cher ami, très heureux de te voir.
Panoramix : C'est un Alexandrin...
Le paragramme poétique est un concept innovant.
En principe, le paragramme se borne à permuter deux lettres de même prononciation, se comportant comme le symétrique d'une cacographie. Au sens strict, le couple tréteau / très tôt n'appartient pas au système, alors que zincage / zingaje est en plain dedent...Tout comme le couple différence / différance de Jacques Derrida.
Le promoteur de cette version particulière du paragramme tient blogue.
Pour comprendre la définition qu'il en donne, et l'usage qu'il en propose, le plus parlant est de visiter son blogue et de se laisser guider par les exemples et les explications.
D'une part, dans une perspective quasi cabalistique, il accorde plus d'importance aux sons consonnes qu'aux sons voyelles.
D'autre part, il propose une nouvelle forme de contrainte d'écriture qui associe le sonore et le visuel. A noter que cette seconde partie de la contrainte est éventuellement perceptible à un lecteur, mais ne l'est pratiquement pas à un auditeur.
REVE DERIVE, NAVIRE D’OR
Un vannier renoue en vain
Un noyer raide à rouir ;
Deux renards arrivent dire
De donner du nouveau vin.
On y voit de vrais devins
Rêver d’or et revenir,
Un vannier renouer en vain
Un noyer raide à rouir,
On adore un nom divin
Dédié à un navire ;
Naïade nue à ravir
Dur ivoire et rude airain
Un vannier vous noie en vain.
Restent , pour reprendre la triade de préfixes chers à Kekulé – moins connu sous le nom de Friedrich August Kekulé von Stradonitz, l'architecte dévoyé dans la chimie aromatique, l'homme qui rêva d'Ourobore en méditant sur le noyau benzénique – et à ses disciples , à :
-inventer l'ortogramme, qui semble être déjà un vocable estonien, encore que jamais Piotr Szut ne l'ait utilisé dans ses conversations avec Archibald Haddock...
-et évoquer le métagramme , qui met le chien en niche, porte le calepin au pinacle dit gare à la rage.
Elle aurait pris (ma lecture est de seconde main, si j'ose dire) comme exemple la phrase the table is green, exemple dont on ne me fera pas croire qu'il ne s'agit pas d'une allusion translucide à La Table d'émeraude...
Le paragramme a une longue histoire dans les recherches sur l'équipement mental des décodeurs de texte.Le défi est de connecter l'art de la critique à celui de la création, et de savoir si l'outil de déconstruction raisonnée peut, en inversant quelque processus, devenir celui d'une construction intuitive.
Crédits :
Merci à Julia Kristeva, alias Julia Joyaux, dont j'ai surtout lu Le langage, cet inconnu, pour m'avoir aidé sans le savoir dans un travail plus personnel sur les liens entre dialectique et symbolique.
Merci à René Goscinny et Albert Uderzo pour avoir utilisé la bande dessinée pour dessiner par la bande un projet d'instruction grammaticale et rhétorique à l'usage des petits bruns et des grands blonds...



















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