Adaman...Quoi ?

 

Liminaire

Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
  • Présenter un ensemble de littératures polychromes : poèmes, essais, critiques, préfaces, documents pédagogiques, schémas didactiques, fragments sur des thèmes divers
  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
  • &, conjonction de coordination
  • Libertaire : la personne est première ; les maîtres à penser sont à fréquenter avec d'extrêmes précautions, et le progrès nait de la réflexion autonome de chacun venant se combiner à celle des autres.


Informations

Depuis sa création, ce site a accueilli
visiteurs.


Au 10 avril 2008,
il a proposé 411 articles
et accueilli 454commentaires.

Images Aléatoires

Présentation

Dimanche 13 mai 2007

a-venise.jpeg

 

Gondole


Gondole sereine
Au lent fil de l’eau
Que ton reflet troue
Libérant l’épure
D’un palais brouillé
 
Fin croissant d’ébène
Fauchant les canaux
La clef de ta proue
Ouvre les serrures
De secrets mouillés
Larmes d’obsidienne
Chues de Murano
Pour les yeux des loups
Masquant les figures
Des amants choyés
Tu tangues à peine
Aux houles des flots
Dont les noirs remous
Caressent les murs
De leurs doigts rouillés
Par la lune pleine
Les feux des fanaux
La valse que joue
La rame éraflure
Du vent gondolier
Ta coque incertaine
Aux nœuds des chenaux
Dans son double flou
Sous les ponts obscurs
Sombre éparpillée.
Sachant que leur peine
Usée par les mots
Chuchotés des fous
Avec la nuit mûre
Finira noyée.

 

Crédits : Merci à Henri Landier, pour ce Ponte della Pieta, qui figure dans l'exposition qu'il présente actuellement à l'Atelier d'Art Lepic.

 

publié dans : Textes brefs
commentaires (0)   
Mercredi 9 mai 2007
elle.png
Terre de Brume, éditeur de l'insolite et de l'étrange, diffuse ce communiqué à propos de l'ouvrage de Sir Henry Rider Haggard, Elle, dont une nouvelle version française vient d'être éditée pas ses soins.

* * *
Utilisant ses connaissances de l’Afrique et de ses vieilles légendes, Haggard met en scène une puissante reine blanche, Ayesha, celle-qui-doit-être obéie,  qui vit dans les ruines d’une civilisation perdue. À la suite de la découverte d’inscriptions sur une ancienne poterie, Horace Holly, un distingué linguiste comprend que son fils adoptif, Leo Vincey serait la réincarnation d’un prêtre du culte d’Isis, Kallitrates. L’inscription révèle comment le prêtre fut tué par une puissante reine éprise de lui et rendue jalouse par son mariage avec la fille du dernier pharaon d’Égypte. Holly et Vincey décident alors de s’aventurer dans l’actuelle Tanzanie sur les traces de la sorcière blanche qui vit au coeur des marais africains

Succès de la période victorienne, She attira l’attention, quelques décennies plus tard, de Sigmund Freud, qui en recommandait la lecture à ses patients, mais aussi de Carl Jung qui comparait sa puissance d’imagination à l’égale de L’Enfer de Dante Alaghieri et de l’Anneau du Nibelung de Richard Wagner. La lecture de ce roman complexe mêlant réincarnation, vengeance, prédestination et destin reste tout aussi fascinante aujourd’hui.

Les diverses traductions françaises de She étant très défectueuses, notre édition est entièrement révisée et complétée à partir de l’édition anglaise de 1898, version considérée par de nombreux spécialistes comme étant la meilleure.

* * *

La traduction est due à Cécile Desthuilliers.

Cet ouvrage, paru dans la collection Terres Mystérieuses, avec une préface d'Henry Miller, est au format 14 cm x 24 cm, compte 320 pages et est répertorié ISBN 2843622948.
Il est en vente dans toutes les bonnes librairies.

Crédits : merci à Terre De Brume, pour son communiqué, relayé avec quelques infidélités,  ayant été enrichi de quelques liens, et pour le fichier contenant la couverture de l'ouvrage.
publié dans : Nouvelles des arts
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback
Mardi 8 mai 2007
essai.jpeg
Un ami m'a écrit pour me demander une aide :
Ma fille a trouvé ce mot : dimidié, mais n'en connaît pas le sens exact. Je n'ai trouvé qu'une reférence botanique. As-tu quelque chose dans un tes dictionnaires ? Merci d'avance.
Je lui ai répondu :
Adjectif ancien venu du bas-latin : dont une moitié manque. Se dit des champignons qui adhèrent à leur substrat non par le pied mais par le côté. Existe en latin : dimidius : demi , et par conséquence en portugais : dimidiar, partager par moitié, et dans d'autres langues ayant le latin dans leur ascendance génétique.

Joris-Karl Huysmans, dans La Cathédrale, utilise, lui, le verbe se dimidier :
.... Ce qui s'atteste certain, c'est que, tout en ne ressemblant pas à l'abbé, elle se dimidie, elle aussi, et se dédouble.
lorsque Durtal, au chapitre II, décrit Céleste Baviol, la domestique de l'abbé Gévresin.

J'ai oublié, ignorant la proclamation, mise par Pierre Larousse en exergue à son premier Dictionnaire,selon laquelle un dictionnaire sans exemples est un squelette, de donner un cas d'emploi.
L'actualité m'en soufflait pourtant un.
La France est dimidiée.

Entre les partisans de l'ordre juste et ceux des valeurs identitaires et nationalistes.
Entre les partisans de la justice sociale et ceux de la glorification des inégalités.
Entre les partisans du contrôle de l'exécutif par le législatif et le judiciaire, et ceux de la confusion des pouvoirs.

Le futur Mouvement Démocrate saura-t-il mettre un peu de tissus conjonctif entre ces deux parties antagonistes, pour leur permettre une articulation génératrice de ...mouvement ?
publié dans : Étonnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
Lundi 7 mai 2007

1sapho.jpeg
Les Éditions Poiêtês publient, de Daniel Aranjo, De l’Éternité et de l’Immortalité selon Sapphô, de Mytilène.

Ce livre de 46 pages,ISBN 978-2-9199-4229-9, est vendu dès maintenant par souscription, au prix de 15 €, plus 4 € de frais de livraison, et paraîtra d'un jour à l'autre.
S'adresser aux Éditions Poiêtês B.P. 84 L-3901 Mondercange

Salah Stétié en dit : Sensualité et précision, attachement à la nuance la plus subtile au sein même d’un trouble diaphane, tel est le secret de la si pure expression saphique. On retrouve ces mêmes qualités sous la plume recréatrice de Daniel Aranjo.

On sait peu de choses de Sappho de Lesbos, alias Sapho de Mytilène, que Platon aurait nommée la dixième muse. La 4° série du TaroT de Mantegna, celle des Muses, comporte bien dix arcanes, mais la tête de série est  Ἀπόλλων, Apollo, leur demi-frère, qui dans cette phratrie complexe est aussi perçu comme leur chef naturel, le musagète.
Daniel Aranjo, fin analyste de la rhétorique de la réticence, en parle sur le site BabelMed, et s'est fait repérer aussi ailleurs comme lettré intéressé à l'écriture saphique.

De l’immortalité l

La jeune emphase de tes seins […]
large papillon monarque,
comme à Rhodes, sur une flaque
de quasi asiatiques nymphæas […]

l’humanité peut disparaître,
il ne la verra pas ; comme
il ne voit déjà pas cette boue
de fleurs, ni le nénuphar, qu’il est ;

et pourtant il se sait belle,comme toi,
puisqu’il fait la belle pour sa belle
de tout l’éclat de sa craie de couleurs
derrière une brume de prétextes puérils,

hélas comme nous, toutes.
publié dans : Nouvelles des arts
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
Dimanche 6 mai 2007
gal--re.jpeg
Lors de la campagne qui vient de s'achever, un des candidats; M. Triplemoi, a confirmé que la notion de droit opposable pouvait être étendue à de nombreux domaines de la vie courante. En clair, l'idée est que si un droit inscrit dans la loi n'est pas satisfait, le citoyen lésé peut porter plainte contre l'Etat pour obtenir réparation.
Bien entendu, il faudra que le dit citoyen ait les moyens, la détermination, les ressources morales pour agir ainsi. Nous savons à quel point les actions en justice sont lentes, et leur dénouement, de récentes affaires l'ont montré, incertain, voire erroné.
L'idée de proposer, comme voie de secours devant une défaillance du lien social, cette attitude somme toute hostile qui consiste à cristalliser un différend en s'engageant dans le traumatisme du procès, ne pouvait venir qu'à un défenseur de la fracture raisonnée du tissus humain. Les sectes, l'église de scientologie par exemple, distinguent les bons des mauvais, les adeptes des profanes, les éclairés des obscurcis. Le système de la généralisation du droit opposable peut avoir pour but de confirmer le citoyen dans l'idée que rien ne peut être résolu sans qu'un conflit soit acté, qu'un différent soit constaté par huissier, qu'une opposition soit faite entre partenaires qui ne puisse être résolue que par une condamnation.

Pourquoi ne pas aller au bout de cette logique ? Imaginons un droit opposable à la réalisation des promesses... Tel candidat est élu. Il possède un pouvoir presque absolu sur la puissance publique, les services de l'Etat ; il est soutenu par une majorité de représentants du peuple, élus à leur tour sur la seule référence à leur appartenance au camp victorieux.

Le droit opposable à la réalisation des promesses, ce serait la possibilité pour tout citoyen pouvant prouver que telle ou telle promesse du candidat n'a pas été tenue par l'élu, de porter plainte à son encontre...Reste à établir le catalogue raisonné des promesses, et à le diffuser.
Reste aussi à faire voter la loi idoine. Ce sera probablement plus difficile.
publié dans : Libertaire
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback
Samedi 5 mai 2007

Les éditions le corridor bleu présentent Sur les sentiers de Qohèlèth, d' Agnès Gueuret.

Le livre

Agnès Gueuret se tourne ici vers un texte du Premier Testament, L’Ecclésiaste, dit aussi Qohèlèth. Comme nous l'explique André Chouraki, Qohèlèt , קהלת , qui s'épelle en hébreu Qouf Hé Lamed Tav , a pour racine קה, Qouf Hé, le rassemblement. Le narrateur, soi disant fils de David, conjugue deux modes de rassemblement :
-d'une part il constitue, en bon maître des congrégations, un corpus de sentences, rassemblant ce qui est épars,
-d'autre part il réunit les auditeurs autour de sa prédication.
Le nom traditionnel, l'Ecclésiaste, de ce livre sacré est né de la formulation en grec -sunagôgè, συναγωγή : synagogue - puis en latin - ecclesia : église - du concept de rassemblement.

Elle associe en un livre unique trois éléments complémentaires :
-un poème rythmé qui reprend les thèmes principaux du livre biblique en douze scansions ;
-une correspondance entre deux élèves de l'auteur présumé de Qohèlèth où se mêlent discussions et exposés dans une prose fluide ;
-une douzaine de poèmes en résonance avec les paroles du sage..
Le livre est au format 11,5 x 18,5 et compte 96 pages.
Parution prévue en septembre 2007

L’auteur


couv236g-200.jpg
Agnès Gueuret, née en 1936, est diplômée de l'École Pratiques des Hautes Etudes. Elle y a mené :
-une étude sémiotique des deux premiers chapitres de Luc : L’engendrement d’un récit, éditions du Cerf, collection Lectio Divina, n° 113, 1981, préface de Algirdas-Lucien Greimas et postface de Pierre Geoltrain ;
-suivie par une thèse sur l’énonciation dans l’Évangile selon Luc, La mise en discours, chez le même éditeur, dans la collection « Thèses », 1987.
Son premier ouvrage poétique, Le Pas du temps, oratorio selon Luc, est paru aux éditions le corridor bleu en 2006.

La souscription

Prix de souscription : 12 €
Frais d'envoi : Un livre : 2 € ; Deux livres et plus : 5 € ; Étranger : 6 € ; Recommandé : ajoutez 4 €
Ecrire : le corridor bleu 26, rue des cocotiers 97436 Saint-Leu REUNION ou envoyer un courriel
Règlement par chèque à l'ordre du “corridor bleu”, mandat ou virement

Crédits :
Merci au site des éditions du Cerf - Comme un cerf altéré cherche l'eau vive, épigraphe choisi par Michel Bouts pour son roman Pied de Biche, adoptant une traduction un peu différente du Psaume 41 : Comme une biche languit après l'eau vive...- pour la reproduction de la couverture de L'engendrement d'un récit.
Merci à la Bible en Hébreu éditée par Oral Roberts de Tulsa, Oklahoma, en 1957, qui m'a confirmé la graphie de קהלת.
Merci à Vedhyas Virya, pour son ouvrage Kabbbale et Destinée, aux éditions Présence, qui m'accompagne dans mes recherches sur les racines hébraiques avec son chapitre consacré aux 462 permutations de la Rota.
.
publié dans : Nouvelles des arts
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
Vendredi 4 mai 2007
gal--re.jpeg
J'ai reçu, de la part de l'association des Créateurs d'Emplois et de Richesse de France, alias CERF, un courrier contenant le paragraphe suivant :

Dans ce cadre, et sans vocation politique, mais, sur la base des programmes et des réponses des candidats, les Créateurs, par leur connaissance unique des Très Petites Entreprises sont amenés à prendre position. Ils en appellent donc aux votes des patrons et de leur conjoint, mais aussi et surtout des salariés, en rappelant que les revenus de près de 25 millions de Françaises et Français sont directement liés aux Très Petites Entreprises et à leur situation.
Les Créateurs ont décidé d'apporter leur soutien à N... S...
[*] et demandent à ceux qui vivent de la petite entreprise de lui donner leur voix

J'ai cru avoir mal lu. Quoi, il serait demandé aux adhérents à une association de patrons de TPE, non seulement de voter pour Monsieur Triplemoi, mais "par dessus le marché" d'y inciter leur conjoint(e) et leurs salariés. Aucun doute sur le message, le même courrier recommande d'afficher cet appel dans l'entreprise, ce qui me semble un peu douteux en matière de respect du droit du travail.

Ces recommandations ne peuvent qu'exaspérer plus encore les salariés des TPE. Pour moi, elles me mettent calmement en colère. Les travailleurs ont déjà tendance à extrapoler les stupéfiants abus de quelques uns pour associer spontanément le qualificatif voyou au substantif patron. Veut-on que de plus ils dénoncent preuves à l'appui la prise de contrôle des petits patrons sur la conscience politique de leurs employés, les salariés comme les trop souvent non-salariés que sont les conjointes travaillant sans protection sociale ?

J'ai donc cru utile de perdre une vingtaine de minutes à répondre.
------
Merci pour votre courrier bien reçu.
Ayant été créateur en 1992 d'une TPE, dont je fus gérant jusqu'à ma retraite, je suis très sensible à la notion de précarité active, d'autant plus que cette micro-entreprise (5 salariés) travaillait dans le domaine du service "intellectuel" aux entreprises et aux services de l'état.
Mon analyse de la situation des TPE rejoindrait à peu près la vôtre, et je serais plutôt d'accord sur l'essentiel de votre plate-forme de propositions concrètes.

En revanche, en soutenant la candidature d'un homme politique dont les attaches avec les grandes entreprises et le multinationales sont fortes, ont donné les résultats que l'on sait, et dont les promesses en faveur des TPE sont à la fois circonstancielles et électorales, je pense que vous sortez de votre rôle. Je sais lire un programme et surtout me faire moi-même une idée de la confiance que je peux accorder à telle ou tel personnage politique. Je fais aux adhérents du CERF le crédit d'intention qu'il en est de même pour eux.

-D'une part, l'incitation que vous faites d'influencer le vote du conjoint et des salariés est à mon avis déplacée. Elle pourrait être interprétée comme un abus de position dominante, donc alourdir le reproche trop souvent fait aux patrons de penser pour leurs collaborateurs. De plus, elle contredit mon sens de l'éthique citoyenne. Autant je trouve légitime l'expression d'un choix politique dans le cadre d'un engagement militant dans une organisation elle-même politique, autant je trouve immoral le déni de liberté, la contrainte morale vis à vis de personnes sous influence affective ou économique.

-D'autre part ce n'est pas parce qu'un candidat vous fait faire par un de ses conseillers un courrier reformulant vos attentes, et que l'autre se borne à rappeler devant vingt millions d'auditeurs qu'en matière économique sa priorité sera le soutien concret à l'activité des PME innovantes, qu'il y a réponse insuffisante de celle-ci et réponse documentée de celui-là. Je me permets de trouver la logique du raisonnement plutôt légère.

Je ne vais donc pas relayer votre appel.
Bien cordialement.
------

En relisant mon courriel, bien courtois et tout, je me demande si je n'ai pas abusé de quelque drogue anesthésiante. Je n'ai pas su trouver les mots pour exprimer ma répulsion pour ce genre de comportement.
Par ailleurs, je me suis fais avoir : j'ai donné une modeste publicité à un texte dont je combat le contenu.

Dans le même genre, en pire, une source digne de confiance m'a transmis la copie d'un ticket de restaurant émis à Neuilly-sur-Seine et adorné de ces joyeux aphorismes - reprenant la délicate coutume des restaurants Syldaves si bien décrite dans le Sceptre d'Ottokar - dont l'humour égale l'intelligence :

Mieux vaut être saoul que c.., ça dure moins longtemps !
Ne faites pas comme tous les c...., ne votez pas pour Ségolène.

Qui a dit que nous vivions la meilleure campagne depuis longtemps ?


[*] Notre Seigneur ?

publié dans : Libertaire
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
Mardi 1 mai 2007
castillon.jpeg

Claire Castillon
Insecte
Chez Fayard


Dans insecte, il y a inceste.
Mais pas seulement.
N'étant ni mère ni fille, je ne me sens pas impliqué sur le fond dans ces descriptions de cas cliniques, ces microtomies d'une réalité malade, qui concernent il est vrai, statistiquement, et si je ne me suis pas trompé dans mon calcul, environ un quart des relations parent-enfant existantes ou ayant existé.
Ma passion des livres me pousse à mettre en forme mes impressions de lecture, même si la noire et systématique mélancolie de la narratrice, ciselant le récit des malheurs d'humanoïdes femelles médicalement modifiées m'incite à quelque réserve sur la nécessité de développer plus avant ce sujet.
Ces nouvelles n'épuisent pas exhaustivement les malformations du lien familial, mais elles en explorent de très significatives, et en quantité suffisante pour poser le problème. L'âge de l'auteur peut laisser supposer que l'expérience personnelle qu'elle mobilise, toute écriture étant naturellement autobiographique, sauf excès de dédoublement de personnalité, est plus ascendante que descendante.
La dédicace, dénuée d'ambiguïté dans son ambiguïté même, À ma mère, confirme la capacité de l'auteur à manier le scalpel de la plume pour exciser certaines adhérences infantiles.

Il en est des nouvelles (littéraires) comme des nouvelles (journalistiques) : le bonheur et la santé se vendent mal. Le malheur, les perversions, les traumatismes, les accidents, les malveillances attirent l'intérêt et stimulent la réflexion.

Dans la mesure ou la mise en scène talentueuse, méticuleuse, scrupuleuse de cette galerie de monstres peut pousser le lecteur à s'interroger :
-suis-je aussi innocent que cela, moi qui ne me reconnais pas dans ces abus de chair et d'esprit, ces sadismes ordinaires, ces meurtres sournois enrobés de sentiments vulgaires ?
-ne suis-je pas, moi aussi, sans le savoir ou oser le reconnaître, un de ces serviteurs du mauvais démon, un des sectateurs de la mort frigide, un de ces insectes dont le système de valeur échappe à toute notion d'amour ?
alors je trouve cette réflexion décapante fort salutaire, quel que soit le pessimisme qui flotte sur les eaux troubles de ces remous de vie.

L' insecte est un être vivant qui s'observe souvent avec dégoût, toujours avec précautions, rarement avec empathie. On le gaze, on le cloue d'une épingle, on le torture pour observer ses réactions et mettre en équations sa systémique.
Peut-être Maurice Maeterlinck et quelques autres échappèrent à cette méthodologie à la fois distanciatrice et sanitairement militante : le bon insecte est l'insecte écrasable.

Claire Castillon, insecte regardant vivre des humaines que le lien générationnel rend co-dépendantes, a plus de bienveillance que les entomologistes patentés pour ses sujets d'étude. Elle consent à leur prêter des sentiments humains, leur donne une apparence visuellement acceptable, s'abstient de terminer le travail en mettant à mort tous les phénomènes observés, leur laissant parfois la vie ou le choix du degré de morbidité du dénouement.

J'attends tout de même avec intérêt, dans la même série, crustacés, reptiles puis mammifères...


Rappel : sur des contributions récentes au Prix des Lecteurs de Le Livre de Poche, voir les papiers déjà rédigés au sujet de Philippe Cavelier et d' Alexis Salatko.

Crédits : merci à Patrick Swirc pour la couverture ici reproduite....
publié dans : Nouvelles des arts
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
Samedi 28 avril 2007
orb_colorkernerscape02.jpg
Nicolas Hulot a monté autour d'un pacte écologique une opération de communication qui a fait parler d'elle, et aussi un peu de lui.
Les citoyens qui se se sont retrouvés, se retrouvent dans cette idée d'introduire de bas en haut les exigences thérapeutiques, tant préventives que curatives, qu'engendre la mauvaise santé de la planète, ont suivi ce Nicolas là sur ce terrain. Ils l'ont encouragé. Ils l'ont relayé, puisqu'il disait vouloir être leur porte-parole.

Le porte-parole semble, lui, souffrir depuis quelques jours d'une extinction de voix.

Les programmes de Monsieur Triplemoi et de Madame Sourire , maintenant que Monsieur Tracteur est occupé à labourer le terrain politique pour faire fructifier son verger d'oranges, ne sont objectivement pas au même niveau en matière de perspectives d'action écologique.
J'attends avec intérêt que le porte-pacte en prenne acte et rappelle à l'ordre celui des deux candidats qui aurait pris trop de distance avec des engagements antérieurement contresignés.

D' autres aussi, avec raison, s'impatientent.

La justification du silence par l'impartialité, le désir de respecter les convictions intimes des électeurs, la volonté de ne pas obérer l'impact d'une intervention ultérieure dans les élections législatives, est trop rationnelle pour être crédible.

Quoi qu'on en pense, une fois sous les projecteurs, se défiler fait un peu trop fin de spectacle, voire fin de partie.

Crédits :
Merci à mon ami et correspondant Jean-Paul Giraux, qui m'a signalé une anomalie d'écriture que je me suis empressé de rectifier :
 
Cher Jean-Pierre, J'ai bien aimé ton avant dernier blog : l'éloge de la trahison n'est plus à faire. Pour le dernier, j'écrirais "Quoi qu'on en pense" et non "quoique"...Amitiés.

publié dans : Étonnement
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback
Vendredi 27 avril 2007

1trahison.jpg

Voilà un parti politique qui, renaissant de ses centres, pardon, de ses cendres, a la divine surprise de voir son président recueillir, au terme d'une campagne vigoureuse, près d'un cinquième des suffrages exprimés.
Que croyez-vous que fasse(nt) bon nombre de ses élus ?

Qu'ils se félicitent de la nouvelle assise donnée à leurs convictions, de cette nouvelle lumière éclairant leurs projets, de l'audience ainsi objectivement mesurée de leurs propositions de société ?
Qu'ils se précipitent autour de leur patron, chaleureux équipiers voyant leur espoirs renouvelés, leur croyances restaurées, leurs désirs d'agir rénovés ?
Qu'ils se tournent vers les citoyens qui ont écouté leur différence, encouragé leur dissidence, exalté leur dissonnance, pour leur dire : votre point de vue a été entendu, nous prenons le relais dans les systèmes de gouvernement, pour que maintenant il soit autant que faire se peut mis en pratique.

Que nenni !

Beaucoup se rallient honteusement à un jeune homme dévoreur de libertés publiques, dévastateur de lien social, démolisseur de solidarités plurielles.
Ils ont volent au secours d'une victoire statistiquement prédictible, appliquant à la lettre la règle de conduite que j'ai prêtée par erreur à Caius Iulius Caesar face à Vercingétorix, vae victis, et qui fut de fait, selon un de mes lecteurs que je tiens à remercier pour sa remarque, ainsi formalisée par un gaulois, Brennus, victorieux à Rome, et traitant une affaire de rançon avec Quintus Supicius. Je suis confus de cette confusion ; il n'en reste pas moins vrai qu'elle est exemplaire des tendances innées de l'homme à humilier son provisoire vaincu...

Car pour ce jeune homme, qui hier encore faisait analogie entre l'élection du président de la république au suffrage universel et la désignation du vainqueur d'un match de fouteballe, histoire de mépriser un peu plus encore ces millions de racailles qui n'ont pas voté pour lui, ne voyant dans ses propres électeurs que des supporteurs façon tribune de stade, dépouiller son adversaire de certains de ses proches est signe de force et titre de gloire.

Auraient-ils peur, ces précautionneux, de perdre une chance de conserver un siège, et les privilèges qui vont avec, même s'il en est de nécessaires.
Auraient-ils peur , ces peureux, de manifester un peu de personnalité, de traverser au pire un petit désert électoral.
Auraient-ils peur, ces vertueux, d'être repérés comme partisans d'un trublion politique, d'un sauvageon démocratique, d'un chardon idéologique ?

Il est tout de même paradoxal que le succès engendre la fuite. Pire, la trahison la plus cynique...
Reste à faire l'éloge de la trahison...perdu, c'est déjà fait !
Il est certes permis de changer d'avis.
Certaines circonstances, toutefois, laissent soupçonner une faculté d'adaptation un peu tapageuse et exacerbée.

Nota : Loin de moi l'idée de mettre dans le même panier, j'allais dire dans la même urne, tous les élus et militants de feu l'UDF.

Il en est qui usent de leur droit à la liberté de vote pour dire qu'ils choisiront, par défaut,  l'un ou l'autre des candidats que la loi électorale propose à leur suffrage ; c'est leur droit le plus démocratiquement reconnu. Mon étonnement se manifeste à propos de celles et de ceux qui ont assorti cette option d'un ralliement médiatiquement affiché, et qui se sont fait ainsi remarquer du très probable futur élu.

Certaines et certains résistent, eux, avec vigueur. L'UDF , comme tous les partis, rassemblements, unions, est un être collectif, donc est née, a vécu et peut, va mourir. La marque UDF ayant été achetée à l'époque à l'INPI par un petit malin qui la revend à l'UMP n'a plus que la valeur commémorative du patronyme que l'on grave sur un granit tombal.
Reste à   nommer l'ensemble à constituer. Avec le temps, pratiquement toutes les combinaisons sensées des mots magiques du vocabulaire politique ont été utilisées, et  bien peu restent disponibles.

Créatifs, à vos synapses...
publié dans : Libertaire
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback

Recherche

Partenariats


Rédacteur Agoravox


Nous sommes tous capables d'observer et de commenter.



fremen

Nous sommes tous responsables de l'état de la terre (et du ciel...).



Nethique.info

Nous pratiquons tous les bonnes manières, surtout avec les inconnus.



Cyber@cteurs

Nous pouvons tous intervenir directement dans les processus de décision.





 
Nous sommes tous aptes à décider de ce qui est bon pour nous.




 
Nous habitons tous le même village en forme de globe.

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Syndications

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Album

  • Mes-images-2

Signaler

Cliquez ici pour recommander ce blog
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus