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Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
  • Présenter un ensemble de littératures polychromes : poèmes, essais, critiques, préfaces, documents pédagogiques, schémas didactiques, fragments sur des thèmes divers
  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
  • &, conjonction de coordination
  • Libertaire : la personne est première ; les maîtres à penser sont à fréquenter avec d'extrêmes précautions, et le progrès nait de la réflexion autonome de chacun venant se combiner à celle des autres.


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Depuis sa création en 2005 ,
ce blogue a accueilli 182 500 visiteurs
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Au 25 décembre 2009,
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  • : Adamantablogue
  • : Culture
  • : *Étonnement systémique et libertaire *Évaluations de l'actualité culturelle, artistique, politique, économique, sociale *Ouvertures vers la pensée non conformiste
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  • : 02/12/2005
Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /2008 14:45
Les diverses listes oranges auxquelles je suis abonné, les divers blogues de même nuance que je fréquente, laissent transparaître de la part de militants de la première vague –disons les numéros à moins de cinq chiffres...– quelques signes de démoralisation.

Il y a du citron dans l'orange !

Après un démarrage foisonnant et créatif, des fiançailles tumultueuses entre anciens et nouveaux, ces militants pleins d'enthousiasme et. de crédits d'intention sont nombreux à s'apercevoir que, faute de structure clarifiée, de référentiel partagé, de garants reconnus, le fonctionnement au quotidien du MoDem a dérapé vers la forme la plus banale d'exploitation des bonnes volontés et des compétences par des opportunistes astucieux qui ont flairé la bonne affaire médiatique et/ou l'aubaine en matière de notoriété locale instantanée.

Il y a de la mélancolie dans l'air.


Aujourd'hui, ces apporteurs d'énergie constatent la confiscation au profit de modestes mais cependant voraces intérêts de politique départementale ou municipale, devant un décor national de plus en plus flou, de leur savoir faire et de leur engagement.
Certains y croient encore un peu et hésitent à s'auto-exclure, d'autres sont proches de se détacher, quelques-uns ont déjà senti qu'ils étaient de fait passés à l'extérieur du mouvement initial, et un bon nombre commence à demander des comptes aux gaspilleurs de bonnes volontés.

Crise de croissance ou maladie génétique ?


Les tentatives faites de manière anticipatrice et bénévole –bien naturellement– par quelques adhérents ayant la fibre organisationnelle pour proposer des méthodes ou même des travaux pratiques d'action politique ont à peine eu un succès d'estime.
Le congrès fondateur s'est réduit à la performance d'un (bon) acteur entouré de ses faire-valoir ; les élections municipales se sont préparées puis vécues à tous niveaux dans une pagaille qui avec le recul fut plus triste que joyeuse.
En écrivant ce papier, je me sens complice sournois des défaitistes, allié objectif des saboteurs, suppôt des démons de l'échec. Toutefois, à stimulation affective, car tel a été le langage du créateur, réaction affective.

Reculer pour mieux sauter, ou sauter avant d'avoir trop reculé...

Crédits :

On reconnaitra la gravure d'Albrecht Dürer, Melencolia I, datant de 1514, ce qui ne nous rajeunit pas. A noter que j'ai cherché Melencolia II dans l'oeuvre gravée du troisième fils de l'orfèvre, mais sans succès. Si quelqu'un a une piste...

Merci aussi aux miltants qui ont subi l'épreuve du réalisme politique, en leur souhaitant fraternellement de conserver encore une ou deux illusions au sujet de la capacité humaine à l'altruisme actif et à la résistance aux tentations de la poussière de pouvoir que confère aux yeux de certains un micro-mandat de min[i-respons]able local.



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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /2008 15:19
J'ai totalement oublié pourquoi ce papier avait été stocké, vide, dans la méticuleuse mémoire du système.

L'art de la reliure ne me laisse en effet pas indifférent, et j'ai pris la peine de faire relier, dans diverses matières, toiles ou cuirs, des ouvrages que je voulais ainsi soit rendre aptes à de studieuses et nombreuses lectures, soit honorer en leur délivrant, tout livres qu'ils soient,  une élégante  livrée .

Le vocabulaire de la reliure a ses mystères. Pourquoi comète – sinon en relation avec les cheveux près de la tête ? – ou mors – sinon par extension métonymique des mors de l'étau à endosser aux empreintes qu'il laisse dans l'architecture du livre ? –.





L'un assemble les mots,

Décompte les sanglots,

Met la rime au cachot.


L'autre, d'une encre oblique,

Mêle un azur magique

Aux sables héraldiques.


Le dernier coud les pages :

Nervures et collages

Recomposent l'ouvrage.


Puis, le livre achevé,

Ils n'ont qu'à la rêver,

Captive, captivée,


Entrouvrant la reliure,

Caressant la gravure,

Et goûtant l'écriture.

 

Crédits :
Le texte est extrait de l'ouvrage Le sculpteur d'eaux, de Jean-Pierre Desthuilliers, Prix Jacques Normand 1987 de la SGDL.  Il est titré La lectrice, ou L'un écrit, l'autre grave, qui relie ?

L'image provient du site Le livre dans la peau de Delphine Dejean, relieure installée à Saint-Quentin-La-Poterie, près d'Uzés, sous l'égide de la devise : La reliure artisanale c’est Relier pour Relire

 

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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /2008 17:17
Sous ce titre un peu à la manière de , Nathalie Herzberg rend compte, dans Le Monde daté dimanche 22 juin, page 18,  d'une enquête au pays de l'éducation musicale scolaire. L'instrument du programme y est l'objet de prises de positions diverses de la part d'enseignants en IUFM, de musicologues, d'inspecteurs pédagogiques, et même de professeurs de musique en collège. J'ai mis les catégories professionnelles au pluriel pour donner de l'ampleur à la description de la situation et à l'énoncé des points de vue.

L'idée de traiter Euterpe, dans les divers programmes, à l'égal de Clio, voire de Polymnie – certes un peu négligée par les méthodes actuelles d'enseignement de la langue – ou de Melpomène est en soi une résolution digne d'intérêt. Mais s'il est difficile de réfuter l'utilité d'une culture musicale, le débat sur les modes d'acquisition de ladite culture mérite en effet approfondissement.

Que m'apporte mon expérience personnelle ? Je ne joue d'aucun instrument, mais je suis amateur de musique, connais assez bien les œuvres dites du répertoire et les vies de nombreux musiciens, du XVI° à nos jours.
Quelles pistes proposer pour développer l'intérêt crtitique des enfants, puis des adolescents, puis de jeunes adultes pour les diverses formes de musique ?

Dans ma propre éducation, je recense, de mémoire, des événements qui ont contribué au développement de mon attrait pour les musiques  et de ma compréhension de ce langage.
-Les éléments de solfège acquis à la fin du primaire : la notation musicale traditionnelle portait pour moi les mêmes mystères que le grec ancien avec son alphabet insolite ; et j'étais motivé à apprendre une graphie si étrange, dont je comprenais qu'elle représentait des sons et portait du sens ; d'où le plaisir du déchiffrement.
-Les travaux pratiques réalisés à l'École du Gai Savoir, avec Vincent Bouts, visant à la construction d'une vielle avec les matières disponibles, contre-plaqué, bûchettes de buis et fragments d'os ; découverte du monde des vibrations, des rapports entre la hauteur du son et la tension de la corde, de la modulation du rythme par les accélarations de la roue, de l'enchainement de la mélodie par manipulation des sautereaux.
-Les séances d'écoute d'œuvres enregistrées, telles qu'au Lycée de Meaux un professeur les organisait dans le cadre d'une initiation à la culture allemande, et surtout celles qu'une fois par semaine un des surveillants généraux du Lycée Henri IV proposait aux élèves des classes prépas ; j'y découvris la musique symphonique, de chambre, et jusqu'à la musique dite religieuse  – la vraie, pas les psaumes mis en notes par Joseph Gélineau (*) tels que nous les chantions en choeur dans la chapelle du Lycée, ayant l'insigne chance qu'Henri IV abritât une prépa à l'écile des Chartes, donc quelques chartistines...–, et aujourd'hui encore la Symphonie du Nouveau Monde me transporte en ces lieux où je la découvris, subjugué.

Pourquoi ne pas utiliser des morceaux de musique comme déclencheurs pour une réflexion écrite, de la même manière que certains poèmes sont mis à contribution pour engendrer une formulation explicative et argumentée d'un ressenti ?
Pourquoi ne pas proposer dans le cadre de travaux dirigés une prise de contact avec les phénomènes physiques de production et de transmission des sons, cordes, plaques, membranes ou colonnes d'air – une petite expérience de flûte de Bernoulli ferait comprendre la relation entre la pression engendrée par la force du souffle et les sauts d'octave intempestifs–.
Pourquoi ne pas proposer à des élèves de préparer et présenter un exposé, avec illustrations sonores, sur les musiques qu'ils aiment et n'aiment pas ?
Pourquoi ne pas profiter des cours de géométrie algébrique et de l'etude des théorèmes sur les proportions pour dériver du côté des rapports sacrés, la quarte, juste ou augmentée, et son renversement, la quinte ; puis des cours de physique pour faire le lien entre acoustique et musique ?

Bon, ma spécialité n'est pas la pédagogie de la musique, je ne voudrais pas ajouter de fausses notes au concert des experts.

Je connais par ailleurs au moins une élève scolarisée pendant l'ère de la flûte douce, et qui a continué par plaisir de travailler cet instrument, bien mieux transportable que l'orgue et plus riche en harmonies que le triangle. Non seulement elle s'est équipée dans un permier temps – allusion musicale...– d'une authentique flûte douce Moeck , mais encore elle s'est ensuite offert l'upgrade vers une flûte alto de même bois – allusion proverbiale – et a poussé sa propre mère non au désespoir – allusion sociologique – mais à se doter de sa propre Flauto Dolce.


Crédits : merci au manufacturier Moeck, pour ce coffret destiné au transport de ce produit de son talent de flûtier. Format 13,5 x 19, celui d'un livre de la collection Bouquins.

Notes
(*) Sa tentative de restauration du chant grégorien sur des bases modernes est cependant méritoire. Je ne voudrais pas que ma remarque vienne desservir un serviteur des psaumes, qui osa dire : il y a encore trop de prêtres dans l'Eglise pour que les mentalités s'adaptent aux réalités – je cite de mémoire. Il est vrai qu'il émargeait à la Société de Jésus, don la lucidité parfois quasi-caustique n'est pas une des moindres caractéristiques.


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Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /2008 16:39
La perspective de la fermeture de deux usines de l'ex-SEITA inquiète à juste titre les personnes qui y travaillent. Mais la société européenne peut-elle à la fois s'engager contre la consommation du tabac dans les lieux non-privés– après l'avoir encouragée sans souci pendant des dizaines d'années, smoke is money – et ne pas assumer toutes les conséquences de cette évidence économique : réduire la consommation implique de réduire la production de matière première et celle de produits finis.
Toutefois, on ne jette pas un travailleur comme on abandonne un mégot...Ou alors, ça se consume, et ça enflamme.

Je me suis posé la même question lorsque, consultant, j'ai travaillé de manière éphémère pour le compte d'une entreprise d'armements dont les produits phares étaient des engins du genre mine anti-personnel et bombes à fragmentation. La mission consistait à identifier les raisons du malaise du personnel...La moitié d'entre eux vivaient dans un  état de double contrainte infiniment plus pernicieux que celui du héros de l'historiette des deux chemises : dénoncer dans sa vie extra-professionnelle les produits issus de son activité professionnelle, autrement dit être en permanence déchiré entre deux motivations de sécurité très puissantes.
Toutefois, on ne laisse pas tomber un collaborateur comme on largue une munition...Ou alors, ça explose, et ça fait mal.

Crédits :
Merci, pour cette composition, à Richard, cité par SoAnn, qui nous dit : Il a pris cette photo à San Martin d’Empuries, en Espagne, le 17 avril 2007. Et inspiré par l’explosion de son chargeur de batterie d’appareil photo (!), il l’a appelée ce qui nous consume en l’accompagnant d’un texte très vrai.

Merci à la manufacture Tabacofina Vander Elst qui a roulé cette Belga, et au geste artistique du fumeur – l'absence de maculation par un rouge à lèvres encourage cette inférence – anonyme dont le mégot est tombé avec l'angle voulu à la distance convenable de l'intersection de deux joints de pavage.

Merci à Sant Martí d'Empúries pour le choix judicieux de ses pavages.

Publié dans : Free(wo)men
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Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /2008 15:03
Ayant publié depus la création de ce blogue 421 articles – j'ai gagné...mais quoi ? – m'est venue l'idée de comparer par la mesure, en prenant comme unité  le nombre de lectures, la notoriété de mes modestes papiers – ou post, en e-langue – .

Les nominés sont :

Le hoax de Baltimore
Eloge du homard
Purin d'ortie
La page blanche


Et le gagnant est...La page blanche, avec 7 500 visiteurs le mois dernier, plus de 20 000 depuis sa parution début mars. La gougeulisation de cette expression induit 2 630 000 occurences : le lien avec ce papier arrive de maière inattendue en quatrième position, juste après la version page blanche des pages jaunes, le site d'une e-revue de poésie à laquelle j'ai contribué, et un article de terra economica dont je suis lecteur régulier.

Crédits : merci à Mauritz Cornéli Escher pour Jour et Nuit, que l'on pourrait traduire par De la page noire à la page blanche, ou Inversion des Valeurs. Gravure sur bois, 157 x  90 , 1939.


Publié dans : Adamantane plus
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /2008 10:08
Le 26ème Marché de la Poésie de Paris (*) implante ses baraquements aujourd'hui jeudi 19juin  et jusqu'à dimanche soir 22 sur le parvis de l'Eglise Saint Sulpice.
Il est placé sous le double signe de l'Inde et d'Aimé Césaire.

Les éditions D’Ici et D’Ailleurs seront présentes sur le stand C6 des éditions Schena et ses auteurs, dont Genevièrve Bauloye, Sylvie Biriouk, Jean-François Blavin, Hédi Bouraoui, Maurice Cury Giovanni Dotoli, Roger Gonnet, Eric Sivry y signeront leurs ouvrages.

Le montant de location des emplacements a pour avantage secondaire de resserrer les liens entre les éditeurs et entre les auteurs. Organiser ce type de manifestation est probablement un des rares moyens licites de gagner un peu d'argent avec la poésie...


Nota
(*) Il en existe ailleurs : Montréal, Bordeaux, Rochefort-sur-Loire, etc.
Publié dans : Nouvelles des arts
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /2008 23:05
Selon Le Monde daté jeudi 19 juin, l'inventaire des espèces vivantes du Mercantour fera progresser la nomenclature des microcollemboles et des nématodes. Telle est la révélation apportée par Gilles Van Kote page 7.

Nématode serait  le nom moderne du vers rond.
Rien à voir avec le vairon...
Un nématode très utilisé par les scientifiques porte le nom fort distingué de Caenorhabditis elegans. Cette petite bête figure à l'affiche de conférences internationales qui lui sont exclusivement consacrées. Sa croissance a alimenté de minutieuses expériences en apesanteur à bord d'un vaisseau Союз [Soyouz.]. Sa notoriété cinématographique se développe.


Les champs sémantiques de la biologie et de la poésie contiennent des substantifs communs. Pas toujours ordinaires, mais communs.

Par exemple, les vers blancs sont à la fois :
-des larves de diverses espèces de hannetons et de scarabés (*)
-des lignes de texte de même nombre de pieds mais ne rimant jamais (**)

Que seraient des vers ronds en poésie ?
Faut-il chercher du côté de la forme circulaire, du rythme titubant, du contenu convivial ?
La question reste posée...

Crédits : Caenorhabditis elegans, Courtesy of Ralf Sommer, illustrant le papier Nematode tempo de Vivienne Baillie Gerritsen

Notas :
(*) Se nourissant de racines, bulbes et rhyzomes, ils sont l'ennemi invisible et mortel des cyclamens de montagne qui ornent ma terrasse. La méthode la plus naturelle pour les détruire est de déplanter, extirper avec des brucelles et remettre en terre (les tubercules, pas les vers...). La méthode douce pour paresseux est l'arrosage à l'eau de savon. Une plus expéditive l'emploi de diazinon, alias Diethoxy-[(2-isopropyl -6-methyl-4- pyrimidinyl)oxy]- thioxophosphorane, sous micro-capsules.
Coîncidence bizarre, les vers ronds tuent les vers blancs. J'ai appris ça sur le site de la ville de Longueuil.

(**) J'ai écrit cette définition comme je la sentais. Henri Morier, dans son Dictionnaire de Poétique et de Rhétorique, a des accents plus techniques : blanc ; se dit d'un vers dont la finale ne trouve d'écho dans aucune des rimes voisines.
La lecture de certaines productions langagières classées à la rubrique poésie insinue sournoisement l'idée que pas de rime valant bien mieux qu'une mauvaise, ceux qui, tels Jules Romains, prônèrent non le recours à cette couleur du discours, mais l'abandon des vers rimés au profit des vers accordés, n'eurent pas tort.
Voir à ce sujet le peu connu, donc très intéressant,  Petit traité de versification de Romains & Chennevière, nrf, Paris 1924 ; 137 pages, index des concepts, index des noms de poète cités.
Publié dans : Étonnement
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /2008 09:19
L'assemblée générale de l'Association SUPAERO, réunie le 29 mai 2008 puis le 17 juin 2008, a adopté le projet de modification de ses statuts qui tient compte du périmètre de l' ISAE ,Institut Supérieur de l'Aéronautique et de l'Espace, issu du rapprochement de SUPAERO et de l'ENSICA : elle accueille désormais les anciens élèves de SUPAERO, de l'ENSICA et de l'ISAE.
L'association communique maintenant sous le nom d'Amicale ISAE.

Dans les semaines qui viennent, l'Association des Anciens Elèves de l'ENSICA va adopter les mesures nécessaires pour que le processus de regroupement des deux grandes écoles de l'aéronautique française au sein de l'ISAE s'accompagne de la réunion de tous leurs anciens élèves, Ingénieurs, Docteurs, titulaires de Masters et de Mastères spécialisés, au sein de l'Amicale ISAE.



 

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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /2008 20:26
Bon, c'est aussi le mariage, enfin réussi, et contre toute attente, d'une larpe – l'autogestion douce – et d'un capin – le temps libre.

Ca se prononce fais tes vacances.
Ca s'écrit faistesvacances. (*)

L'aventure commence, cette année, le 12 juillet et se terminera le 2 août. Celà se passe, se vit, s'accomplit à Doucy, et douçi-douça cela laissera des traces dans la vie des faiseurs de vacances.
Le programme des festivités de ce festif été est d'ores et déjà disponible. Il reste encore des possibilités d'hébergement, mais..dans un mois il sera presque trop tard.


Nota :
(*) ...faites vacances ? fêtez vacances ?

Crédits : le cerisier du jardin du voisin. A propos, pourquoi illustrer ce papier avec trois cerises ? Pourquoi pas une carpe et un lapin ?

Publié dans : Communiqués
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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /2008 10:11
Dans Le Monde daté du mercredi 11 juin, Martine Laronche rend compte d'une des communications présentées au d'un colloque organisé par l'association Santé grandes écoles le vendredi 6 juin, à Paris.
L'accent est mis, à juste titre, sur les souffrances psychiques endurées par les étudiants des classes préparatoires aux concours d'entrée dans les Grandes Ecoles.
Des témoignages, qui ne sauraient être mis en doute, étayent cette réalité.

J'ai été formé, il y a une trentaine d'années, à une méthode de résolution des problèmes développée par Charles Kepner et  Benjamin Tregoë, méthode dont une des étapes consiste à mettre en parallèle les caractéristiques des environnements dans les quels le problème est constaté, et celles des environnements dans les quels il ne l'est pas. L'idée est d'identifier une ou plusieurs divergences entre ces ensembles de conditions, et d'en déduire des causes potentielles.
D'ailleurs, le papier de Martine Laronche en  contient une esquisse d'application : Les élèves de prépa sont issus de milieux particulièrement privilégiés, avec des modèles identificatoires forts. Autrement dit, la fille du boulanger a plus de chances de rester cool que le fils du pédégé.

La seule contribution que je pourrais apporter à l'étude de ce problème de santé mentale est une mise en parallèle de ce que j'ai vécu entre 1956 et 1959 et ce que vivent cinquante ans plus tards les préparationnaires d'aujourd'hui.

Les élements sociologiques à prendre en compte pour pondérer la description que je puis faire, de mémoire, de non vécu de taupin sont :
-mon milieu : aîné de famille nombreuse, mère enseignante et père artisan-entrepreneur en menuiserie
-mon enfance : demi-pensionnaire dès dix ans, interne dès douze ans, boursier du gouvernement
-mon âge : j'ai fêté mes dix-sept ans en prépa en ayant redoublé une classe du secondaire
-ma scolarité : à dominante littéraire, avec virage résigné mais réussi vers le bac mathélem sur injonction parentale
-mon destin vu par mes parents : le bicorne et la tangente [ voir l'idée fixe du savant cosinus, page 15...En attendant d'aller ad astra, Cosinus est allé à Polytechnique...] puis un poste de direction aux chemins de fer
-mon projet personnel : être avocat

Quelles étient les caractéristiques essentielles de la Taupe HIV telle que je l'ai fréquentée, comme interne ?
-56 élèves en hypotaupe, avec un taux de sélection annoncé de 1/4 ; 25 en taupe, et redoublement admis si et seulement si admissible à au moins un concours ;
-7 heures de cours par jour, sauf le jeudi après-midi et le dimanche ;
-4 h d'étude par jour (1/2 le matin, 1/2 après le déjeuner, 2 avant le dîner, 1 après le dîner) ;
-lever à 6 h 45, déjeuner à 12 h 15, dîner à 19 h, dortoir à 21 h, extinction des feux à 22 h ;
-une colle de maths et une de physique-chimie par semaine, plus l'anglais et d'autres pérpéties moins fréquentes;
-un devoir de maths par semaine ;
-dans chacune des matières, un devoir sur table noté par mois.

Personnellement, mes seules surprises furent de constater que je n'étais plus le plus jeune de ma classe, et que si je continuais selon mes habitudes du secondaire, à savoir me contenter d'écouter les cours en prenant des notes pour faciliter l'ancrage des acquis, je me retrouvais au milieu du classement et non plus dans le premier quart. Je me mis donc à m'astreindre à relire au moins une fois mes notes.

Je ne me souviens pas d'avoir perçu de manifestations de stress de la part de mes camarades de classe, les internes au moins, soit près du tiers de l'effectif. Les externes, eux, ne montraient guère d'absentéisme.
La nourriture dispensée par l'Education Nationale était relativement saine, bien que peu variée, ce qui provoquait des chahuts récurrents à la gloire de l'intendant. Les conditions de travail étaient plutôt spartiates, qu'il s'agisse des salles de classe ou d'étude, meublées de bancs collectifs et de planches à écrire un peu rugueuses, et le dortoir conforme aux normes usuelles d'un casernement. Il est vrai que nous aspirions à loger ensuite à 200 m de là,  rue Descartes, dans des locaux franchement militaires et célèbres pour leur noble inconfort.

Certains d'entre nous utilisaient le temps libre du jeudi après-midi pour  une déambulation au quartier latin, une halte au Luxembourg ou une séance de cinéma de préférence au Champollion, spcialisé dans les fims d'auteurs du répertoire classique. Une semaine sur deux je rentrais en banlieue passer le dimanche en famille, retour le soir pour être en forme le lundi matin. Pendant les récréations, selon le climat , nous  jouions au bridge ou à la pelote à main nue (*).

Pendant les trois années passées en prépa, je ne me souviens pas avoir eu de moment de déprime : le régime de l'internat m'était familier, j'avais le loisir de lire beaucoup, surtout de la philosophie et de la science fiction, et personne ne se préoccupait de savoir si je passais mon temps sur les exercices corrigés du Aubert & Papelier où à travailler à mes recherches sur Mallarmé, Verlaine et Rimbaud...voire à écrire de la poésie pour mon propre compte.
Ma vie affective était partagée entre une très franche camaraderie avec certains de mes compagnons – je suis resté en contact avec quelques uns d'entre eux – et des relations épistolaires, à forte connotation amoureuse , et très suivies avec une de mes amies du Lycée de Meaux.

Il se peut que la différence essentielle réside non dans la durée des cours, la complexité des matières, la lourdeur des programmes, et/ou le système de contrôle et de notation, mais dans le style de vie quotidienne.
L'internat nous proposait – sans nous demander beaucoup notre avis, quoique l'année où je fus président de la Taupe j'eus, car c'était mon rôle, à négocier avec les surveillants généraux et les professeurs pas mal d'ajustements de la vie scolaire – un cadre permanent qui nous garantissait une régularité quasi-monacale dans nos horaires et nos occupations, et l'absence de perturbations externes, y compris une protection forte contre l'ingérence parentale dans les activités intellectuelles.

Le Monde daté du 14 juin publie un article qui pourrait aller dans le sens de cette hypothèse : Jeunes en péril. Catherine Rollot et Martine Laronche ont organisé la page dédiée à cette enquête autour de six thèmes : le recours aux soins – et la contraception –, l'alimentation, le tabac, l'alcool, la drogue – et les stimulants médicalement administrés – et la perception de l'avenir. Le thème de la structuration du temps n'y est pas directement abordé.

En 1956, le recours aux soins était sous contrôle de la famille, la contraception se limitait aux préservatifs, l'alimentation était gérée par l'institution, nous étions peut-être plus nombreux à fumer qu'aujourd'hui, l'alcool et la drogue n'appartenaient absolument pas à nos pratiques, et notre perception de l'avenir, si elle était assombrie par les risques de réchauffement apocalyptique de la guerre froide, demeurait optimiste pour ce qui était de notre destin personnel.


(* ) Il s'agit bien sûr d'un jeu qui se pratique avec une balle et un fronton...

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