Adaman...Quoi ?

 

Liminaire

Le site source de ce blog, adamantane.net, a été mis en chantier et en ligne pour assurer simultanément plusieurs fonctions :
  • Présenter un ensemble de littératures polychromes : poèmes, essais, critiques, préfaces, documents pédagogiques, schémas didactiques, fragments sur des thèmes divers
  • Publier des auteurs, et plus généralement afficher des artistes, connus comme méconnus
  • Servir de portail à des associations à but artistique et culturel
  • Accueillir des activités d'écriture collaborative
  • Dissimuler un espace privé dédié à des recherches symboliques.
Son rédacteur veut les assurer de manière :

  • Systémique : les liens et interactions entre les divers domaines de la pensée active constituent en noosphère vivante ce qui sans eux ne serait qu'une froide encyclopédie des savoirs ;
  • &, conjonction de coordination
  • Libertaire : la personne est première ; les maîtres à penser sont à fréquenter avec d'extrêmes précautions, et le progrès nait de la réflexion autonome de chacun venant se combiner à celle des autres.


Informations

Depuis sa création, ce site a accueilli
visiteurs.


Au 10 avril 2008,
il a proposé 411 articles
et accueilli 454commentaires.

Images Aléatoires

Présentation

Mardi 1 avril 2008

Cathy Garcia, après Salines, autoédité en octobre 2007 – il convient dons se s'adresser directement à elle pour acheter ce recueil – nous livre Ombromanie . C'est publié aux Éditions Encres Vives, dans la Collection Encres blanches.
L'adresse postale est :
allée des Allobroges, 31770 Colomiers
et c'est vendu 6,10 €.


Je laisse la main à Patrice Maltaverne pour nous éclairer au sujet de ce recueil, dont figure ici, en format réduit, la couverture, qui est un collage de Cathy Garcia elle même.

* * *

Comme c’est à la mode en ce moment, parlons-en, de la poésie féminine ! Le problème est que celle-ci manque de tranquillité. Alors, comme ce sont surtout eux, les discours empesés d’égalitarisme pieux et de lâcheté inimitable qui détonnent dans le paysage actuel, on sera d’autant plus tenté de passer sous silence les quelques textes composant Ombromanie , pour ne pas déranger le sommeil des injustes.
Eh bien moi, je n’ai pas envie d’obéir à cette injonction facile, même si ma chronique, je le sais, se perdra à coup sûr dans le néant des écritures underground.
Cathy Garcia, par ailleurs créatrice de la revue  Nouveaux délits réussit, tout au long de ces dix sept poèmes en vers libres, à faire parler la vraie révolte, celle qui hélas, faute de pouvoir s’exprimer avec suffisamment de force pour être entendue, faute d’avoir pu identifier clairement le cœur de sa cible, se retourne contre elle-même : « appelez-moi donc stupide », « pathétique est mon nom ».
Les titres des textes composant  Ombromanie  sont déjà tout un poème, qu’ils soient caractérisés par la présence de néologismes, de jeux de mots : Nasarde , Aéropère , Gallimafrée, Pan urge ! , par des énoncés lapidaires  Je n’irai même pas cracher sur vos tombes, La collection automne-hiver sera terrible », ou encore par des titres d’albums du genre techno metal : Last call / Before K-OLast rung / Burn the ladders .
La description des violences, réelles ou imaginées, est continuelle dans cette apocalypse, comme s’il fallait conjurer le silence, bien plus effroyable, par de la folle agressivité qui s’exprime à travers une série d’images sans cesse renouvelées : crever les temples ennemis / sortir leurs viscères / la bile le sang / produire toujours plus / de matière fécale / pour les étouffer .
Les instruments de torture pleuvent de partout : seringues, serre-gorge, flèches, coups de poings, de couteaux, de ciseaux, poison, etc.
C’est que, plus le temps passe, plus, en revanche, les armes de résistance paraissent élimées, face au raffinement de l’automutilation planétaire. Ainsi, l’âge des désillusions arrive tout naturellement : et moi la ravie du ravi / je broute / au petit malheur / je cueille glane / plume effeuille / dans les champs utopiques / du sursis volé / à ceux qui croient / maîtriser.
A la fin du recueil, l’ennemi, ce besoin compulsif de faire d’avoir toujours plus toujours mieux , se montre en plein jour, même s’il demeure intouchable, car bien sûr, les pouvoirs en place et le monde du travail inculquent avec sadisme aux esprits fantasme de la réussite matérielle et culte de la performance auxquels ne peut s’opposer qu’une soif de justice, bien oubliée aujourd’hui.
Face à ce constat implacable, certains pisse-froid de service, qui n’aiment pas à être pris en flagrant délit d’absence de raison, ne manqueront pas de qualifier la poésie de Cathy Garcia d’exagérément noire, comme tend à le suggérer le titre du recueil.
Tout d’abord, je répondrai à ceux là que ces poèmes exagèrent surtout la vie, à travers leurs vers souvent courts, vite découpés, leurs fréquents passages en énumérations exclamatives : chimique / métabolique / lunaison / feu ! .
Enfin je leur ferai remarquer, à ces (trop) sages, qu’il n’y a pas dans ces mots là de manque de cœur. Voilà pourquoi la femme finit par devenir chienne, animal / est le cœur / seule la raison / est froide , tout simplement pour transformer son impuissance à changer les choses en débordement d’énergie pure.
Après de telles preuves d’amour, pourquoi irait-on lui jeter la pierre de l’indifférence ?
Patrice Maltaverne

* * *
L'ombromanie n'est en rien une maladie obsessionnelle, telles que sont par exemple cleptomanie ou anglomanie. L'ombromaniaque n'existe guère que dans les zones les plus sombres de notre for intérieur. Mais l'ombromane est le praticien en ombres chinoises. Un exemple pour voir...

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Mardi 1 avril 2008

NetBrain ? De quoi s'agit-il ?
Pourquoi pas Concerveau pour parler de ce concert de cerveaux, ou Entrelacerveau pour nommer cet entrelacs de cerveaux ?

Quelle sera la première puissance économique mondiale dès la prochaine décennie ? La Chine, l’Inde, L'Europe, L'Amérique du Nord ? Non : ce sera Netbrain, cette puissance virtuelle transversale dont la capitale n'est nulle part et est partout, qui n'a ni frontières ni gouvernement ni monnaie...
Internet, le réseau des réseaux,  crée plus de richesses, d’emplois, d’entreprises, de valeur ajoutée que les géants économiques acteurs de la géopolitique du futur proche.

Denis Ettighoffer , consultant, ancien directeur du développement des NTIC pour Bossard Consultants, où j'ai eu le plaisir de travailler avec lui sur la charte des secrétariats et le plan bureautique (un ordinateur par consultant...) est président fondateur d’Eurotechnopolis Institut – groupe Institut de Gestion Sociale - IGS –où il continue l’exploration prospective des cybersociétés.


Son dernier livre, NETBRAIN, Planète numérique. Les batailles des Nations Savantes est en vente dans toutes les bonnes librairies...Et c'est le vendredi 18 avril à 18h à la Fnac Digitale, 77 boulevard  St-Germain, Paris 6e, qu'il le présentera au public.

NetBrain, 352 pages, 24 € ; ISBN 9782100516087





 
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Vendredi 28 mars 2008
logorss.jpg
Un papier sur le blogue versac.net à propos d'une décision de justice très récente a attiré mon attention sur deux aspects un peu particuliers du fonctionnement de la blogosphère .

► D'une part, le risque que fait courrir le recours aux flux rss. Si je suis abonné à un journal, et que ce journal un jour publie un article honteusement antiraciste, ou diffamatoire, ou souffrant de toute autre malformation mentale réprimée par la loi, le lecteur que je suis n'en sera pas inquiété pour autant, même s'il n'envoie pas au courrier des lecteurs une protestation argumentée. Et La Poste, qui aura véhiculé l'objet du délit, non plus. Dans le monde des papiers virtuels, cela semble un peu différent, dans la mesure ou un gestionnaire de flux semble avoir été condamné pour une affaire analogiquement semblable. Et je ne voudrais pas que le fait d'avoir utilisé les services d'un tel gestionnaire se retourne contre lui parce qu'un source s'est mise à débiter de l'eau polluée.

► D'autre part, celui plus sournois qu'engendre le recours aux liens. Certes, sans liens, la toile manque de cohésion et une des potentialités discriminantes de ce mode de communication n'est pas exploitée. Il convient donc d'user de cette facilité d'enchevêtrement de données et de traçage de pistes à étapes.
Lorsque j'établis un lien depuis un des mots clefs d'un papier de ce blogue vers une page de site ou une page de blogue ou toute autre information, j'ai le devoir naturel de vérifier que le texte ou l'image ou la vidéo vers quoi pointe ce lien, mon lien, répond aux contraintes légales. L'ennui, c'est que le contenu ainsi lié peut être ultérieurement modifié sans que j'en sois informé. Et la modification peut le faire basculer dans le peu fréquentable. Quelle est alors ma responsabilité ?


Je forme le vœu que mes alarmes soient infondées. Mais j'ai tout de même quelques craintes. Je comprend que dans l'industrie du livre éditeur et auteur soient solidaires. Il est rare qu'un auteur modifie son texte à l'insu de son éditeur, et surtout que dans une bibliothèque un livre voit son texte se modifier par mise à jour automatique (quid des e-livres, d'ailleurs ?)...Mais sur internet, par le biais des liens, l'éditeur se voit rendu responsable d'un contenu dont il ne maîtrise pas les évolutions possibles, et invisibles au niveau du lien.



publié dans : Systémique
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Jeudi 27 mars 2008
La vache orange
Vous connaissez toutes et tous la vache orange, d'après Nathan Hale. La lecture de ce livret m'a suggéré l'importance du rêve dans la vie mentale, et que si un renard pouvait porter une vache sur son dos , alors tout était relatif....

J'ai toujours cet album, n° 12  de la collection les " petits Père Castor " dans ma bibliothèque personnelle : copyright 1942, dépôt légal, 4ème trimestre 1943, Flammarion et Cie, édit. Déchaux, imprimeur à Paris décembre 1951. Particularité : les pages –20 pages– ne sont pas numérotées. Format 12,5 x 15. Cet exemplaire fait partie de l'héritage de mon épouse, le mien ayant dû descendre à ma sœur cadette, et ainsi de suite le long de la fratrie jusqu'à perte ou destruction probable par découpage ou tout autre procédé de découverte propre aux jeunes enfants...

L'histoire de ce livre, d'après les archives de l'éditeur, serait plus complexe et mouvementée que ne le laisse croire l'article de Lucie Cauwe publié en bas de note.


La couverture ici scannée était, au 1° octobre 2007, introuvable via gougeule. Seule celle de la réédition de 1961, avec une couverture bleu des mers du sud, était repérée...

Il y a aussi une version enregistrée. Je ne sais si le scénario a été adapté au théatre ou au cinéma...Vous pouvez aussi tester votre connaissance de l'histoire – attention, il y a un piège dans la 5° question du quizz ! –.

Depuis, e-bay a , à ma connaissance, proposé à deux reprises l'édition "orange" . La première a été emportée par un enchérisseur au 22° tour et pour 40,50 €, ce qui est assez coquet pour un opuscule de 20 pages. La seconde pour le prix déjà plus raisonnable – car ne montant qu'à quatre fois le prix de l'article neuf, et un peu moins élevé que celui de la version sur CD –  de 16,50 €.

Je cherche à savoir ce qui peut motiver ces acheteurs...

Si quelqu'un  a une idée.

* * *

► Parue aux éditions du Père Castor en 1943, la vache orange  créée par Nathan Hale  (pour le scénario et le texte NDLR) et Lucile Butel (pour les illustrations NDLR) ignorait qu'elle allait prendre la tête d'un immense troupeau de bovins qui parcourent toutes les époques de la littérature de jeunesse.
Le plus amusant, c'est que l'alerte sexagénaire va de réédition en réédition (chez Père Castor-Flammarion aujourd'hui, parfois hélas en version abrégée) avec un succès constant auprès des enfants qui apprécient toujours autant sa fraîcheur et son humour. Cette vache gourmande recueillie par un renard compatissant a toujours le même pouvoir de séduction, surtout quand elle se montre une malade alitée et capricieuse.

Crédits : ► Article de Lucie Cauwe dans Le Soir du vendredi 20 juin 2003 © Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2002
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Samedi 22 mars 2008
mai-68.jpeg

Le 22 mars 1968, je venais de signer 9 jours plus tôt, dans la plus grande discrétion, un précontrat avec la Société Bertin pour y prendre la direction d'une unité de recherche en fluidique. Mon projet était  d'approfondir et développer des travaux commencés quinze mois auparavant au sein de la Compagnie de Freins et Signaux Westinghouse, travaux ayant abouti à quelques brevets prometteurs, mais interrompus à la demande de la maison mère amérikaine, qui "n'y croyait pas".
J'étais donc, le 22 mars 1968, ingénieur P II à la Freinghouse – selon le nom d'amitié donné à l'établissement de Freinville de la Westinghouse , où j'avais un peu plus de trois ans d'ancienneté.

J'étais de plus déçu par les résultats pratiques de ma contribution au groupe d'étude et de programmation préparant l'informatisation de la gestion des flux de production au sein des usines de cette dernière entreprise. L'investissement que j'avais fait en me formant à l'écriture en Cobol  – j'étais un autodidacte d'Algol – était mal rémunéré, et l'ambiance, telle q'entretenue par un dirigeant dont les mœurs managériales étaient incompatibles avec les miennes, délétère.

C'est dire à quel point la lecture que j'avais faite dans Le Monde des articles annonçant l'existence à la fac de Nanterre d'un mouvement de protestation des étudiants m'avait peu touché.


Dans le courant de l'année 1967, j'avais pris conscience, au terme d'un processus entamé le 2 mai 1966, date de ma première prise de responsabilité d'encadrement comme chef de service d'une unité regroupant un laboratoire de mesures etun bureu d'études en méthodologie des essais, du fossé qui lézardait le corps social de l'entreprise. L'émergence de nouveaux moyens de communication et de calcul, le début d'une relative ère d'abondance et d'amélioration du cadre de vie, les espoirs engendrés par le progrès technologique – nous travaillions sur le projet du futur TGV – cadraient mal avec des procédés de management formalistes, cloisonnants, hypocrites. Et les attentes des cadres sortis des grandes écoles dans le début des années 60, qui expérimentaient leurs premières situations de responsables d'équipes et de budgets, ne cadraient pas avec le modèle proposé par la routine antérieure.

A vie nouvelle voie nouvelle. Il nous fallait imaginer une autre manière d'être ensemble.
Je m'étais aventuré dans cette voie -il y avait une attente et un besoin-     avec une dizaine de jeunes ingénieurs de l'entreprise, appartenant à divers services. Nous nous constituâmes en réseau, – réunion délibérative une fois par semaine entre midi et deux, avec repas sandwich, au café du coin – avec pour perspectives de :
-faciliter les communications horizontales directes ;
-pratiquer la formation initiale et permanente de nos techniciens et ouvriers sur la base des situations vécues ;
-créer un référentiel du management équitable ;
-et faire bouger la strate des 35/55 ans qui détenait le pouvoir effectif et agissait de manière clanique et en vertu de la vitesse acquise.
Le réseau distinguait les points focaux – animateurs–, les correspondants – sympathisants – et les membres potentiels, sans tenir compte de l'appartenance à une Direction, du métier ou de la formation d'origine. Nous élaborâmes un manifeste...  Ce manifeste arriva sur le bureau du DG, qui passa une demi-heure à nous dire que c'était de la dynamite et autre demi-heure à noter ce que nous lui expliquions au sujet de ce syndicat spontané, avant de conclure que comme ce n'était incompatible ni avec la recherche de la qualité, ni avec la maîtrise des coûts, ni avec l'humanisme du groupe, il tolérerait la chose à seule condition qu'il n'y ait pas d'exclusions fondées sur l'âge ou le diplôme.

Aussi, quand le vrai Mai 68 se mit à fleurir, le terrain était préparé pour une propagation rapide des idées de contestation de normes implicites perçues comme contre-productives et de recherche de nouveaux espaces de liberté.

J'ouvre sur ce blogue une nouvelle catégorie. J'y publierai, aux dates anniversaires, la chronique, résumée, à partir des notes et documents que j'ai conservés, de cet épisode intercalaire de ma vie professionnelle.
Surprise rétrospective : entre le 1° et le 19 mai 1968, il ne se passa rien de particulier dans les divers établissements industriels sis à Freinville-Sevran, situé à une quinzaine de km de Paris...

Quant à la fluidique...mais n'anticipons pas.

publié dans : Mai 1968
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Vendredi 21 mars 2008
h-risson.JPG
M. Triplemoi, désireux d'enrichir son facebouque des papiers postés sur le Web, et plus particulièrement de mesurer cette composante de sa notoriété personnelle,  a créé un poste de chasseur de bourdonnements.
Cette embauche ( en CPE, on ne sait jamais...?) prouve que lorsque l'on est diplômé d'HEC et de quelques autres écoles il est possible de trouver du travail, presque sans piston, dans des entreprises de luxe.

Comme je tiens à faciliter la tâche de ce jeune homme, je loge dans cet article l'équation qui permettra de comprendre sous quel pseudonyme j'ai jusqu'à présent nommé notre Président du moment. Les allusions aux livres bien connus de Roger Hargreaves M. Malpoli et M. Glouton ont en effet été complétées par la création du sobriquet M. Triplemoi pour désigner l'époux de Carla, l'ex de Cécilia et l'ex de la nièce d'Achille. Achille, non le guerrier-aux-pieds-légers, l'Αχιλλευς élève de Chiron le centaure, mais l'ex-président de la compagnie minère de l'Est-Oubangui – exploitante de gisements de diamants –, et représentant distingué de la communauté corse sur le continent.

Quoi, d'illégitime, au fond, dans l'idée de constituer une revue de la presse virtuelle, un e-hérisson (*) consacré aux  blagues des blogueurs, un florilège des plus ou moins bonnes histoires dont notre actuel Président est hélas le héros. Ce qui peut devenir inquiétant, c'est l'usage qui sera fait de telles données. Ce blogue étant sous le régime du copyleft, en licence art libre, petit-Nicolas a le droit de suggérer à grand-Nicolas d'en reprendre tous les papiers, sous seule réserve de citer ses sources. Je n'ose bien entendu envisager l'hypothèse bigbrozérienne selon laquelle petit-Nicolas noterait sur un carnet noir virtuel les coordonnées des blogueurs et commentateurs qui font leur miel des écarts de parole et de conduite de grand-Nicolas, alias M.Triplemoi.


(*) 1937 - 1995. Hebdomadaire satirique qui était imprimé sur papier de couleur.



publié dans : Libertaire
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Mardi 18 mars 2008
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Dans Le Monde daté du 16-17 mars, page 2, Bertrand Le Gendre, sous le titre Faut-il brûler Wikipédia, fait avec finesse le point de l'état actuel des controverses autour de cette entreprise collaborative.
Un article antérieur de Robert Solé paru dans le même quotidien avait posé le problème en d'autres termes, à propos de l'expérience scandaleusement partiale conduite par un enseignant dans une école de journalisme.

Parler d'entreprise collaborative relève plus de l'oxymore que de la tautologie. Ce qui semble en effet être une propriété commune à la majorité des entreprises est d'être non pas un espace collaboratif, mais le lieu géométrique de tous les antagonismes, la table ronde de tous les égoïsmes, le champ d'affrontement de tous les individualismes.

Pour que Wikipédia puisse déranger  l' Institut National de Recherches Pédagogiques au point que cette institution déclare que les contributeurs sont au mieux des amateurs, au pire des perturbateurs, combien faut-il que la remise en question d'un modèle vertical descendant de la connaissance orthodoxe que ce nouveau corpus stimule soit acérée et percutante !

Contributeur de (à?) Wikipédia, je plaide coupable.

Oui, je suis un amateur. En dépit de cinq années d'études supérieures entées dans des études classiques à l'ancienne (mon bac remonte à 56 – l'année de Les racines du ciel et de Et Dieu créa la femme...), d'un diplôme d'ingénieur, de l'équivalent de trois années de formations complémentaires diverses, d'une expérience professionnelle de quarante années, dont vingt dans le conseil et la pédagogie, je demeure un amateur. C'est à dire une personne qui aime certains pans de la connaissance scientifique, culturelle et artistique.
Si l'amateur que je suis vient intervenir dans des sujets techniques où il a déposé des brevets, sur des thèmes culturels dont il a été acteur direct, à propos d'artistes qu'il connait depuis des lustres et dont il a assimilé et défendu l'œuvre, il est bien entendu moins crédible, moins documenté, moins impliqué qu'un universitaire qui , sous l'autorité morale d'un académicien, recopie les thèses de ses professeurs, voit le monde depuis son bureau du campus, tire ses jugements des actes des congrès auxquels il est abonné.

Oui, je suis un perturbateur
. En dépit de la bonne éducation qui me pousse à émettre des points de vue de manière d'autant plus policée qu'ils sont iconoclastes ou libertaires,en dépit de la considération que j'éprouve envers et contre tout pour ces universitaires que je viens de brocarder un peu sauvagement – car j'en fréquente qui sont d'authentiques cherchants à la fois modestes et prudents – , en dépit du respect que j'ai pour les gros dictionnaires et les savants traités, je m'insurge contre l'idée que la connaissance serait un fleuve aux eaux tranquilles qui coulerait paisiblement d'une calme source.

Le perturbateur que je suis croit que la connaissance est temporaire et indécise, que les dogmes révérés d'aujourd'hui sont les âneries moquées de demain, que l'image du savoir se construit dans la controverse, le débat, la confrontation des souvenirs et des angles de vue. L'affrontement des idées purifie la science des a priori et des tricheries, désengourdit la philosophie paralysée par les systèmes, débarrasse l'histoire des scories des idéologies. Et que font les wikipédiens sinon confronter les idées reçues, en tirer par approximations successives une description moins fausse des réalités qu'ils veulent mettre en mots transmissibles ?

* * *

Ce n'est pas Wikipédia qui pousse les étudiants à tricher dans leurs mémoires et confondre marquetterie de citations et travail original. Déjà il y a cinquante ans les paresseux de la version grecque ou latine cherchaient dans les grox lexiques bien documentés la citation la plus proche du texte à casser pour en emprunter la traduction au généreux compilateur qui avait établi la notice du mot clef de la phrase.

Ce n'est pas Wikipédia qui incite les petits malins qui s'amusent à gribouiller partout des insanités à venir vandaliser le travail des abeilles contributrices. De tous temps, certaines personnes à certains moments se sont complues dans la destruction, le sabotage, la déprédation. Et les abeilles soldats découragent les intrus, pendant que les abeilles restauratrices remettent les rayons en ordre.

Longue vie à Wikipédia.


publié dans : Libertaire
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Mardi 4 mars 2008
Magritte_la-page-blanche_1967.jpg
Je reçois ce jour une offre de service  qui ne me laisse pas indifférent.  Une fois le besoin à satisfaire exposé, le rédacteur de ce prospectus, appliquant avec entrain la bonne vieille règle de la tentation commerciale irrésistible, c'est à dire la progression { [Besoin] ► [Avantages] ► [Caractéristiques] }, énumère, au titre des avantages :
-finie l'angoisse de la page blanche ;
-finies les longues recherches de citations ou de références à l'actualité ;
-vous êtes certain d'utiliser les bonnes formules, les mots et le ton qui rassurent...
-vous disposez de variantes adaptées au climat du moment, favorable, serein ou orageux.

S'agit-il d'un guide pour tâcherons du blogue, d'un vademecum pour forçats du tract électoral, d'un manuel pour besogneux  de l'articulet ?
Non.

Le titre de cette somme providentielle est, modestement, 700 discours pour faire face à toutes les situations. De plus, satisfait ou complété, car l'éditeur promet de fournir gratis pro deo le discours qui manquerait à la panoplie.
A 154,41 € port compris, cela met le discours à 22 centimes.
Ce compendium se dit étudié pour les chefs d'entreprise. Et actualisé cinq fois par an, parce que le monde bouge.

La table des matières laisse toutefois apparaîre quelques lacunes. Par exemple, discours pour :
-lancer un entretien de licenciement sur des bases fabriquées
-annoncer la perte par pure bêtise d'un gros marché
-expliquer les raisons pour lesquelles le dernier directeur à touché de si grosses indemnités
-féliciter les nouveaux délégués du personnel élus après une grêve dure
-justifier l'abandon d'un projet suite à un vote des actionnaires préférant dividendes à investissement

Il serait tentant de demander à l'éditeur de fournir ces indispensables outils pour rester serein dans une ambiance orageuse.

Crédits : Merci à René Magritte, pour La page blanche,1967, Huile sur toile (54 x 66). Une de ses dernières toiles...

publié dans : Étonnement
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Samedi 1 mars 2008
poule_rousse-copie-1.jpeg
Comme le disait p'tit gibus dans La guerre des boutons : si j'avais su, j'aurais pas v'nu...M. Triplemoi manifesterait des regrets  posthumes au sujet de la très familière  injonction qu'il  aurait délivrée à un quidam  dans la cohue-bohue d'un salon. D'un Salon, avec un grand S.

Dans Le Monde daté des 2 et 3 mars, page 15, Eric Azan commente les séquelles de cette étincelle présidentielle. Il aborde le sujet des noms de domaine nés de cette péripétie, ainsi que celui des réparties qui eussent pu en varier la mélodie, façon :
----------
Le vicomte

Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule !

Cyrano
[ôtant son chapeau et saluant comme si le vicomte venait de se présenter]

Ah ?... Et moi, Cyrano-Savinien-Hercule
De Bergerac.

----------

Je regrette que l'auteur de cet article n'ait pu prendre connaissance du travail ici publié sur les mêmes thèmes. Il eût pu enrichir ses révélations sur les détenteurs des url du type ctpc, et prêter à Jacques Chirac des propos certes controuvés, mais moins inspirés d'Edmond Rostand et  plus directement contextuels, car manifestement dans l'ambiance des halls où les éleveurs de Loué ont pu offrir à notre premier ministre une poule rousse nommée Carla – voir à ce sujet Le Monde daté du 1° mars page 10...

publié dans : Étonnement
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Vendredi 29 février 2008
la_bougie_du_sapeur.jpg
Le numéro 8 de ce périodique vient de sortir, accompagné  du numéro 1 du supplément la Bougie du Sapeur - Madame.
La lecture des sept précédents numéros peut être utile pour se remettre dans l'ambiance. En effet, comme chacun sait, les années bissextiles apparaissent dans le calendrier des postes en vertu d'un règlement déjà ancien, puisqu'édicté le 15 octobre 1582, le lendemain  du 4 octobre...suite aux recommandations du groupe de travail dirigé par Clavius.

Les fondateurs de la Bougie du Sapeur ont bénéficié d'une chance historique, en ayant eu l'idée astucieuse de lancer leur périodique à la fin du vingtième siècle. S'ils l'avaient créé le siècle de la naissance de François-Baptiste-Ephraïm Camember, en 1880 par exemple, pour son 9° anniversaire, soit cent ans plus tôt, ils n'auraient publié en 1908 que leur numéro 7 : leur compte d'exploitation, devant la perte de ventes due à cette circonstance, serait probablement dans le rouge.

Nous y apprenons que, ne cédant pas à une mode fort répandue, et justement pour ne pas perdre leur singularité, les administrateurs ont décidé de ne pas mettre en ligne de version virtuelle. Donc, pas de "www.labougiedusapeur.com"...Je vous laisse vérifier par vous-même.

L'illustration de ce papier est une reproduction de la une du pénultième numéro. Une recherche dans mes archives personnelles me permettra ultérieurement d'enrichir cet article de celle du mythique numéro un. Le numéro zéro est, lui, introuvable, sauf bien entendu à la Bibliothèque du Vatican, au rayon des archives secrètes.

* * *

Nota ajouté le 20 mars 2008 : ayant opté non pour l'enrichissement de cet article, mais pour la création dans ce blogue d'une page dédiée à la Bougie du Sapeur en particulier et à certains aspects de l'œuvre de Christophe en général, j'y renvoie le lecteur.



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